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terreur dans le Littré

1 article· 22 citations· rimes· synonymes· étymologie· traductions· prononciation (3)

terreur s. f. (tèr-reur)

  1. 1Crainte violente que l'on ressent.

  2. 2La terreur de quelque chose, la terreur que quelque chose inspire.

    • Il remplit tout de la terreur de son nom, se dit d'un conquérant dont le nom répand de la terreur partout.

  3. 3Fig. Objet d'épouvante.

    • Rodrigue maintenant est notre unique appui....Le soutien de Castille et la terreur du Maure Corneille, Cid, IV, 2
    • Vous avez vu M. de Bâville, la terreur du Languedoc Mme de Sévigné, 2 oct. 1689
    • Les Gaulois d'Italie, que leurs guerres continuelles et leurs victoires fréquentes rendaient la terreur des Romains Bossuet, Hist. I, 8
    • Le Parthe, des Romains comme moi la terreur Racine, Mithr. III, 1
    • Son trône [de la Pologne] vacant par la mort d'un roi qui avait été la terreur des infidèles Massillon, Or. fun. Pr. de Conti.
    • Un roi [Frédéric II] qui est la terreur des postillons comme de l'Autriche, et qui fait tout en poste Voltaire, Lett. Thiriot, 8 oct. 1743
    • Il est la terreur des coupables, se dit d'un juge sévère.

  4. 4La terreur, se dit absolument de l'époque de la Révolution française pendant laquelle le tribunal révolutionnaire et l'échafaud furent en permanence.

    • Les hommes sensés n'imputeront jamais à la philosophie les horreurs commises en son nom sous le régime de la terreur GRÉGOIRE, Instit. Mém. sc. mor. et pol. IV, p. 70
    • Les effroyables immolations de la terreur et les stériles agitations du directoire LANFREY, Hist. de Nap. t. III, ch. 4
    • La terreur blanche, se dit des massacres que firent les royalistes dans le Midi après la chute de Robespierre, et en 1815 sous la Restauration.

Remarque

Terreur, joint aux adjectifs possessifs, se dit de celui qui craint, et non de celui qui est craint : leur terreur signifie la terreur qu'ils ressentent, et non la terreur qu'ils inspirent.

Étymologie

Prov. et esp. terror ; ital. terrore ; du lat. terrorem, terrere, faire trembler, que les étymologistes rattachent au sanscrit tras, trembler.

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, 1872-1877 · cliquer un vers pour le scander