Pléthore de mots bien,
un seul est le mot juste.

haleine dans le Littré

1 article· 56 citations· rimes· synonymes

haleine s. f. (a-lè-n')

  1. 1L'air qui sort des poumons, pendant l'expiration. Une douce haleine. Une haleine forte, une haleine qui a une odeur désagréable. Il y avait beaucoup de monde et les haleines échauffaient la salle.

  2. 2La faculté de respirer. Ce cheval a beaucoup d'haleine et de vigueur.

  3. 3La faculté d'être un certain temps sans respirer. Il faut qu'un plongeur ait beaucoup d'haleine. Avoir l'haleine longue, l'haleine courte.

    • Fig.

      • Quand on demande des grâces aux puissants de ce monde, et qu'on a le cœur bien placé, on a toujours l'haleine courte Marivaux, dans DESFONTAINES
    • Tout d'une haleine, sans reprendre haleine. Boire un grand coup tout d'une haleine.

    • Fig.

      • Ne me grondez point sur la longueur de mes lettres, je ne les écris point tout d'une haleine, je les reprends, et, bien loin de me donner de la peine, c'est mon unique plaisir Mme de Sévigné, 334
    • Débiter, réciter un discours tout d'une haleine, sans s'arrêter.

    • Fig. D'une haleine, de suite, sans interruption.

    • Période de longue haleine, phrase longue à prononcer.

    • Fig. De longue haleine, qui exige temps et efforts. Un ouvrage de longue haleine.

      • Je crains fort de vous voir un procès de longue haleine contre M. de Cîteaux Mme de Maintenon, Lett. à Mme de la Vief ville, 18 juin 1707
      • Les Italiens réussirent surtout dans les grands poëmes de longue haleine ; genre d'autant plus difficile que l'uniformité de la rime et des stances, à laquelle ils s'asservirent, semblait devoir étouffer le génie Voltaire, Mœurs, 121
    • D'haleine, s'est dit pour de longue haleine.

    • Courte haleine, essoufflement, respiration difficile et fréquente.

      • Je suis quitte de la fièvre, mais non de la courte haleine ou asthme NICOLE, Essais, t. VII, p. 300, dans POUGENS
      • L'auteur n'a pas la courte haleine, s'il prononce, sans respirer, ses périodes Voltaire, Lett. d'Argenson, 8 fév. 1745
    • Fig. et familièrement. Cet auteur a la courte haleine ou l'haleine courte, il a peu de facilité et d'abondance.

    • Terme de manége. Cheval gros d'haleine, ou court d'haleine, cheval qui souffle extraordinairement quand il galope, quoiqu'il ne soit pas poussif.

  4. 4Il se dit des vents.

    • Les vents retenaient leurs haleines Fénelon, Tél. II
    • Sitôt.... Que des zéphyrs nouveaux les fécondes haleines.... Regnard, Satire contre les maris.
    • Quand des vents du midi les funestes haleines De semences de mort ont inondé nos plaines Voltaire, Loi natur. 2e part.
    • Quand la douce haleine du printemps a tapissé les forêts de verdure Buffon, Morceaux choisis, p. 293
    • Chaque saison lui doit les attraits qu'elle étale ;Le printemps, les parfums que son haleine exhale Casimir Delavigne, Paria, I, 5
    • Où vont ces rapides nuages, Que roule à flocons d'or l'haleine des autans ? Lamartine, Harm. I, 10
    • Dans le langage ordinaire, haleine de vent, un léger souffle. Il ne fait pas une haleine de vent.

  5. 5Fig. Force, capacité.

  6. 6En haleine, loc. adv. En exercice, en habitude de travailler soit de corps, soit d'esprit.

    • Pour me remettre en haleine Molière, Amph. I, 2
    • Son dessein est de les [ses disciples] tenir toujours en haleine, et de les empêcher d'être jamais satisfaits d'eux-mêmes, quelque fidélité qu'ils puissent avoir eue pour les pratiques de leur règle Bossuet, Panég. St Benoît, 3
    • Mes chevaux s'animèrent et se mirent peu à peu en haleine FÉNEL., Tél. V
    • Ces petites affaires-là tiennent la vieillesse en haleine, et repoussent l'ennui qui cherche toujours à s'emparer des derniers jours d'un pauvre homme Voltaire, Lett. Richelieu, 20 juin 1771
    • Un de mes centurions se battait tous les matins contre son signe pour se tenir en haleine Voltaire, Memmius, IX
    • Je crois qu'un ordre exprès des cieuxTient en haleine la sagesse Béranger, Deo gratias.
    • Fig. Tenir quelqu'un en haleine, signifie quelquefois tenir dans un état d'incertitude mêlé d'espérance et de crainte.

      • Détruire tout l'espoir qui les tient en haleine, C'est les perdre.... Corneille, Sertor. IV, 2
      • Toutes ces considérations tenaient tout le monde en haleine, pour apprendre en quoi consistait donc cette diversité PASCAL, Prov. III
    • Être en haleine, être en train de faire quelque chose. Achevons, puisque nous sommes encore en haleine.

    • Être en haleine, signifie aussi être en bonne disposition pour faire quelque chose. Il faut que j'interrompe mon travail, je ne suis pas en haleine, je n'avance pas.

      • Il ne faut d'ordinaire pour ces expéditions que trouver les postes bien fournies, être en haleine, ou s'être pourvu de relais Hamilton, Gramm. 5
    • Terme de manége. N'être pas en haleine, se dit d'un cheval qui est demeuré longtemps à l'écurie.

  7. 7Haleine de Jupiter, le diosme.

Étymologie

Voy. HALENER ; Berry, halein, s. m. ; provenç. alen, s. m. et alena, s. f. ; anc. ital. alena ; ital. mod. lena.

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, 1872-1877 · cliquer un vers pour le scander