Pléthore de mots bien,
un seul est le mot juste.

envers dans le Littré

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1envers prép. (an-vêr ; l's ne se lie pas : envers eux se prononce an-vêr eux ; cependant quelques-uns lient : an-vêr-z eux)

  1. 1À l'égard de, pour. Compatissant envers les pauvres. Ingrat envers ses bienfaiteurs.

  2. 2Auprès de.

    • Cet emploi d'envers vieillit.

  3. 3Envers et contre tous, loc. adv. qui terminait les formules des anciens serments de foi et hommage, et qui signifiait contre tout le monde.

Étymologie

En 1, et vers, prépos. (voy. ce mot) ; wallon, ivier', èvier' ; picard, à mn'envers, à mon égard ; provenç. enves ; ital. inverso. Le sens propre est du côté de, en allant vers.

2envers s. m. (an-vêr ; l's ne se lie pas)

  1. 1Le côté opposé à l'endroit, le côté qui ne doit pas être exposé à la vue. L'envers de cette étoffe est presque aussi beau que l'endroit.

    • On a dit de la traduction qu'elle était comme l'envers de la tapisserie, cela suppose une industrie bien grossière et bien maladroite Marmontel, Élém. litt. Œuv. t. x, p. 281, dans POUGENS
    • Étoffe à deux envers, étoffe qui n'a ni envers ni endroit.

      • Serges de Beauvais à poil et à deux envers, Règl. sur les manuf. août 1669, art. 2
    • On dit plus souvent aujourd'hui qu'une étoffe n'a pas d'envers.

    • Fig.

      • Les plus adroits, lorsqu'ils sont consultés, gardent sur les endroits critiques un silence mystérieux, ou prononcent, comme les oracles, en se ménageant par l'ambiguïté de leurs réponses les deux envers d'une opinion qu'ils laissent flotter jusqu'à l'événement, afin de ne jamais se compromettre Marmontel, Élém. litt. Œuvres, t. v, p. 148
    • Gens à deux envers, gens doubles et trompeurs.

      • Ses membres, jongleurs adroits et gens à deux envers, mènent le peuple par l'hypocrisie et les grands par l'irréligion J.-J. Rousseau, Lett. à M. Deluc, Corresp. t. VI, p. 44, dans POUGENS
  2. 2L'envers d'une feuille d'arbre, le côté qui regarde le sol.

    • Faire voir la feuille à l'envers, voy. FEUILLE.

  3. 3Fig. Le contraire.

    • Vous serez toujours.... Un envers du bon sens, un jugement à gauche Molière, l'Ét. II, 14
    • Voilà l'envers tout juste de ce que nous pensons Mme de Sévigné, 505
  4. 4A l'envers, loc. adv. qui se dit lorsque l'envers se met ou se prend par erreur pour l'endroit. Mettre son manteau, sa chemise à l'envers.

    • Le docteur, l'ayant regardé depuis la tête jusqu'aux pieds, lui dit pour toute raison : Prenez garde, monsieur de la Fontaine, vous avez mis un de vos bas à l'envers ; et cela était vrai, en effet D'OLIVET, Hist. de l'Acad. t. II, p. 338, dans POUGENS
    • Ce qui était dessus, le fripier le met à l'envers Montesquieu, Lett. pers. 138
    • Relais à l'envers, voy. RELAIS.

  5. 5Fig. Dans un état de désordre et de ruine. Ses affaires sont à l'envers.

    • Avoir la tête, la raison à l'envers, être tout à fait étranger au bon sens, à la raison.

      • Il faudrait que l'esprit supérieur qui nous tromperait nous eût donné une raison à l'envers Fénelon, Exist. 229
      • Déjà les cœurs s'envolent à Nevers ; Voilà d'abord vingt têtes à l'envers Gresset, Vert-Vert, II

Étymologie

Lat. inversus, retourné, de in, et versus, tourné (voy. VERSION).

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, 1872-1877 · cliquer un vers pour le scander