Pléthore de mots bien,
un seul est le mot juste.

mine dans le Littré

5 articles· 122 citations· rimes· synonymes

1mine s. f. (mi-n')

  1. 1Apparence de la personne et principalement du visage.

    • Que sa façon est brave et sa mine assurée ! Malherbe, II, 12
    • Ma foi ! les beaux habits servent bien à la mine Régnier, Sat. XII
    • Un homme qui fût homme et de fait et de mine Régnier, ib. IV
    • Suivons donc.... les coutumes du peuple et réservons-nous nos pensées, mais donnons-lui nos actions et nos mines Guez de Balzac, liv. III, Lett. 3
    • Souvent une mine pour une autre change la face de l'action du monde la plus innocente Guez de Balzac, liv. VI, Lett. 10
    • Il y a des hommes qui font la même mine lorsqu'ils pleurent que les autres lorsqu'ils rient Descartes, Pass. 113
    • Choisissez un peu mieux vos dupes à la mine Corneille, le Ment. V, 6
    • Le front cicatrisé, la mine assez farouche Corneille, Œdipe, IV, 4
    • Il a une terrible mine avec sa belle taille et ce cordon bleu Mme de Sévigné, 591
    • Et premièrement, chrétiens, si vous regardez son extérieur, il [saint Paul] avoue que sa mine n'est point relevée Bossuet, Panég. saint Paul, 1
    • Damon, ce grand auteur.... de qui le corps sec et la mine affamée.... Boileau, Sat. I
    • Les traits découvrent la complexion et les mœurs ; la mine désigne les biens de la fortune La Bruyère, VI
    • Le roi [Charles II] ne cédait à personne ni pour la taille, ni pour la mine Hamilton, Gramm. 6
    • La mine de Mentor paraît d'abord moins haute [que celle de Télémaque] ; mais, quand on le regarde de plus près, on trouve dans sa simplicité des marques de sagesse et de vertu Fénelon, Tél. IX
    • Cet inconnu est d'une haute mine, tout paraît héroïque en lui Fénelon, ib. XX
    • Le baron de Bressé était un homme de basse mine, modeste, réservé, dont la physionomie ne promettait rien Saint-Simon, 1, 25
    • Rien n'est à mon avis si trompeur que la mine CAMPISTRON, Jaloux désabusé, IV, 6
    • Ce marchand avait une mine basse, avec un habillement qui ne donnait pas une idée avantageuse de sa condition LE SAGE, Guzm. d'Alf. VI, 5
    • À voir ces bonnes filles, vous leur trouvez un extérieur affable, et pourtant un intérieur indifférent ; ce n'est que leur mine et non pas leur âme qui s'attendrit pour vous Marivaux, Marianne, 3e part.
    • Quelque répugnance que j'aie à faire crayonner ma vieille mine, il faut bien s'y résoudre et être complaisant Voltaire, Lett. Mme de Fontaine, 10 janv. 1757
    • Je m'accostai d'un homme à lourde mine,Qui sur sa plume a fondé sa cuisine Voltaire, le Pauvre diable.
    • Avoir de la mine, avoir une apparence qui prévient favorablement.

    • Avoir de la mine, se dit aussi des choses qui ont bonne apparence. Cette maison a de la mine.

    • Sur la mine, sur la bonne apparence.

    • Bonne mine, apparence qui plaît.

      • Le roi lui-même n'était paré ce jour-là que de sa bonne mine, qui le faisait aisément reconnaître PELLISSON, Lett. hist. t. I, p. 217
      • Ce Briole doit à sa bonne mine le plus grand parti du pays Mme de Sévigné, 230
    • Homme, femme de bonne mine, homme, femme d'une figure agréable.

      • Un jeune Turc de bonne mine nous a invités d'y entrer, et nous a présenté la main Molière, Scapin, II, 11
      • Une très grande femme de très bonne mine Mme de Sévigné, 70
    • Avoir bonne mine, avoir bonne apparence, en parlant des choses.

    • Homme de mine, même sens.

    • Être sur sa bonne mine, faire de la toilette, se présenter avec bonne apparence.

    • Homme de mauvaise mine, homme mal vêtu, dont l'habillement et l'extérieur peuvent exciter des inquiétudes.

      • C'est peut-être que je paye l'intérêt de ma mauvaise mine Molière, Critique, 5
    • Payer de mine, avoir bonne apparence, mais sans grand fond ou mérite.

    • Payer de mine, se dit aussi de celui qui, tout en ayant bonne apparence, ne laisse pas d'être malade. Je paye de mine, mais je ne me porte pas bien.

