1superbe adj. (su-pèr-b')
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1Qui est orgueilleux, d'un orgueil qui apparaît dans l'air et l'extérieur.
En accordant à un homme qu'il est savant, on ne laissera pas de le convaincre qu'il a tort d'être superbe
Pascal, Pens. XXV, 181, éd. HAVET.Le plus parfait de tous [les anges déchus] qui avait été aussi le plus superbe, se trouva le plus malfaisant, comme le plus malheureux
Bossuet, Hist. II, 1Les esprits superbes qui veulent se faire un nom, qui adorent les inventions de leur esprit
Bossuet, 2e instr. past. 131Sapor, qui savait être humble et superbe selon les temps, s'arrêta dès qu'il eut appris que l'armée de l'empire approchait
Fléchier, Hist. de Théod. II, 65Dans un des parvis aux hommes réservé Cette femme superbe entre le front levé
Racine, Ath. II, 2- Je vois Iphigénie entre les bras d'un père ;Elle fait tout l'orgueil d'une superbe mère Racine, Iphig. II, 1
Les hommes qui sont superbes les uns aux autres, se résistent aussi sans cesse
Fénelon, t. XVII, p. 379J'étais superbe de mon amour même, et le tien me faisait respecter ici
Montesquieu, Lett. pers. 157- Ne sais-tu pas encore, homme faible et superbe,Que l'insecte insensible enseveli sous l'herbeEt l'aigle impérieux qui plane au haut du cielRentrent dans le néant aux yeux de l'Éternel ? Voltaire, Fanat. I, 4
Et que dirait le grand roi, le roi des honnêtes gens, Louis le superbe... ?
Paul-Louis Courier, Simple disc.
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Substantivement.
Le superbe sera trompé, et il ne demeurera point dans son éclat, parce que ses désirs sont vastes comme l'enfer
Saci, Bible, Habacuc, II, 5Elle [la religion chrétienne] élève le peuple à l'intérieur, et abaisse les superbes à l'extérieur, et n'est pas parfaite sans les deux
Pascal, Pens. XI, 3, éd. HAVET.Le superbe est un homme riche et puissant, qui a un grand équipage, qui mesure sa grandeur par celle de son train, et sa force par celle des chevaux qui tirent son carrosse
Malebranche, Rech. vér. v, 7Athalie : Que vous dit cette loi ? - Joas : Que Dieu veut être aimé.... Qu'il résiste au superbe et punit l'homicide
Racine, Athal. II, 7
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Il se prend quelquefois en bonne part.
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2Qui a le caractère de la superbe, de l'orgueil.
Alexandre reçut des lettres de Darius conçues en termes si superbes qu'il s'en offensa
Vaugelas, Q. C. IV, 1- Modeste en ma couleur, modeste en mon séjour,Franche d'ambition, je me cache sous l'herbe ;Mais, si sur votre front je puis me voir un jour,La plus humble des fleurs sera la plus superbe DESMARETS, Guirlande de Julie, la Violette
Des esprits ardents.... qui mêlant à la religion un chagrin superbe, une hardiesse indomptée et leur propre esprit, poussent tout à l'extrémité
Bossuet, Var. v, 1Ils vont tous ensemble se confondre dans un abîme où l'on ne reconnaît plus ni princes, ni rois, ni toutes ces autres qualités superbes qui distinguent les hommes
Bossuet, Duch. d'Orl.De quelque superbe distinction que se flattent les hommes, ils ont tous une même origine, et cette origine est petite
Bossuet, ib.Le prince part à ce premier mouvement ; déjà l'armée hollandaise, avec ses superbes étendards, ne lui échappera pas
Bossuet, Louis de Bourbon.- J'entrevois vos mépris, et juge à vos discoursCombien j'achèterais vos superbes secours Racine, Iphig. IV, 6
- Autant que de Joad l'inflexible rudesseDe leur superbe oreille offensait la mollesse,Autant je les charmais par ma dextérité Racine, Athal. III, 3
Mes moindres actions, toujours superbes, étaient pour Marius de funestes présages
Montesquieu, Sylla et Eucrate.Il en avait marqué un superbe dépit
Marmontel, Mém. VII- Loin du superbe ennui que l'éclat environne André Chénier, Élég I, 4
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3Il se dit des animaux qui semblent orgueilleux de leur force.
Cependant un sanglier, monstre énorme et superbe, Tente encor notre archer....
La Fontaine, Fabl. VIII, 27- Ses superbes coursiers, qu'on voyait autrefois,Pleins d'une ardeur si noble, obéir à sa voix Racine, Phèdre, v, 6
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4Terme d'anatomie. Le muscle superbe, le muscle droit supérieur, ou releveur de l'œil, qui entre en action lorsque cet organe exprime l'orgueil.
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5Il se dit des grands monuments dont la hauteur semble être un orgueil.
- L'arche qui fit tomber tant de superbes tours Racine, Athal. v, 1
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6Beau, grand, magnifique, riche, somptueux. Une forêt superbe.
Encore que la vanité tâche, en quelque sorte, d'en couvrir la honte [de la mort] par les honneurs de la sépulture, il se voit peu d'hommes assez insensés pour se consoler de leur mort par l'espérance d'un superbe tombeau
Bossuet, Gornay.- Tous mes sots, à l'instant changeant de contenance,Ont loué du festin la superbe ordonnance Boileau, Sat. III
- Je songe quelle était autrefois cette villeSi superbe en remparts, en héros si fertile Racine, Andr. I, 2
- Souvent ce cabinet superbe et solitaireDes secrets de Titus est le dépositaire Racine, Bérén. I, 1
- C'est donc ici d'Esther le superbe jardin Racine, Esth. III, 1
Meudon, extrêmement superbe par les millions que M. de Louvois y avait enfouis
Saint-Simon, 28, 73
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Il se dit aussi des hommes en ce sens. C'est un homme superbe en habits, en bâtiments, en équipages.
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Un homme superbe, un très bel homme.
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Ironiquement et familièrement. Vous êtes superbe, vous avez des idées singulières, bizarres.
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7En parlant des ouvrages d'esprit, très beau. Un superbe discours. Un ouvrage superbe.
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8Il se dit de la magnificence du temps, du ciel. Il fait un temps superbe.
- Figaro : Comment trouvez-vous cette nuit ? -Le comte : Superbe pour un amant Beaumarchais, Barb. de Sév. IV, 5
- Oh oui ! la terre est belle et le ciel est superbe Victor Hugo, Crépusc. 28
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9S. f. La superbe, espèce de liliacée, lilium superbum, L.
Étymologie
Ital. superbo ; du lat superbus, de super, sur, et le suffixe bus (comparez acer-bus, mor-bus, etc.), qui répond au radical sanscrit bhû, être, lat. fui, grec, φύω, qui est au-dessus.