maître s. m. (mê-tr')
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1Celui qui commande soit de droit soit de fait. Le maître de la maison. Un maître de maison. Bon maître. Mauvais maître.
- C'est le Dieu des chrétiens, c'est le maître des rois Corneille, Théod. III, 3
- Flatter ceux du logis, à son maître complaire La Fontaine, Fabl. I, 5
- Jean Lapin allégua la coutume et l'usage :Ce sont, dit-il, leurs lois qui m'ont de ce logisRendu maître et seigneur La Fontaine, ib. VII, 16
- J'ignore ce qu'au fond le serviteur peut être ;Mais pour homme de bien je garantis le maître Molière, Tart. I, 1
- Je n'aurais pas l'esprit d'être maître chez moi ? Molière, F. sav. V, 2
Servez donc ce roi immortel et si plein de miséricorde [Dieu].... et commencez à compter le temps de vos utiles services du jour que vous vous serez donnés à un maître si bienfaisant
Bossuet, Louis de Bourbon- Laborieux valet du plus commode maîtreQui, pour te rendre heureux, ici-bas pouvait naître Boileau, Ép. X
Andromaque, sans vous, N'aurait jamais d'un maître embrassé les genoux
Racine, Andr. III, 6Comment un homme a-t-il pu devenir le maître d'un autre homme, et par quelle espèce de magie incompréhensible a-t-il pu devenir le maître de plusieurs autres hommes ?
Voltaire, Dict. phil. Maître.- Le sang de Jupiter aurait ici des maîtres ! Voltaire, Mérope, I, 2
Ce qu'il faut fuir n'est pas la campagne, mais la maison des grands et des princes, qui ne sont point les maîtres chez eux, et ne savent rien de ce qui s'y fait
J.-J. Rousseau, Lett. à Mirab. Corr. t. VII, p. 16, dans POUGENS
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Fig.
J'aime fort la liberté et le libertinage de votre vie et de vos repas, et qu'un coup de marteau ne soit pas votre maître
Mme de Sévigné, 25 juill. 1689
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Seigneur et maître, sorte de pléonasme dont on se sert quelquefois dans le langage familier. Il est ici seigneur et maître.
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Une femme dit quelquefois, par plaisanterie, en parlant de son mari : mon seigneur et maître.
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Il a bon maître, c'est-à-dire il est au service ou dans la dépendance d'un homme puissant qui saura le protéger.
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Un air de maître, ton, manières de commandement, de supériorité.
Ce qui est rare, c'est l'air de maître avec lequel ce monsieur [un annotateur du Siècle de Louis XIV] ose dire....
Voltaire, Mél. hist. Suppl. au siècle de Louis XIV, I.
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Heurter, frapper en maître, frapper à la porte d'une maison plusieurs coups de suite, ou seulement un coup très fort.
- Cependant, sans délai, messieurs frappent en maître Régnier, Sat. X
- On frappe à l'huis ; le logis aux verrousÉtait fermé ; la femme à la fenêtreCourt en disant : celui-là frappe en maître :Serait-ce point par malheur mon époux ? La Fontaine, Rémois.
- Quel bruit à descendre m'oblige,Et qui frappe en maître où je suis ? Molière, Amph. III, 5
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On dit de même : sonner en maître.
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Parler en maître, avoir le ton du commandement.
- C'est a vous de sortir, vous qui parlez en maître Molière, Tart. IV, 7
- Pharnace croit peut-êtreCommander dans Nymphée et me parler en maître Racine, Mithr. I, 1
Et [ces lieux] ne s'attendaient pas, lorsqu'ils nous virent naître, Qu'un jour Domitius me dût parler en maître
Racine, Brit. III, 8
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Fig. Chercher maître, ne pas savoir encore de quel parti on se rangera, quelle opinion on adoptera soit en politique, soit en religion, etc.
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Être son maître, ne dépendre de personne. Ce jeune homme est devenu trop tôt son maître.
Il a vingt-huit ans, il est son maître, il vous aime avec passion ; qui peut l'empêcher de vous épouser ?
Mme de Genlis, Théât. d'éduc. I, 7
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2Particulièrement. Celui qui possède des esclaves.
