déplaire v. n. (dé-plê-r')
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1Ne pas plaire, être désagréable.
- Et je crois que ce nom ne vous déplaira pas Corneille, Rodog. V, 3
- De nos désirs errants rien n'arrête le cours ;Ce qui plaît aujourd'hui déplaît en peu de jours SAINT-ÉVREMOND, dans RICHELET
Cette action que David avait faite déplut au Seigneur
Saci, Bible, Rois, II, II, 27- Il vous aurait déplu s'il pouvait vous déplaire Racine, Androm. II, 1
- Je sais que tout déplaît aux yeux d'une captive Racine, Iphig. II, 1
Je ne me suis jamais donné le soin d'examiner en moi en quoi j'avais pu lui déplaire ; mais je savais bien, moi, ce qui me déplaisait en lui
Marmontel, Mém. VI
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2Donner du chagrin, irriter.
La délicatesse d'une conscience qui se redoute elle-même, ou l'excès d'un amour qui craint de déplaire
Bossuet, Anne de Gonz.- S'ils sont d'un ennemi qui cherche à vous déplaire Racine, Androm. III, 7
- Si quelqu'un me déplaît en ce moment, c'est vous Regnard, Distrait, II, 6
- Qu'ai-je donc fait, Tancrède ? ai-je pu vous déplaire ? Voltaire, Tancr. IV, 5
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3Impersonnellement.
- Croyez qu'il me déplaît et très sensiblement,De vous devoir dédire une fois seulement Rotrou, Antig. II, 2
Ma mère.... empêchait ma sortie.... Dont il m'a bien déplu....
Rotrou, ib. II, 3
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Familièrement. Qu'il ne vous en déplaise, ou, elliptiquement, ne vous déplaise, formule qui se dit comme une sorte d'excuse : que cela ne vous déplaise pas, ne vous fâche pas.
- .... Ma bru, qu'il ne vous en déplaise,Votre conduite en tout est tout à fait mauvaise Molière, Tart. I, 1
Nuit et jour à tout venant, Je chantais, ne vous déplaise
La Fontaine, Fabl. I, 1- Ce fut alors, dame, ne vous déplaise,Que le courroux lui montant au cerveau.... La Fontaine, Rémois.
- Mais que fais-je donc tant, monsieur, ne vous déplaise,Pour trouver ma conduite à tel excès mauvaise ? Regnard, le Distrait, I, 6
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N'en déplaise à, malgré, en dépit de.
- N'en déplaise aux arrêts de notre parlement Régnier, Sat. XI
- Je dirai, n'en déplaise à monsieur votre amour Molière, Dép. am. I, 1
- Et parfois, n'en déplaise à votre austère humeur,Il est bon de cacher ce qu'on a dans le cœur Molière, Mis. I, 1
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4Se déplaire, déplaire à soi-même, être mécontent de soi-même. Elle s'est déplu, aussitôt qu'elle connut ses défauts.
Pour plaire à Dieu, il faut nous déplaire à nous-mêmes ; et, pour nous déplaire à nous-mêmes, il faut nous voir
Bourdaloue, Jugement dern. 1er avent, p. 86Ce n'est pas parce qu'on est ennemi de Dieu qu'on se déplaît, c'est parce qu'on est à charge à soi-même
Massillon, Car. Passion.
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Se déplaire, déplaire l'un à l'autre. Ils se sont déplu mutuellement.
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5S'ennuyer, se trouver mai à son aise. Se déplaire avec quelqu'un. Je me déplais en cette ville.
Mme Levasseur parut s'y déplaire et trouver l'habitation trop seule
J.-J. Rousseau, Confess. IX
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Il se dit des animaux. Les bœufs se déplaisent en cette localité.
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Il se dit, par extension, des plantes qui ne viennent pas bien en certains endroits. La vigne se déplaît en une telle exposition.
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Fig.
- Mon sang se déplaît dans mes veines Rotrou, St Gen. II, 7
Remarque
L'Académie ne dit pas comment elle accorde, dans les temps composés de se déplaire, le participe avec le sujet ; mais au mot plaire, qui est équivalent, elle fait le participe passé toujours invariable ; on dira donc : elle s'est déplu ; ils se sont déplu ; elles se sont déplu. Cependant des grammairiens ont dit que, quand se déplaire signifie s'ennuyer de, se trouver mal à l'aise, il devient un verbe réfléchi, comparable à se taire, à s'enfuir, à s'écrier, et que dès lors le participe passé devait s'accorder avec le sujet : elles se sont déplues à la campagne ; il paraît que ces arbres se sont déplus dans ce terrain. L'assimilation de se déplaire, en ce sens, avec d'autres verbes neutres réfléchis, est plausible ; la remarque, qui doit s'étendre à se plaire et à se complaire, mérite d'être prise en considération.
Étymologie
Provenç. desplazer ; catal. desplaurer ; espagn. desplacer ; portug. desprazer ; ital. dispiacere ; du latin displicere, de dis-, préfixe, et plicere ou placere (voy. PLAIRE). Le français déplaire suppose un verbe latin displicere (le 1er e étant un e bref), où, l'e étant devenu bref, l'accent s'est reporté sur l'antépénultième, displicere. Mais, à côté de cette irrégularité, la vraie accentuation s'est conservée dans déplaisir, qui est un infinitif pris substantivement. Desplace ou desplaze est l'ancien subjonctif de desplaire.