Pléthore de mots bien,
un seul est le mot juste.

mie dans le Littré

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1mie s. f. (mie)

  1. 1Petite partie qui tombe du pain quand on le mange.

    • Diogène vit de petites souris ramasser des mies de pain sous sa table FÉNEL., Diogène.
    • Ce sens, qui est étymologique, n'est plus usité. On dit miette.

  2. 2Par extension, la partie du pain qui est entre les croûtes.

    • Fig. Jeûner entre la mie et la croûte, se dit d'un homme que le jeûne n'empêche point de manger.

  3. 3Mie de pain, espèce de champignon.

Étymologie

Provenç. mica, mia, miga, mitga ; espagn. miga ; du lat. mica panis, miette de pain, parcelle, pris ensuite pour la partie molle du pain.

2mie (mie)

  1. HIST. XIe s.

    • De sa parole ne fut mie hastis Ch. de Rol. X
    • XIIe s.

      • Li roi et li soudant ne l'oublierent mie Sax. VII
    • XIIIe s.

      • Mais l'en puet tiex [tels] songes songier Qui ne sont mie mençongier la Rose, 4
    • XIVe s.

      • Je n'en ai mies à plenté [abondance], Biax ostes, fait-il, Dieu mierci J. DE CONDET, p. 79
    • XVe s.

      • Les sciences sont extraites et compilées de plusieurs clercs, et ce que l'un sait, l'autre ne sait mie FROISS., Prol.
    • XVIe s.

      • Ceste cy [cognée] n'est mye la mienne ; je n'en veulx grain Rabelais, Pant. IV, nouv. prol.
      • Tenez-vous dans la route commune : il ne faict mie bon estre si subtil et si fin Montaigne, II, 312

Étymologie

Provenç. mica, mia, miga, minga, minja ; ital. mica, miga ; du lat. mica, parcelle. Mie avec son sens propre de parcelle : Ils s'ostent des mains l'ung de l'autre les myes d'areine qu'ils trouvent, DESPER. Cymbal. 96 (voy. MIE 1.)

3mie s. f. (mie)

  1. 1Abréviation du mot amie.

  2. 2Nom que les enfants donnent quelquefois à leur gouvernante.

    • Fig.

      • Walpole ménageait Fleury comme un homme qui pointait et que l'amitié de mie pouvait conduire loin Saint-Simon, 506, 156
      • Quel était le prétexte de cette tempête [contre le Mondain] excitée par des prêtres et à laquelle se prêtait la vieille mie qu'on appelait le cardinal de Fleuri ! Voltaire, Lett. Richelieu, août 1750
  3. 3Ma mie, se dit quelquefois familièrement en parlant à une femme d'une classe inférieure.

    • Il se dit aussi en un sens méprisant. Je ne souffrirai pas vos impertinences, ma mie.

Étymologie

Abréviation de amie, déjà usitée dans le XIIIe siècle, et facilitée sans doute par la locution m'amie, t'amie, s'amie.

Supplément

3. MIE. Ajoutez : - REM. M'amie est l'ancienne forme seule correcte. Ma mie est un barbarisme, et mon amie est un solécisme, introduits tous deux par l'usage (voy. MON, Rem. 1).

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, 1872-1877 · cliquer un vers pour le scander