république s. f. (ré-pu-bli-k')
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1Chose publique, et, en général, toute espèce de gouvernement.
- Allons, vieillard, et sans réplique ;Il n'importe à la républiqueQue tu fasses ton testament La Fontaine, Fabl. VIII, 1
- L'autre, afin de monter aux grandes dignités,Dans les emplois de Mars servant la république La Fontaine, ib. XI, 8
Les unes [filles de Mme de Guitaut] sont destinées à faire d'honnêtes femmes, et à peupler la république ; les autres, à faire une communauté à force de voiles blancs et noirs
Mme de Sévigné, à Mme de Guitaut, 10 mars 1693La tendresse pour son époux s'accordait en elle avec les soins pour la république
Fléchier, Mme de Mont.A-t-on vu quelquefois, dans la plaine d'Afrique, Déchirant à l'envi leur propre république, Lions contre lions, parents contre parents, Combattre follement pour le choix des tyrans ?
Boileau, Sat. VIIIVous semblez croire.... que l'Évangile ne propose que des maximes funestes à la république
Massillon, Carême, Salut.J'appelle république tout État régi par les lois, sous quelque forme d'administration que ce puisse être ; car alors l'intérêt public gouverne, et la chose publique est quelque chose
J.-J. Rousseau, Contr. soc. II, 6
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Fig.
Car si le soleil se pique, Il le leur fera sentir ; La république aquatique [les grenouilles] Pourrait bien s'en repentir
La Fontaine, Fabl. XII, 24
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2Particulièrement. Gouvernement de plusieurs ; état gouverné par plusieurs.
Le peuple fit de grandes clameurs ; nous entendîmes même quelques voix qui criaient république
Retz, Mém. t. I, liv. II, p. 457, dans POUGENSC'est chose résolue au conseil que l'on enverra un ambassadeur en Angleterre, qui reconnaîtra la république de M. Olivier Cromwell
GUI PATIN, Lett. t. II, p. 116Il [Pascal] disait que, dans un État établi en république comme Venise, c'était un grand mal de contribuer à y mettre un roi, et opprimer la liberté des peuples à qui Dieu l'a donnée
Mme PÉRIER, Vie de Pascal.Une affaire qui assemble dans une ville les plénipotentiaires ou les agents des couronnes et des républiques
La Bruyère, X.Lorsque, dans la république, le peuple en corps a la souveraine puissance, c'est une démocratie ; lorsque la souveraine puissance est entre les mains d'une partie du peuple, cela s'appelle une aristocratie
Montesquieu, Esp. II, 2Il y avait dans la Grèce deux sortes de républiques : les unes étaient militaires, comme Lacédémone ; d'autres étaient commerçantes, comme Athènes
Montesquieu, ib. V, 6République fédérative : cette forme de gouvernement est une convention par laquelle plusieurs corps politiques consentent à devenir citoyens d'un État plus grand qu'ils veulent former ; c'est une société de sociétés
Montesquieu, ib. IX, 1Tels sont les principes des trois gouvernements [vertu dans la république, honneur dans la monarchie, crainte dans le despotisme] ; ce qui ne signifie pas que, dans une certaine république on soit vertueux, mais qu'on devrait l'être
Montesquieu, ib. III, 11Une république n'est point fondée sur la vertu ; elle l'est sur l'ambition de chaque citoyen, qui contient l'ambition des autres
Voltaire, Pol. et lég. Pensées sur l'adm. 25- J'ai pris goût à la république,Depuis que j'ai vu tant de rois Béranger, République.
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La république du monde, la république romaine.
Non loin de ce Rubicon on voit aujourd'hui la république de Saint-Marin, comme si ce dernier faible vestige de la liberté devait subsister à côté des lieux où la république du monde a été détruite
Mme de Staël, Corinne, XV, 6
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Fig.
Le sépulcre, république de parfaite égalité, où l'on n'entre point sans ôter son casque ou sa couronne, pour passer par la porte abaissée du tombeau
Chateaubriand, Génie, IV, I, 12
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République, absolument, signifie, suivant le sens de la phrase, la république romaine ou la république française ou toute autre république.
Eucrate, me dit-il, je n'eus jamais cet amour dominant pour la patrie dont nous trouvons tant d'exemples dans les premiers temps de la république
Montesquieu, Sylla et Eucrate.- Qui nous rendra, dit cet homme héroïque,Aux bords du Rhin, à Jemmape, à Fleurus,Ces paysans, fils de la république,Sur la frontière à sa voix accourus ? Béranger, Vieux sergent.
