Pléthore de mots bien,
un seul est le mot juste.

ministre dans le Littré

1 article· 38 citations· rimes· synonymes

ministre s. m. (mi-ni-str')

  1. 1Celui qui est chargé d'une fonction, d'un office ; celui dont on se sert pour l'exécution de quelque chose.

  2. 2Les ministres du Seigneur, les ministres saints, les ministres de Jésus-Christ, de l'Évangile, de la religion, de la parole de Dieu, les ministres des autels, les prêtres.

  3. 3Chez les luthériens et les calvinistes, ministre du saint Évangile, ministre de la parole de Dieu, ou, simplement, ministre, celui qui fait le prêche.

    • Ouvrir la bouche comme un ministre qui dit son premier sermon.

  4. 4Se dit, chez les jésuites, d'un dignitaire qui commande en l'absence du général.

    • Ministre général, titre que porte le supérieur général des cordeliers.

    • Grand ministre, général de l'ordre de la Trinité.

  5. 5Homme public chargé des principales fonctions du gouvernement.

    • Île éternellement mémorable par les conférences de deux grands ministres Bossuet, Mar.-Thér.
    • De tous les ministres, le cardinal Mazarin, plus nécessaire et plus important, fut le seul dont le crédit se soutint Bossuet, le Tellier.
    • Quand l'éloignement de ce grand ministre [Mazarin] eut attiré celui de ses confidents, supérieur par cet endroit au ministre même, dont il admirait d'ailleurs les profonds conseils, nous l'avons vu retiré dans sa maison... Bossuet, ib.
    • Arcade eut l'Orient, et Honorius l'Occident ; tous deux gouvernés par leurs ministres, ils firent servir leur puissance à des intérêts particuliers Bossuet, Hist. I, 11
    • Que d'amis, que de parents naissent en une nuit au nouveau ministre ! La Bruyère, VIII
    • Donnez-moi des Davids et des Pharaons, amis du peuple de Dieu, et ils pourront avoir des Nathans et des Josephs pour leurs ministres Massillon, Carême, Sur la communion.
    • De ces trois ministres, le duc de Buckingham passait pour être le moins ministre, il brillait comme un favori et un grand seigneur Voltaire, Mœurs, 176
    • Les ministres, qui seront toujours les hommes du prince, tant que la nation n'influera pas dans le gouvernement, ont tous vendu leurs concitoyens à leur maître Raynal, Hist. phil. XIX, 2
    • Encore une étoile qui file ?...Mon enfant, quel éclair sinistre !C'était l'astre d'un favoriQui se croyait un grand ministreQuand de nos maux il avait ri Béranger, Étoiles.
    • Premier ministre, ministre qui est chargé par le prince de tout le gouvernement de l'État.

      • Louis XIII, faible, malade, nullement instruit, incapable de travail, ne pouvant se passer de premier ministre, fut obligé de choisir entre sa mère et le cardinal Voltaire, Hist. parl. ch. L.
    • Ministres d'État, ministres sans portefeuille, ministres qui n'ont pas de département, et qui ne sont appelés que pour le conseil, ou, comme dans le second empire français, pour soutenir devant les chambres les projets du gouvernement.

      • Que dites-vous de M. de Seignelay, ministre d'État à trente-six ans ? Mme de Sévigné, 587
  6. 6Envoyé d'un gouvernement auprès d'un gouvernement étranger.

    • Ministre plénipotentiaire, celui qui a un plein pouvoir pour traiter quelque affaire importante.

    • Ministre public, personne envoyée par un souverain pour le représenter près d'un nation étrangère.

  7. 7Gros-bec d'Amérique.

  8. 8Ministre au féminin.

    • On a condamné cette locution ; mais elle paraît tout à fait admissible.

  9. 7Ajoutez :

    • S'il vous arrive de passer journellement dans un bois, vous verrez peut-être chaque jour au haut d'un arbre, sur la même branche, un ministre (fringilla cyanea) mâle chantant gaiement Journ. offic. 24 oct. 1869, p. 1384, 6e col.

Étymologie

Lat. minister ; le mot est de même radical que l'osque ministreis, génitif correspondant à minoris ; et, par conséquent, il est fait par rapport à minus comme magister est fait par rapport à magis (voy. MAÎTRE, pour la finale ister).

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, 1872-1877 · cliquer un vers pour le scander