    • Avoir une bonne mine, une mauvaise mine, avoir l'apparence d'une bonne, d'une mauvaise santé.

    • Avoir une bonne mine, une mauvaise mine, signifie quelquefois avoir l'apparence d'un bon, d'un mauvais caractère.

    • Avoir la mine longue, éprouver un vif désappointement qui se manifeste sur la figure.

      • Il aurait la mine bien longue, s'il était instruit qu'à minuit.... Beaumarchais, Mère coup. IV, 3
    • Familièrement. Avoir la mine de, paraître.

      • Tel est cru défunt qui n'en a que la mine Molière, l'Ét. II, 3
      • Monsieur a toute la mine d'être un fort bon mari Molière, le Mar. forcé, 12
      • Je vois ici de yeux qui ont la mine d'être de forts mauvais garçons Molière, Préc. 10
      • Vous vendez des tapisseries, monsieur Guillaume, et vous avez la mine d'avoir quelque tenture qui vous incommode Molière, Amour méd. I, 1
      • Vous m'avez la mine, mon ancien ami, d'avoir bientôt vos soixante et dix ans, et j'en ai soixante et quinze Voltaire, Thieriot, 27 janv. 1769
      • Mon ami, tu as bien la mine de ne pas croire à la jument Borac ou aux métamorphoses de Visnou ; je te dénoncerai, je t'empêcherai d'être bostangi, je te décrierai, je te persécuterai Voltaire, Dict. phil. Philosophe.
    • Avoir la mine d'avoir fait, de vouloir faire une chose, avoir un air, un maintien qui le fait conjecturer.

      • Vous n'avez pas, ce lui dit-elle, La mine de vous en aller à Saint-Jacques de Compostelle La Fontaine, Pet. chien.
    • Fig. Avoir la mine, faire croire, faire supposer.

      • J'ai la mine, après tout, d'y trouver mal mon compte Corneille, la Gal. du Pal. II, 6
      • J'ai bien la mine de payer plus cher vos folies Molière, Scap. I, 1
      • Vous avez bien la mine d'avoir donné un bon exemple Mme de Sévigné, 534
      • M. de Vins n'a guère la mine d'être à la tête de quelque chose Mme de Sévigné, 10 août 1680
      • La reine d'Angleterre a toute la mine, si Dieu le voulait, d'aimer mieux régner dans le beau royaume d'Angleterre.... que d'être à Saint-Germain.... Mme de Sévigné, 2 fév. 1689
      • Mme de Vins m'a priée de ne m'en point retourner demain.... je suis tentée de sa proposition, de sorte que j'ai la mine de ne m'en aller que dimanche à la messe à Livry Mme de Sévigné, 21 août 1676
      • Nous avons bien la mine de demeurer ici longtemps LE SAGE, Gil Blas, X, 3
      • Vous avez bien la mine D'aller un jour échauffer la cuisine De Lucifer ; et moi, prédestiné, Je rirai bien quand vous serez damné Voltaire, Défense du Mondain.
    • Avoir la mine, se dit aussi des choses dans un sens analogue.

      • Votre ambassade m'a la mine d'être pour vous un bénéfice simple Voltaire, Lett. en vers et en prose, 8
    • Faire les mines ou faire la mine, se dit quelquefois, bien que moins souvent, pour avoir la mine de.

    • Porter la mine de, avoir l'air de, en mauvaise part. Il porte la mine d'un fripon.

    • De mine, loc. adv. En apparence.

      • Jeanne, rongeant son frein, de mine s'apaisa Régnier, Sat. X
  2. 2Contenance que l'on prend, air qu'on se donne, dans une intention quelconque.

    • Faire mine de quelque chose, paraître dans l'intention de la faire.

    • Il se dit des choses dans le même sens.

      • Voilà les beaux jours qui font mine de revenir Mme de Sévigné, 1er janv. 1690
      • Enfin la cicatrice fait une fort bonne mine de vouloir s'avancer.... Mme de Sévigné, 4 fév. 1685
    • Faire bonne mine, mauvaise mine à quelqu'un, lui faire un bon, un mauvais accueil.

    • On dit aussi : tenir bonne mine.

    • Familièrement. Faire triste mine, grise mine, froide mine à quelqu'un, lui faire mauvais visage, le recevoir froidement.

    • Faire la mine à quelqu'un, lui témoigner qu'on est mécontent de lui.

    • Absolument. Faire la mine, faire la grimace, témoigner du mécontentent.

