Pléthore de mots bien,
un seul est le mot juste.

dire dans le Littré

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1dire v. a. (di-r')

  1. 1Exprimer par la parole. Que dit-il ? J'ai quelque chose à vous dire. Vous lui direz bien des choses honnêtes de ma part. Il m'a dit qu'il fallait partir. Il n'a dit qu'un mot. Il dira quelques paroles, et se retirera.

    • Qui vous dit, qui vous a dit que.... c'est-à-dire sur quoi vous fondez-vous pour dire ou croire... ?

    • Dire un secret, le révéler.

    • Dire des injures à quelqu'un, l'injurier.

      • Épargnezmoi cette peine, je vous supplie, et épargnez-vous à vous-même de grosses injures que je pourrais bien vous dire dans ma mauvaise humeur Racine, Lett. à quelques amis, X
    • Dire à quelqu'un ses vérités, lui représenter sans ménagement les défauts qu'il a.

    • Dire à quelqu'un son fait, lui parler vertement, le malmener en paroles.

      • Il me donna un soufflet, mais je lui dis bien son fait Molière, Pourc. I, 6
    • Dire son avis, sa pensée, exprimer ce qu'on pense, l'opinion qu'on a.

      • N'allez point là-dessus me consulter ici ; Peut-être y pourriez-vous être mal adressée, Et je suis pour les gens qui disent leur pensée Molière, Mis. V, 3
      • C'est un particulier qui a dit son avis dans un gros livre qu'on ne lit point Voltaire, Dial. 2
    • Dire son mot, ajouter son avis aux avis déjà exprimés, et aussi révéler ses intentions secrètes.

    • Sans mot dire, sans dire mot, sans prononcer une parole, et aussi sans protester.

    • Je vous l'avais bien dit, sorte de reproche que l'on adresse à quelqu'un que l'on a averti de ce qui allait lui arriver.

      • Quelquefois il lui disait : je vous l'avais bien dit ; singulière manière de consoler ; satisfaction que la vanité se donne aux dépens de la douleur Mme de Staël, Corinne, XVIII, 1
    • Dire la bonne aventure, prédire l'avenir.

    • Dire pis que pendre de quelqu'un, dire le diable de quelqu'un, en dire toute sorte de mal.

    • Se dire quelque chose à soi-même, faire en soi-même des réflexions, un raisonnement. Je me le suis dit vingt fois.

    • Se dire l'un à l'autre, se dire réciproquement quelque chose. Ils se sont dit qu'ils s'aimaient.

    • En dire de sèches, faire des contes satiriques et libres, dire des vilenies, mais d'une manière qui ne manque pas de sel.

    • Mon petit doigt me l'a dit, cela se dit aux enfants de ce qu'on a appris par des voies qu'ils ignorent.

      • Argan à Louison : Prenez-y bien garde au moins ; car voilà un petit doigt qui sait tout, qui me dira si vous mentez Molière, Mal. imag. II, 11
  2. 2On dit, c'est-à-dire le bruit court. On dit que nous allons avoir la guerre. On dit une sigulière nouvelle.

    • S. m. C'est un on dit. Ce sont des on dit. Il ne faut pas ajouter foi à tous ces on dit.

      • On dit, s'emploie aussi lorsque nous voulons parler d'une locution ou expression usuelle. On dit en français savoir gré pour être reconnaissant.

  3. 3Dire pris absolument. C'est, comme vous dites, une mauvaise action. Il faut se bien comporter et laisser dire. L'Académie, au mot BIEN-DIRE, dit que le trait d'union ne se met que dans la locution : être sur son bien-dire ; mais que, dans le proverbe rapporté ci-dessus, on écrit le bien dire sans trait d'union ; puis, citant de nouveau ce proverbe au verbe DIRE, elle met le trait d'union : le bien-dire. Il est donc loisible de mettre ou d'omettre le trait d'union ; et il vaut mieux le mettre.

    • Comme dit l'autre, locution familière qui équivaut à : comme on dit, ou comme dit le proverbe.

      • Tout ça, comme dit l'autre, n'a été que de l'onguent miton-mitaine Molière, Méd. m. lui, III, 2
    • Poétiquement, j'ai dit, il dit, se mettent à la fin d'un récit.

    • J'ai dit, équivaut aussi à je n'ai plus rien à dire.

    • Quand, citant un discours, des paroles textuelles, on intercale le verbe dire, ce verbe et son sujet subissent une inversion, le sujet se mettant après le verbe. Vous allez, m'a dit notre ami, à Paris. Je ferai, dit-il, la chose en diligence. Mais, dira-t-on, cela est impossible. Il a, m'a-t-on dit, l'intention de parler. Cela, dis-je, est impossible.

