servir v. a. (sèr-vir)
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1Être à un maître comme domestique.
- Que servir un joueur est un maudit métier ! Regnard, le Joueur, I, 1
On défendit aux calvinistes, en 1685, de se faire servir par les catholiques, de peur que les maîtres ne pervertissent les domestiques
VOLTAIRE, Louis XIV, 36
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Absolument. Être réduit à servir. Ce domestique est trop vieux, il ne peut plus servir.
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Servir son maître à table, lui donner à boire, lui donner des assiettes, etc.
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Absolument.
Ce qu'on peut remarquer [lors du sacre], c'est que les prélats dînèrent à la table de l'empereur, et que les ducs de Franconie, de Souabe, de Bavière et de Lorraine servirent à table
Voltaire, Ann. Emp. Othon Ier, 936Je servais à table, et je faisais à peu près au dedans le service d'un laquais
J.-J. Rousseau, Conf. III
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Servir à la chambre, à la cuisine, etc. Être employé au service de la chambre, de la cuisine, etc.
Vous étiez jeune encor, vous serviez au festin, à ce dernier festin du tyran de l'Asie
Voltaire, Olymp. I, 2
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Pour vous servir, à vous servir, locutions familières de civilité employées comme réponse affirmative.
- Vous êtes taupe ? me dit-elle ;Oui, lui dis-je, mademoiselle,Je suis taupe, pour vous servir Voiture, Poés. Œuv. t. II, p. 186
D. Juan : Vous vous appelez ? - Charlotte : Charlotte, pour vous servir
Molière, Festin, II, 2Vous êtes sans doute madame Patelin ? - à vous servir !
BRUEYS, Avoc. Pat. II, 2
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2Être au service de, être attaché à la personne, en une qualité supérieure à celle de domestique.
Et ressouvenez-vous quel prélat vous servez
Boileau, Lutr. IIILe bonheur de le servir [un grand] était, selon lui, une assez haute récompense pour ceux qui le servaient
Fénelon, Tél. XVI
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3Rendre à quelqu'un les mêmes services qu'un domestique rend à son maître.
Le Fils de l'homme n'est pas venu pour être servi, mais pour servir
Saci, Bible, St Marc, X, 45Ô vous, pauvres, quelque nom que vous portiez, vous que la reine servait avec tant de foi
Bossuet, Mar.-Thér.Dieu, dit la princesse Anne, me donnera peut-être de la santé pour aller servir cette paralytique
Bossuet, Anne de Gonz.Il [Fénelon] recueillait dans son palais les malheureux habitants des campagnes que la guerre avait obligés de fuir leurs demeures, les nourrissait, et les servait lui-même à table
D'Alembert, Élog. Fén.
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4Dans le culte catholique, servir le prêtre, le célébrant à l'autel, répondre la messe, et présenter l'eau et le vin, ce qui, aux grand'messes, est la fonction des diacres et des sous-diacres. Racine l'a dit en parlant du culte des Hébreux :
Loin d'ici ces prêtres oisifs qui, vivant de l'autel et ne servant pas à l'autel, traînent sans honneur et sans emploi un stérile et infructueux sacerdoce
Fléchier, Panég. II, 405Debout à ses côtés [du grand prêtre], le jeune Éliacin Comme moi le servait en long habit de lin
Fléchier, Ath. II, 2
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Servir la messe, assister le prêtre qui la dit.
Pour moi, je n'entends guère de messe dans le camp qui ne soit servie par quelque mousquetaire, et où il n'y en ait quelqu'un qui communie, et cela de la manière du monde la plus édifiante
Racine, Lett. 21 à BoileauHélas ! le seul office que je pouvais lui rendre, c'était de lui servir la messe, mais c'était un mérite à ses yeux, et voici pourquoi....
Marmontel, Mém. I
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5Servir Dieu, lui rendre le culte qui lui est dû, s'acquitter des devoirs de la religion.
