montagne s. f. (mon-ta-gn')
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1Suite de monts qui tiennent l'un à l'autre. Les montagnes de la lune.
Quelque avantage que prenne un ennemi habile autant que hardi, et dans quelque affreuse montagne qu'il se retranche
Bossuet, Louis de Bourbon.Déjà prenait l'essor pour se sauver dans les montagnes cet aigle dont le vol hardi....
Fléchier, Turenne.Les montagnes de Juda et d'Éphraïm étaient de grands vignobles
FLEURY, Mœurs des Israélites, titre VII, 2e part. p. 74, dans POUGENS.Quand Maillet imagina que la mer avait formé les montagnes, il devait dédier son livre à Cyrano de Bergerac
Voltaire, Dict. phil. Fleuves.Les plus fameux tremblements de terre dont l'histoire fasse mention n'ont pas eu assez de force pour élever des montagnes
Buffon, Hist. nat. Preuv. théor. ter. Œuvres, t. II, p. 323Ne sait-on pas que les montagnes s'abaissent continuellement par les pluies qui en détachent les terres et les entraînent dans les vallées ?
Buffon, ib. t. I, p. 142Les montagnes les plus élevées, qui nous semblent des masses énormes, sont des inégalités à peine sensibles sur cet épiderme [du globe terrestre]
BRONGNIART, Traité de minér. t. I, p. 68, dans POUGENS
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Terme de géologie. Montagnes primitives, celles dont l'origine remonte à l'époque de la formation du globe. Montagnes secondaires, tertiaires, volcaniques, etc. divisions analogues à celles des terrains.
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Mal de montagne, voy. MAL, n° 6.
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Chaîne de montagnes, suite de montagnes qui tiennent l'une à l'autre.
Les plus grandes chaînes de montagnes sont voisines de l'équateur : les montagnes de l'Afrique et du Pérou sont les plus hautes qu'on connaisse
Buffon, Hist. nat. 2e Disc. Œuv. t. I, p. 135
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2Il se dit pour mont simplement ; et alors, quand il est joint à un nom de localité, on met la préposition de, par opposition à mont qui ne la prend pas. La montagne d'Athos.
Ces hautes montagnes, dont la cime, au-dessus des nues et des tempêtes, trouve la sérénité dans sa hauteur et ne perd aucun rayon de la lumière qui l'environne
Bossuet, Louis de Bourbon.- Levons les yeux vers les saintes montagnes Racine, Esth. I, 5
N'êtes-vous pas ici sur la montagne sainte ?
Racine, Athal. IV, 5La Condamine attribuait la déviation de la ligne à plomb au pied de la montagne du Chimborazo à la gravitation de cette montagne colossale
SENNEBIER, Ess. sur l'art. d'observ. t. II, p. 160, dans POUGENS.
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Fig. La montagne a enfanté une souris, se dit lorsque de grands projets n'aboutissent à rien, par allusion à la fable ancienne et bien connue.
- Une montagne en mal d'enfantJetait une clameur si haute,Que chacun, au bruit accourant,Crut qu'elle accoucherait, sans faute,D'une cité plus grosse que Paris :Elle accoucha d'une souris La Fontaine, Fabl. V, 10
- Que produit un auteur après tous ces grands cris ?La montagne en travail enfante une souris Boileau, Art p. III
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3Montagnes de glaces, amas considérables de glaces flottantes qu'on rencontre principalement dans les mers polaires.
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4Fig. Amas quelconque, comparé, par exagération, à une montagne.
Cet horrible débris d'aigles, d'armes et de chars, Sur ses champs empestés confusément épars, Ces montagnes de morts, privés d'honneurs suprêmes, Que la nature force à se venger eux-mêmes
Corneille, Pomp. I, 1- De morts et de mourants cent montagnes plaintives Boileau, Art p. I (vers de Brébeuf, cité par Boileau)
- Cependant sur le dos de la plaine liquideS'élève à gros bouillons une montagne humide Racine, Phèdre, V, 6
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5Fig. Grosses affaires qui semblent des montagnes.
Je l'ai entendu raisonner [M. de Pompone] sur les affaires présentes : il trouve que toutes ces grandes montagnes s'aplanissent
Mme de Sévigné, 28 févr. 1689
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Il a sa montagne dans la tête, il est très occupé d'un dessein qu'il a conçu.
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6Montagne d'eau, espèce de rocher artificiel d'où sortent plusieurs jets, bouillons et nappes d'eau.
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7Montagnes russes, nom donné à des montagnes réelles ou artificielles où l'on a pratiqué un chemin uni que parcourt un traîneau qu'on laisse glisser du haut en bas. Ce jeu a été supprimé par la police en France, à cause des dangers qu'il présentait et des accidents qui se sont produits.
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8Montagne, le parti exalté parmi les républicains, ainsi nommé parce que, dans la Convention, il siégeait dans le haut de la salle (on l'écrit avec une minuscule).
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La crête de la montagne, les plus exaltés de ce parti.
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9Terme d'astronomie. Montagne de la Table, constellation méridionale.
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10Obusier, canon de montagne, obusier, canon destiné à la guerre en pays de montagne ; ils peuvent être transportés à dos de mulet.
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Batterie de montagne, batterie armée et disposée pour la guerre de montagne.
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Proverbes
Deux montagnes ne se rencontrent point, mais deux hommes se rencontrent
, se dit ou par menace, pour faire entendre à un homme qu'on trouvera occasion de se venger de lui, ou lorsqu'on rencontre inopinément quelqu'un qu'on ne s'attendait pas à voir. Il n'y a point de montagne sans vallée
, c'est-à-dire chaque chose existe avec ses conditions naturelles ; et aussi chaque chose a son contraire, chaque action a sa réaction. Si la montagne ne vient pas à nous, il faut aller à elle
, c'est-à-dire il faut faire les avances, quand celui à qui on a affaire refuse de les faire.
Étymologie
Provenç. montanha, montagna, montayna ; cat. montanya ; esp. montaña ; ital. montagna ; d'un adjectif fictif montaneus, dérivé de mons, mont. Montanus, qui est latin, n'aurait pas donné le son mouillé gn ou ñ ; il aurait donné montain.