Pléthore de mots bien,
un seul est le mot juste.

remonte dans le Littré

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1remonte s. f. (re-mon-t')

  1. 1Action de remonter un cours d'eau.

    • La descente et la remonte ou le double passage de bateaux qui traverseraient alternativement l'écluse en sens opposés GIRAUD, Instit. Mém. scienc. t. VII, p. 11
    • Le fret de remonte sur la Moselle française revient, par tonne et par kilomètre, à 0f,04 E. GRANGEZ, Voies navigables de France, p. 436
  2. 2La remonte, le poisson qui remonte les cours d'eau pour frayer.

  3. 3Action de remonter la cavalerie, de lui fournir des chevaux pour remplacer ceux qui manquent ou qui sont hors d'état de servir.

    • Il [Annibal] tirait de lui seul la subsistance de ses troupes, la solde de ses soldats, la remonte de sa cavalerie, les recrues de son infanterie Rollin, Traité des Ét. 3e part. 3e morceau, II, I, 9
    • L'Etat a fait un marché pour cinquante mille chevaux de remonte TOULONGEON, Instit. Mém. sc. mor. et pol. t. IV, p. 441
  4. 4Achats de chevaux pour le service de l'armée, ou d'étalons pour le service des haras ; sujets achetés par les remontes. Officier chargé de la remonte.

    • Dépôt de remontes, établissements où l'on place pendant un certain temps les chevaux de remonte pour les préparer au régime militaire et leur donner un commencement d'éducation et de dressage.

  5. 5Cheval de remonte.

    • Ce second cheval devait servir de remonte, en cas qu'il arrivât quelque accident aux chevaux des voyageurs Chateaubriand, Itin. part. I
  6. 6Terme de haras. Les sauts que l'étalon donne à la jument après le premier.

  7. 7Souffler en remonte, souffler contre le courant d'un fleuve, d'une rivière.

    • Les eaux [de la Seine], arrêtées par le vent qui soufflait en remonte, formaient de hautes vagues qui venaient déferler contre les parapets comme sur une grève Journ. offic. 12 déc. 1872, p. 7728, 3e col.

Étymologie

Voy. REMONTER.

2remonté, ée part. passé (re-mon-té, tée)

  1. 1Qui a monté de nouveau. Les voilà remontés à cheval.

    • Fig. et familièrement. Remonté sur sa bête, qui a repris force, santé, fortune.

      • Je ne puis être fâché, ni pour la France ni pour la philosophie, de voir votre ancien disciple remonté sur sa bête [le roi de Prusse rétablissant ses affaires] D'Alembert, Lett. à Voltaire, 25 sept. 1762
  2. 2Goutte remontée, goutte qui quitte les articulations pour se porter sur un viscère intérieur.

    • Picrochole avait la goutte remontée, et criait comme s'il eût vu la mort de bien près Fénelon, t. XIX, p. 123
  3. 3Terme de fauconnerie. Engraissé. Ce faucon a besoin d'être remonté.

  4. 4Ranimé, restauré.

    • Sitôt qu'elle se vit un peu remontée par mes soins J.-J. Rousseau, Conf. VII
  5. 5Qui a repris faveur.

    • ....Nous surnagerons, j'espère, aux événements fâcheux ; le Laurier [Condé] est bien remonté, je vous assure Corresp. du gén. Klinglin, I, 438
  6. 6Qui commence de bonne heure dans la matinée.

    • Je doute que cette journée toute remontée, qui ôte tout le commerce de manger et de causer les soirs, puisse plaire à Mme de Coulanges Mme de Sévigné, 25 juin 1690
  7. 7Couleur remontée, couleur à laquelle on a donné plus de vivacité.

    • Aujourd'hui même, ce bois [de santal ou bois rouge] est la base de tous les bleus remontés Enquête, Traité de commerce avec l'Angleterre, t. III, p. 43
  8. 8Se dit des gravures sans marge qu'on recolle sur une feuille de papier pour leur faire une fausse marge. Estampe remontée.

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, 1872-1877 · cliquer un vers pour le scander