Il n'y a que deux sortes de personnes qu'on puisse appeler raisonnables : ou ceux qui servent Dieu de tout leur cœur, parce qu'ils le connaissent ; ou ceux qui le cherchent de tout leur cœur, parce qu'ils ne le connaissent pas
Pascal, Pens. IX, 1, édit. HAVET.Que quand on servait Dieu, on servait bien son roi
Mme de Sévigné, 85[Le prince de Condé mourant] nous avertit que, pour trouver à la mort quelques restes de nos travaux et n'arriver pas sans ressource à notre éternelle demeure, avec le roi de la terre il faut encore servir le roi du ciel
Bossuet, Louis de Bourbon.- Le Dieu que nous servons est le Dieu des combats Racine, Esth. I, 5
Ils laissèrent à chacun la liberté de servir Dieu suivant sa conscience, pourvu que l'État fût bien servi
Voltaire, Russie, I, 2
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Il se dit des dieux du paganisme.
Leurs philosophes connurent que le monde était régi par un dieu bien différent de ceux que le vulgaire adorait, et qu'ils servaient eux-mêmes avec le vulgaire
Bossuet, Hist. II, 5- J'ai mon dieu que je sers ; vous servirez le vôtre Racine, Ath. II, 7
- Des dieux que nous servons connais la différence Voltaire, Alz. V, 7
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6Obéir à, honorer.
- L'orgueil de voir vingt rois vous servir et vous craindre Racine, Iphig. IV, 4
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Servir une dame, lui rendre des soins assidus, faire profession d'être son amant.
- Je sers, je le confesse, une jeune merveille,En rares qualités à nulle autre pareille Malherbe, V, 21
- Oui, c'est moi qui voudrais effacer de ma vieLes jours que j'ai vécu sans vous avoir servie Corneille, le Ment. III, 5
Le comte d'Arran, qui l'avait servie des premiers [Mme de Shrewsbury], n'avait pas été des derniers à la quitter
Hamilton, Gramm. 6
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Absolument.
- Prêt à servir toujours, sans espoir de salaire Racine, Andr. IV, 2
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7Il se dit des emplois de guerre, de magistrature, d'administration que l'on remplit au service de l'État, du prince. Louis XIV fut servi par Vauban dans ses armées.
Que, depuis quarante-deux ans qu'il servait le roi, il ne lui avait jamais donné de conseil que selon sa conscience
Bossuet, le Tellier.Ne pouvant servir le roi par ses actions et par ses discours, il [le Tellier] le servit par son repos et par son silence
Fléchier, Le Tellier.Nous servions tous deux l'État, et, le servant, nous voulions l'un et l'autre tout gouverner
FÉNEL., Dial. des morts mod. Richel. Mazarin.- D'un combat singulier la gloire est périssable ;Mais servir la patrie est l'honneur véritable Voltaire, Tancr. III, 6
- Qui sert bien son pays n'a pas besoin d'aïeux Voltaire, Mérope, I, 3
Christine, comme tous les princes, aimait mieux être flattée que servie
D'Alembert, Œuvr. t. IV, p. 21
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On dit dans un sens analogue : servir l'Église.
On ne s'engage à servir l'Église que dans l'espérance d'y dominer ; et, si l'on n'espérait pas y dominer un jour, on ne se réduirait jamais à la servir
Bourdaloue, 10e dim. après la Pentec. Dominic. t. III, p. 212
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Fig.
Servir le monde pour Dieu, disait ce grand évêque, c'est une vertu ; servir le monde pour le monde, c'est un désordre
Bourdaloue, 5e dim. après la Pentecôte. Dominic. t. II, p. 460 et 461On sert mal à la fois la fortune et l'amour
J.-J. Rousseau, Dev. du vil. sc. 4
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8Absolument. Être dans le service militaire. Il a longtemps servi sur mer, dans la cavalerie, dans l'infanterie. Il y a vingt ans qu'il sert.