L'esclave n'a qu'un maître : l'ambitieux en a autant qu'il y a de gens utiles à sa fortune
La Bruyère, VIIILa raison veut que le pouvoir du maître ne s'étende point au delà des choses qui sont de son service
Montesquieu, Esp. XV, 12Il fallut des lois terribles pour établir la sûreté de ces maîtres cruels, qui vivaient au milieu de leurs esclaves comme au milieu de leurs ennemis
Montesquieu, ib.Si un maître avait été tué dans un voyage, on faisait mourir ceux qui étaient restés avec lui, et ceux qui s'étaient enfuis
Montesquieu, ib. 16
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3Roi, empereur, prince souverain.
- Seigneur, il est bien dur de se voir sous un maîtreDont on le fut toujours, et dont on devrait l'être Corneille, Pulch. II, 2
Qu'il est peu de sujets fidèles à leurs maîtres !
Corneille, Nicom. V, 8Il fut maître paisible de tout l'Orient
Bossuet, Hist. I, 7Le tyran se rendit le maître
Bossuet, Hist. I, 10Nous voyons mourir tous les jours nos inférieurs, nos égaux, nos maîtres
Fléchier, Dauphine.- Aussitôt, rassemblant nos lévites, nos prêtres,Je leur déclarerai l'héritier de leurs maîtres Racine, Athal. I, 2
...pour le choix d'un maître Athènes se partage
Racine, Phèdre, I, 4- Et moi qui sur le trône ai suivi mes ancêtres,Moi fille, femme, sœur et mère de vos maîtres... Racine, Brit. I, 2
- Je vais donner, seigneur, un maître à Babylone Voltaire, Sémiram. II, 7
- Égisthe, avec les siens, d'un pas précipité,Vole, croit le punir, arrive et voit son maître Voltaire, Oreste, V, 7
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Mon maître, le roi mon maître, l'empereur mon maître, etc. expressions qu'emploient ordinairement les ambassadeurs ou autres agents d'un souverain, en pays étranger, lorsqu'ils parlent de lui.
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Maître du monde, possesseur d'une grande partie de la terre que par exagération on nomme le monde.
Ce qui a le plus contribué à rendre les Romains maîtres du monde, c'est qu'ayant combattu successivement contre tous les peuples, ils ont toujours renoncé à leurs usages, sitôt qu'ils en ont trouvé de meilleurs
Montesquieu, Rom. 1
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Maître du monde, se dit aussi de la puissance divine.
Mais quand nous serions rois, que donner à des dieux ? C'est le cœur qui fait tout : que la terre et que l'onde Apprêtent un repas pour les maîtres du monde
La Fontaine, Phil. et Bauc.
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Il se dit enfin des souverains.
Avant qu'ils [les fils des rois] sachent qu'ils sont hommes et qu'ils sont pécheurs, on leur apprend qu'ils ont des sujets, et qu'ils sont les maîtres du monde
Fléchier, Duc de Mont.- Parle : peut-on le voir sans penser, comme moi,Qu'en quelque obscurité que le sort l'eût fait naître,Le monde en le voyant eût reconnu son maître ? Racine, Bér. I, 5
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Les maîtres de la terre, les rois, les princes.
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Le grand maître, Dieu.
Qu'il fallait porter ma reconnaissance plus loin, et appliquer toute l'ardeur du génie à quelque nouvel essai de ses forces qui n'eût point d'autre but que le service de ce grand maître et l'utilité du prochain
Corneille, Ép. au pape Alexandre VII
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Le grand maître, se dit aussi d'un homme qui a toute autorité.
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Le maître des humains, Dieu.
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4Celui qui, par la force, entre en possession, en domination. Ayant battu les ennemis, il fut le maître de la campagne. Il resta maître du champ de bataille. Se rendre maître d'une place, d'une province, d'un poste.
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Se rendre maître de, arrêter les progrès. On ne put se rendre maître de l'émeute.
Le jour favorisa les efforts du duc de Trévise ; il se rendit maître du feu ; les incendiaires se tinrent cachés
Ségur, Hist. de Nap. VIII, 6
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On dit dans le même sens : être maître de. Les magistrats furent enfin maîtres de la sédition. Être maître du feu.
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Fig. Se rendre maître de, acquérir la disposition de, manier, tourner à son gré. Se rendre maître des esprits, des cœurs.
On ne leur laisse [aux peuples] plus rien à ménager quand on leur permet de se rendre maîtres de leur religion
Bossuet, Reine d'Anglet.
