Pléthore de mots bien,
un seul est le mot juste.

pose dans le Littré

3 articles· 16 citations· rimes· synonymes

1pose s. f. (pô-z')

  1. 1Action de poser, de mettre en place. La pose d'un tapis, d'une sonnette.

    • Terme d'architecture. Action de poser une pierre dans une construction.

    • Pose de la première pierre d'un monument, cérémonie qui a lieu quand on en pose la première pierre.

  2. 2Terme de guerre. Un certain nombre de soldats qu'on va mettre en faction. Il était de la première, de la seconde pose.

    • Caporal de pose, caporal chargé de poser, de relever les sentinelles.

  3. 3Action ou avantage de placer le premier dé au domino. À vous la pose.

  4. 4Il se dit des attitudes diverses données ou prises. J'aime la pose de cette figure. Cette danseuse a des poses gracieuses.

    • Il [le motteux] se tient aux environs du nid, et, lorsqu'il voit un passant, il court ou vole devant lui, faisant de petites poses comme pour l'attirer.... Buffon, Ois. t. IX, p. 346
    • Sur la table de pose, se dresse un mannequin drapé, simulant les attitudes de la vie TH. GAUTIER, Monit. univ. 1er et 2 juin. 1868
    • Salon de pose, se dit, dans les ateliers de photographie, de la pièce où l'on pose pour être photographié.

  5. 5Fig. Affectation quelconque, désir de produire de l'effet. Son air profond n'est qu'une pose.

  6. 4Ajoutez :

    • Perdre la pose, perdre l'attitude que le peintre avait donnée à son modèle.

      • Du jour au lendemain il change, il échappe ; sans cesse, pour parler comme les peintres, il perd la pose, et, avec la meilleure volonté du monde, il ne réussira pas à la retrouver A. CLAVEAU, Journ. offic. 1er juill. 1875, p. 4837, 2e col.

Remarque

Scarron l'a employé dans le sens de pause ; c'est le sens ancien : Sur le promontoire Pachyn Qui se trouvait en son chemin, Elle pensa faire une pose, Virg. VII. Châteaubriand aussi : Le rossignol saute du doux au fort ; il fait des poses ; il est lent, il est vif, Génie, I, V, 5.

Étymologie

Voy. POSER. Dans l'ancienne langue, pose est l'orthographe de pause et en a le sens.

2pose s. f. (pô-z')

  1. Mesure agraire employée dans quelques-uns des cantons suisses. La pose de Lausanne vaut 45 ares.

    • Les terres à froment même ne sont estimées dans ce pays-ci que vingt écus l'arpent ou la pose Voltaire, Lett. Perraud, 24 avr. 1767

3posé, ée part. passé (pô-zé, zée)

  1. 1Mis en une certaine place. Un vase posé sur un buffet.

    • Cet oiseau [le friquet], lorsqu'il est posé, ne cesse de se remuer, de se tourner, de frétiller Buffon, Ois. t. VI, p. 231
    • À onze heures, le fils aîné, posé en sentinelle du côté du bois, quitta son poste Mme de Genlis, Veillées du château t. II, p. 475, dans POUGENS
    • Soyons comme l'oiseau posé pour un instant Sur des rameaux trop frêles, Qui sent ployer la branche, et qui chante pourtant, Sachant qu'il a des ailes Victor Hugo, Chants du crépuscule, 33
    • Terme de blason. Se dit du lion arrêté sur ses quatre pieds.

    • Écrire à main posée, écrire lentement pour mieux former ses lettres.

      • Un billet écrit à main posée, parfaitement bien, et conçu dans ces tern es.... Mme de Genlis, Ad. et Théod. t. I, p. 453, dans POUGENS, au mot main.
  2. 2Mis dans la situation convenable. Le modèle posé par le peintre.

    • Votre Sainte Geneviève est bien posée, bien dessinée, bien coloriée, bien drapée Diderot, Salon de 1767, Œuv. t. XIV, p. 295, dans POUGENS
  3. 3Fig. Qui est en crédit dans la société, dans le monde. Homme posé, bien posé, puissamment posé.

  4. 4Se dit des principes, des maximes, etc. qu'on établit. Cela posé, il s'ensuit....

    • Posé que cela fût, posé le cas que cela fût, ou, par ellipse, le cas posé, que feriez-vous ? c'est-à-dire si cela était, que feriez-vous ?

      • Je ne sais même si les personnages qui paraissent deux fois dans un même acte, posé que cela soit permis... Corneille, Mélite, examen
      • Ainsi posé que ces quatre ouvrages, le dictionnaire, la grammaire, la rhétorique et la poétique eussent été achevés.... PELLISSON, Hist. de l'Acad. III
    • Question bien posée, mal posée, question qui est présentée, n'est pas présentée comme elle doit l'être.

      • Cette question ne paraît difficile à résoudre que parce qu'elle est mal posée J.-J. Rousseau, Contr. soc. II, 5
  5. 5Fig. Qui est comme posé, rassis, retenu.

    • Il faut avouer que le vôtre [père] animerait contre sa vilainie le plus posé homme du monde Molière, l'Av. II, 1
    • Il a un esprit posé et des paroles mesurées, qui sont d'un grand poids dans ces occasions Mme de Sévigné, 16 mars 1672
    • Et souvent les plus fous ont l'air le plus posé DESTOUCH., Homme sing. V, sc. dern.
    • Le temps ne viendra que trop tôt d'être posée, et de prendre un maintien plus sérieux J.-J. Rousseau, Ém. V

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, 1872-1877 · cliquer un vers pour le scander