Ce sera dans nos jours s'être fait un nom parmi les hommes et s'être acquis un mérite dans les troupes, d'avoir servi sous le prince de Condé, et, comme un titre pour commander, de l'avoir vu faire
Bossuet, Louis de Bourbon.M. de Servière, gentilhomme d'une ancienne noblesse, qui, après avoir longtemps servi, mais peu utilement pour sa fortune, parce qu'il n'avait songé qu'à bien servir, s'était retiré couvert de blessures
Fontenelle, Truchet.Où voudriez-vous servir ? vous n'avez qu'à dire : dans l'infanterie, dans la cavalerie, ou dans les dragons ?
Dancourt, la Gazette, sc. 18
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Faire son service. Ce soldat sert bien.
Vous ai-je pas conté comme il [Turenne] rhabilla ce régiment anglais ?.... les Anglais ont dit.... qu'ils achèveraient de servir cette campagne pour le venger, mais qu'après ils se retireraient, ne pouvant obéir à d'autres
Mme de Sévigné, 16 août 1675Le maréchal de Richelieu venait de conclure, près de Stade, un traité avec les Hanovriens et les Hessois qui ressemblait à celui des fourches caudines : leur armée ne devait plus servir
Voltaire, Comm. Œuvr. aut. Henriade.
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9Terme de guerre. Servir une batterie, une pièce de canon, etc. faire les manœuvres nécessaires pour l'exécution du feu. On dit dans un sens analogue : Ce feu d'artifice a été bien servi, mal servi.
Le canon des assiégés a été très bien servi
PELLISSON, Lett. hist. t. III, p. 330
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Servir une pompe, la faire jouer.
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10Placer les mets sur la table. Servir le dîner, le souper.
Si l'on ne vous servait à table que deux onces de pain
Pascal, Prov. II- Ainsi dit Gilotin, et ce ministre sageSur table au même instant fait servir le potage Boileau, Lutr. I
Les nymphes.... servirent un repas simple, mais exquis pour le goût et pour la propreté
Fénelon, Tél. ICe fut l'orateur Hortensius qui imagina le premier de faire servir des paons sur sa table
Buffon, Ois. t. IV, p. 49La chair du cygne est noire et dure ; et c'est moins comme un bon mets que comme un plat de parade qu'il était servi dans les festins chez les anciens, et par la même ostentation chez nos ancêtres
Buffon, ib. t. XVII, p. 33On voit dans les dispensaires du XVIe siècle qu'on servait à la table de François Ier des cervelles de faisans, des langues de carpes et des foies de lottes étuvés au vin d'Espagne
DECOURCHAMP, Souvenirs de la marquise de Créquy, t. IV, ch. VI.
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Fig. Servir un mauvais compliment, faire un mauvais compliment.
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Absolument. Voulez-vous qu'on serve ? Servez à six heures.
- Madame, on a servi sur table Molière, Critique, 8
Un petit laquais viendra dire qu'on a servi, on se lèvera, et chacun ira souper
Molière, ib.
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Et servez chaud, formule qui, dans les livres de cuisine, termine toutes les recettes de mets qui doivent être mangés chauds.
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Fig. et familièrement. Servez chaud, faites vite, donnez promptement.
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Le dîner, le déjeuner est servi, il est sur la table.
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On dit dans le même sens : Vous êtes servi ; Madame est servie.
Je suis servi par ses cuisiniers [de Frédéric II] ; j'ai une reine à droite, une reine à gauche....
Voltaire, Lett. d'Argental, 29 mai 1751Un quart d'heure après on nous servit, et nous nous mîmes à table
Marivaux, Pays. parv. 4e part.Je l'invitai à souper ; mais elle s'en défendit, et me quitta quand on m'avertit que j'étais servie
Mme RICCOBONI, Œuvr. t. III, p. 178
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Servir à déjeuner, à dîner, à souper, servir à une ou plusieurs personnes ce qu'il faut pour déjeuner, dîner, souper.