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Se rendre maître de la conversation, la diriger sur le sujet que l'on veut.
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Fig. Il a trouvé son maître, il a trouvé quelqu'un plus fort, plus savant que lui. C'était un querelleur, mais il a trouvé son maître.
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On dit dans le même sens : voir son maître.
- Ma plume t'apprendra quel homme je puis être. -Et la mienne saura te faire voir ton maître Molière, Femmes sav. III, 5
On disait : il [Napoléon de Sainte-Hélène] va paraître ; Par mer il est accouru, L'étranger va voir son maître
Béranger, les Souvenirs du peuple
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Vous êtes mon maître, se dit à celui par qui on a été vaincu dans quelque exercice, à un Jeu.
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On dit dans un sens analogue : Les Italiens sont nos maîtres en musique. g. Maître se dit de toutes les choses abstraites, intellectuelles, morales dont on dispose comme un maître fait de ce qu'il possède. Être maître de ses passions.
On en voit qui ne sont pas toujours maîtres de leur peur
LAROCH., Max. 215- ....à l'orgueil de ce traître,De mes ressentiments je n'ai pas été maître Molière, Tart. V, 3
- Ô ciel ! de mes transports puis-je être ici le maître ? Molière, Mis. IV, 3
Si j'étais maître de vos disputes, je vous interdirais le mot de Jansénius de part et d'autre
Pascal, Prov. 18Il ne fut pas le maître de son émotion
Mme de Sévigné, 403Dans le temps que nous voulons la députation pour mon fils, dont apparemment M. de Chaulnes sera le maître cette année
Mme de Sévigné, 25 juill. 1689De quels yeux le regardions-nous [Louis XIV], lorsqu'aux dépens d'une santé si chère.... et que, maître de sa douleur comme de tout le reste des choses, nous le voyions tous les jours... ?
Bossuet, Louis de Bourbon.De quelle importance, de quel éclat, de quelle réputation au dedans et au dehors d'être le maître du sort du prince de Condé !
Bossuet, le Tellier.Il n'était point à Sparte entre tous ces amants Dont le père d'Hélène a reçu les serments ; Lui seul de tous les Grecs, maître de sa parole, S'il part contre Ilion, c'est pour moi qu'il y vole
Racine, Iph. II, 3On est maître de la vie des autres quand on ne compte pour rien la sienne
Fénelon, Tél. XX
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Être maître de soi, avoir de l'empire sur soi-même.
- Je suis maître de moi comme de l'univers Corneille, Cinna, V, 3
Il ne disait, maître de lui-même, que ce qu'il voulait
Bossuet, le TellierPygmalion paraît maître de tous les autres hommes, mais il n'est pas maître de lui-même, car il a autant de maîtres et de bourreaux qu'il a de désirs violents
Fénelon, Tél. III- J'admire et ne plains point un cœur maître de soi,Qui, tenant ses désirs enchaînés sous sa loi,S'arrache au genre humain pour Dieu qui le fit naître Voltaire, 5e discours.
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Cet écrivain, cet orateur, ce poëte est maître de son sujet, de sa matière, il possède bien son sujet, sa matière, et est capable de les bien traiter.
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Ce chanteur est maître de sa voix, il la dirige avec facilité.
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Être le maître, être maître de faire quelque chose, avoir la liberté, le pouvoir de faire quelque chose.
- Achevez votre hymen, j'y consens ; mais du moinsNe forcez pas mes yeux d'en être les témoins....Différez-le d'un jour, demain vous serez maître Racine, Andr. IV, 5
L'on me dit à l'oreille : il a cinquante mille livres de rente.... si je commence à le regarder avec d'autres yeux, et si je ne suis pas maître de faire autrement, quelle sottise !
La Bruyère, VI- Maître de se venger, on pardonne aisément SAURIN, Spartac. V, 5
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Absolument. Être le maître ou maître, dominer sans contestation.
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Fig.
- Hé bien, Phénix, l'amour est-il le maître ? Racine, Andr. II, 5
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Vous êtes bien le maître, vous pouvez faire ce que vous voudrez.
- Çà, de quoi s'agit-il ? parlez, vous voilà maître ;Mais surtout soyez bref Regnard, Fol. am. II, 5
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Par civilité. Nous irons où il vous plaira, où vous voudrez, vous êtes le maître.
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6Propriétaire. Il est maître de cette terre, de ce château.