      • Le roi m'en a remercié ; mais les ennemis de la philosophie et des lettres ont fait la mine : je vous laisse à penser si je m'en soucie D'Alembert, Lett. à Voltaire, 17 décemb. 1768
      • Je lui dis que je voulais la prendre pour moi, elle fit la mine J.-J. Rousseau, Hél. VI, 9
      • Il fait une laide mine, il fait une vilaine grimace.

        • L'on boit [des eaux], et l'on fait une fort vilaine mine Mme de Sévigné, 277
        • Nous avons trouvé ce matin deux grands vilains pendus à des arbres sur le grand chemin.... ils faisaient une fort vilaine mine Mme de Sévigné, 11 sept. 1675
      • Faire bonne mine à mauvais jeu, cacher de mauvaises affaires par une démonstration de gaieté et de repos d'esprit.

      • Faire meilleure mine que bon jeu, promettre plus qu'on ne tient.

        • Je tiens pour certain qu'il pourrait plus gagner à Paris qu'il ne fera en Italie, où il y a meilleure mine que bon jeu et même peu d'estime pour les gens de lettres GUI PATIN, Lett. t. II, p. 333, dans POUGENS
  3. 3Certains mouvements du visage, certains gestes qui ne sont pas naturels, ou avec lesquels on masque quelque chose.

    • Tout le monde n'est composé que de mines, et c'est inutilement que nous travaillons à y trouver rien de réel La Rochefoucauld, Pensées, 95
    • Ô papelards ! qu'on se prend à vos mines ! La Fontaine, Herm.
    • Vos mines et vos cris aux ombres d'indécence Que d'un mot ambigu peut avoir l'innocence Molière, Mis. III, 4
    • Sans en être ému, sans mine, sans grimace Mme de Sévigné, 437
    • Pour oser lui découvrir mes sentiments à l'usage du pays, c'est-à-dire par des mines LE SAGE, Guzm. d'Alf. VI, 2
    • Joignez-y une marquise de Céra, figure très agréable, gâtée par des mines et des airs d'enfant qui ont pu plaire en elle à seize ans, et il y a seize ans Paul-Louis Courier, Corresp. Rome, 8 janv. 1799
    • Faire des mines ou de petites mines à quelqu'un, l'agacer par des regards affectés, par des mouvements de visage particuliers.

      • On est seulement un peu fâché de lui [Mme de Monaco] voir faire quelquefois à cette Madame-ci [la seconde femme de Monsieur] les mêmes petites mines qu'elle faisait à l'autre Mme de Sévigné, 163
      • Je leur fais encor quelques mines,Mais vous possédez leurs faveurs Voltaire, Ép. 73
      • Il ne fut pas plus tôt assis qu'une petite guenon vint se poser tout auprès de lui, en lui faisant des mines et des grimaces les plus jolies du monde COMTE DE CAYLUS (GROSLEY), Œuvr. t. VIII, p. 228, dans POUGENS
    • Absolument. Faire des mines, prendre certaines mines affectées pour paraître agréable.

      • Je sais à présent faire des mines ; se déhancher, secouer la tête, baiser le bout de son gant bien tendrement, cela s'appelle faire des mines BARON, Homme à bonn. fort. IV, 6
      • Cette nouvelle mariée.... si peu jolie et qui fait tant de mines Mme de Genlis, Théâtre d'éduc. les Dangers du monde, II, 1
      • Mines se dit aussi des signes que l'on fait à quelqu'un pour lui faire comprendre ce qu'on ne peut pas ou ne veut pas lui exprimer autrement.

        • Ce discours ne persuadait pas la cadette, qui n'y répondait que par des mines qui disaient toujours : je n'y vois point de mal Marivaux, Paysan parv. 2e part.
        • Le baron avait eu beau lui faire des mines et lui lancer les regards les plus sévères, rien n'avait pu arrêter l'impétuosité de son récit CENLIS, Vœux témér. t. III, p. 218, dans POUGENS

Étymologie

Bourguig. moigne ; ital. mina ; angl. mien. Origine incertaine. On cite l'allem. Miene, danois mine, mine ; mais on n'est aucunement sûr que ce ne soit pas le mot roman qui se soit introduit dans les langues germaniques. Le mot est aussi dans le celtique : bas-breton, min et man ; kymri, mein ; mais là aussi il y a doute sur la question si dans le celtique le mot est indigène ou d'importation romane. Diez pense qu'il est au latin minare, mener, comme gestus, geste, est à gerere, porter. On remarquera que le mot n'est pas ancien dans la langue ; du moins notre historique n'en remonte qu'au XVe siècle.