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Servir un dîner, un déjeuner, signifie quelquefois, en parlant d'hôteliers, de restaurateurs, donner à dîner, à déjeuner. On nous servit un fort beau dîner.
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Servir une table, la couvrir de plats, de mets. On servit six tables en même temps.
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Servir à quelqu'un un mets, d'un mets, donner d'un mets à un convive. On m'a servi un excellent morceau. Je vais vous servir du saumon.
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On dit aussi : servir à boire à quelqu'un.
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Servir quelqu'un, lui donner de ce qui est sur la table. Vous ai-je servi ? Je vous ai bien mal servi.
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Absolument. C'était la maîtresse de la maison qui servait, elle distribuait les mets aux convives.
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Fig. Servir quelqu'un d'un conte, lui faire un conte.
- Je le sers aussitôt d'un conte imaginaireQui l'étonne lui-même et le force à se taire Corneille, Ment. I, 6
J'ai cru que les digressions feraient plus de bien à cet ouvrage que de tort, et que le lecteur, qui se verrait toujours servi de quelque trait d'histoire curieuse ou de quelque réflexion de bon goût, ne regretterait pas d'avoir perdu de vue la comète de temps en temps
BAYLE, Lettre touchant les comètes, avert. au lect.
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Fig. et familièrement. Servir un plat de son métier, voy. PLAT. 2, n° 2.
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Fig. et familièrement. Servir quelqu'un à plats couverts, lui rendre en secret de mauvais offices (voy. PLAT 2, n° 1, et, pour l'explication de cette locution, l'historique de PLAT 2).
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11Terme de jeu de paume. Servir la balle, ou, absolument, servir, jeter une balle sur le toit pour être reçue par ceux qui jouent. C'est à monsieur à servir.
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Fig.
[Le premier président dit] que, si M. le Prince avait su jouer la balle qu'il lui avait servie, il avait quinze sur la partie contre moi
Retz, III, 350
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Servir sur les deux toits, jeter la balle de manière qu'elle aille sur les deux toits avant de tomber.
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Fig. Et familièrement. Servir quelqu'un sur les deux toits, lui fournir l'occasion de faire avec facilité ce qu'il désire.
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Il signifie aussi rendre à quelqu'un avec zèle de grands services.
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Au jeu du ballon, de la balle, du volant, jeter le ballon, la balle, le volant à celui avec qui l'on joue.
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À certains jeux de dés, mettre les dés dans le cornet de celui qui doit jouer. C'est à vous à servir.
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12Fournir une marchandise, un objet confectionné. Le boucher vous a mal servi. Ce cordonnier ne vous sert plus aussi bien qu'autrefois.
Si vous voulez être servi [recevoir des opuscules de Voltaire], dites-moi donc comment il faut que je vous serve
Voltaire, Lett. d'Alembert, 2 septembre 1768
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13Terme de finance. Servir une rente, payer l'intérêt d'une somme constituée en rente.
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Terme de jurisprudence. Servir une redevance, acquitter la redevance convenue.
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14Terme de féodalité. Servir le fief, remplir les obligations qui y étaient attachées.
Quand les fiefs étaient amovibles, on les donnait à des gens qui étaient en état de les servir
Montesquieu, Esp. XXXI, 33On fit des dispositions pour la succession future, dans la vue que le fief pût être servi par les héritiers
Montesquieu, ib. 34
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15Faire aller, faire marcher, en parlant de certains moteurs. Ce cours d'eau a été utilisé pour servir un moulin.
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16Être utile à. Servir quelqu'un de son crédit, de son épée. Il vous a servi auprès du ministre.