    • Dire d'un, dire d'autre, tenir un langage qui varie.

    • Dire d'or, dire, promettre tout ce qui peut être désiré.

    • Dans le même sens. Il dit d'or, et n'a pas le bec jaune.

    • Dire d'or signifie aussi, par une sorte d'ironie, parler disertement, mais hors de propos, ou sans utilité.

    • Bien dire, parler d'une façon convenable, s'exprimer en bons termes, dire ce qu'il faut.

      • Ce sera là que ma lyre, Faisant un dernier effort, Entreprendra de mieux dire Qu'un cygne près de sa mort Malherbe, II, 2
      • Soyez beau, bien disant La Fontaine, Coupe.
      • Mes paroles sont assez bonnes ; je les range comme ceux qui disent bien Mme de Sévigné, 74
      • Nous avons eu une conversation où j'ai bien dit, ce me semble Mme de Sévigné, 158
      • Ainsi berné le novice interditComprit en soi qu'il n'avait pas bien dit,Et qu'il serait malmené des commères Gresset, Vert-Vert, III
      • Vous avez bien raison, mon cher maître ; on veut toujours dire mieux qu'on ne doit dire ; c'est le défaut de presque tous nos écrivains D'Alembert, Lettre à Volt. 26 janv. 1767
      • Quelque génie qu'on ait, on ne dit pas mieux qu'Homère quand il dit bien Diderot, Lettre sur les sourds et muets
    • L'art de bien dire, l'éloquence.

    • Substantivement, le bien-dire.

      • Ces grands orateurs romains qui avaient l'art de persuader ce qu'ils voulaient par la force et les charmes de leur bien-dire MARG., BUFFET, Observ. p. 120, 1668
      • Être sur son bien-dire, sur son beau-dire, être en train de parler, et aussi affecter de bien parler, ou parler d'un sujet de prédilection. On dit dans le même sens se mettre sur son bien-dire (voy. BIEN-DIRE).

      • Bien-disant, voy. BIEN-DISANT.

  4. 4Nommer, exprimer.

  5. 5Énoncer par écrit. Je vous ai dit dans ma dernière lettre que.... Tel auteur a dit là-dessus d'excellentes choses. Cicéron dit dans son traité de la République.

    • Presque tous les historiens ont dit ce que je fais dire ici à Mithridate Racine, Préface de Mithridate.
    • Il se dit de l'écrit même. Que dit la loi ? à ce que dit l'histoire. Comme dit le proverbe.

  6. 6Réciter, lire, débiter. Dire sa leçon. Cet acteur a mal dit son rôle.

    • Je vous dirai, si vous voulez, pour vous désennuyer, le conte de Peau d'âne ou bien la fable du Corbeau et du Renard qu'on m'a apprise depuis peu Molière, Mal. imag. II, 11
    • La démangeaison de dire ses ouvrages est un vice attaché à la qualité de poëte Molière, Comtesse, 1
    • Absolument. Cet acteur dit bien, il a un bon débit.

      • Dire la messe, célébrer la messe. Faire dire une messe pour quelqu'un. Dire les vêpres, les chanter.

      • Terme de musique. Il dit bien les récitatifs, il les chante bien. Dire un morceau, exécuter un morceau de musique.

  7. 7Raconter.

    • Poétiquement. Muses, dites.... Muse, dis la colère d'Achille.

  8. 8Juger, penser, être tenté de croire.

    • Qu'en dites-vous ? Que dira-t-on de vous ? Alléguant un grand rhume : il ne pouvoit que dire, Sans odorat.... La Fontaine, Fab. VII, 7
  9. 9Avertir, prévenir, ordonner, conseiller. Allez lui dire de venir.

    • Ah ! mon papa, je vous demande pardon ; c'est que ma sœur m'avait dit de ne pas vous le dire Molière, Mal. imag. II, 11
    • Dites-leur qu'elles descendent Molière, les Préc. 3
    • Dites au roi, seigneur, de vous l'abandonner Racine, Esther, II, 1
    • Qu'on dise à JosabethQue Mathan veut ici lui parler en secret Racine, Athal. III, 1
  10. 10Offrir, proposer. J'ai trouvé ces objets si chers que je n'ai rien dit. Dites-en un prix raisonnable.

  11. 11Exprimer, en parlant des choses auxquelles on attribue une expression. Un silence respectueux dit beaucoup.

    • Le cœur me le disait bien, j'en avais le pressentiment.

    • Cette femme a de beaux yeux, mais ils ne disent rien, ils sont sans expression.