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République mère, s'est dit de la république française, par rapport aux républiques établies sous ses auspices.
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République de Platon, ouvrage dans lequel est contenue sa politique.
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3Par analogie, la république chrétienne, l'ensemble des États chrétiens ; la république européenne, l'ensemble des États européens, considérés comme s'ils faisaient une fédération.
Deux lois [l'amour de Dieu et celui du prochain] suffisent pour régler toute la république chrétienne, mieux que toutes les lois politiques
Pascal, Pens. XXIV, 15, édit. HAVET.La république chrétienne, et même judaïque, n'a eu que Dieu pour maître
Pascal, ib. XXV, 195J'ai toujours considéré l'Europe chrétienne comme une grande république dont toutes les parties se correspondent, lors même qu'elles cherchent mutuellement à se détruire
Voltaire, Hist. de la guerre de 1741, 1re part. ch. 1Je ne voudrais, pour prouver que le projet de la république chrétienne n'est pas chimérique, que nommer son premier auteur ; car assurément Henri IV n'était pas fou, ni Sully visionnaire
J.-J. Rousseau, Paix perp.
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En un sens analogue.
Toutes les nations de la terre ne sont que les différentes familles d'une république dont Dieu est le père commun
Fénelon, t. XXII, p. 315
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République universelle, fédération républicaine des peuples, que beaucoup regardent comme un des résultats futurs du progrès politique.
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4La république des lettres, les gens de lettres en général considérés comme s'ils faisaient une nation.
Je ne suis point un membre inutile dans la république des lettres
Montesquieu, Lett. pers. 142On a vu une république littéraire établie insensiblement dans l'Europe, malgré les guerres et malgré les religions différentes
Voltaire, Louis XIV, 34L'auteur de Cinna aux pieds d'un financier ! ô pauvre république des lettres ! qu'étiez-vous donc alors ?
D'Alembert, Éloges, Malet.Voyant à Madrid que la république des lettres était celle des loups, toujours armés les uns contre les autres
Beaumarchais, Barb. de Sév. I, 2Voyez ce que c'est, et la différence qu'on fait du gentilhomme au roturier dans le pays même de l'égalité, dans la république des lettres
Paul-Louis Courier, Lett. à MM. de l'Académie.
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Par analogie.
Je vois avec plaisir qu'il se forme dans l'Europe une république immense d'esprits cultivés
Voltaire, Lett. Gallitzin, 14 août 1767Vous êtes Anglais, mon cher ami, et je suis né en France ; mais ceux qui aiment les arts sont tous concitoyens ; les honnêtes gens qui pensent ont à peu près les mêmes principes, et ne composent qu'une république
Voltaire, Zaïre, Ép. déd. à Falkener.
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Nouvelles de la république des lettres, ou, simplement, la République des lettres, recueil qui paraissait en Hollande et où l'on parlait des livres qui se publiaient.
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La république des lettres, l'ensemble des œuvres littéraires.
Notre incomparable Saumaise.... qui ne trouva jamais de lieu difficile, en quelque part de la république des lettres qu'il ait mis le pied
Guez de Balzac, le Barbon.
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5C'est une république, c'est une petite république, se dit d'une famille, d'une communauté nombreuse, ou d'une maison où il y a beaucoup d'habitants.
C'est une république, c'est un monde que votre château ; je n'y ai jamais vu cette foule,
Mme de Sévigné, 29 sept. 1680
Synonymes
RÉPUBLIQUE, DÉMOCRATIE. République est la chose publique, et n'implique la forme du gouvernement que par un sens particulier. Aussi les empereurs romains avaient-ils conservé le nom de république, et les premières pièces frappées en 1804 portaient d'un côté République française, et de l'autre Napoléon empereur. Démocratie, au contraire, exprime que c'est le peuple entier qui a le gouvernement ou qui le confère à des magistrats de son choix élus pour un temps assez court. Les États-Unis sont une démocratie. La démocratie est l'opposé de l'aristocratie ou république aristocratique. C'est donc prendre démocratie en un faux sens que de dire, comme on fait tous les jours, que la France est une démocratie. À la vérité on entend par là un état social où les inégalités nobiliaires sont très effacées ; mais ce n'est là qu'une petite partie de la démocratie.
Étymologie
Lat. respublica, de res, chose (voy. RIEN), et publicus, public.