Quand la pieuse reine d'Angleterre servait l'Église, elle croyait servir l'État
Bossuet, Reine d'Angl.La souveraine puissance vous est accordée, afin que l'empire de la terre serve l'empire du ciel
Bossuet, Reine d'Angl.Il faut servir nos amis à leur mode
Mme de Maintenon, Proverbes, p. 50, dans POUGENS- Inexorables dieux, qui m'avez trop servi RACINE, Phèdre, V, 6
Rarement on sert bien ceux qu'on aime beaucoup
Marivaux, Marianne, 9e part.André Doria est le héros qu'on peut mettre à la tête de tous ceux qui servirent la fortune de Charles-Quint
Voltaire, Mœurs, 125L'illustre Mme de Sévigné, Pellisson, Gourville, Mlle Scudéry, plusieurs gens de lettres se déclarèrent hautement pour lui [Fouquet], et le servirent avec tant de chaleur qu'ils lui sauvèrent la vie
Voltaire, Louis XIV, 25Servant ses amis avec zèle, ou plutôt se faisant l'ami des gens qu'il pouvait servir
J.-J. Rousseau, Conf. VJe voudrais bien servir la raison, mais je désire encore plus d'être tranquille
D'Alembert, Lett. à Volt. 22 déc. 1765
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Absolument.
Sujet plein d'une fidélité ardente et zélée, et nullement courtisan, il aurait infiniment mieux aimé servir que plaire
Fontenelle, Vauban.N'offenser personne, guérir toutes les jalousies, servir sans cesse, et chercher à plaire comme si l'on ne servait point
Mirabeau, Collection, t. II, p. 289
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Servir la religion, servir la patrie, faire quelque chose d'avantageux à la religion, à la patrie.
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Servir les passions de quelqu'un, lui fournir les moyens de les satisfaire.
- Comment puis-je sitôt servir votre courroux ? Racine, Andr. IV, 3
- Sers ma fureur, Oenone, et non point ma raison Racine, Phèdre, III, 1
Qu'importe que notre cœur souffre, pourvu que notre vanité soit servie ?
Marivaux, Marianne, 2e part.
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Corneille a dit servir quelqu'un à, l'aider à : Le patrice Aspar le servit à monter au trône, Pulch. au lecteur.
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17Il se dit des choses qui secondent, favorisent. Les circonstances, les événements l'ont bien servi.
Soit donc que malgré vous le sort vous ait servie, Soit que...
Racine, Brit. V, 6
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Son bras a mal servi sa valeur, il n'a pas eu autant de force que de courage.
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Sa mémoire l'a mal servi, il a manqué de mémoire.
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Si ma mémoire me sert bien, si j'ai bonne mémoire, si je me souviens bien.
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18Servir la jument, se dit de l'action de l'étalon dans l'accouplement.
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19Terme de chasse. Tuer la bête avec une arme.
Servir les bêtes rousses à la carabine
Moniteur univ. 13 nov. 1867, p. 1405, 3e col.
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Ce mot est devenu, dans l'argot, synonyme d'assassiner.
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20V. n. Être à un maître comme domestique.
Enfin il sentit l'impossibilité absolue de servir à deux maîtres
Fontenelle, Rolle.
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Fig.
Il est ainsi, chrétiens : nous sommes des idolâtres, lorsque nous servons à nos convoitises
Bossuet, Panégyr. saint Victor, 1
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21Servir un quartier, une semaine, être de service pendant un quartier, pendant une semaine.
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Fig.
Je sers actuellement mon quartier de Tirésie [je suis aveugle] ; mes fluxions sur les yeux me mettent hors d'état d'écrire
Voltaire, Lett. d'Alembert, t31 mars 1766
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22Être esclave, en servitude.
- Un cœur né pour servir sait mal comme on commande Corneille, Pomp. IV, 2
- Tu veux servir ; va, sers, et me laisse en repos Racine, Alex. IV, 3
- Maintenant elle sert sous un maître étranger Racine, Esth. I, 4
Une forêt voisine où nous servirions en esclaves sous ceux qui gouvernaient ses troupeaux
Fénelon, Tél. ISers ou meurs, disaient insolemment les Portugais à chaque peuple qui se trouvait sous leurs pas rapides et ensanglantés
Raynal, Hist. phil. I, 24
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23Servir de, tenir lieu de, faire l'office de. Se servir à soi-même de, faire pour soi-même l'office de.
