Pléthore de mots bien,
un seul est le mot juste.

sœur dans le Littré

1 article· 21 citations· rimes· synonymes

sœur s. f. (seur)

  1. 1Fille née du même père et de la même mère qu'une autre personne, ou née de l'un des deux seulement.

    • Les habitants de ce pays-là lui demandant [à Isaac] qui était Rébecca, il leur répondit : c'est ma sœur Saci, Bible, Genèse, XXVI, 7
    • Jamais sœurs ne furent unies par des liens ni si doux ni si puissants Bossuet, Anne de Gonz.
    • La princesse Palatine s'ôta tout pour soulager une sœur qui ne l'aimait pas Bossuet, ib.
    • Elle vous plaint, vous voit avec des yeux de sœur Racine, Iph. II, 1
    • Fig. Être sœur, avoir en commun quelque chose.

    • Sœur de père et de mère, ou sœur germaine, celle qui est née de même père et de même mère qu'une autre personne.

    • Sœur de père ou sœur consanguine, celle qui n'est sœur que du côté paternel.

    • Sœur de mère ou sœur utérine, celle qui n'est sœur que du côté maternel.

    • Les expressions sœur germaine, sœur consanguine et sœur utérine ne s'emploient guère qu'en jurisprudence.

    • Demi-sœur, celle qui n'est sœur que du côté paternel ou du côté maternel.

    • Sœur naturelle ou sœur bâtarde, celle qui est née de même père ou de même mère, mais hors du mariage.

    • Belle-sœur, voy. ce mot à son rang alphabétique.

    • Sœur de lait, fille qui a eu la même nourrice qu'une autre personne.

      • J'ai l'honneur d'être le fils du père nourricier de madame de.... (il me nomma la femme du ministre) ; ainsi elle est ma sœur de lait, rien que cela Marivaux, Marianne, 6e part.
    • Se dit des animaux. Ma chienne est la sœur de la vôtre.

  2. 2Poétiquement. Les neuf Sœurs, les Muses.

    • Les sœurs filandières, les Parques (voy. FILANDIÈRE).

  3. 3Nom qui fut longtemps donné aux chrétiennes par tous les membres de la chrétienté.

    • Sœur en Jésus-Christ, se dit des femmes chrétiennes par rapport au Père qui est au ciel.

  4. 4Titre que les rois de la chrétienté donnent aux reines en leur écrivant.

  5. 5Il se dit, dans le langage élevé, de filles, de femmes qui vivent ensemble, sans être unies par les liens du sang.

    • Nom que les religieuses qui ne sont point en charge ou qui n'ont point atteint un certain âge, prennent dans les actes publics, se donnent entre elles, et qu'on leur donne en leur parlant ou en parlant d'elles. La sœur Thérèse. Sœur Marie de l'Incarnation.

      • Vous m'étonnez de Pauline ; ah ! ma fille, gardez-la auprès de vous ; ne croyez point qu'un couvent puisse redresser une éducation ni sur le sujet de la religion que nos sœurs ne savent guère, ni sur les autres choses Mme de Sévigné, 510
    • Sœur colette ou collette, religieuse de l'ordre de Sainte-Claire.

    • Fig. et familièrement. Faire la sœur collette, faire la sucrée, avoir des manières, un langage affecté.

      • Nous rîmes fort de ses manières passées ; nous les tournâmes en ridicule ; elle n'a point le style des sœurs colettes ; elle parle fort sincèrement et fort agréablement de son état Mme de Sévigné, 183
    • Sœurs laies, et, plus ordinairement, sœurs converses, les religieuses qui ne sont pas du chœur, qui ne sont employées qu'aux œuvres serviles du monastère.

    • Sœur écoute, religieuse désignée pour accompagner une autre religieuse ou une pensionnaire qui va au parloir.

  6. 6Nom donné à certaines filles qui vivent en communauté sans être religieuses.

    • Sœurs grises, nom qu'on a donné quelquefois aux sœurs hospitalières du tiers ordre de Saint-François.

      • La sœur grise court administrer l'indigent dans sa chaumière Chateaubriand, Génie, IV, III, 6
    • Sœurs du pot, filles qui vivent en communauté et qui soignent les malades.

    • Fig.

      • Mme la duchesse d'Aiguillon, la sœur du pot des philosophes Voltaire, Lett. Thiriot, 27 févr. 1755
  7. 7Fig. Il se dit de choses assez liées ensemble pour qu'on les assimile à des sœurs.

  8. 8Fig. Il se dit de choses (du genre féminin) qui se répètent.

  9. 9

    • Le bouillon des deux sœurs, un lavement SAUMAIZE, Dict. des Préc. t. II, p. 51
    • Dans le Berry, tomber sur ses deux sœurs, tomber sur son séant.

Étymologie

Bourg. soeu ; provenç. sor, seror ; espagn. sor ; portug. sor, sorore ; ital. sorore ; du lat. sororem ; comparez l'allem. Schwester ; angl. sister ; goth. swista ; sanscrit, svasri. Dans l'ancien français, suer (prononcez sœur) est le nominatif, du lat. sóror, avec l'accent sur so ; seror est le régime, de sorórem avec l'accent sur ró ; contre l'habitude, c'est le nominatif, et non le régime, qui est resté dans la langue moderne.

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, 1872-1877 · cliquer un vers pour le scander