1fronde s. f. (fron-d')
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1Arme à jet, consistant en un fond de cuir suspendu par deux cordes ; on met dans la poche de cuir une pierre ou une balle de plomb, à laquelle on communique un mouvement très rapide en la faisant tourner ; puis on lâche une des cordes, et la balle s'échappe par la tangente avec toute la vitesse acquise ; l'art du frondeur consiste à lâcher la corde quand cette vitesse est la plus grande, et que la balle est dans la direction convenable.
Si adroits à jeter des pierres avec la fronde, qu'ils auraient pu même frapper un cheveu, sans que la pierre qu'ils auraient jetée se fût tant soit peu détournée de part ou d'autre
Saci, Bible, Juges, XX, 16Ainsi David remporta la victoire sur le Philistin avec une fronde et une pierre
Saci, ib. Rois, I, XVII, 50La fronde lançait les pierres avec tant de raideur, que ni bouclier, ni casque n'en pouvaient soutenir l'impétuosité
Rollin, Hist. anc. Œuv. t. XI, 1re part. p. 384, dans POUGENS.
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Pierres de fronde, pierres travaillées pour être lancées par la fronde, qu'on trouve dans les habitations lacustres anté-historiques et chez quelques peuples sauvages actuels.
Les pierres taillées nommées pierres de fronde ont une forme sphérique ou discoïde présentant une rainure dans leur partie moyenne plus ou moins profonde
MARCEL DE SERRES, Comptes rendus, Acad. des sc. t. LIII, p. 1124
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2Terme de chirurgie. Bandage à quatre chefs, ainsi appelé parce qu'il a la forme d'une fronde.
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3Nom du parti qui s'insurgea contre Mazarin et la cour pendant la minorité de Louis XIV ; en ce sens on met une majuscule : la guerre de la Fronde.
- Il en est de lourdauds, de hargneux et de mornes ;Il en est d'enjoués, il en est de grondants,De danseurs sur la corde et d'arracheurs de dents ;Il en est de village, il en est de grand monde ;Il en est à la mode, il en est à la Fronde Thomas Corneille, Feint astrologue, V, 6
- Les romans de Scarron n'ont point troublé le monde ;Chapelain ne fit point la guerre de la Fronde Voltaire, Épît. 100
Tout cela part, dit-on, du collége Mazarin ; il faudra que nous disions comme du temps de la Fronde : point de Mazarin
Voltaire, Lett. Damilaville, 4 juin 1767
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Il s'est dit, au pluriel, des mouvements que la Fronde avait excités.
Vous me faites plaisir de me mander tout le détail de vos frondes
Pascal, Lett. à Périer, 1661
Remarque
Au XVIIe siècle quelques-uns disaient encore fonde, qui jadis avait été seul usité, et qui est la forme correcte : Chifflet, Gramm. p. 33, se contente de remarquer que fronde est meilleur que fonde.
Étymologie
Berry, fonde ; provenç. fonda, fronda ; catal. fona ; espagn. honda ; portug. funda ; ital. fionda ; du latin funda. On remarquera dans fronde l'épenthèse d'une r qui ne paraît pas remonter plus haut que le XVIe siècle, bien qu'elle soit plus ancienne dans le provençal. Pour l'explication du sens de Fronde, guerre durant la minorité de Louis XIV, voy. FRONDER à la remarque. Funda est de même radical que σφενδόνη, fronde, l's disparaissant comme dans fallere, par rapport à σφάλλω ; les étymologistes rattachent σφενδόνη au sanscrit spand, s'agiter.
Supplément
1. FRONDE. - ÉTYM. Ajoutez : L'r épenthétique, si tardive en français, est venue d'abord en provençal, probablement d'après l'italien, où fromba, la fronde, se rattache à frombolo, bruit semblable à celui que font les pigeons en s'envolant.