temps s. m. (tan ; l's se lie : un tan-z agréable ; au XVIe siècle, on prononçait tan, PALSGRAVE, p. 24)
-
1La durée des choses, en tant qu'elle est mesurée ou mesurable ; cette mesure est marquée surtout par le mouvement et la révolution apparente du soleil.
- Le temps assez souvent a rendu légitimeCe qui semblait d'abord ne se pouvoir sans crime Corneille, Cid, v, 8
Encore un peu de temps, et vous ne me verrez plus ; et encore un peu de temps, et vous me verrez
Saci, Bible, Év. St Jean, XVI, 16- Le temps marche toujours ; ni force ni prière,Sacrifices ni vœux n'allongent la carrière La Fontaine, Poésies mêlées, LXIX.
- Patience et longueur de tempsFont plus que force ni que rage La Fontaine, Fabl. II, 11
- Au reste vous saurezQue je n'ai demeuré qu'un quart d'heure à le faire. -Voyons, monsieur, le temps ne fait rien à l'affaire Molière, Mis. I, 2
Si on pouvait avoir un peu de patience, on épargnerait bien du chagrin ; le temps en ôte autant qu'il en donne ; vous savez que nous le trouvons un vrai brouillon, mettant, remettant, rangeant, dérangeant, imprimant, effaçant, approchant, éloignant, et rendant toutes choses bonnes et mauvaises, et quasi toujours méconnaissables
Mme de Sévigné, 24 nov. 1675Pour Mme de la Fayette, le temps, qui est si bon aux autres [qui console], augmente et augmentera sa tristesse
Mme de Sévigné, 414Il abrège le temps des périls par la vigueur de ses attaques
Bossuet, Louis de Bourbon- Madame, de ces maux à qui la raison cède,Le temps, qui calme tout, est l'unique remède Thomas Corneille, Ariane, III, 2
- Hâtons-nous ; le temps fuit, et nous traîne après soi ;Le moment où je parle est déjà loin de moi Boileau, Épît. III
- Il n'est point de secrets que le temps ne révèle Racine, Brit. IV, 4
On dit que le temps est le seul bon juge ; mais le temps ne décide que d'après des gens comme vous
Voltaire, Lett. Cideville, 20 mars 1765Le grand ouvrier de la nature est le temps ; comme il marche toujours d'un pas égal, uniforme et réglé, il ne fait rien par sauts
Buffon, Quadrup. t. II, p. 8Les grands animaux vivent plus longtemps que les petits, parce qu'ils sont plus de temps à croître
Buffon, De la vieillesse et de la mortLe temps instruit le temps
Delille, Trois règn. VIII- Ô temps, être inconnu que l'âme seule embrasse,Invisible torrent des siècles et des jours THOMAS, Ode au temps.
- Ce temps qui les donna, ce temps qui les effaceNe nous les rendra plus ! Lamartine, le Lac.
-
Le temps dévore tout, à la longue tout se détruit.
-
Le temps lui dure, il lui semble que le temps passe lentement, il a hâte de.
Je dis à l'un : vous vous ennuyez ; et à l'autre : le temps ne vous dure guère
Pascal, Pens. VII, 5, éd. HAVET.
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Poétiquement.
- Sur les ailes du temps la tristesse s'envole ;Le temps ramène les plaisirs La Fontaine, Fabl. VI, 21
- Ses soins ne purent faireQu'elle échappât au temps, cet insigne larron La Fontaine, ib. VII, 5
- J'espérais que du temps la main tardive et sûreJustifierait les dieux en vengeant leur injure Voltaire, Mérope, v, 5
-
Par trait de temps, à la longue.
Peut-être par trait de temps pourrait-il s'apaiser
J.-J. Rousseau, Prom. 1
-
Laps de temps, voy. LAPS.
-
2Le temps, suivant les points de vue philosophiques. Suivant Leibnitz le temps est l'ordre des existences successives. On l'a aussi défini : Idée qui résulte en nous de la comparaison entre l'état successif et celui de coexistence, états dont la mémoire nous donne le sentiment, en retraçant à notre esprit l'ordre et la succession des impressions physiques et morales que nous avons éprouvées, longtemps après que les événements qui les avaient produites ont cessé d'être.
Il y a bien de différentes opinions touchant l'essence du temps : les uns disent que c'est le mouvement, d'une chose créée ; les autres, la mesure du mouvement
Pascal, Espr. géom. ITout mon être dépendant du temps, dont la nature est de n'être jamais que dans un moment qui s'enfuit d'une course précipitée et irrévocable
Bossuet, Yol. de Monterby.Le temps n'ayant d'autre mesure que la succession de nos idées
Buffon, De la vieillesse et de la mort.Le temps est le calcul du mouvement relatif à la priorité et à la postériorité
Diderot, Opin. des anc. philos. (péripatéticienne philos.). Nous n'en savons pas davantage sur le temps, nous ne jugeons de la durée que par la succession de nos idées ; mais cette succession n'a rien de fixe
Condillac, Art de rais. II, 1Un temps est une portion de durée mesurée ; l'idée de temps est donc formée de l'idée déjà abstraite et générale de durée, combinée avec celle de mouvement
DESTUTT-TRACY, Instit. Mém scienc. mor. et pol. t. I, p. 213Le temps est pour nous l'impression que laisse dans la mémoire une suite d'événements dont nous sommes certains que l'existence a été successive
LAPLACE, Exp. I, 3
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3La durée bornée, par opposition à éternité.
Ne soyons point honteux de l'objet de notre adoration [Jésus] ; nous adorons un enfant ; mais cet enfant est plus ancien que le temps ; il se trouva à la naissance des choses
Guez de Balzac, Socr. chrét. IIl n'est plus sur terre ; il n'y a plus de temps pour lui, il jouit de l'éternité
Mme de Sévigné, 483Que si le temps mesuré au temps, la mesure à la mesure, et le terme au terme se réduit à rien, que sera-ce si l'on compare le temps à l'éternité, où il n'y a ni mesure ni terme ?
