Pléthore de mots bien,
un seul est le mot juste.

traduire dans le Littré

1 article· 13 citations· rimes· synonymes· conjugaison

traduire v. a. (tra-dui-r')

  1. 1Terme de palais. Transférer quelqu'un d'un lieu à un autre. Il fut traduit des prisons du Châtelet à la Conciergerie.

    • Citer ou renvoyer quelqu'un devant un juge, un tribunal. Il fut traduit devant la cour d'assises.

      • Devant certaine guêpe on traduisit la cause La Fontaine, Fabl. I, 21
      • Il m'a traduit au parlement de Dijon, et il a dit publiquement qu'il me ferait perdre plus de deux mille écus pour le cens de deux sous et demi Voltaire, Lett. à M. Perraud, 24 avril 1767
    • Traduire en justice, même sens.

  2. 2Faire passer un ouvrage d'une langue dans une autre.

    • Cicéron, à l'âge de dix-sept ans, avait traduit le poëme d'Aratus en vers latins Rollin, Hist. anc. liv. XXV, ch. I, I, 1
    • L'honneur que vous [le cardinal Quirini] m'avez fait de traduire en si beaux vers la Henriade et le poëme de Fontenoy Voltaire, Sémiram. Dissert.
    • Un auteur dont les ouvrages pleins de sentiment, de vérité, d'élégance et de noblesse ont été traduits dans toutes les langues Diderot, Claud. et Nér. II, 11
    • On dit de même : traduire un passage, une citation, un vers, etc.

    • Traduire un auteur, traduire ses ouvrages.

    • Absolument.

      • Si vous traduisez toujours, on ne vous traduira jamais Montesquieu, Lett. pers. 128
      • Si vous voulez qu'on vous traduise un jour, commencez par traduire vous-même D'Alembert, Élog. Saci.
  3. 3Par extension, expliquer, interpréter. Traduisez-moi votre pensée en termes plus clairs.

    • Manifester.

      • Il savait ainsi traduire aux regards tous les sentiments de son âme Mme de Staël, Corinne, VIII, 2
  4. 4Se traduire, v. réfl. Se montrer, comparaître.

    • Son projet de se mettre lui-même sur la scène et de s'y traduire comme un franc maraud, qui joue un rôle méprisable, GRIMM, Corresp. t. II, p. 19
  5. 5Fig. Se traduire en ridicule, se rendre ridicule.

    • J'enrage de voir de ces gens qui se traduisent en ridicule, malgré leur qualité Molière, Critique, 6
  6. 6Être traduit.

    • Les poëtes ne se traduisent point, peut-on traduire de la musique ? Voltaire, Lett. Mme du Deffant, 19 mai 1754
    • Le sublime se traduit toujours, presque jamais le style D'Alembert, Œuv. t. I, p. 137
  7. 7Être manifesté. Sa colère se traduisit en imprécations.

Étymologie

Ital. tradurre ; du lat. traducere, faire passer, de tra ou trans, au delà, et ducere, conduire (voy. DUIRE).

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, 1872-1877 · cliquer un vers pour le scander