    • Cela ne dit rien au cœur ni à l'esprit, cela ne les touche point, ne les émeut aucunement.

    • Familièrement. Cela ne dit rien, cela n'importe pas à l'affaire, cela n'empêche pas.

    • Ne dire rien, se dit aussi des personnes dont les paroles n'ont guère de sens.

      • Voilà bien des paroles sans rien dire Bossuet, Var. XII, § 2
    • Familièrement. C'est beaucoup parler pour ne rien dire.

  12. 12Vouloir dire, signifie faire entendre, insinuer, en parlant des personnes.

    • Que voulez-vous dire ? De quoi s'offense-t-il ? et que veut-il me dire ? Y vat-il de sa gloire à ne pas bien écrire ? Molière, Mis. IV, 1
    • Que voulez-vous donc dire, mes pères ? comment entreprenez-vous de soutenir après cela qu'aucun jésuite n'est d'avis qu'on puisse tuer pour des médisances ? Pascal, Prov. 13
    • Que me voulez-vous dire de pénitence et de pardon ? Mme de Sévigné, 374
    • Ce qu'une judicieuse prévoyance n'a pu mettre dans l'esprit des hommes, une maîtresse plus impérieuse, je veux dire l'expérience, les a forcés de le croire Bossuet, Reine d'Anglet.
    • Que veut-il dire ? s'est dit dans le sens de pourquoi.

      • Son Louis soupire Après ses appas ; Que veut-elle dire De ne venir pas ? Malherbe, VI, 7
    • Dénoter, en parlant des choses. Je ne sais ce que cela veut dire.

      • Que veut dire ce retard ? .... Achevez, seigneur, ce mais, que veut-il dire ? Corneille, Nicom. III, 7
    • Signifier. Que veut dire ce mot, cette phrase ? Cela est mal construit et ne veut rien dire.

  13. 13Trouver à dire, c'est-à-dire trouver à blâmer. Il y a, il y aurait bien à dire, il y a à reprendre, à blâmer.

    • Vous trouveriez quelque chose à dire dans le ciel, si je n'y étais avec vous Guez de Balzac, liv. I, lett. 14
    • Ce que je trouve à dire en la confidence que fait Cléopâtre Corneille, Ex. de Pompée.
    • On trouve à dire à la frugalité de vos repas Mme de Sévigné, 427
    • L'empereur ne trouve rien à dire à ces censures Bossuet, Lett. 194
    • Ayant eu la bonté de déclarer qu'elle [Votre Majesté] ne trouvait rien à dire dans cette comédie qu'elle défendait de produire en public Molière, 1er placet au roi.
    • Trouver à dire, regretter l'absence.

      • Mettez-vous donc bien en tête que je vous trouve à dire plus que je ne voudrais dans toutes les parties où l'on m'entraîne Molière, Mis. V, 4
      • Rien ne me flattait plus que de penser que je manquais au bonheur de l'heureux Soliman, et qu'on me trouvait à dire dans le sérail Fontenelle, Soliman, Juliette.
    • Trouver à dire, ne pas avoir son compte.

      • On trouvait dix ou douze voix à dire PATRU, Plaidoyer 16, dans RICHELET
    • Avoir à dire, manquer de.

      • Il faisait parade d'un visage remarquable par de grandes plaies et par un œil qu'il avoit à dire Guez de Balzac, liv. V, lett. 9
    • À dire, manquant.

      • Le fourrage revint en abondance, il n'y eut pas un cheval de perdu, ni un homme à dire Saint-Simon, 47, 48
    • Il y a bien à dire, il y a une grande différence. Il y a bien à dire entre ces deux personnes. Dans le même sens, il y a tout à dire.

    • Il y a bien à dire, il s'en faut de beaucoup. Il y a bien à dire que je n'aie mon compte.

  14. 14En dire forme une locution qui a différents sens.

  15. 15Se le faire dire, hésiter beaucoup à faire une chose ; ne pas se le faire dire, montrer beaucoup d'empressement.

    • Charles exigea une lettre d'Auguste à Stanislas : le roi détrôné se le fit dire plus d'une fois ; mais Charles voulait cette lettre, et il fallut l'écrire Voltaire, Charles XII, 3
  16. 16Dans le style élevé. Que dis-je ? sorte de retour sur soi, de transition, d'aggravation. Il l'a abandonné, que dis-je ? il l'a dépouillé.

    • Fuyons dans la nuit infernale.... Mais que dis-je ? ... mon père y tient l'urne fatale Racine, Phèd. IV, 6
  17. 17À dire vrai, à vrai dire, locut. adv. En disant la chose telle qu'elle est. À dire vrai, il n'a pas rempli l'attente qu'on avait conçue de lui.

