Pléthore de mots bien,
un seul est le mot juste.

déplaire dans le Littré

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déplaire v. n. (dé-plê-r')

  1. 1Ne pas plaire, être désagréable.

  2. 2Donner du chagrin, irriter.

  3. 3Impersonnellement.

  4. 4Se déplaire, déplaire à soi-même, être mécontent de soi-même. Elle s'est déplu, aussitôt qu'elle connut ses défauts.

    • Pour plaire à Dieu, il faut nous déplaire à nous-mêmes ; et, pour nous déplaire à nous-mêmes, il faut nous voir Bourdaloue, Jugement dern. 1er avent, p. 86
    • Ce n'est pas parce qu'on est ennemi de Dieu qu'on se déplaît, c'est parce qu'on est à charge à soi-même Massillon, Car. Passion.
    • Se déplaire, déplaire l'un à l'autre. Ils se sont déplu mutuellement.

  5. 5S'ennuyer, se trouver mai à son aise. Se déplaire avec quelqu'un. Je me déplais en cette ville.

    • Mme Levasseur parut s'y déplaire et trouver l'habitation trop seule J.-J. Rousseau, Confess. IX
    • Il se dit des animaux. Les bœufs se déplaisent en cette localité.

    • Il se dit, par extension, des plantes qui ne viennent pas bien en certains endroits. La vigne se déplaît en une telle exposition.

    • Fig.

Remarque

L'Académie ne dit pas comment elle accorde, dans les temps composés de se déplaire, le participe avec le sujet ; mais au mot plaire, qui est équivalent, elle fait le participe passé toujours invariable ; on dira donc : elle s'est déplu ; ils se sont déplu ; elles se sont déplu. Cependant des grammairiens ont dit que, quand se déplaire signifie s'ennuyer de, se trouver mal à l'aise, il devient un verbe réfléchi, comparable à se taire, à s'enfuir, à s'écrier, et que dès lors le participe passé devait s'accorder avec le sujet : elles se sont déplues à la campagne ; il paraît que ces arbres se sont déplus dans ce terrain. L'assimilation de se déplaire, en ce sens, avec d'autres verbes neutres réfléchis, est plausible ; la remarque, qui doit s'étendre à se plaire et à se complaire, mérite d'être prise en considération.

Étymologie

Provenç. desplazer ; catal. desplaurer ; espagn. desplacer ; portug. desprazer ; ital. dispiacere ; du latin displicere, de dis-, préfixe, et plicere ou placere (voy. PLAIRE). Le français déplaire suppose un verbe latin displicere (le 1er e étant un e bref), où, l'e étant devenu bref, l'accent s'est reporté sur l'antépénultième, displicere. Mais, à côté de cette irrégularité, la vraie accentuation s'est conservée dans déplaisir, qui est un infinitif pris substantivement. Desplace ou desplaze est l'ancien subjonctif de desplaire.

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, 1872-1877 · cliquer un vers pour le scander