Pendant que cette princesse [Livie] vécut, elle servait de quelque barrière, parce que Tibère, accoutumé longtemps à lui obéir, n'osait lui contredire ouvertement
PERROT, Tacite, 254- Mon nom sert de rempart à toute la Castille Corneille, Cid, I, 6
- Votre goût a servi de règle à mon ouvrage La Fontaine, Fabl. V, 1
Vos lettres nous ont servi d'un grand amusement
Mme de Sévigné, 28 août 1680Cette loi divine mal appliquée.... nous sert très souvent de fausse règle
Bourdaloue, 1er avent, Fausse consc. 134Des siéges et des combats servirent d'exercice à son enfance [de Turenne]
Fléchier, Turenne.- Je vous rends votre fils et je lui sers de père Racine, Andr. I, 4
Tout doit servir de proie aux tigres, aux vautours
Racine, Esth. I, 3Hortense, ajouta-t-il en s'en allant, vous n'avez pas voulu me faire de la peine ; mais que ceci vous serve de leçon
Marmontel, Cont. mor. Bon mari.Ils se servent de chiens à eux-mêmes [pour la chasse]
J.-J. Rousseau, Ém. II
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Servir de preuve que, prouver que.
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Servir d'un trophée à, être comme un trophée pour.
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Fig. Servir de jouet, de plastron, être en butte aux railleries, aux attaques.
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Servir de plastron, signifie aussi être exposé aux attaques, aux importunités de quelqu'un.
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Fig. et familièrement. Servir de couverture, servir de prétexte.
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24Servir à, être utile.
- Fuyez ce qui vous nuit, aimez ce qui vous sert Régnier, Sat. XII
Je vois bien maintenant à quoi vous servent les opinions contraires que vos docteurs ont sur chaque matière ; car l'une vous sert toujours, et l'autre ne vous nuit jamais
Pascal, Prov. VLa reine, qui accompagne son époux au cœur de l'hiver, joint au plaisir de la suivre celui de servir secrètement à ses desseins
Bossuet, Mar.-Thér.Ce qui nous sert, on le cherche ; mais ce qui nous veut servir, on l'aime
J.-J. Rousseau, Émile, IVJe croyais, interrompis-je vivement, que le but de la vie d'un honnête homme n'était pas le bonheur qui ne sert qu'à lui, mais la vertu qui sert aux autres
Mme de Staël, Corinne, XII, 2
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Que sert, à quoi sert-il ? quel avantage revient-il de.... ?
- Mais que sert la colère où manque le pouvoir ? Corneille, Sertor. I, 2
- Puis on avait pour son argent,Avec un bon soufflet, un fil long de deux brasses ;La plupart s'en fâchaient, mais que leur servait-il ?C'étaient les plus moqués La Fontaine, Fabl. IX, 8
- Ami, reviens chez moi : que nous sert de pleurer ?Haine, vengeance et deuil, laissons tout à la porte La Fontaine, ib. X, 12
Que nous servira d'avoir du bien, s'il ne nous vient que dans le temps que nous ne serons plus dans le bel âge d'en jouir ?
Molière, l'Av. I, 2Que lui servirent ses rares talents ? que lui servit d'avoir mérité la confiance intime de la cour ?
Bossuet, Anne de Gonz.Qu'as-tu donc servi, ô philosophie !
Bossuet, Hist. II, 11Quand on n'a rien à répondre, à quoi sert-il d'écouter ?
QUIN., Cadm. I, 4- Mais sans un Mécénas, à quoi sert un Auguste ? Boileau, Sat. I
- Mais que sert que ta main leur dessille les yeux ? Boileau, Ép. III
- Du zèle de ma loi que sert de vous parer ? Racine, Athal. I, 1
Que vous aura-t-il servi de croire, si vos mœurs ont démenti votre croyance ?
Massillon, Carême, Vérité de la religionÀ quoi sert la vie, quand on n'a point d'amis ?