Bossuet, Duch. d'Orl.Ô mort, où est ta victoire ? ta main avare n'a rien enlevé à cette vertueuse abbesse, parce que ton domaine n'est que sur le temps
Bossuet, ib.Fils de Dieu dans l'éternité, Fils d'Abraham dans le temps
Bossuet, Hist. I, 10Le temps a commencé selon qu'il vous a plu [vous, Dieu] ; et vous en avez fait le commencement tel qu'il vous a plu, comme vous en avez fait la suite et la succession, que vous ne cessez de développer du centre immuable de votre éternité
Bossuet, Élévat. sur les myst. III, 3- Son empire a des temps précédé la naissance Racine, Ath. I, 4
Dieu n'a dû produire le monde que dans le temps
Fénelon, t. III, p. 4Il a élevé votre ennemi dans le temps, pour vous sauver dans l'éternité
Massillon, Carême, Pardon.Si l'homme, comme la bête, n'est fait que pour le temps
Massillon, Carême, Vérité d'un avenir.- Le temps, cette image mobileDe l'immobile éternité J.-B. Rousseau, Odes, III, 2
L'immobilité des êtres, la solitude d'un lieu, son silence profond, suspendent le temps ; il n'y en a plus, rien ne le mesure ; l'homme devient comme éternel
Diderot, Salon de 1767, Œuv. t. XIV, p. 187, dans POUGENSIl [Dieu] dit au mouvement : du temps sois la mesure ; Il dit à la nature : Le temps sera pour vous, l'éternité pour moi
THOMAS, Ode sur le temps.- Gloire à toi, dans les temps et dans l'éternité,Éternelle raison, suprême volonté ! Lamartine, Méd. I, 2
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Avant tous les temps, avant les temps, avant le temps, avant la création du monde.
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4Il se dit des intervalles de quelques cosmogonies.
Le premier Zoroastre fit créer l'univers en six temps ; ces six temps, qui n'étaient pas égaux, composèrent une année de 365 jours
Voltaire, Phil. Bible expl. Gen. note g.
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5Un temps, un certain espace de temps. Cela n'a qu'un temps, se dit d'une chose qui ne dure que fort peu.
- Comme l'âme se meut un temps en sa prison Régnier, Sat. III
- Valère, enfin, pour être un amant rebuté,Montre depuis un temps trop de tranquillité Molière, le Dép I, 1
- Il cache un temps sa passion à l'objet aimé Molière, Préc. 5
Que ne puis-je vous dire enfin ce que vous sauriez mieux que moi, si la douleur de l'avoir perdue ne vous faisait oublier pour un temps le plaisir que vous avez eu de la posséder ?
Fléchier, Duch. de Mont.- Vous pourrez voir, un temps, vos écrits estimésCourir de main en main par la ville semés Boileau, Sat. IX
Il faut savoir mettre un temps entre les affaires et la mort, et n'imiter ni le cardinal de Fleury ni le maréchal de Belle-Isle
Voltaire, Lett. d'Argental, 31 mai 1762- Toute âme est sœur d'une âme ;Le monde peut en vain un temps les séparer,Leur destin tôt ou tard est de se rencontrer Lamartine, Joc. III, 101
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Du temps, pendant un certain temps.
Ces peuples s'entre-détruisirent : cela fit que l'empire d'Orient subsista encore du temps
Montesquieu, Rom. 20
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Quelque temps, pendant un peu de temps.
J'y fus [j'y allai], à quelque temps de là
Pascal, Lett. à Jacqueline, 26 janv. 1648Ils furent quelque temps saisis, muets, immobiles
Fléchier, Turenne.
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Le long temps, un long intervalle de temps.
Par un long temps et une lâche flatterie il [Curtius Rufus] obtint le consulat
PERROT D'ABLANCOURT, Tacite, 324- Son père peut venir, quelque long temps qu'il tarde Corneille, Ment. II, 2
- On doit se regarder soi-même un fort long temps,Avant que de songer à condamner les gens Molière, Mis. III, 9
Assiégée durant un long temps sans sentir aucune incommodité, elle [Babylone] se rit de ses ennemis et des fossés que Cyrus creusait autour d'elle
Bossuet, Hist. II, 4Il faut un long temps pour se procurer une marine redoutable
Voltaire, Louis XV, 28Il passait de longs temps à considérer l'horizon, à se tenir sous les arbres
SAINTE-BEUVE, Causeries, 9 février 1856
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Avec le temps, au bout d'un certain temps.
- Vous m'en pourrez instruire avec le temps ;Avec le temps aussi vous pourrez me connaître Racine, Bajaz. III, 2
Nous verrons avec le temps
BERN. DE ST-PIERRE, Paul et Virg.
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Après le temps, s'est dit pour : au bout d'un certain laps de temps.
Ce n'est qu'après le temps, et après qu'on est initié au jargon d'une ville, qu'on sait enfin que monsieur B.... est publiquement depuis vingt années le mari de madame L....
La Bruyère, III
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6Terme de mécanique. Le temps, les temps, la durée qu'un phénomène exige pour s'accomplir.
Sans connaître la cause de la pesanteur, nous apprenons par l'expérience que les espaces décrits par un corps qui tombe sont entre eux comme le carré des temps
D'Alembert, Œuv. t. XIV, p. 213
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7Terme d'astronomie. Temps solaire, temps réglé sur le mouvement du soleil.
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Temps sidéral, temps réglé sur le mouvement de la sphère céleste.
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Temps solaire vrai ou temps vrai, temps évalué au moyen de l'intervalle compris entre deux passages successifs du centre du soleil au même méridien.
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Temps solaire moyen ou temps moyen, temps réglé sur la marche d'un soleil fictif qui se meut uniformément dans le plan de l'équateur, et qui passe à l'équinoxe en même temps qu'un autre soleil fictif animé d'un mouvement uniforme dans le plan de l'écliptique et passant au périgée et à l'apogée en même temps que le soleil vrai.
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Temps astronomique, temps subdivisé en 24 heures qui se comptent d'un midi à l'autre.
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Temps civil, temps divisé en deux périodes de 12 heures chacune, dont l'origine est à minuit.
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Temps périodique, temps qu'un corps céleste emploie à faire une révolution entière autour d'un point, et, plus particulièrement, le temps qu'emploie une planète à parcourir son orbite entière.
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8Le Temps (avec une majuscule), divinité païenne qu'on représente sous la figure d'un vieillard ailé, tenant une faux à la main.