- Du palais d'un jeune lapin,Dame belette, un beau matin,S'empara : c'est une rusée ;Le maître étant absent, ce lui fut chose aisée La Fontaine, Fabl. VII, 16
- Dites moi, s'il vous plaît, monsieur, à qui peut êtreLe château que voilà. - Mais.... il est à son maître Regnard, Fol. am. I, 5
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L'œil du maître, la surveillance, la sollicitude du propriétaire.
- Il n'est, pour voir, que l'œil du maître La Fontaine, Fabl. IV, 21
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Il trouvera maître, se dit d'un objet de quelque prix, égaré, et signifie : il y aura quelqu'un qui le réclamera ou qui se l'appropriera.
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7Celui qui enseigne quelque art ou quelque science. L'école normale est destinée à former des maîtres. Maître de langue. Maître de langue allemande. Maître de français.
Il a pris aujourd'hui, pour renfort de potage, un maître de philosophie
Molière, Bourg. gent. III, 3Son latin et son bon sens le rendent un bon écolier, et ma routine et les bons maîtres que j'ai eus me rendent une bonne maîtresse
Mme de Sévigné, 60- Nous attendons encore un maître italien Regnard, le Distr. I, 4
Combien d'hommes illustres en tous genres n'ont eu d'autre maître qu'eux-mêmes, et n'en ont été que plus grands !
D'ALEMBERT, Éloge de Perrault.
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Maître ès arts, celui qui avait reçu, dans une université, les degrés qui donnaient pouvoir d'enseigner les humanités et la philosophie.
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Maître des sentences, surnom de Pierre Lombard, au XIIe siècle, auteur d'un livre qui portait ce titre.
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Dans les communautés religieuses. Père maître, celui qui dirige les novices.
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Maître de pension, celui qui prend des enfants en pension pour les instruire
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Maître d'école, celui qui enseigne aux enfants dans une école publique les connaissances les plus élémentaires.
- Par cet endroit passe un maître d'école La Fontaine, Fabl. I, 19
J'étais roi à Syracuse, je suis maître d'école à Corinthe
Barthélemy, Anach. ch. 63
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Maître d'étude, celui qui, dans un lycée, collége ou pensionnat, surveille les élèves pendant les heures d'étude et de récréation.
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Maître de danse ou maître à danser, celui qui enseigne la danse.
Mon petit maître à danser, je vous ferais danser comme il faut
Molière, Bourg. gent. II, 3Si j'étais maître à danser, je ne ferais pas les singeries de Marcel
J.-J. Rousseau, Ém. II
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Maître de musique, maître de piano, etc. celui qui enseigne la musique, le piano, etc.
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Maître de chant ou maître à chanter, celui qui enseigne la musique vocale.
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Terme de manége. Avoir les pieds en maître à danser, avoir les pointes des pieds trop en dehors.
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Maître à danser, compas à l'usage des horlogers, dont les branches croisées ressemblent par le bas à deux jambes portant leurs pieds en dehors.
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Maître de ballet, celui qui dirige l'exécution des ballets.
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Maître de musique, nom donné au chef de la musique d'un régiment ; il a le grade de sergent-major.
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Maître de musique, musicien gagé pour composer de la musique ou la faire exécuter.
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Maître en fait d'armes ou maître d'armes, celui qui enseigne l'escrime.
Monsieur, voilà votre maître d'armes qui est là
Molière, Bourg. gent. II, 2
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Maître d'académie, écuyer qui tient un manége.
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8Fig. Celui qui enseigne, instruit, sans être un maître d'enseignement.
- Il doit savoir qu'un jour il me fera raisonD'avoir réduit mon maître au secours du poison Corneille, Nicom. II, 3
- Le maître qui prit soin d'instruire ma jeunesseNe m'a jamais appris à faire une bassesse Corneille, ib.
Jamais un si digne maître n'avait expliqué par de si doctes leçons les commentaires de César
Bossuet, Louis de Bourbon.- Mais Calchas est ici....Le ciel souvent lui parle ; instruit par un tel maître,Il sait tout ce qui fut et tout ce qui doit être Racine, Iph. II, 1
Ses voisins firent à Rome une résistance inconcevable et furent ses maîtres en fait d'opiniâtreté
Montesquieu, Rom. 1
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Jurer sur la parole du maître, suivre en tout et aveuglément les opinions d'un philosophe, d'un savant, d'un chef d'école.