Barthélemy, Anach. ch. 78
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Impersonnellement.
Mais bien vous sert que j'ignore le langage des dieux
Guez de Balzac, liv. V, lett. 15- Rien ne vous a servi, seigneur, de me nommer Corneille, Othon, I, 3
Rien ne lui servit de se défendre avec ses armes ordinaires, et de raconter des apologues : les Delphiens s'en moquèrent
La Fontaine, Vie d'Ésope.- Rien ne sert de courir : il faut partir à point La Fontaine, Fabl. VI, 10
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En ce sens, servir prend de avec rien, peu, beaucoup, guère, quoi.
Si bien Que tous mes froids dédains n'y servirent de rien
Régnier, Dial.- Hélas ! de quoi me sert ce dessein salutaire ? Corneille, Héracl. I, 1
- L'un fait beaucoup de bruit qui ne lui sert de guère Molière, Éc. des f. I, 1
Qui dit suffisant, marque tout ce qui est nécessaire pour agir, et il servirait de peu aux dominicains de s'écrier qu'ils donnent un autre sens au mot de suffisant
Pascal, Prov. IILes paroles servent de peu quand il s'agit de prouver
Mme de Sévigné, 19 janv. 1674Il ne sert de rien à l'homme de gagner le monde entier, s'il vient à perdre son âme
Massillon, Avent, Bonh. des justes.Les titres ne servent de rien pour la postérité
Voltaire, Louis XIV, 13
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Cela sert comme un cautère, comme un emplâtre sur une jambe de bois, comme une cinquième roue à un carrosse, cela est tout à fait inutile.
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25Servir à, être destiné à tel usage, être propre à.
Les juges que leurs artifices faisaient redouter furent sans crédit : leur nom ne servit qu'à rendre la justice plus attentive
Bossuet, le Tellier.Je me souviens qu'il nous ravissait en nous racontant comme en Catalogne, dans les lieux où ce fameux capitaine [César], par l'avantage des postes, contraignit cinq légions romaines et deux chefs expérimentés à poser les armes sans combats, lui-même il avait été reconnaître les rivières et les montagnes qui servirent à ce grand dessein
Bossuet, Louis de Bourbon.S'il y a des choses que l'on doive ignorer, ce sont celles qui ne servent à rien
Malebranche, Rech. vér. IV, 2Métophis m'envoya vers les montagnes du désert d'Oasis avec ses esclaves, afin que je servisse avec eux à conduire ses grands troupeaux
Fénelon, Tél. IILes mémoires pour servir à l'histoire de Louis XIV, qu'il [l'abbé de Choisy] avait aussi écrits dans ses moments de loisir, n'ont paru que depuis sa mort
D'Alembert, Éloges, l'abbé de Choisy.
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On a dit aussi servir pour.
J'imite les Romains ....à qui l'on permettait.... de reprendre et de dire Ce qu'ils pensaient servir pour le bien de l'empire
Régnier, Sat. I
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26Absolument, être utile, avec un nom de chose pour sujet.
- Ma foi, le jugement sert bien dans la lecture Boileau, Sat. III
- Tout ce qui dut servir s'est tourné contre nous Voltaire, Oreste, V, 6
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27Être d'usage. Ces gants ne peuvent plus me servir.
- L'anneau qui lui servait est encore en tes mains Voltaire, Oreste, II, 1
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28Faire servir à, employer pour un but, pour un résultat.
Vous voyez combien cette bulle est dangereuse, par la fin où l'on veut la faire servir
Pascal, Prov. XIX.Par l'effet du même transport qui vous fait parler aux hommes de vos prétentions, vous en venez encore parler à Dieu, pour faire servir le ciel et la terre à vos intérêts
Bossuet, Mar.-Thér.Ils font servir à leurs convoitises les biens qu'ils ont reçus pour exercer leur charité
Fléchier, Duch. d'Aiguillon.Ils [les dieux] ont fait servir Achille à abattre les murs de Troie
Fénelon, Tél. XIX.Il [saint Augustin] veut qu'on fasse servir l'éloquence humaine à la parole de Dieu, et non qu'on rende la parole de Dieu esclave de l'éloquence humaine
Rollin, Traité des Ét. IV, 2Le dernier degré de la perversité est de faire servir les lois à l'injustice
Voltaire, Dict. phil. Criminel.