- Bientôt ils défendront de peindre la Prudence,De figurer aux yeux la Guerre au front d'airain,Ou le Temps qui s'enfuit une horloge à la main Boileau, Art p. III
- Et d'ailes et de faux dépouillé désormais,Sur les mondes détruits le Temps dort immobile GILBERT, le Jugem. dern.
- Près de la beauté que j'adoreJe me croyais égal aux dieux,Quand au bruit de l'airain sonoreLe Temps apparut à nos yeux Béranger, le Temps.
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9Particulièrement, succession des jours, des heures, des moments, considérée par rapport aux travaux, aux occupations.
- Et la perte du temps ne se répare plus MAIRET, Sophon. II, 4
- Le temps est un trésor plus grand qu'on ne peut croire Corneille, Rodog. II, 2
Je vous conjure de prendre le temps de....
Bossuet, Lett. 159Les conseils où il assistait lui laissaient presque tout son temps
Bossuet, le Tellier.- Les chagrins qu'il me causeM'occuperont assez tout le temps qu'il repose Racine, Brit. I, 1
Vous nous aviez laissé espérer.... que Marseille partagerait avec Aix les temps qu'il vous est libre de donner à l'une ou à l'autre de ces deux belles villes
Mme DE GRIGNAN, dans SÉV. t. x, p. 557, éd. RÉGNIERCeux qui emploient mal leur temps sont les premiers à se plaindre de sa brièveté
La Bruyère, XIILe temps bien ménagé est beaucoup plus long que n'imaginent ceux qui ne savent guère que le perdre
Fontenelle, Marsigli.Il [Lémery] a bien fait voir que qui ne perd point de temps en a beaucoup
Fontenelle, Lémery.J'ai tout mon temps à moi : je griffonne des histoires, je songe à des tragédies, et, quand je ne souffre pas, je suis heureux
Voltaire, Lett. d'Argental, 6 fév. 1757- Le temps est assez long pour quiconque en profite ;Qui travaille et qui pense en étend la limite Voltaire, 6e disc.
Le temps nous pressait ; j'écrivis très rapidement le poëme
Marmontel, Mém. x.- Le bonheur de la vie est dans l'emploi du temps ST-LAMBERT, Saisons, hiver.
-
Une heure de temps, deux heures de temps.
En vérité tout cela mériterait bien que l'on donnât vingt-quatre heures de son temps à le voir
Fontenelle, les Mondes, 1er soir.
-
Prendre le temps de quelqu'un, lui dérober son temps, l'empêcher de travailler.
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Perdre temps, et, plus habituellement, perdre le temps, perdre son temps, faire de vains efforts, perdre sa peine.
- Tu perds temps de me secourir,Puisque je ne veux point guérir Malherbe, V, 18
- Monsieur, j'ai perdu temps, votre homme se dédit Molière, l'Ét. III, 2
Quand ils l'ont voulu faire, ils y ont perdu leur temps
Pascal, Prov. v.Le marquis de Torci, suppliant dans la Haye au nom de Louis XIV, s'adressa au prince Eugène et au duc de Marlborough, après avoir perdu son temps avec Heinsius
Voltaire, Louis XIV, 21
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Perdre le temps, perdre son temps, ne rien faire ou faire des choses inutiles.
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Ne pas perdre temps, ne pas perdre de temps, faire sans aucun retard.
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Je n'ai pas de temps à perdre, je n'ai pas de temps à employer inutilement.
Ce qui me fâche, c'est que je n'ai point de temps à jeter
Mme de Sévigné, 23 mars 1689
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Je n'ai pas de temps à perdre pour arriver à tel endroit, je n'ai que le temps nécessaire pour ne pas y arriver trop tard.
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Il s'en va temps, il s'en allait temps, il est temps, il était temps.
Il s'en va temps que je reprenne Un peu de forces et d'haleine
La Fontaine, Fabl. Épilogue.
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Réparer le temps perdu, réparer la perte du temps, faire du temps un meilleur usage qu'on n'en a fait par le passé.
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Passer le temps, passer son temps à quelque chose, à faire quelque chose, l'y employer. Il passe son temps à jouer.
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Absolument. Passer le temps, se distraire en attendant l'heure marquée pour quelque chose.
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Familièrement. Passer bien le temps, son temps, se divertir.
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Passer mal le temps, son temps, s'ennuyer beaucoup, et fig. Être fort maltraité.
Que sûrement Stanislas finira comme Teucer, et que Pharès, évêque de Cracovie, passera mal son temps
Voltaire, Lett. d'Argental, 3 avril 1772Si des regards il [Furia] eût pu mordre, j'aurais mal passé mon temps
Paul-Louis Courier, Lett. à M. Renouard.
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Fig. Tuer le temps (voy. TUER).
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Couler le temps, laisser écouler le temps dans l'attente d'une occasion plus favorable.
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Pousser le temps avec l'épaule, différer l'exécution de quelque chose (voy. ÉPAULE, n° 1).
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10Bon temps, mauvais temps, le temps où l'on est bien, où l'on est mal.
Aidant au bon temps, supportant le mauvais
Beaumarchais, Barb. de Sév. I, 2- Nous n'avions pas le sou, mais nous étions contents ;Nous étions malheureux, c'était là le bon temps COL. D'HARLEV, Mes souvenirs
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Prendre du bon temps, se divertir.
- À d'austères devoirs le rang de femme engage,Et vous n'y montez pas, à ce que je prétends,Pour être libertine et prendre du bon temps Molière, Éc. des f. III, 2
- Alors, cher Cinéas, victorieux, contents,Nous pourrons rire à l'aise, et prendre du bon temps Boileau, Épît. I
Le duc d'York [plus tard Jacques II], ayant mis sa conscience en repos par la déclaration de son mariage, crut qu'il pouvait donner un peu de bon temps à son inconstance, en vertu de ce généreux effort
Hamilton, Gramm. 8Je me donne actuellement du bon temps, attendu que j'ai été à la mort, il y a quinze jours
Voltaire, Lett. Gaillard, 28 avril 1769
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Fig. Avoir bon temps, n'être pas réprimandé, grondé.