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Dans un sens très analogue. Le maître l'a dit, c'est-à-dire il n'y a point d'objection à soulever, celui qui a toute autorité sur notre raison a prononcé (c'est une locution qui provient de l'école de Pythagore).
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Ce qui enseigne, instruit.
- Le temps est un grand maître, il règle bien des choses Corneille, Sertor. II, 4
- Il le faut avouer, l'amour est un grand maître Molière, Éc. des f. III, 4
Les mauvais succès sont les seuls maîtres qui peuvent nous reprendre utilement, et nous arracher cet aven d'avoir failli qui coûte tant à notre orgueil
Bossuet, Reine d'Anglet.- Instruit par le malheur, ce grand maître de l'homme Voltaire, Brutus, I, 2
Ah ! celui qui a dit que le malheur était le grand maître de l'homme, a dit bien plus vrai qu'il n'a cru : il n'a vu dans le malheur qu'un maître de sagesse et de conduite ; il n'y a pas vu tout ce qu'il est, un plus grand maître de réflexions et de pensées
D'Alembert, Tomb. l'Espinasse.Le plaisir et la douleur, voilà donc nos premiers maîtres ; ils nous éclairent parce qu'ils nous avertissent si nous jugeons bien ou si nous jugeons mal
CONDILLAC, Log. I, 1
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9Celui qui est savant, expert, éminent en quelque art ou science. Il est maître en éloquence, en poésie.
L'autre [Condé], comme un homme inspiré, dès la première bataille s'égale aux maîtres les plus consommés
Bossuet, Louis de Bourbon.Ce grand maître de la perfection chrétienne, et qui avait été instruit par Jésus-Christ même
Bourdaloue, 10e dim. après la Pentecôte, Dominic. t. III, p. 263Principe universellement reconnu parmi les pères et les maîtres de la vie spirituelle
Bourdaloue, Exhort. sur l'obéiss. relig. t. I, p. 277Quant à la morale, celui qui a fourni à l'admirable Pope tous les principes de son Essai sur l'homme, est sans doute le plus grand maître de sagesse et de mœurs qui ait jamais été
Voltaire, Philos. Déf. de mil. Bolingbr. préf.
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Coup de maître, voy. COUP, n° 12.
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Main de maître, voy. MAIN.
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Les maîtres de la lyre, voy. LYRE.
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Il se dit particulièrement des grands peintres. Les maîtres de l'école française.
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Les petits maîtres, certain nombre de graveurs qui sont ainsi désignés dans les catalogues d'estampes.
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Fig. Celui qui excelle à.
- Vous seriez un grand maître à faire des romans Corneille, Ment. I, 6
- En matière de fourbe il est maître, il y pipe Corneille, ib. III, 3
- Mais il faut réserver à d'autres cet emploi ;Et d'un plus grand maître que moiVotre louange est le partage La Fontaine, Fabl. VII, à Mme de Montespan.
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En maître, à la façon de celui qui excelle. Il écrit en maître. Celui qui, après avoir été apprenti, était reçu avec les formes régulières dans quelque corps de métier ; ce que l'on appelait passer maître. Il est passé maître.
- Que vous avez l'air tendre,Et qu'en maître déjà vous savez vous y prendre ! Molière, Mélic. II, 4
- Quand on est fils de maître, on est bientôt savant BOURSAULT, Fables d'Ésope, III, 5
Qu'il fasse toujours son chef-d'œuvre, et que jamais il ne passe maître
J.-J. Rousseau, Ém. III
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Fig. et familièrement. Il est passé maître en..., c'est un homme habile en.... soit qu'il s'agisse ou non d'une chose louable.
- Bien que maîtres passés en l'art de bien parler Régnier, Sat. I
- Celui-ci ne voyait pas plus loin que son nez ;L'autre était passé maître en fait de tromperie La Fontaine, Fabl. III, 5
- Que l'on m'amène un âne, un âne renforcé,Je le rendrai maître passé La Fontaine, ib. VI, 19
- Ô toi qui peins d'une façon galante,Maître passé dans Cythère et Paphos La Fontaine, Imit.
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Par plaisanterie. Passer quelqu'un maître, ne pas l'attendre pour dîner.
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Maître juré, voy. JURÉ 2, n° 2.