2mine s. f. (mi-n')

  1. 1Terrain, gîte au sein de la terre d'où l'on extrait des métaux, des combustibles, des gemmes, etc. Une mine d'or, d'argent, de cuivre, de plomb, de fer, de charbon.

    • Polybe, cité par Strabon, dit que de son temps il y avait quarante mille hommes occupés aux mines qui étaient dans le voisinage de Carthagène, et qu'ils fournissaient chaque jour au peuple romain vingt-cinq mille drachmes, c'est-à-dire douze mille cinq cents livres Rollin, Hist. anc. Œuvr. t. I, p. 213, dans POUGENS
    • Malgré les mines du nouveau monde, l'Espagne était si pauvre que le ministère de Philippe IV se trouva réduit à la nécessité de la monnaie de cuivre, à laquelle on donna un prix presque aussi fort qu'à l'argent Voltaire, Mœurs, 177
    • Quand on a franchi la côte de Coromandel, on est à la hauteur de la grande nababie de Golconde, où sont les plus grands objets de l'avarice, les mines de diamants Voltaire, Polit. et Législ. Fragm. hist. sur l'Inde, X
    • Il [Tavernier] donne le nom de mines de diamants aux endroits dont on les tire ; tous ceux qui ont écrit après lui ont adopté cette expression, tandis que, par leurs propres descriptions, il est évident que non-seulement les diamants ne se trouvent pas en mines comme les métaux, mais que même ils ne sont jamais attachés aux rochers comme le sont les cristaux Buffon, Min. t. VII, p. 387
    • Il est très peu de mines de diamant ; jusqu'à ces derniers temps on n'en connaissait que dans les Indes orientales Raynal, Hist. phil. IX, 24
    • Nous nommerons mines les parties de la terre où on trouve les minerais métalliques rassemblés en quantité assez considérable pour être extraits en grand et avec avantage AL. BRONGNIART, Traité min. t. II, p. 83, dans POUGENS
    • Lorsqu'on connaîtra les lois qui ont présidé à la formation des minéraux et à leur arrangement respectif dans le sein de la terre, on pourra employer avantageusement cette connaissance à la recherche et à l'exploitation des mines AL. BRONGNIART, ib. t. I, p. 2
    • Particulièrement. Excavations pratiquées dans le sein de la terre pour l'extraction des substances minérales. Travailler aux mines, dans les mines. La mine s'éboula.

      • La mine de Cotteberg, qui, du temps d'Agricola, passait pour la plus profonde de toutes les mines, n'avait que 2500 pieds de profondeur perpendiculaire Buffon, Hist. nat. Preuv. théor. terr. Œuvr. t. II, p. 15, dans POUGENS.
      • Les travaux des mines, dans le nouveau monde, ont fait périr en moins de deux ou trois siècles plusieurs millions d'hommes Buffon, Minéralogie, t. IV, p. 297
      • Dans les fouilles de nos mines les plus profondes nous ne faisons qu'effleurer la surface de la terre BAILLY, Histoire de l'astronom. mod. t. II, p. 516, dans POUGENS.
    • Terme d'antiquité. Peine des mines, condamnation qui astreignait le coupable à travailler dans les mines ; elle existe encore en Russie.

      • Les larcins pour lesquels on condamnait aux mines dans Athènes Voltaire, Dial. XXIV, 3
    • École des mines, établissement où l'on forme des ingénieurs pour l'exploitation des mines.

    • Fig. Ce sujet est une mine féconde de beautés poétiques.

    • C'est une mine de savoir, d'érudition, c'est un homme très savant, très érudit.

  2. 2Abusivement. Minéral qui renferme une substance métallique. De la mine d'or, d'argent, de cuivre. De la pierre de mine.

    • De toutes les substances métalliques la mine de fer est la plus difficile à fondre Buffon, Min. t. IV, p. 148
    • Les mines du Nord, qui sont assez magnétiques pour qu'on les cherche avec la boussole Buffon, Hist. min. introd. part. expér. Œuvres, t. VII, p. 10
    • On nomme mines en nids ou en sacs, celles qui sont accumulées dans les fentes et dans les intervalles qui se trouvent entre les rochers ou les bancs de pierre Buffon, Min. t. II, p. 157
    • Mine grasse, expression dont se servent les mineurs dans quelques localités pour désigner le minerai pur et dégagé de sa gangue.

    • Mine noire, jaune, rouge, etc. espèces de minerais oxydés.

    • Mines fixes, se dit des filons qui se prolongent. Mines égarées, se dit des endroits où l'on trouve des morceaux de métal isolés.

    • Terme de peinture. Couleur d'un rouge orangé fort vif.