C'est à M. de Grignan que je m'en prends [d'avoir laissé Mme de Grignan s'embarquer sur le Rhône] ; le coadjuteur a bon temps : il n'a été grondé que pour la montagne de Tarare
Mme de Sévigné, 3 mars 1671
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11Terme préfix, durée limitée. Ses cheveux blanchissent avant le temps.
- Cet hymen différé ne rompt point une loi,Qui, sans marquer de temps, lui destine ta foi Corneille, Cid, v, 8
Dieu, qui fait tout en son temps
Bossuet, Hist, II, 4Nous ferons en son temps ce qu'il faudra
Bossuet, Lett. rel. 3- Peut-être avant le temps ce grand orgueil éclate Racine, Alex. III, 1
- Quel temps à mon exil, quel lieu prescrivez-vous ? Racine, Phèdre, IV, 2
Tout n'a qu'un temps chez les hommes
Voltaire, Louis XIV, 36
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Terme de droit. Temps légaux, tout ce qui est relatif aux prescriptions, déchéances, délais, dates, durées, âges requis par la loi.
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Terme d'eaux et forêts. Temps de coupe et de vidange, terme accordé à l'adjudicataire d'une vente pour couper et enlever les bois de cette coupe.
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Il a fait son temps, se dit d'un homme qui, après un long service, sort d'un emploi, et aussi d'un homme usé.
Je n'ai que vingt ans, Et, comme toi, je n'ai pas fait mon temps
La Fontaine, Mazet.- Je suis encor de mise et n'ai pas fait mon temps BOISSY, Impatient, III, 7
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Avoir fait son temps, se dit des choses hors d'usage. Le paganisme avait fait son temps.
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Cet habit a fait son temps, cet habit a été porté aussi longtemps qu'il pouvait l'être, il ne peut plus servir.
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Il a fait son temps, se dit d'un soldat qui a achevé son temps de service. Il se dit aussi d'un condamné à la détention, quand il a achevé la durée de sa peine.
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12Les siècles, les différents âges, les différentes époques. Les temps historiques. Les temps fabuleux.
Que ne peuvent, grand roi, tes hautes destinées Me rendre la vigueur de mes jeunes années ! Qu'ainsi qu'au temps du Cid je ferais de jaloux !
Corneille, Au roi sur son retour de FlandresEn ce temps-là il n'y avait point de roi dans Israël
Saci, Bible, Juges, XVII, 6Il y a des temps où la terre entière n'est qu'un théâtre de carnage, et ces temps sont trop fréquents
Voltaire, Mœurs, 26ö le bon temps que ce siècle de fer !
Voltaire, Mondain.Aigues-Mortes, qui est actuellement à plus d'une lieue et demie de la mer, était un port du temps de saint Louis
Buffon, Hist. nat. preuv. th. terr. Œuv. t. II, p. 435Dans tous les temps il y a eu la raison du peuple et la raison des sages ; dans tous les temps il y a eu le goût du vulgaire et le goût d'un monde plus cultivé
Marmontel, Œuv. t. x, p. 29
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Presser les temps, resserrer les dates, les espaces chronologiques.
Sans trop presser les temps, il est aisé de voir qu'elle [Jocaste] n'a pas plus de trente-cinq ans
Voltaire, Œdipe, lett. 5e.
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Les hauts temps, les temps reculés dans l'antiquité. Les hauts temps de l'ancien français, le XIe et le XIIe siècle.
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La nuit des temps, les siècles écoulés dans lesquels l'histoire se tait ou bien n'est qu'une vague tradition.
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L'abîme des temps, les siècles lointains dans lesquels tout se perd, tout s'oublie.
Les jours, les mois, les années s'enfoncent et se perdent sans retour dans l'abîme des temps
La Bruyère, XIII- .... L'âme des chrétiens, prête à quitter le corps,De l'abîme des temps voit déjà les deux bords Lamartine, Joc. v, 188
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En termes de l'Écriture sainte, dans la plénitude des temps, dans le temps auquel Jésus-Christ est venu accomplir les prophéties.
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À la consommation des temps, à la fin du monde.
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Dans le cours des temps, dans la suite des temps, dans un temps futur très éloigné.
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Le Livre des Temps, s'est dit des Paralipomènes.
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Au temps jadis, autrefois.
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Familièrement. Dans le temps, jadis, autrefois. Cela m'a coûté mille francs dans le temps.
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Au temps, du temps que les bêtes parlaient, dans le temps des choses fabuleuses.
- Du temps que les bêtes parlaient La Fontaine, Fabl. IV, 1
-
Populairement. Du temps du roi Guillemot, du roi Dagobert, du temps qu'on se mouchait sur sa manche, se dit pour marquer des siècles éloignés, des siècles grossiers.
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13Le bon temps, le vieux temps, le temps de nos pères.
- C'est l'amour du vieux temps, il n'est plus à la mode Thomas Corneille, l'Amour à la mode, IV, 1
- Tu sais que d'un peu de bêtiseLe bon vieux temps est accusé ;Mais dans ce siècle plus ruséJ'ai grand regret à la franchiseDe l'âge d'or si méprisé BERNIS, Épît. VIII
Le dîner, après la toilette, fut animé d'une gaieté du bon vieux temps
Marmontel, Mém. x.- Chez vous, Français, nul bûcher n'est dressé,On ne rompt plus : le bon temps est passé M. J. CHÉN., Épigr. 8
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Par ironie, être du bon temps, être crédule, arriéré, etc.
Pour une jeune déesse, vous êtes bien du bon temps !
Molière, Amph. Prologue.
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14Il se dit des différents âges de la vie.
La Providence nous conduit avec tant de bonté dans tous ces temps de notre vie, que nous ne les sentons quasi pas ; cette pente va doucement, elle est imperceptible : c'est l'aiguille du cadran que nous ne voyons pas aller
Mme de Sévigné, Lett. au président de Moulceau, 27 janv. 1687Il y a des temps dans la vie où les forces épuisées demandent à ceux qui ont un peu d'honneur et de conscience de ne pas pousser les choses à l'extrémité
Mme de Sévigné, 20 sept. 1684Le redouté capitaine tombe au plus beau temps de sa vie
Bossuet, Anne de Gonz.Il n'y a personne qui, dans le cours de sa vie, n'ait quelques événements heureux, des temps ou des moments agréables
FONT., Du bonheur.