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Terme de franc-maçonnerie. Celui qui a été reçu dans la chambre du milieu, qui dirige les apprentis et les compagnons.
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11Aujourd'hui, qualification donnée à des artisans qui emploient ou dirigent plusieurs ouvriers, qui ont des ateliers, qui font des entreprises, etc.
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Maître d'œuvre, l'ouvrier qui commande aux autres dans un atelier.
Le vieux [castor] y fait marcher le jeune sans relâche ; Maint maître d'œuvre y court, et tient haut le bâton
La Fontaine, Fabl. X, 1
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Maître de pelle, garçon boulanger chargé d'enfourner.
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Terme de pêche. Maître de grave, celui qui, après la pêche de la morue, est chargé de faire sécher sur la grève les poissons dont on veut faire du stockfisch.
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Ancien terme d'eaux et forêts. Maîtres des œuvres, se disait autrefois de ceux qui étaient chargés des constructions civiles et navales.
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12Maître clerc, celui qui, dans une étude de notaire ou d'avoué, est le premier des clercs.
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Maître garçon, celui qui est le premier entre ses compagnons dans une maison, dans une boutique, etc.
Je suis, dit-il au sergent, le maître garçon de ce cabaret
LE SAGE, Diable boît. ch. 7, dans POUGENS
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Maître valet, celui qui, dans une ferme, est à la tête des domestiques, et dirige l'exploitation sous le propriétaire ou fermier.
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Maître compagnon, celui qui conduit l'atelier pour le maître maçon et qui le remplace.
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Tambour maître ou maître tambour, celui qui dans un régiment apprend aux autres tambours à battre la caisse. Il ne faut pas confondre le tambour maître avec le tambour major, qui n'est que pour la parade.
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13Terme de marine. Maître d'équipage, sous-officier qui a autorité sur tout l'équipage.
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Maître calfat, le chef des calfats.
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Maître canonnier, sous-officier qui commande aux canonniers et a le détail de tout ce qui touche à l'artillerie.
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Maître chargé, titre donné à un maître qui a la responsabilité d'un détail à bord ou dans un port.
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Maître haleur, titre donné dans quelques ports à un homme qui préside au halage des navires que le vent et la marée ne favorisent point assez pour pouvoir entrer dans le port, ou pour en sortir.
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Anciennement, patron de navire marchand, de navire de transport.
Sa Majesté ayant été informée que quelques-uns des officiers subalternes se sont donné la liberté, pendant les campagnes qu'ils ont faites sur les vaisseaux, de frapper et maltraiter les maîtres desdits vaisseaux pour des causes légères ou par pur emportement, et voulant prévenir la suite d'un désordre aussi préjudiciable à son service...
Colbert à Vauvré, 1681, dans JAL
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Maître valet, ancien nom du commis aux vivres ou cambusier.
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14Maître des hautes œuvres, le bourreau.
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Maître des basses œuvres, celui qui cure les puits, qui vide les fosses d'aisance.
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15Terme de palais et de pratique. Titre qu'on donne aux avocats, aux avoués et aux notaires. Par-devant maître un tel notaire à Paris.
J'ai vu dans le palais une robe mal mise Gagner gros ; les gens l'avaient prise Pour maître tel, qui traînait après soi Force écoutants
La Fontaine, Fabl. VII, 15
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Titre qui était porté par tous les membres du parlement français.
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Maître ès lois, jurisconsulte.
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Compter de clerc à maître, voy. CLERC, n° 3.
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16Maître se dit familièrement en parlant à des gens de condition peu relevée et en parlant d'eux. Maître un tel, j'ai un mot à vous dire.
Que veut dire ceci ? notre maître Simon [un usurier] qui parle à votre père !
Molière, Avare, II, 2
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17Titre des personnes revêtues de certaines charges. Maître des requêtes. Maître des comptes. Maître des cérémonies. Maître de la garde-robe.
Cinquante maîtres des requêtes déclarèrent d'une voix unanime toute la famille Calas innocente, et la recommandèrent à l'équité bienfaisante du roi
Voltaire, Comment. œuv. aut. Hen.
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On dit aussi grand maître des cérémonies, grand maître de la garde-robe, etc.
