Pléthore de mots bien,
un seul est le mot juste.

superbe dans le Littré

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1superbe adj. (su-pèr-b')

  1. 1Qui est orgueilleux, d'un orgueil qui apparaît dans l'air et l'extérieur.

    • Substantivement.

      • Le superbe sera trompé, et il ne demeurera point dans son éclat, parce que ses désirs sont vastes comme l'enfer Saci, Bible, Habacuc, II, 5
      • Elle [la religion chrétienne] élève le peuple à l'intérieur, et abaisse les superbes à l'extérieur, et n'est pas parfaite sans les deux Pascal, Pens. XI, 3, éd. HAVET.
      • Le superbe est un homme riche et puissant, qui a un grand équipage, qui mesure sa grandeur par celle de son train, et sa force par celle des chevaux qui tirent son carrosse Malebranche, Rech. vér. v, 7
      • Athalie : Que vous dit cette loi ? - Joas : Que Dieu veut être aimé.... Qu'il résiste au superbe et punit l'homicide Racine, Athal. II, 7
  2. 2Qui a le caractère de la superbe, de l'orgueil.

  3. 3Il se dit des animaux qui semblent orgueilleux de leur force.

  4. 4Terme d'anatomie. Le muscle superbe, le muscle droit supérieur, ou releveur de l'œil, qui entre en action lorsque cet organe exprime l'orgueil.

  5. 5Il se dit des grands monuments dont la hauteur semble être un orgueil.

  6. 6Beau, grand, magnifique, riche, somptueux. Une forêt superbe.

    • Il se dit aussi des hommes en ce sens. C'est un homme superbe en habits, en bâtiments, en équipages.

    • Un homme superbe, un très bel homme.

    • Ironiquement et familièrement. Vous êtes superbe, vous avez des idées singulières, bizarres.

  7. 7En parlant des ouvrages d'esprit, très beau. Un superbe discours. Un ouvrage superbe.

  8. 8Il se dit de la magnificence du temps, du ciel. Il fait un temps superbe.

  9. 9S. f. La superbe, espèce de liliacée, lilium superbum, L.

Étymologie

Ital. superbo ; du lat superbus, de super, sur, et le suffixe bus (comparez acer-bus, mor-bus, etc.), qui répond au radical sanscrit bhû, être, lat. fui, grec, φύω, qui est au-dessus.

2superbe s. f. (su-pèr-b')

  1. Orgueil avec faste et vaine gloire.

    • Assez et trop longtemps l'arrogance de Rome A cru qu'être Romain c'était être plus qu'homme ; Abattons sa superbe avec sa liberté Corneille, Pomp. I, 1
    • Si l'on ne se connaît plein de superbe, d'ambition, de concupiscence, de misère et d'injustice, on est bien aveugle Pascal, Pens. XI, 11, éd. HAVET
    • Il faut que l'extérieur soit joint à l'intérieur.... c'est-à-dire que l'on se mette à genoux, prie des lèvres.... attendre de cet extérieur le secours est superstition ; ne vouloir pas le joindre à l'intérieur est superbe Pascal, ib. XI, 3 bis.
    • Le lieu propre à la superbe est la sagesse ; car on ne peut accorder à un homme qu'il s'est rendu sage, et qu'il a tort d'être glorieux Pascal, ib. XXV, 181
    • Cependant de superbe elle a le cœur bouffi Thomas Corneille, Comt. d'Org. IV, 6
    • Hé ! mes amis, un peu moins de superbe J.-B. Rousseau, Épît. I, 3
    • Un curé osa lui dire publiquement qu'il avait trois filles qui seraient causes de sa perte, la superbe, l'avarice et l'impureté : Hé bien, il faut s'en défaire, répondit Richard ; je donne la superbe aux Templiers, l'avarice aux moines de Cîteaux, et l'impureté aux prélats de mon royaume MILLOT, Hist. de France, Philippe Auguste, année 1198

Remarque

Balzac et Vaugelas condamnaient superbe ; l'Académie, dans ses Observations sur Vaugelas, le borne aux matières de dévotion ; et Voltaire le rejette de la poésie noble. Mais il a triomphé de ces condamnations.

Étymologie

Provenç. superbia ; espagn. soberbia ; ital. superbia ; du lat. superbia, de superbus (voy. SUPERBE 1).

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, 1872-1877 · cliquer un vers pour le scander