-
Le jeune temps, le temps de la jeunesse.
- .... Dans mon jeune temps, le suivant sur ces cimes,Mon pied comme mon œil se jouait des abîmes Lamartine, Jocel. II, 73
-
De vieux temps, depuis longtemps.
- Son père, de vieux temps, est grand ami du mien Corneille, le Ment. II, 3
-
De mon temps, alors que j'étais jeune.
Il me semble que de mon temps il y avait encore une espèce de générosité et de franchise dans les malices mêmes de l'envie
Mme de Maintenon, Lett. au duc de Noailles, 3 sept. 1710Il dit en voyant de fort belles pêches qu'on avait servies : de mon temps, les pêches étaient bien plus grosses qu'elles ne le sont à présent ; la nature s'affaiblit de jour en jour
Lesage, Gil Blas, IV, 7
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En son temps, pendant qu'il vivait.
- Ce fut un sot, en son temps, très insigne La Fontaine, Mandragore.
-
Le premier temps. le second temps, le bon temps d'un artiste, les phases diverses de son talent.
Votre sœur [Mme Denis, dans Mérope] a joué comme Mlle Duménil ; je dis comme Mlle Duménil dans son bon temps
Voltaire, Lett. Mme de Fontaine, 5 nov. 1759
-
15Une grande époque prévue.
Le temps prédit par l'état du peuple juif, par l'état du peuple païen, par l'état du temple, par le nombre des années
Pascal, Pens. XVIII, 3, édit. HAVET.Le temps était arrivé que notre sage ministre devait être montré à son prince et à sa patrie
Bossuet, le Tellier.- Les temps sont accomplis, princesse, il faut parler Racine, Athal. I, 2
Les temps prédits par la sibylle à leur terme sont parvenus : Nous touchons au règne tranquille Du vieux Saturne et de Janus
J.-B. Rousseau, Odes, II, 1Un temps viendra que tous les hommes, soumis à la seule pensée, se conduiront par les clartés de l'esprit
Chateaubriand, Mart. XVI
-
On dit dans le même sens : les signes du temps, certains signes qui annoncent la gravité des événements.
-
Les derniers temps, les temps très voisins du jugement dernier.
-
16Il se dit par rapport à l'état où sont los choses pour le gouvernement d'un pays, les manières de vivre, les modes, etc. Espérons en des temps meilleurs. Le socialisme est la question du temps.
Deux fois, en grand politique, ce judicieux favori [Mazarin] sut céder au temps et s'éloigner de la cour
Bossuet, le Tellier.- Hélas ! qu'est devenu ce temps, cet heureux tempsOù les rois s'honoraient du nom de fainéants ? Boileau, Lutr II
- Vous, ministre de paix dans les temps de colère.... Racine, Athal. II, 5
- Non, non, le temps n'est plus que Néron, jeune encore,Me renvoyait les vœux d'une cour qui l'adore Racine, Brit. I, 1
-
ô temps, ô mœurs, locution exclamative pour se plaindre des temps et des mœurs.
Voilà donc les pauvres Sirven déboutés de leur demande ; ô temps, ô mœurs !
D'Alembert, Lett. à Voltaire, 18 fév. 1768
-
Les temps sont durs, il y a de la gêne, de la souffrance.
Le moyen d'estimer un contemporain autant qu'un homme mort il y a plus de deux cents ans !.... personne n'ose convenir franchement des richesses de son siècle ; nous sommes comme les avares, qui disent toujours que le temps est dur
Voltaire, Aux auteurs du Nouvelliste.Les temps sont durs ; accordez-lui le délai qu'il demande
Diderot, Père de famille, II, 1
-
Le temps qui court, le temps qu'il fait, les circonstances telles qu'elles se comportent.
- C'est entre les dévots un étrange commerce,Un trafic par lequel, au joli temps qui court,Toute affaire fâcheuse est facile à la cour Régnier, Sat. XII
Les hommes sont chers par le temps qu'il fait, et comme vous les demandez surtout
Dancourt, la Gazette, sc. 1
-
Être de son temps, avoir les idées du temps où l'on vit, et aussi se conformer aux usages de son temps.
-
Le temps des scélérats, des délateurs, le temps qui leur est favorable, ou il y en a beaucoup.
-
17Délai. Accorder du temps. Obtenir du temps.
On vous donne du temps ; Et jusques à demain je ferai surséance
Molière, Tart. v, 4Il faudrait prendre du temps, deux ou trois mois pour le moins
Bossuet, Lett. abb. 163
-
Ne chercher qu'à gagner du temps, différer.
En vain [l'orateur qui reste court], pour gagner temps, dans ses transes affreuses, Traîne d'un dernier mot les syllabes honteuses
Boileau, Lutr. VI
-
18Intervalle suffisant, loisir. Revenez plus tard, je n'ai pas le temps de vous écouter.
- Mais ne leur donnez pas, tardant trop à punir,Le temps de se remettre et de se réunir CORN, Héracl. III, 4
Ils ont leurs temps où ils se rendent inaccessibles
Fléchier, Panég. saint Louis.Afin que Télémaque eût le temps d'acquérir plus de gloire et plus de vertu
Fénelon, Tél. XVII
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19Conjoncture, occasion propre, moment. Un temps viendra, il arrivera une circonstance, une conjoncture favorable.