    • À dire vérité, même sens.

    • Pour ainsi dire, locution dont on se sert pour atténuer une expression, pour la faire passer. Ils sont, pour ainsi dire, morts à toutes les joies.

    • Pour mieux dire, locution dont on se sert pour préciser davantage sa pensée.

      • Contrainte d'accepter ces mêmes conditions, sans avoir pu en rien retrancher, y rien ajouter, ou, pour mieux dire, sans avoir pu, avec tous leurs efforts, s'écarter d'un seul pas du cercle étroit qu'il lui avait plu de leur tracer Racine, Disc. de réception de Th. Corneille.
  18. 18Dire s'emploie quelquefois à l'impératif pour appeler l'attention.

    • Dites-moi, venez-vous dîner avec moi ? D'où vient donc, je vous prie, un tel emportement ! Avez-vous, dites-moi, perdu le jugement ? Molière, Mis. IV, 3
    • Dites-moi un peu, s'il vous plaît, combien aviez-vous d'années lorsque nous fîmes connaissance ? Molière, Mar. forc. 2
    • Dis, penses-tu qu'un jour mon père nous pardonne ? Ducis, Othello, I, 8
    • Disons mieux, sorte de compliment ou de correctif. Il est l'avocat des pauvres, disons mieux, il en est le père.

    • Disons-le s'emploie lorsqu'on va dire quelque vérité fâcheuse. Disons-le : les mesures violentes ne peuvent qu'irriter les esprits.

      • Disons-le sans figure, il parle comme un fou et pense comme un homme sage La Bruyère, XII
  19. 19Qu'est-ce à dire ? s'emploie pour qu'est-ce que cela signifie ? Qu'est-ce à dire ? vous murmurez. Cette locution exprime la surprise, le mécontentement.

    • Ce n'est pas à dire pour cela que.... Ce n'est pas à dire que.... locution gouvernant le subjonctif, et qui a un sens de rectification. Vous m'avez rencontré parmi eux, ce n'est pas à dire que je sois des leurs.

      • Ce n'est pas à dire qu'ils aient effectivement parlé pour la dernière fois Fontenelle, Oracles, ch. III, 2e part.
    • Ce n'est pas pour dire, locution très familière qui signifie sans se vanter. Ce n'est pas pour dire, mais je saurais en faire autant.

  20. 20C'est-à-dire, loc. conj. qui annonce l'explication, la conséquence de ce qui vient d'être dit. Les quatre lettres I. N. R. I. qui sont au haut de la croix de Notre-Seigneur signifient Jesus Nazarenus, rex Judaeorum, c'est-à-dire Jésus de Nazareth, roi des Juifs.

    • C'est-à-dire que, avec un verbe qui suit, même sens. C'est-à-dire que j'ai consenti à la transaction. C'est-à-dire que je paye la somme demandée.

  21. 21C'est tout dire ou c'est tout dit, il n'y a rien à ajouter, cela achève, complète.

    • Cela est bientôt dit, se dit, par antiphrase, d'une chose difficile, ou sur laquelle on conserve des doutes. Vous parlez de trouver d'ici à ce soir dix mille francs ; cela est bientôt dit. On a, dites-vous, perdu les bonnes épigrammes grecques ; cela est bientôt dit ; mais qu'est-ce qui le prouve ?

    • C'est beaucoup dire, c'est poser une limite extrême qui probablement ne sera pas atteinte.

      • Posons le cas que vous ayez tout le bien qu'il faudrait, et c'est beaucoup dire Hamilton, Gramm. 7
  22. 22Cela vous plaît à dire, exprime que l'on ne convient pas de ce qui vient d'être dit, ou sert à énoncer un refus.

  23. 23Cela va sans dire ; il va sans dire que.... Cela va de soi et est si naturel qu'il n'est pas besoin d'en parler, de le stipuler.

    • Cela s'en va sans dire Mme de Sévigné, 166
  24. 24Il n'y a pas à dire, c'est-à-dire l'affaire est décidée, il n'y a pas d'observations à faire, il n'y a pas à revenir là-dessus.

  25. 25Cela soit dit en passant, ou soit dit en passant, exprime qu'on mentionne seulement une chose à propos d'une autre, ou qu'on fait quelque légère plainte, quelque léger reproche en peu de mots.

  26. 26Ce qui est dit est dit, c'est-à-dire la parole donnée sera tenue.

    • .... Va, tranquillise-toi ; Ce que j'ai dit est dit ; repose-toi sur moi Regnard, Légat. I, 2
    • Voilà qui est dit, locution dont on se sert pour affirmer qu'une chose est convenue, entendue.

