1rat s. m. (ra)
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Voy. RAS 2.
Voy. RAS 2.
1Petit quadrupède de l'ordre des rongeurs, à petites pattes, à queue longue, à museau pointu, qui mange les grains, la paille, etc.
L'espèce du rat paraît exister dans toutes les contrées habitées ou fréquentées par les hommesBuffon, Quadrup. t. XIII, p. 79
L'on voit descendre des montagnes du Nord des rats en multitude innombrable qui, comme un déluge ou plutôt comme un débordement de substance vivante, viennent inonder les plaines....Buffon, ib. t. II, p. 98
Fig.
Mon rat, se dit, dans le langage le plus familier, comme terme d'amitié à un enfant, à une jeune femme.
Gueux comme un rat d'église ou simplement comme un rat, très pauvre.
Mon Dieu, tous ces blondins sont agréables et débitent fort bien leur fait ; mais la plupart sont gueux comme des ratsMolière, l'Av. III, 8
Monchevreuil était Mornay, de bonne maison, sans esprit aucun, et gueux comme un rat d'égliseSaint-Simon, 4, 63
Être comme un rat en paille, être fort à son aise, n'avoir faute de rien.
Vous êtes là comme rats en paille, dans les papiers jusques aux oreilles, toujours lisant, écrivant, corrigeant, proposant....Voiture, Lett. 195
Avec vous je faisais gogaille, Et j'étais comme un rat en pailleScarron, Virg. VI
Il pue comme un rat mort, se dit d'un homme qui sent fort mauvais.
Payer en chats et en rats, payer par petites parties, donner des hardes et de mauvais effets.
Voilà ce que les rats n'ont pas mangé, se dit des restes d'une chose endommagée.
2Mort aux rats (on prononce mor-tô-ra), composition où il entre de l'arsenic, et dont on se sert pour détruire les rats.
3Il a eu un rat, on lui a posé sur le dos la figure d'un rat pour se moquer ensuite de lui, sorte de plaisanterie qui se faisait les jours gras. Donner des rats aux passants.
Je sens un rat, je soupçonne quelque mauvaise farce.
Je sens un rat est une expression proverbiale qui veut dire soupçonner du dangerGRIMM, Corresp. t. IX, p. 50
4Nid à rats, voy. NID, n° 3.
5Fig. et familièrement. Caprice, fantaisie. Cette femme a des rats dans la tête. Il lui passe tous les jours quelque rat par la tête.
Ayant fait un tour de chambre et passé devant son miroir, elle comprit, et mes yeux lui confirmèrent, que le dégoût n'avait point de part à ce ratJ.-J. Rousseau, Confess. VII
En un mot, le contrat était prêt à signer, lorsqu'il lui prend un ratLEGRAND, l'Amour diable, SC. 1
Je n'ai jamais compris comment vous aviez pu un instant adopter ses ratsMme D'ÉPINAY, Mém. t. III, p. 68, dans POUGENS
Avoir des rats, signifie aussi avoir l'esprit fécond en saillies plaisantes.
Prendre un rat, se dit d'une arme à feu quand le coup ne part pas, et qui a, pour ainsi dire, un caprice. Ce fusil, ce pistolet a pris un rat.
Par extension, prendre un rat, manquer son coup, ne pas réussir.
6Se dit, à l'Opéra, dans une sorte d'argot, des petites élèves de la danse.
Demoiselle entretenue.
On dit que cela vient de l'habitude d'inviter autrefois aux parties fines des demoiselles d'opéra, qu'on nommait, par apocope, des ra.
7Terme d'argot. Celui qui vole, la nuit, dans l'intérieur des auberges, les rouliers et les marchands forains.
Prendre des rats par la queue, filouter, couper la bourse.
8Familièrement et par injure, rats de cave, les commis des aides, et aujourd'hui, des contributions indirectes qui visitent les caves.