Calingford était grand maître de sa maison [à M. de Lorraine] et à la tête de son conseil
Saint-Simon, 104, 113C'est toujours au premier gentilhomme de la chambre, au grand maître des jeux et des plaisirs que j'ai l'honneur de m'adresser
Voltaire, Lett. Richelieu, 5 mai 1773
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Grand maître de l'université de France, titre donné au chef de l'université sous le premier empire lors de la fondation de l'université impériale. C'est un des titres que prend le ministre de l'instruction publique.
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Maître du sacré palais, titre d'un religieux dominicain, qui demeure dans le palais du pape, et qui a la principale autorité pour examiner les livres, et pour donner la permission d'imprimer.
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Grand maître, titre donné aux chefs des ordres militaires, des ordres de chevalerie. Le grand maître de l'ordre de Malte. Le grand maître des Templiers
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18Maître de chapelle, celui qui est chargé de diriger le chant dans une église, et de former les enfants de chœur.
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Il se dit quelquefois pour maître de musique, mais seulement en parlant des orchestres d'Italie.
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19Maître d'hôtel, homme chargé de diriger tout ce qui concerne la table dans une grande maison.
Vatel, le grand Vatel, maître d'hôtel de M. Fouquet, qui l'était présentement de M. le Prince, cet homme d'une capacité distinguée de toutes les autres, dont la bonne tête était capable de contenir tout le soin d'un État.... s'est poignardé
Mme de Sévigné, 46Pour la première fois je vis avec beaucoup d'étonnement le maître d'hôtel servir l'épée au côté et le chapeau sur la tête
J.-J. Rousseau, Confess. III
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Terme de cuisine. Sauce à la maître d'hôtel, sauce composée principalement de beurre frais, sel, poivre, filet de vinaigre et fines herbes hachées.
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Anciennement. Maître queux, le chef des cuisiniers dans une grande maison.
Nous ferons ce soir une chère Chère ; Vous n'y recevrez, maître queux, Qu'eux [les archers]
Victor Hugo, Ball. 11
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20Anciennement, soldat cavalier.
M. de Saint-Thou, allant reconnaître un mouvement des ennemis, avec trente maîtres, en rencontra deux cents
Mme de Sévigné, 214Il avait pris huit ou dix maîtres commandés par un officier de sa connaissance
Hamilton, Gramm. 5Les maîtres [dans les gendarmes et les mousquetaires] ne sont point officiers, et ne veulent point passer pour cavaliers
Saint-Simon, 471, 234Le maréchal de Villars, en 1707, envoya cinquante maîtres, pour la détruire [une prétendue colonne érigée par l'empereur en souvenir de la victoire de Blenheim] ; on ne trouva rien
Voltaire, Louis XIV, 19, note g.L'empereur rassembla autour de lui tous les officiers de cavalerie encore montés ; il appela cette troupe d'environ cinq cents maîtres, son escadron sacré
Ségur, Hist. de Nap. XI, 3
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21Dans le langage familier, maître se joint quelquefois à certains termes d'injure, dont il augmente l'énergie.
Taisez-vous, maître sot ; cette rue où nous sommes est celle que je cherche
Scarron, Jodelet ou le maître val. I, 1- Un jour, au coin du feu, nos deux maîtres friponsRegardaient rôtir des marrons La Fontaine, Fabl. IX, 17
Holà ! maître sot ; vous savez que je vous ai dit que je n'aime pas les faiseurs de remontrances
Molière, D. Juan, I, 2Voilà un maître fou ; je me flatte que personne n'a pu adopter une idée aussi extravagante
Voltaire, l'Homme aux 40 écus, Mariage.- Vous n'exaltez, maîtres gloutons,Que la gloire des marmitons Béranger, Gourmand.
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Il se joint aussi comme éloge à des qualifications d'ailleurs indifférentes ou honorables.
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Un maître homme, un maître sire, un homme entendu, habile, qui sait se faire obéir, se faire servir.
- Champagne : C'était donc un maître homme. - Dubois :Il ne dormait jamais CAMPISTRON, Jaloux désabusé, I, 5
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Dans un sens analogue, il se dit des choses inanimées, et signifie alors premier ou principal. Le maître chevron.
- J'ai bravé sur leur maître autelCes dieux qu'adore l'avarice Voltaire, Lett. en vers et en prose, 22
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Terme de marine. Maître bau, la poutre du pont placée dans la partie la plus large. Maître couple, le couple de membrure le plus ouvert. Maître gabarit, la partie la plus large du bâtiment.
