nage s. f. (na-j')
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1Action de nager. La nage est un exercice salutaire.
La quantité de graisse dont l'ours est chargé le rend très léger à la nage ; aussi traverse-t-il sans fatigue des fleuves et des lacs
Buffon, Quadrup. t. III, p. 36
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On dit plus habituellement natation ; et même l'Académie ne donne nage que dans les locutions à la nage, en nage.
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À la nage, loc. adv. En nageant.
[Un potage] D'où les mouches à jeun se sauvaient à la nage
Régnier, Sat. XIl a fait passer le Rhin à la nage par cent maîtres, leur donnant ordre de charger les ennemis en queue
PELLISSON, Lett. hist. t. I, p. 149, dans POUGENSLe petit la Troche a passé des premiers à la nage, on l'a distingué
Mme de Sévigné, 149- Vieux bâtiment usé par tous les flots,Il s'engloutit ; sauvons-nous à la nage Béranger, Suicide.
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Se jeter à la nage, se jeter à l'eau pour nager.
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On a dit aussi à nage.
- De vos ponts commencés abandonnez l'ouvrage ;Français, ce n'est qu'un fleuve, il faut passer à nage Corneille, les Vict. du roi en 1672
Les autres se jetèrent à nage dans la rivière
CHARPENTIER, Éloge d'Agésilas.Je ne comprends point le passage du Rhin à nage
Mme de Sévigné, 19 juin 1672C'est là qu'on te voit à nage Fendre les flots écumeux
CHAULIEU, Ode au duc de Vend. 1715- Je l'ai laissé sauvant à nageSur le rocher du château d'IfSa muse et tout son équipage CHAULIEU, Sur Chapelle.
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Par extension.
On voit de temps en temps de grandes campagnes où le riz tout vert est à nage
CHOISY, Voy. de Siam, p. 384, dans GODEFROY, Lex. de Corn. t. II, p. 67
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2Terme de marine. Action de ramer, jeu des rames.
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Donner la nage, diriger le canot, ou régler la vitesse de sa marche.
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Bancs de nage, bancs qui servent aux canotiers.
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Tente de nage, toile tendue sur une chaloupe pour abriter les rameurs.
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Bonne de nage, se dit d'une chaloupe facile à manier.
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3Partie d'un train de bois de flottage.
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4Morceau de bois du bachot où pose la platine de l'aviron, quand l'aviron est au touret.
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5Familièrement. Être en nage, tout en nage, être tout trempé, tout mouillé de sueur.
- Harpagême revint essoufflé, tout en nage La Fontaine, Florentin, 9
Nous sommes venus comme un trait : Emile est tout en nage ; une main chérie daigne lui passer un mouchoir sur les joues
J.-J. Rousseau, Ém. V
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6Anciennement, se mettre en nage, commencer une navigation.
Elle [Calypso] lui dit [à Ulysse] de se mettre en nage jusqu'au port des Phéaques.... il se mit à nage
Racine, Lexique, éd. P. Mesnard.
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C'est une vieille locution (voy. NAGE à l'historique).
Étymologie
Voy. NAGER. Quant à la locution être en nage (wallon, ête en nange ; Hainaut, ête en nache, nanger, nager), qui est singulière, Rochefort, Delatre, Mahn l'ont expliquée par être en age, c'est-à-dire être en eau, age étant une des anciennes formes de eau. Que age ait été dit pour aigue ou aige, cela n'est pas douteux ; mais on ne voit dans aucun texte que age se soit assez conservé dans le parler vulgaire pour qu'il ait donné lieu à la locution et à la confusion. Il vaut mieux y voir le mot nage. Quelques-uns disent non pas être en nage mais être à nage (voy. à l'historique l'exemple de Desportes) ; locution qui ne comporte plus age, eau. De plus le wallon dit ête en nange, là il n'y a plus de confusion entre nange et age, eau ne s'étant jamais dit ange ; et nager se dit nanger dans les patois du nord. Être à nage ou en nage, c'est proprement nager dans l'eau, et fig. être tout mouillé de sueur.