Pléthore de mots bien,
un seul est le mot juste.

scandale dans le Littré

1 article· 22 citations· rimes· synonymes

scandale s. m. (skan-da-l')

  1. 1Terme de l'Écriture sainte. Ce qui est occasion d'errer, de tomber dans l'erreur ou dans le péché.

    • Si votre main vous est un sujet de scandale, coupez-la Saci, Bible, Évang. St Marc, IX, 42
    • Jésus crucifié, qui a été le scandale du monde, et qui a paru ignorance et folie aux philosophes du siècle, pour confondre l'arrogance humaine, est devenu le plus haut point de notre sagesse Bossuet, Panég. de St Bernard, préambule.
    • Ne souffrez pas que votre croix qui vous a soumis l'univers, soit encore la folie et le scandale des esprits superbes Massillon, Carême, Vérité de la relig.
    • Pierre de scandale, même sens.

      • C'est ce que dit Isaïe, que Jésus-Christ sera pierre de scandale ; mais bienheureux ceux qui ne seront point scandalisés en lui ! Pascal, Figuratifs, 1
    • Fig. Pierre de scandale, tout ce qui cause du scandale.

      • Ici même enfin, où nous vous annonçons malheur à celui qui scandalise, vous y devenez vous-même une pierre d'achoppement et de scandale Massillon, Carême, Temples.
  2. 2Occasion de chute que donne une mauvaise action, un discours corrupteur.

    • Malheur au monde à cause des scandales ; car il est nécessaire qu'il arrive des scandales ; mais malheur à l'homme par qui le scandale arrive Saci, Bible, Évang. St Math. XVIII, 7
    • Sans rechercher si ce scandale était originairement une pierre qui pourrait faire tomber les gens, ou une querelle, ou une séduction, tenons-nous-en à la signification d'aujourd'hui : un scandale est une grave indécence ; on l'applique principalement aux gens d'Église Voltaire, Dict. phil. Scandale.
    • On dit de même : être, devenir une occasion de scandale.

    • Par antiphrase, le scandale du bon exemple, le bon exemple que donne une personne au milieu de ses compagnons pervertis.

      • Pour écarter le scandale du bon exemple, ils m'excitaient à les imiter J.-J. Rousseau, Conf. VII
  3. 3Répulsion, indignation que causent les actions, les discours, les personnes de mauvais exemple.

    • [L'empereur] Julien [fut] le scandale de notre Église et la gloire de l'empire romain Voltaire, Mœurs, Zaleucus.
    • Il [Malebranche] se livra tout entier au cartésianisme, au grand scandale de ses confrères Diderot, Opin. des anc. philos. (Malebranchisme).
    • J'ai lu Nieuwentyt avec surprise et presque avec scandale J.-J. Rousseau, Em. IV
  4. 4Éclat fâcheux que cause une affaire de mauvais exemple.

    • Par exagération. C'est un scandale, il est indigne, honteux. C'est un scandale qu'il ait obtenu cette place. Fi ! c'est un scandale.

  5. 5Insulte (sens qui vieillit).

  6. 6En termes d'ancienne procédure, un amené sans scandale, un ordre du juge pour faire amener quelqu'un devant lui sans éclat.

    • Point de bruit, Tout doux, un amené sans scandale suffit Racine, Plaid. II, 14

Étymologie

Génev. et Berry, escandale ; provenç. escandol ; espagn. escandalo ; ital. scandalo ; du lat. scandalum ; du grec σϰάνδαλον, proprement un piége, une chausse-trape, et de là, dans la Bible grecque, un scandale ; le radical paraît être skand, qui a donné tant de mots au latin. Scandalum, avec l'accent sur scan, avait donné régulièrement escandle (voy. ESCLANDRE).

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, 1872-1877 · cliquer un vers pour le scander