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22Terme de chasse. Nom donné aux cordes qui, bordant le haut et le bas des pièces de toile et des panneaux, servent à les tendre.
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23Petits-maîtres, nom qui fut donné, durant la Fronde, aux membres d'un parti à la tête duquel se placèrent Condé, le prince de Conti et le duc de Longueville.
On avait appelé la cabale du duc de Beaufort, au commencement, celle des importants ; on appelait celle de Condé le parti des petits-maîtres, parce qu'ils voulaient être les maîtres de l'État ; il n'est resté de tous ces troubles d'autres traces que ce nom de petits-maîtres, qu'on applique aujourd'hui à la jeunesse avantageuse et mal élevée
Voltaire, Louis XIV, 4
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Fig. et familièrement. Petit-maître, jeune homme qui a de la recherche dans sa parure, et un ton avantageux avec les femmes.
- Mais ce siècle peu raffinéN'avait pas encor vu paraîtreUn être insolent et bornéQue l'on appelle petit-maître ;Le premier fat de l'universFut le fils du roi de Pergame BERNIS, Épît. 8
Je n'avais vu que des acteurs récitant des vers à d'autres acteurs, dans un petit cercle entouré de petits-maîtres
Voltaire, Lett. Villette, 1er sept. 1765
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Fig.
On tourne tout en ridicule, tout le monde est petit-maître aujourd'hui, et c'est le bon air de mépriser les bonnes choses à mesure qu'elles sont meilleures
D'ARGENSON, Mém. t. I, p. 101
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23Petits-maîtres.
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Voici l'explication que Mme de Motteville donne de cette dénomination. Quand il [le prince de Condé] venait chez la reine, il remplissait sa chambre des personnes du royaume les plus qualifiées ; ses favoris, qui étaient la plupart des jeunes seigneurs qui l'avaient suivi dans l'armée, et participant à sa grandeur comme ils avaient eu part à la gloire qu'il y avait acquise, avaient été appelés les petits-maîtres parce qu'ils étaient à celui qui le paraissait être de tous les autres, Mém. p. 111.
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24Maître, dans les îles Normandes, celui dont un autre est le mandataire, le représentant, l'avocat.
Serment prêté par trois avocats reçus par la cour royale de Guernesey, le 13 avril 1874 :.... Qu'en vos plaideries.... vous ne proposerez, ne controuverez aucuns faits, que votre maître ou son attourné ne vous dit ou affirme être vrais...
Gaz. de Guernesey, 14 avril 1874
Remarque
L'Académie écrit maître autel sans trait d'union ; mais à autel, elle écrit maître-autel. On peut donc mettre ou omettre le trait d'union.
Proverbes
Il n'y a si petit métier qui ne nourrisse son maître
. Qui a compagnon a maître
, c'est-à-dire, dans une société on ne saurait, de son chef, disposer de rien. L'argent n'a point de maître
, rien ne fait connaître à qui appartient une pièce de monnaie perdue. Pain coupé n'a point de maître
, on peut toujours prendre un morceau de pain qui est tout coupé. Les bons maîtres font les bons valets
. Nul ne peut servir deux maîtres
, c'est-à-dire il est difficile de vaquer à deux emplois à la fois, de mener de front deux affaires, etc. ; proverbe emprunté à l'Évangile. Tel maître, tel valet
, c'est-à-dire les valets suivent l'exemple du maître, particulièrement en mal. Qui sert bon maître, bon loyer en reçoit
. Il faut être compagnon de sa femme et maître de son cheval
, c'est-à-dire il faut traiter doucement l'une et gourmander l'autre.
Étymologie
Picard, mète, moite, moète ; wallon, mais' ; bourguign. moitre ; provenç. majestre, maiestre, mayestre, maestre, mestre ; espagn. maestre ; portug. mestre ; ital. maestro ; du lat. magistrum, qui est de même radical que magis (voy. MAIS). D'après Corssen, magister et minister, qui sont symétriques, sont deux doubles comparatifs formés de is pour ios, ius (sanscr. iyans,) et ter, sanscr. tara. Magister = may-ius-ter, le plus grand ; minister = min-ius-ter, le plus petit. Mahitre ou le Mahitre, nom propre qu'on rencontre, est peut-être une ancienne forme conservée (voy. maïstresse à l'historique de MAÎTRESSE).