  3. 3Mine de plomb, dite aussi plombagine, dénomination qui induit en erreur, car la mine de plomb est un carbure de fer (voy. GRAPHITE). Dessiner à la mine de plomb, ou, simplement, à la mine.

  4. 4Dans l'antiquité et le moyen âge, cavité que, dans les siéges, l'on pratiquait sous des murailles, sous une tour, etc. ; on étançonnait, puis le mineur, mettant le feu aux étançons, se retirait ; les étançons manquaient et la muraille s'écroulait.

    • Aujourd'hui, cavité souterraine que l'on pratique et où l'on place de la poudre, pour y mettre le feu et faire sauter tout ce qui se trouve au-dessus ; on se sert aussi de la mine pour percer des roches qui ne cèdent pas à la pioche.

      • Il marquait que le mineur était alors attaché aux deux endroits, et l'une des mines en état de jouer PELLISSON, Lett. hist. t. I, p. 233, dans POUGENS
      • On ne doute pas qu'ils [des assiégés] n'attendent la mine, à l'exemple de Dinant PELLISSON, ib. t. II, p. 275
      • La mine n'a été chargée que sur les dix ou onze heures du matin PELLISSON, ib. t. III, p. 246
      • Pierre de Navarre, soldat de fortune, et grand général espagnol, inventa les mines, dont les Français éprouvèrent les premiers effets Voltaire, Mœurs, 91
    • Chambre ou fourneau de la mine, lieu où l'on charge une mine.

    • Puits de la mine, ouverture qu'on fait en terre à la profondeur de la mine qu'on veut établir.

    • Saucisson de la mine, mèche qui est enfermée dans de la toile et qui est disposée pour mettre le feu à la mine.

    • Entonnoir de la mine, le trou qui reste après l'explosion de la mine.

    • Éventer la mine, découvrir le lieu où elle est pratiquée, et en empêcher l'effet.

    • Fig. Éventer, découvrir la mine, pénétrer un dessein secret.

    • Fig. Pratique secrète.

Étymologie

Voy. MINER ; provenç. mina, mena ; esp. et ital. mina.

Supplément

2. MINE. Ajoutez : Mine d'acier, nom donné quelquefois au fer spathique.

3mine s. f. (mi-n')

  1. Ancienne mesure contenant la moitié d'un setier ; elle était de la contenance de 78lit., 73.

    • Si, pour se rendre mieux compte de ce qu'était cette pension [deux livres tournois, par mois], on prend la peine de calculer, d'après le tableau même de l'auteur, le prix du blé dans l'intervalle de 1434 à 1457, on trouve pour moyenne 3 sols 10 deniers tournois la mine d'Orléans (la mine coûterait aujourd'hui 6 fr. 63, de sorte que cette pension équivalait à 827 francs) BIENAYMÉ, Comptes rendus, Acad. des sc. t. LV, p. 941
    • Ce qui est contenu dans la mine. Une mine d'avoine.

Étymologie

Provenç. mina. On a indiqué le lat. medimnus ; mais, si l'on fait attention que la mine est la moitié du setier, comme l'hémine grecque l'était de l'ἑϰτεὺς ou sextarius, on verra que mine est une abréviation de hémine, par aphérèse (voy. HÉMINE), comme O. de Serres l'avait senti.

4mine s. f. (mi-n')

  1. 1Terme d'antiquité. Poids grec, pesant 324 grammes.

  2. 2Monnaie grecque d'argent contenant, en poids, 69 francs.

    • Appelant dix de ses serviteurs, il leur donna dix mines d'argent Saci, Bible, Évang, saint Luc, XIX, 13
    • Il [Alcibiade] avait un chien d'une taille extraordinaire et d'une grande beauté, qu'il avait acheté soixante et dix mines, c'est-à-dire 3500 livres Rollin, Hist. anc. Œuvr. t. III, p. 600, dans POUGENS
    • Il [Socrate] avait hérité de son père quatre-vingts mines, c'est-à-dire 4000 livres Rollin, ib. t. IV, p. 353

Étymologie

Lat. mina, du grec μνᾶ, contraction de μίνα. Le mot n'est pas grec, mais égyptien.

5miné, ée part. passé (mi-né, nèe)

  1. Sous lequel on a creusé une mine. Un bastion miné.

    • Fig.

      • Voilà la puissance infinie de Dieu sauvée ; mais voilà aussi le principe fondamental de l'auteur [Malebranche] miné sans ressource Fénelon, t. III, p. 55

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, 1872-1877 · cliquer un vers pour le scander