emplette s. f. (an-plè-t')
-
1Action d'employer une somme d'argent en achats. Ce sens, qui est le primitif, a vieilli.
-
Être en emplette, se disait autrefois d'un marchand qui était en voyage pour acheter ce qui lui était nécessaire.
- Son mari donc se trouvant en emplette La Fontaine, Fais.
-
On dit encore aujourd'hui : Faire ses emplettes, aller aux emplettes dans les villes de fabrique.
-
Être de bonne emplette, être bon à acheter ; et fig. en parlant des personnes, avoir bon air.
- La dame était de bonne emplette encore La Fontaine, Berc.
-
-
2Aujourd'hui en un sens plus restreint, achat de marchandises, d'objets de peu de conséquence ou d'usage et de service ordinaire.
J'ai su là-bas que pour quelques emplettes Éliante est sortie et Celimène aussi
Molière, Mis. I, 2- Un bloc de marbre était si beauQu'un statuaire en fit emplette La Fontaine, Fabl. IX, 6
Il s'embarqua à Livourne pour Londres, quoique dans un âge déjà fort avancé, et il alla de Londres à Amsterdam, finir ses savantes emplettes
Fontenelle, Marsigli.Des fleurs de votre teint Où faites-vous emplette ?
Béranger, Lisette.
-
3L'objet acheté. Montrer ses emplettes.
Remarque
L'usage permet qu'on dise faire emplette d'un objet, sans article.
Synonymes
EMPLETTE, ACHAT. Achat est plus général, il peut se dire non-seulement des objets considérables, mais aussi des menus objets ; au lieu que emplette ne peut se dire que de ceux-ci. J'ai fait l'achat ou l'emplette d'un chapeau ; mais j'ai fait l'achat et non l'emplette d'une maison, d'un domaine.
Étymologie
Provenç. empleytar, acheter ; bas-lat. implicare, dépenser, implicita, dépense. Emploicte, ancienne forme, est l'équivalent exact d'implicita, d'implicare (voy. EMPLOYER), et signifie proprement la somme employée à l'achat.