Rat de cave, et rat de cave de campagne encoreDancourt, Retour des officiers, SC. 1
Orry fut d'abord rat de cave, puis homme d'affaires de la duchesse de PortsmouthSaint-Simon, 114, 242
Enfin il [un paysan] prononça en frémissant ces mots terribles de commis et de rats de cave ; il me fit entendre qu'il cachait son vin à cause des aides, qu'il cachait son pain à cause de la tailleJ.-J. Rousseau, Conf. IV
Fig.
On livre encor nos auteurs Aux censeurs, aux inspecteurs, Rats de cave littérairesBéranger, Cens.
9Rat de cave, espèce de bougie mince, longue et roulée sur elle-même, et dont on se sert pour descendre à la cave.
10Rat d'église, se dit, par dénigrement, des dévots qui fréquentent les églises.
Les pauvres rats d'église pourront être un peu mécontents ; mais, cette fois-ci, ils n'oseront pas trop sortir de leurs trous ; il n'y aurait que des coups à gagner pour euxD'Alembert, Lett. à Voltaire, 4 févr. 1773
Rat d'église se dit aussi des employés laïques d'une paroisse : bedeau, suisse, chantre, etc.
11Queue de rat, voy. QUEUE, n° 30.
12Rat des Alpes, marmotte.
Rat d'Amérique, cochon d'Inde.
Rat des bois, mulot et surmulot.
Rat des champs, campagnol et mulot.
Rat d'eau, sorte de rat nageur, qui habite sur le bord des rivières.
Le rat d'eau est un petit animal de la grosseur d'un rat, mais qui, par le naturel et par les habitudes, ressemble beaucoup plus à la loutre qu'au ratBuffon, Quadrup. t. II, p. 298
Rat d'Égypte, rat de Pharaon, l'ichneumon ou mangouste.
Rat de mer, un des noms vulgaires de la mercuriale, sorte de tortue qui habite la Méditerranée.
Rat de Norvége, le lemming.
Rat de Surinam, nom donné par abus aux différentes espèces du genre phalanger (marsupiaux), lesquelles sont toutes soit de l'Australie, soit de l'Inde, et non de l'Amérique où se trouve Surinam,LEGOARANT
Rat de Tartarie, nom vulgaire du sciuroptère sibérique (rongeurs) de Lesson (Europe et Asie septentrionale), ou bien d'une espèce très voisine, tandis que le polatouche est le sciuroptère volucelle (Canada, États-Unis),LEGOARANT
Petit rat, un des noms vulgaires du troglodyte européen (insectivores).
Rat musqué, quadrupède gros comme un petit lapin, qui s'établit sur les marais et sur les bords des lacs et des rivières (Amérique), et qui s'y construit des maisonnettes.
13Nom des trous de médiocre grandeur dans lesquels passe le fil d'or.
14Un rat se dit populairement et injurieusement pour désigner celui qui craint de faire la moindre dépense.
Adjectivement. Il est trop rat pour payer sa part.
15Queue de rat, ou, plus ordinairement, un rat, synonyme de rat de cave (voy. RAT, au n° 9), c'est-à-dire espèce de bougie mince, longue et enroulée sur elle-même.
Un témoin a vu un homme mettre le feu avec une queue de ratGaz. des Trib. 30 oct. 1872, p. 1063, 3e col.
Picard, rot ; bourg. rai ; prov. rat ; espagn. rato ; ital. ratto ; du germanique : ancien haut allem. rato ; anglo-sax. raet ; ancien bas-allem. ratta ; danois, rotte ; le celtique a un mot de même racine : gaél. radan ; bas bret. raz.
Terme de marine. Ras de carène, ou simplement ras, nom du plancher flottant dont on se sert pour calfater, nettoyer et chauffer les carènes des navires.
Le feu qui a pris à un ras à calfater qui était proche du Pompeux,Seignelay à de la Cornière, 4 déc. 1678, dans JAL
Ancien français rat, radeau, qui vient du latin ratis (voy. RADEAU). D'après l'étymologie, rat est la meilleure orthographe.
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, 1872-1877 · cliquer un vers pour le scander