expier v. a. (èk-spi-é)
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1Réparer un crime par la peine qu'on fait subir.
- Et punissez en moi ce noble criminel,De mon sang malheureux expiez tout son crime Corneille, Hor. v, 3
Enfin le sort, dont les vicissitudes laissent rarement le crime sans punition, expia la conquête du nouveau monde, et les Indiens furent pleinement vengés des Espagnols
Raynal, Hist. phil. x, 10
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Terme d'antiquité. Purifier quelqu'un, au moyen de la cérémonie appelée expiation, de la souillure contractée par quelque faute grave. Eurytion expia Pélée du meurtre de Phocus.
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C'est dans ce sens latin qu'expier est employé dans la phrase suivante :
Rends-moi mon sérail comme je l'ai laissé ; mais commence par l'expier [exterminer les coupables]
Montesquieu, Lett. pers. 153
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2Réparer, par la peine qu'on subit, un crime, une faute.
Le prince, dont les péchés sont plus éclatants, doit les expier aussi par une pénitence plus édifiante
Bossuet, Polit. VII, VI, 13- Partez, j'ai fait le crime et je vais l'expier Racine, Andr. V, 5
On expiait l'homicide en donnant une certaine quantité de bétail [chez les Germains], et toute la famille recevait la satisfaction
Montesquieu, Esp. XXIV, 17
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Il peut avoir en ce sens un nom de chose pour sujet.
- L'opprobre et le supplice expieront votre audace LA MOTTE, Inès, III, 3
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3Réparer d'une façon quelconque.
- Impatient déjà d'expier son offense Racine, Phèd. II, 5
- Quand pourrai-je à vos pieds expier ce reproche ? Racine, Brit. III, 7
- Mais ce n'est pas assez expier vos amours ;Avez-vous bien promis de me haïr toujours ? Racine, Bérén. v, 5
Le désir d'expier sa faute le mettrait au-dessus de lui-même
Voltaire, Princ. de Babyl. 10Comment expier les alarmes d'une craintive amante ?
J.-J. Rousseau, Hél. I, 5
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4S'expier, v. réfl. Être expié.
- Et peut-être il est temps que le crime s'expie Voltaire, Sem. I, 5
Étymologie
Lat. expiare ; de ex, et pius, pieux (voy. ce mot).