Pléthore de mots bien,
un seul est le mot juste.

terreur dans le Littré

1 article· 22 citations· rimes· synonymes

terreur s. f. (tèr-reur)

  1. 1Crainte violente que l'on ressent.

    • Cet Achille de qui la pique Faisait aux braves d'Ilion La terreur que fait en Afrique Aux troupeaux l'assaut d'un lion Malherbe, III, 1
    • Mais bientôt, malgré nous, leurs princes les rallient,Leur courage renaît, et leurs terreurs s'oublient Corneille, Cid, IV, 3
    • La vouloir mettre [la religion] dans l'esprit et dans le cœur par la force et par les menaces, ce n'est pas y mettre la religion, mais la terreur Pascal, Pens. XXIV, 3, éd. HAVET.
    • La terreur et la désertion se met dans leurs troupes Bossuet, Louis de Bourbon.
    • Dans le camp du prince de Condé, on ne connaît point les vaines terreurs qui fatiguent et rebutent plus que les véritables Bossuet, ib.
    • J'ai conçu pour mon crime une juste terreur Racine, Phèd. I, 3
    • Il a répandu sur nos armées un esprit de terreur et de vertige Massillon, Carême, Mot. de conv.
    • Vous avez pris de vaines terreurs, lui répondit l'empereur [Alexandre Sévère] Montesquieu, Esp. XII, 9
    • L'auteur a cru remplir par ce moyen un des deux grands objets que les Grecs regardaient comme le but de la tragédie, la terreur D'Alembert, Élog. Crébillon.
    • [Ce Romain qui menaçait de secouer, en déroulant sa toge, les fléaux de la guerre] il était seul, il tenait en ses mains une grande destinée, il portait la terreur MIRAB., Collection, t. III, p. 320
  2. 2La terreur de quelque chose, la terreur que quelque chose inspire.

    • Il remplit tout de la terreur de son nom, se dit d'un conquérant dont le nom répand de la terreur partout.

  3. 3Fig. Objet d'épouvante.

    • Rodrigue maintenant est notre unique appui.... Le soutien de Castille et la terreur du Maure Corneille, Cid, IV, 2
    • Vous avez vu M. de Bâville, la terreur du Languedoc Mme de Sévigné, 2 oct. 1689
    • Les Gaulois d'Italie, que leurs guerres continuelles et leurs victoires fréquentes rendaient la terreur des Romains Bossuet, Hist. I, 8
    • Le Parthe, des Romains comme moi la terreur Racine, Mithr. III, 1
    • Son trône [de la Pologne] vacant par la mort d'un roi qui avait été la terreur des infidèles Massillon, Or. fun. Pr. de Conti.
    • Un roi [Frédéric II] qui est la terreur des postillons comme de l'Autriche, et qui fait tout en poste Voltaire, Lett. Thiriot, 8 oct. 1743
    • Il est la terreur des coupables, se dit d'un juge sévère.

  4. 4La terreur, se dit absolument de l'époque de la Révolution française pendant laquelle le tribunal révolutionnaire et l'échafaud furent en permanence.

    • Les hommes sensés n'imputeront jamais à la philosophie les horreurs commises en son nom sous le régime de la terreur GRÉGOIRE, Instit. Mém. sc. mor. et pol. IV, p. 70
    • Les effroyables immolations de la terreur et les stériles agitations du directoire LANFREY, Hist. de Nap. t. III, ch. 4
    • La terreur blanche, se dit des massacres que firent les royalistes dans le Midi après la chute de Robespierre, et en 1815 sous la Restauration.

Remarque

Terreur, joint aux adjectifs possessifs, se dit de celui qui craint, et non de celui qui est craint : leur terreur signifie la terreur qu'ils ressentent, et non la terreur qu'ils inspirent.

Étymologie

Prov. et esp. terror ; ital. terrore ; du lat. terrorem, terrere, faire trembler, que les étymologistes rattachent au sanscrit tras, trembler.

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, 1872-1877 · cliquer un vers pour le scander