    • Je ne vous dis que cela, locution qui, suivant le ton, exprime dévouement ou menace. Mon ami, dès qu'il s'agit de ton repos.... je ne te dis que cela ; tu dois me connaître. Si vous y revenez.... je ne vous dis que cela.

    • Prenez que je n'ai rien dit, locution qui annule quelque chose qu'on a dit. C'était dans votre intérêt ; mais, si cela vous contrarie, prenez que je n'ai rien dit.

    • C'est moi qui vous le dis, sorte d'affirmation très familière.

      • Et laisse venir demain ; tu verras comme il sera fait ; c'est moi qui te le dis Marivaux, Marianne, II
  27. 27Familièrement. S'il vient à bout de son entreprise, je l'irai dire à Rome, locution dont on se sert pour exprimer qu'on regarde la chose comme impossible.

  28. 28S'il ne dit mot, il n'en pense pas moins, c'est-à-dire il écoute en silence et fait ses réflexions, ou bien il se tait, mais il est mécontent.

  29. 29À qui le dis-tu ? à qui le dites-vous ? locution qui exprime que celui qui parle sait, connaît, a éprouvé aussi bien que qui que soit ce dont il s'agit. Il est difficile de faire son chemin ; à qui le dites-vous ?

  30. 30Comme qui dirait, locution familière qui signifie une sorte de. Sa coiffure attira nos regards, c'était comme qui dirait un turban (voy. l'explication de cette locution à COMME).

  31. 31Se dire, v. réfl. Se donner, se faire passer pour. Il se dit votre parent. Se dire malade.

    • Se dire, être dit. Cela se dit partout. Cette phrase se dit très bien.

      • La première et principale cause pourquoi on n'a pu entendre assez clairement aucune des choses qui se sont dites de Dieu et de l'âme Descartes, Rép. II, 4
      • Il y a un certain nombre de phrases toutes faites que l'on prend comme dans un magasin ; bien qu'elles se disent souvent sans affectation et qu'elles soient reçues sans connaissance, il n'est pas permis de les omettre La Bruyère, VIII
    • Soi-disant, voy. SOI-DISANT.

  32. 32Terme de jurisprudence. Dire droit d'un appel, admettre l'appel, synonyme de faire droit sur l'appel.

    • La cour déclare mal fondé l'appel interjeté par M.... contre le jugement.... disant droit, au contraire, de l'appel de C.... et D...., réforme ledit jugement Gaz. des Trib. 29 janv. 1875, p. 94, 1re col.

Remarque

1. Die, pour dise, au subjonctif est un archaïsme. Cet archaïsme, ainsi autorisé, peut encore être conservé dans la poésie. 2. Dire de, avec un infinitif, signifiant commander, ordonner, sont signalés par Vaugelas et Th. Corneille comme un gasconisme qu'il fallait éviter. Cependant, dès le temps de ces puristes, cette locution était employée par les meilleurs auteurs, et elle est restée en plein usage. À cette époque, l'Académie ne l'approuvait qu'avec hésitation : " Comme c'est bien parler que de dire : Il lui ordonna d'aller, Il le pria de faire, l'usage semble avoir permis de dire : Il lui dit d'aller, Il lui dit de faire, Acad. Observ. sur Vaugelas, p. 308. " 3. La deuxième personne plurielle vous dites représente la forme latine dícitis, avec l'accent sur la première syllabe.

Proverbes

Quand les mots sont dits, l'eau bénite est faite, se dit des marchés qui sont conclus. Qui dit tout n'excepte rien. Qui ne dit mot consent, c'est-à-dire le silence est pris pour l'acquiescement.

Étymologie

Provenç. dir, dire ; catal. dir ; espagn. decir ; portug. dizer ; ital. dire ; du latin dicere. Comp. le grec δείϰνυμι, montrer, goth. taiha, allem. zeigen, montrer ; mots où est le radical identique dic, deik, taih.

2dire s. m. (di-r')

  1. 1Ce qu'on dit, ce qu'on avance, ce qu'on déclare. Le dire des témoins. Leurs dires ne sont pas concordants.

    • Au dire des experts, selon leur avis.

    • À dire d'experts, en vertu d'une estimation d'experts ; et fig. avec force, sans retenue. Mentir à dire d'experts.

  2. 2Terme de pratique. Pièce signifiée d'avoué à avoué et renfermant les moyens et réponses des parties.

    • Toutes observations faites sur un procès-verbal ou sur un cahier des charges.

  3. 3Le bien-dire, voy. DIRE 1, à la fin du n° 3.

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, 1872-1877 · cliquer un vers pour le scander