- .... adieu, l'amour vous presse,Et je serais marri qu'un soin officieuxVous fit perdre pour moi des temps si précieux Corneille, Méd. I, 1
- Le temps de chaque chose ordonne et fait le prix Corneille, Pomp. I, 3
- Vous le saurez quand il en sera temps Molière, Psyché, III, 3
J'ai pris le temps de sortir pendant que vous dormiez
Molière, G. Dand. III, 8Elle [Mme de Grignan] est dans un temps de mauvaise santé, à quoi elle est accoutumée
Mme de Sévigné, 9 fév. 1683Vous savez qu'il faut prendre les temps à propos
Mme de Sévigné, 13 mars 1680Voilà tout ce que je vous puis dire ; vous saurez le reste dans son temps
Mme de Sévigné, 27 juin 1672Dans un temps où tout un royaume se remue pour la conversion des hérétiques
Bossuet, Louis de Bourbon.Fidèle dans leurs disgrâces, il osa les louer et les servir [ses amis] en des temps où les autres n'osaient presque pas les plaindre
Fléchier, Duc de Mont.- S'il en est temps encor, cours et sauve la reine Racine, Mithr. v, 4
- Et juge s'il est temps, ami, que je repose Racine, Iphig. I, 1
Il [Télémaque] attaque les Dauniens par derrière, dans un temps où ils croyaient l'armée des alliés enveloppée
Fénelon, Tél. XVIIElle cachait ses vrais sentiments, et faisait semblant de ne vouloir vivre que pour lui dans le temps même où elle ne pouvait le souffrir
Fénelon, ib. IIICe qu'on appelle un fâcheux est celui.... qui choisit le temps du repas et que le potage est sur la table pour dire qu'ayant pris médecine....
La Bruyère, Théophr. XSemblable à cette femme qui prenait le temps de demander son masque, lorsqu'elle l'avait sur son visage
La Bruyère, XISa mère [de Thalès] le pressant de se marier, il répondit d'abord qu'il n'était pas encore temps ; et, quand plusieurs années se furent écoulées, il répondit qu'il n'était plus temps
Rollin, Hist. anc. Œuv. t. II, p. 614Prince, il est temps, marchez à notre tête
Rollin, Adél. du Guesclin. I, 4
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Prendre son temps, prendre bien son temps, prendre mal son temps, saisir le moment favorable ou défavorable pour faire quelque chose.
Le mulet prend le temps
Régnier, Sat. III- Qui peut, sans s'émouvoir, supporter une offense,Peut mieux prendre à son point le temps de sa vengeance Corneille, Méd. I, 5
- Un temps bien pris peut tout, pressez l'occasion Corneille, Sophon. I, 4
- Aucun n'aide aux chevaux à se tirer d'affaire ;Le moine disait son bréviaire :Il prenait bien son temps ! La Fontaine, Fabl. VII, 9
Bonjour et bon an, mon cher cousin ; je prends mon temps de vous demander pardon après une bonne fête
Mme de Sévigné, à Bussy, 2 janv. 1681Est-ce bien prendre son temps que d'aller troubler par des larmes la joie d'un festin ?
Massillon, Panégyr. Ste Magdel.Franchement, vous ne pouviez pas prendre plus mal votre temps
LA MOTTE, Minutolo, sc. 3Je sais quelle est votre bonté et votre indulgence, et qu'on prend toujours bien son temps avec vous
Voltaire, Lett. d'Argental, 26 fév. 1736- Pour réussir en France il faut prendre son temps Voltaire, ib. 2 mars 1772
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Prendre son temps que...., saisir le moment où....
- Le malheureux prend son temps que Damon.... La Fontaine, Coupe.
Mme de Langeron, prenant son temps qu'il [le prince de Condé] avait les pattes croisées comme le lion, lui fit mettre un juste-au-corps avec des boutonnières de diamants
Mme de Sévigné, 399
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Absolument. Prendre son temps, guetter et saisir l'instant favorable.
- Dans l'abord il se met au large,Puis prend son temps, fond sur le couDu lion qu'il rend presque fou La Fontaine, Fabl. II, 9
Ayant pris leur temps, ils se jettent sur lui, lui ôtent son épée, et, avec sa propre ceinture, ils lui lient les mains derrière le dos
Rollin, Hist. anc. Œuv. t. VII, p. 152
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Prendre son temps sur quelqu'un, attaquer quelqu'un au moment où on a l'avantage.
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Prendre son temps, faire une chose sans se presser.
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Prendre le temps de quelqu'un, attendre le moment qui convient à quelqu'un dont on a besoin.
S'il s'agit de vous faire une remontrance.... vous croyez avoir droit d'exiger qu'on prenne votre temps, qu'on entre dans votre esprit
Bourdaloue, Car. II, Zèle, 169
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Prendre quelqu'un sur le temps, saisir une occasion subite et favorable auprès de quelqu'un, ou ne pas lui laisser le temps de la réflexion.
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20La saison propre à chaque chose. Le temps de la moisson, des vendanges.
Les temps des plaisirs absorbent ceux des devoirs
Fléchier, Panég. St Louis.
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En médecine et en chirurgie, on distingue le temps de nécessité et celui d'élection : le temps de nécessité est celui où l'on est forcé d'employer tel ou tel médicament, de pratiquer telle ou telle opération, pour empêcher la maladie de s'aggraver ; le temps d'élection est celui où l'on se décide à agir, parce qu'il est plus convenable à la nature de la maladie et à l'état du malade.
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Le temps de Pâques, le temps pascal, les jours pendant lesquels les fêtes de Pâques se célèbrent.
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Le temps des vacances, l'époque de l'année où les tribunaux, les colléges, etc. sont fermés.
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Quatre-Temps, voy. QUATRE-TEMPS.
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Terme de liturgie. Le propre du temps, voy. PROPRE, n° 18.
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21État de l'atmosphère. Le temps est couvert. Être exposé aux injures du temps. Temps calme, serein, variable.
Que faisiez-vous au temps chaud ? Dit-elle à cette emprunteuse
La Fontaine, Fabl. I, 1- ....certain soir qu'il faisait un temps fort brun La Fontaine, Berc.
- Le beau temps et la pluie, et le froid et le chaudSont des fonds qu'avec elle on épuise bientôt Molière, Mis. II, 5
Le temps et mes humeurs ont peu de liaison ; j'ai mes brouillards et mon beau temps au dedans de moi
Pascal, Pens. VI, 47Il a fait un horrible temps ces jours passés
Mme de Sévigné, 473Il fait un temps épouvantable
Mme de Sévigné, 477J'aime les temps bas ; mais, quand ils sont si bas qu'ils tombent sur notre nez, et qu'il pleut, et qu'on ne voit goutte, j'ai envie de pleurer
Mme de Sévigné, 13 déc. 1684Il s'échappe seul à pied, toutes les nuits, par toute sorte de temps, à toute heure
Diderot, Père de famille, I, 5Un temps gris, qui ternit et confond tous les objets
Mme de Staël, Corinne, XVI, 8Aussi vous aidais-je à semer, ou à serrer vos gerbes, quand le temps menaçait d'orage
Paul-Louis Courier, 2e lett. partic.