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29Terme de marine. Faire servir, faire fonctionner telle voile qui ne fonctionnait pas, de manière qu'elle serve au navire pour sa route ou pour une évolution.
Tout cela fut exécuté avec tant de diligence et si à propos, que les ennemis n'étaient qu'à deux portées de canon de moi, lorsque je commençai à faire servir
Rapport de J. Bart, 5 juill. 1696, dans JAL
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30Se servir, v. réfl. Faire pour soi ce qu'on pourrait faire faire à un domestique.
Ils [Charles XII et ses compagnons chez les Turcs] se servaient eux-mêmes ; et ce fut le chancelier Mullern qui fit pendant tout ce temps la fonction de cuisinier
Voltaire, Charles XII, 7
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31Prendre de ce qui est sur la table. Servez-vous, point de façons.
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32Faire usage de.
Dieu, qui emploie toutes choses à ses fins cachées, s'est servi autrefois des chastes attraits de deux saintes héroïnes pour délivrer ses fidèles de leurs ennemis
Bossuet, Reine d'Anglet.Ne puis-je pas dire, pour me servir des paroles fortes du plus grave des historiens, qu'elle allait être précipitée dans la gloire ?
Bossuet, Duch. d'Orl.- Grâces à mon amour, je me suis bien servieDu pouvoir qu'Amurat me donna sur sa vie Racine, Bajaz. I, 3
Je veux l'avancer, dites-vous : comblez-le de biens, surchargez-le de terres, de titres et de possessions ; servez-vous du temps ; nous vivons dans un siècle où elles lui feront plus d'honneur que la vertu
La Bruyère, IIÉgalement capables de se servir de la fortune et de l'attendre
Montesquieu, Rom. V
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Il se dit aussi des personnes qu'on emploie. Il se sert depuis longtemps de ce tailleur.
- Je viens remercier et mon père et mon roiD'avoir eu la bonté de s'y servir de moi Corneille, Nicom. II, 2
Ils [les Romains] se servirent d'Eumènes et de Massinisse pour subjuguer Philippe et Antiochus, comme ils s'étaient servis des Latins et des Herniques pour subjuguer les Volsques et les Toscans
Montesquieu, Rom. VIÔ puissant Orosmade, vous vous servez de moi pour consoler cet homme ; de qui vous servirez-vous pour me consoler ?
Voltaire, Zadig, 17
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Se servir d'une chose à, s'en servir pour tel usage.
Je ne puis fermer les mains ; mais je les remue, et m'en sers à toutes choses
Mme de Sévigné, 8 juillet 1676
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33Se servir chez un marchand, avoir l'habitude d'acheter chez lui.
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34Se rendre service à soi-même.
Ma situation est singulière ; je sers les autres, et je ne me sers pas moi-même
Voltaire, Lett. d'Argental, 14 sept. 1773
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Se rendre service l'un à l'autre.
Ces femmes ont toutes des relations les unes avec les autres, et forment une espèce de république dont les membres, toujours actifs, se secourent et se servent mutuellement
Montesquieu, Lett. pers. 107
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35Se servir, être mis, servi sur table. Ce plat se sert sur les meilleures tables.
Proverbes
Il n'y a qu'un mot qui serve
, signifie : ou bien décidez-vous, dites-moi votre dernier mot, ou bien : je vous ai dit mon dernier mot. On n'est jamais si bien servi que par soi-même
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Étymologie
Bourguig. sarvi ; Berry, sarvir ; wallon, siervi ; provenç. servir, sirvir ; espagn. servir ; ital. servire ; du lat. servire.