Pléthore de mots bien,
un seul est le mot juste.

relâche dans le Littré

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1relâche s. m. (re-lâ-ch')

  1. 1Interruption d'une étude, d'un travail, d'un exercice.

  2. 2Intervalle dans un état pénible, douloureux.

    • Il ne donne point de relâche, se dit d'un créancier qui presse continuellement son débiteur.

  3. 3Suspension dans le cours des représentations théâtrales. Il y a aujourd'hui relâche aux Français. Les relâches sont fréquents à ce théâtre. On a fait relâche pendant huit jours pour réparer la salle.

    • On donne aujourd'hui relâche au Théâtre Français Dict. de l'Académie
    • Les jours de relâche au théâtre, nous passions nos après-dîners en promenades solitaires Marmontel, Mém. III
  4. 4Sans relâche, loc. adv. Sans discontinuer.

    • Je ne vous quitte pas un moment, je pense à vous sans relâche Mme de Sévigné, 18
    • Il fallait se résoudre à n'être jamais en paix sous l'empire d'une ville [Lacédémone] qui, étant formée pour la guerre, ne pouvait se conserver qu'en la continuant sans relâche Bossuet, Hist. III, 5
    • Les bêtes et les hommes souffrent presque sans relâche, et les hommes encore davantage Voltaire, Princ. d'action, 16
    • Enfin le sentiment de l'existence la poursuivait comme une douleur sans relâche Mme de Staël, Corinne, XVIII, 2

Synonymes

RELÂCHE, RELÂCHEMENT. Le relâche est une cessation de travail. On en prend quand on est las ; il sert à réparer les forces. Le relâchement est une cessation d'austérité ou de zèle : on y tombe quand la ferveur diminue. L'homme infatigable travaille sans relâche. L'homme exact remplit son devoir sans relâchement (GIRARD).

Étymologie

Voy. RELÂCHER.

2relâche s. f. (re-lâ-ch')

  1. Terme de marine.

    • Séjour momentané qu'on fait dans un port où l'on entre forcé par la tempête, par des avaries, ou par le besoin qu'a l'équipage de prendre du repos, de renouveler ses vivres ou de s'approvisionner d'eau, JAL
    • J'étais tenté de renoncer au plan que j'avais formé en partant de Maouna, de ne faire aucune relâche jusqu'à Botany-Bay, LA PÉROUSE, Voy. t. III, p. 247, dans POUGENS
    • Pour entretenir ses liaisons avec cette vaste région [l'Inde] et les autres établissements d'Asie, la compagnie anglaise a formé un lieu de relâche à Sainte-Hélène Raynal, Hist. phil. III, 31
    • Après une relâche de quinze jours, nous quittâmes l'île Saint-Pierre Chateaubriand, Amér. Voy. en Amér.
    • Lieu propre à relâcher.

      • Les bestiaux y sont dans la même abondance que dans le reste de ce pays ; ce qui, joint à la salubrité de l'air, rend la relâche à Montevideo excellente pour les équipages BOUGAINVILLE, Voy. t. I, p. 54

Étymologie

Le même, sauf le genre, que relâche 1.

3relâché, ée part. passé (re-lâ-ché, chée)

  1. 1Qui n'est plus tendu. Les cordes du violon relâchées par l'humidité.

    • Fig.

      • La main relâchée produit l'indigence ; la main des forts acquiert les richesses Saci, Bible, Prov. de Salomon, X, 4
      • Les liens de cette discipline dure et austère, qui régnait à Sparte, étaient un peu relâchés [en temps de guerre] Rollin, Traité des Ét. liv. V, 3e part. 2
      • Il [l'empereur Ferdinand II] commençait à resserrer cette ancienne chaîne qui avait lié l'Italie à l'empire, et qui était relâchée depuis si longtemps Voltaire, Mœurs, 178
  2. 2Qu'on a laissé aller, sortir.

    • Le comte de Bussy fut relâché au bout de dix-huit mois Voltaire, Louis XIV, 25
  3. 3Terme de médecine. Ventre relâché, état où l'on va à la selle plus souvent que d'habitude.

    • Les jaunes d'œufs durcis et émiettés ne leur sont utiles [aux poussins] qu'autant que ces petits animaux sont relâchés Mme de Genlis, Maison rust. t. I, p. 313, dans POUGENS
  4. 4Qui est moins sévère dans ses mœurs, moins exact dans l'accomplissement de ses devoirs religieux.

    • Les opinions relâchées plaisent tant aux hommes, qu'il est étrange que les leurs [des jésuites] déplaisent Pascal, Pens. XXIV, 65, édit. HAVET.
    • M. de la Rochefoucauld entend sa maxime [qui vit sans folie n'est pas si sage qu'il croit] dans le sens relâché que votre philosophie condamne Mme de Sévigné, 4 mars 1672
    • Vous donc, docteurs relâchés, puisque l'Évangile est un joug, ne le rendez pas si facile Bossuet, Cornet.
    • Le jugement si réglé avec lequel elle [l'abbesse] a gouverné les dames qui lui étaient confiées, toujours également éloignée et de cette rigueur farouche, et de cette indulgence molle et relâchée Bossuet, Yolande.
    • Il y a dans le monde des chrétiens relâchés, qui, par une espèce d'hypocrisie, jeûnent sans faire pénitence Bourdaloue, Instruct. pour le carême, Exhort. t. II, p. 238
    • M. Pascal se crut obligé d'employer ce même esprit à combattre un des plus grands abus qui se soit jamais glissé dans l'Église, c'est à savoir la morale relâchée de quantité de casuistes Racine, Hist. Port-Royal.
    • La morale douce et relâchée tombe avec celui qui la prêche La Bruyère, XV
    • Cette orthographe relâchée,Qui m'avilit aux yeux savants LAMOTTE, Odes, t. I, p. 413, dans POUGENS

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, 1872-1877 · cliquer un vers pour le scander