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Fig. et familièrement. Faire la pluie et le beau temps, avoir un grand crédit dans une maison, dans un pays, etc.
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Fig. Prendre le temps comme il vient, s'accommoder à tous les événements.
Il faut prendre le temps comme il vient, et je sens que je suis de cet heureux tempérament
Mme de Sévigné, à Bussy, 14 mai 1686Disposé à prendre toujours le temps comme il viendrait
Fontenelle, Dial. morts anc. 4
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Couleur du temps, couleur bleue.
Oiseau bleu, couleur du temps, Vole à moi promptement
COMTESSE D'AULNOY, Oiseau bleu.
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Fig. La couleur du temps, la nature des circonstances.
- Selon l'amant du jour et la couleur du temps Gresset, le Méchant, I, 2
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Il fait un temps de demoiselle, ni pluie, ni vent, ni soleil.
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Le temps est haut, les nuages sont élevés.
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Fig. Haut comme le temps, plein de fierté, très hautain.
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Fig. Hausser le temps, voy. HAUSSER, n° 2.
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22Gros temps, temps d'orage en mer ou sur une rivière.
Ils se mirent ensuite dans un petit bateau le long de la rivière, où ils essuyèrent un si gros temps, qu'ils ne savaient où se mettre
Mme de Sévigné, 24 déc. 1688Les deux jours suivants, le gros temps ne nous permit pas de faire voile
BOUGAINVILLE, Voy. t. I, p. 211De gros temps, assez ordinaires en hiver, dans ces parages
Raynal, Hist. phil. XI, 3
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Terme de marine. Coup de temps, coup de vent.
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23Terme de vénerie. Voie de vieux temps, voie d'un jour ou deux.
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Aller de temps, se dit du chien quand la voie n'est pas ancienne et qu'il en remontre. Cette voie n'est pas de temps, elle est vieille.
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Revoir de bon temps, trouver une voie fraîche et de la nuit.
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Tirer sur le temps, tirer au moment favorable.
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Fig. Tirer sur le temps, profiter de l'occasion favorable.
Comme il [Puysieux] avait beaucoup d'esprit et de connaissance du roi, il s'avisa de tirer hardiment sur le temps
Saint-Simon, 141, 61
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24Terme d'escrime. Se dit du moment favorable que l'on doit choisir pour fondre sur son adversaire.
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Coup de temps, coup pris d'opposition sur un développement.
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Fig. et populairement. Voir le coup de temps, s'apercevoir d'un contre-temps assez tôt pour le déjouer.
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Prendre sur le temps, frapper son adversaire d'une botte au moment où il s'occupe de quelque mouvement.
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Tirer sur le temps, pousser une botte, au moment où l'adversaire se prépare lui-même à en tirer une.
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25Terme de manége. Se dit de chaque mouvement accompli, de quelque allure que ce soit. Cet exercice se fait en trois temps. Un temps de cheval.
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S'applique aussi à quelques-unes des aides que donne le cavalier. Un temps de jambes.
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Temps d'arrêt, action de la main pour ralentir le mouvement.
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Fig. Temps d'arrêt, ralentissement, suspension dans quelque opération.
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Temps de langue, appel de la langue.
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Temps de galop, voy. GALOP.
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26Dans l'art militaire, en instruction de détail, l'action d'exercice qui s'exécute à un commandement, et qui se divise en mouvements pour en faciliter l'exécution.
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27Terme de marine. Intervalle que l'on met après chaque coup de canon d'un salut.
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Partie d'un signal de nuit.
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Subdivision des divers commandements de l'exercice des bouches à feu.
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28En chirurgie, on appelle temps les opérations simples dont la réunion constitue les opérations composées.
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Opérations en deux temps ou en plusieurs temps, celles qu'on cesse après avoir fait certaines parties, pour les reprendre une ou plusieurs fois et les terminer plus tard.
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29Terme de danse. Moments précis pendant lesquels il faut faire certains mouvements divisés par des pauses.
Si les temps de l'entrechat ne sont ni coupés ni battus, et qu'ils soient au contraire, frottés et roulés l'un sur l'autre, il n'y aura pas de clair qui fasse valoir les ombres
NOVERRE, Lett. sur la danse, p. 305, dans POUGENSL'élégance de sa taille et la longueur de ses membres s'associaient à merveille aux temps développés et aux pas hardis de la danse
NOVERRE, ib. p. 342
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30Terme de musique. La division la plus immédiate de la mesure, constituant une unité de durée divisible et subdivisible elle-même en deux et en trois parties. Mesure à deux temps. Mesure à deux temps ternaires. Mesure à trois temps binaires.
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Dans les mesures à deux temps et à quatre temps, temps forts, temps frappés ou temps impairs ; temps faibles, temps levés ou temps pairs.
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Appuyer sur les temps forts, les faire sentir
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Par extension.
Dans l'accent naturel de la parole, ainsi que dans celui du chant, dans la quantité prosodique et dans la mesure vocale, il y a des temps forts et des temps faibles
Marmontel, Œuv. t. VIII, p. 458
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Demi-temps, durée de la moitié d'un temps.
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31Durée qu'on emploie à prononcer les syllabes.
Il y a à observer le temps que l'on met à prononcer chaque syllabe ; les unes sont prononcées en moins de temps que les autres, et l'on dit de celles-ci qu'elles sont longues, et de celles-là qu'elles sont brèves ; les brèves sont prononcées dans le moins de temps qu'il est possible ; aussi dit-on qu'elles n'ont qu'un temps, c'est-à-dire une mesure, un battement ; au lieu que les longues en ont deux
DUMARS., Œuv. t. IV, p. 45
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32Dans la déclamation, pauses qu'on observe entre certaines phrases, entre certains mots. Terme de grammaire. Différentes inflexions qui marquent dans les verbes le moment auquel se rapporte l'existence, l'état ou l'action. Le temps présent. Les temps passés. Temps dérivés.
