Pléthore de mots bien,
un seul est le mot juste.

malice dans le Littré

1 article· 28 citations· rimes· synonymes

malice s. f. (ma-li-s')

  1. 1Inclination à malfaire.

    • Il te restait encor, pour comble de malice, à te lier d'amour avecque Massinisse MAIRET, Sophon. I, 1
    • La justice du simple rendra sa voie heureuse, le méchant périra par sa malice Saci, Bible, Prov. de Salom. XI, 5
    • Ne nous traitez pas selon notre malice, mais selon vos miséricordes Saci, ib. Machab. I, XIII, 46
    • Nous faire plaindre l'aveuglement de ceux qui apportent la seule autorité pour preuve dans les matières physiques au lieu du raisonnement et des expériences, et nous donner de l'horreur pour la malice des autres, qui emploient le raisonnement seul dans la théologie, au lieu de l'autorité de l'Écriture et des Pères Pascal, Fragm. d'un traité de vide.
    • On verra, par cette réponse, et notre innocence et la malice de ceux qui nous ont imputé des impiétés dont ils sont les uniques inventeurs Pascal, Prov. XVII
    • Nous voyons que les premiers hommes, lorsque le monde plus innocent était encore dans son enfance, remplissaient des neuf cents ans par leur vie, et que, lorsque la malice s'est accrue, la vie en même temps s'est diminuée Bossuet, Yolande de Monterby.
    • Lorsqu'une âme si pure se croyait tellement plongée dans la malice Bossuet, États d'orais. IX, 3
    • Une pleine résistance à ce remords suppose la malice la plus invétérée et la plus insurmontable Bourdaloue, 9e dim. après la Pentec. Dominic. t. III, p. 174
    • Que les guerres sont permises pour assurer la paix, pour protéger l'innocence, pour arrêter la malice qui se déborde, et pour retenir la cupidité dans les bornes de la justice Fléchier, Turenne.
    • Un cœur noble ne peut soupçonner en autrui La bassesse et la malice Qu'il ne se sent point en lui Racine, Esth. III, 9
    • Ce que j'en fais, c'est par malice ;Je n'aime point Lubin, mais je veux me venger Dancourt, Com. des comédiens, divert. sc. 3
    • Les discours sont si sujets à interprétation, il y a tant de différence entre l'indiscrétion et la malice Montesquieu, Esp. XII, 12
    • Je reconnais bien là sa malice Voltaire, Facét. Diatr. du doct. Akakia.
  2. 2Il se dit aussi des choses. La malice de ses discours.

    • La malice de cette hérésie [pélagianisme] consistait en ce que, niant la grâce de Dieu, elle attribuait tout le bien à notre mérite Bossuet, Réfut. catéch. Ferry, I, II, 12
    • Les dérèglements n'ont pas pour cela perdu leur malice Massillon, Carême, Élus.
    • Dans le langage des casuistes et autres, la malice du péché, ce que le péché a de malfaisant.

      • Le déréglement, l'iniquité, la laideur, la malice même du péché Bossuet, 3e sermon, Circonc. 1
  3. 3Action faite avec malice. Une coupable malice. On sait toutes les malices dont il est capable.

  4. 4Inclination à faire de petites méchancetés, par badinage.

  5. 5Petite méchanceté, faite par badinage.

    • Entendre malice à quelque chose, y donner un sens détourné, un sens malin.

    • Ne pas entendre malice à quelque chose, faire ou dire quelque chose sans mauvaise intention.

    • Ne pas entendre malice, signifie aussi être simple, niais.

    • Fig. et familièrement. Un innocent fourré de malice, celui qui est malicieux et qui feint d'être simple et bon.

    • La belle malice ! Voyez la malice ! se dit, par plaisanterie, en imputant à malice ce à quoi on ne veut pas répondre sérieusement.

      • L'auteur n'est ni poli ni gai.... il m'appelle Capanée, quoique je n'aie jamais été au siége de Thèbes ; il voudrait me faire passer pour un impie ; voyez la malice ! Voltaire, Lett. d'Argental, 20 juin 1767

Synonymes

MALICE, MALIGNITÉ. Ces deux mots sont très voisins, puisqu'ils dérivent tous deux de l'adjectif latin malus, méchant, et ne diffèrent que par la terminaison. Mais on remarquera d'abord que malignité a beaucoup moins le sens favorable que malice a quelquefois, celui de petite méchanceté, d'espièglerie. Puis on peut dire en général que la malice désigne malfaire, mal agir, et la malignité l'inclination à faire du mal.

Étymologie

Bourguig. maglice ; provenç. malicia, malissa ; espagn. malicia ; ital. malizia ; du lat. malitia ; de malus, méchant (voy. MAL). On remarquera dans l'historique que malice est quelquefois masculin.

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, 1872-1877 · cliquer un vers pour le scander