Souvenez-vous de ne rien précipiter, d'animer tout, de mêler des soupirs à votre déclamation, de mettre de grands temps
Voltaire, Lett. Mlle Gaussin, décembre 1730À l'égard des temps, il faut observer que toute action est relative à un temps, puisqu'elle se passe dans le temps ; les rapports de l'action au temps sont marqués en quelques langues par des particules ajoutées au verbe
DUMARS., Œuv. t. IV, p. 343
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Temps primitifs, se dit des temps des verbes qui servent à former les autres.
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Temps seconds, temps dérivés des temps primitifs.
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Temps seconds, se dit, dans la grammaire grecque, d'une seconde forme de certains temps
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34À temps, loc. adv.
Assez tôt, ni trop tôt, ni trop tard.... pourvu qu'il [le bonheur] nous vienne, il vient toujours à temps
Régnier, Élég. IIDans cette confusion on ne pouvait se mouvoir de concert ; les ordres ne venaient jamais à temps
Bossuet, Hist. III, 5
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À temps de..., avec un infinitif. À temps d'agir.
Vous qui ne différez de vous convertir que parce que vous croyez que vous serez assez à temps, au lit de la mort, de vous donner à Dieu
Massillon, Carême, Impén.
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Pour un temps limité. Travaux forcés à temps.
Le mal était que cet emploi n'était qu'à temps, mais il mettait en état de chercher et d'attendre
J.-J. Rousseau, Confess. IVSes membres [d'un corps politique], participant à la constitution des deux extrêmes, seront partie à temps et partie à vie
J.-J. Rousseau, Gouv. de Polog. 8On ne peut engager ses services qu'à temps et pour une entreprise déterminée
Code civ. art. 1780
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35Sur le temps, au moment même.
Je fais d'excellents impromptus à loisir ; mais, sur le temps, je n'ai jamais rien fait ni dit qui vaille
J.-J. Rousseau, Confess. III
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36En même temps, au même temps, à la même heure, dans le même moment, ensemble.
Jésus-Christ est venu enseigner sa loi à tous les hommes, et leur donner au même temps les exemples de l'accomplir
Fléchier, Panég. I, 247
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Descartes a dit : à même temps. Si la quantité de ces vapeurs n'est à même temps augmentée, Pass. 131.
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37Dans le même temps, sans tarder, incontinent.
Si par hasard il a appris ce qui aura été dit dans une assemblée de ville, il court dans le même temps le divulguer
La Bruyère, Théophr VII
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38Tout d'un temps, aussitôt, sans tarder.
- Et tout d'un temps on le voit y voler Corneille, Hor. IV, 2
- Bonsoir, car tout d'un temps je vais me renfermer Molière, Éc. des mar. III, 2
En arrivant, j'allai recevoir cette lyre, et tout d'un temps je la vendis
Marmontel, Mém. II
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En même temps.
- Il lui sera facileD'apaiser tout d'un temps les mânes de Camille Corneille, Hor. v, 3
- Emmenez avec vous les souffleurs tout d'un temps La Fontaine, Fabl. II, 13
- Mais je voudrais qu'on cherchât tout d'un temps.... Boileau, Épigr. XXX
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39De tout temps, de tous temps, toujours.
Et mon dessein a été de tout temps de plaire à peu de personnes
Guez de Balzac, Liv. I, lett. 2- Tu sais que, de tout temps à l'amour opposée,Je rendais souvent grâce à l'injuste Thésée Racine, Phèd. II, 1
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40De temps en temps, de temps à autre, de fois à autre, quelquefois.
- Le Dieu, dont vous parlez, de temps en temps sévère Corneille, Attila, v, 3
- Et c'est pour m'affranchir de cette dépendanceQue.... de temps en temps, j'irrite ses ennuis Racine, Brit. II, 2
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41En temps et lieu, dans le temps et le lieu convenables.
Je te remercie de ta protection, et je ne manquerai pas de la réclamer en temps et lieu
PICARD, Deux Philiberts, I, 11
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42Suivant ou selon le temps, suivant ou selon les temps, conformément aux circonstances.
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43Dans le temps que, au temps que, loc. conj. Dans le temps où, pendant que.
Vous les avez poursuivis l'épée à la main au temps de leur affliction, au temps que leur iniquité était à son comble
Saci, Ézéchiel, XXXV, 5Jésus-Christ est venu surprendre la reine dans le temps que nous la croyions la plus saine, dans le temps qu'elle se trouvait la plus heureuse
Bossuet, Mar.-Thér.
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44Au même temps que, et, plus rarement, à même temps que..., justement dans l'instant où.
Et à même temps qu'avec la houssine il renversa les marmousets dans le bassin, l'armée navale des ennemis fit naufrage
Guez de Balzac, le Barbon.
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45Entre temps, dans l'intervalle. Entre temps il alla dîner.
Proverbes
Le temps perdu ne se répare point, ne se recouvre point
. Le temps est un grand maître
. Chaque chose a son temps
, il y a temps pour tout
. Qui a temps a vie
, quand le terme où l'on doit satisfaire à une obligation est éloigné, on a du loisir pour s'y préparer. Qui gagne du temps gagne tout
. Le temps est à Dieu et à nous
, nous avons le loisir de faire ce dont il s'agit, ou, en général, de faire ce qu'il nous plaît. Il y a temps de rire et temps de pleurer, temps de parler et temps de se taire
. Il est un temps pour s'en aller et prendre congé
, se dit des importuns. Après ce temps-ci il en viendra un autre
, se dit pour se consoler dans la misère du temps. Il viendra un temps où les chiens auront besoin de leur queue
, un temps viendra où l'on aura besoin des gens ou des choses qu'on néglige maintenant. Tout vient à temps pour qui peut ou qui sait attendre
, il faut attendre l'occasion pour en profiter, sans la provoquer. Du temps faut parler pour propos renouveler
. Changement de temps, entretien de sot
. Autre temps, autres mœurs
. Après bon temps on se repent
, se dit aux prodigues qui se préparent un avenir malheureux. Il n'y a point de temps perdu, les uns ont le bon, les autres le mauvais
.
Étymologie
Wallon, tain ; provenç. temps ; espagn. tiempo ; portug. et ital. tempo ; du lat tempus, temps ; comparez l'angl. time, l'angl.-sax tima, le gaél. tim, tiom.