1veille s. f. (vè-ll', ll mouillées, et non vè-ye)
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1Absence de sommeil pendant le temps destiné au sommeil. Il a souffert une longue veille cette nuit. Une veille prolongée.
- Sa vie à son déclin, s'est éteinte, pareilleAu flambeau, compagnon de la savante veille,Lorsque, toute la nuit en silence allumé,Aux feux du jour naissant il s'éteint consumé P. LEBRUN, Bonh. de l'étude.
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Il s'emploie plus ordinairement au pluriel.
- J'ai su lui préparer des craintes et des veilles Racine, Bajaz. I, 1
Ces veilles que les savants et les poëtes même ont tant de soin de faire valoir, prises dans le sens le plus littéral, ne sont pas des veilles en comparaison de celles qui se font en plein air et en toutes saisons pour étudier le ciel
Fontenelle, Maraldi.Ils [les pharisiens] faisaient de longues veilles, et se refusaient jusqu'au sommeil nécessaire
Diderot, Opin. des anc. Phil. (Juifs)
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Lit de veille, lit portatif qu'on établit le soir dans la chambre d'une personne qui veut avoir quelqu'un auprès d'elle pendant la nuit.
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Chandelle de veille, chandelle assez longue pour durer toute la nuit. Bougie de veille, très petite bougie, qui néanmoins dure toute la nuit au moyen d'une mèche très fine. Mortier de veille, gros morceau de cire avec une mèche allumée au milieu pour éclairer une chambre pendant toute la nuit. Ces dénominations ont vieilli.
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2État de l'économie animale dans lequel les impressions venues soit du dehors, soit du dedans, sont perçues et contrôlées par les sens et par la pensée, et où il est possible d'agir volontairement.
Il est très ordinaire que dans ses rêves on voie des morts.... si on les a vus pendant le sommeil, pourquoi ne les verra-t-on pendant la veille ?
Voltaire, Dict. phil. Enchantement.- Tranquille je m'endors,Et tranquille je veille ; et ma veille aux remordsNi mon sommeil ne sont en proie André Chénier, La jeune captive.
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On dit dans le même sens : état de veille.
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Être entre la veille et le sommeil, n'être ni tout à fait éveillé, ni tout à fait endormi.
Entre la veille et le sommeil profond nous pouvons distinguer deux états mitoyens....
CONDILL., Traité sens. II, 11
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Veille des plantes, temps pendant lequel les fleurs, les feuilles qui présentent le phénomène du sommeil, restent ouvertes ou étalées.
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3Garde qui se fait pendant la nuit.
- Les veilles cesseront au sommet de nos tours Malherbe, II, 1
- Les chars, les royales merveilles,Des gardes les nocturnes veilles, Tout a fui André Chénier, Versailles.
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La veille des armes, nuit que celui qui allait être fait chevalier passait auprès de ses armes dans une chapelle.
Ignace fit la veille des armes et s'arma chevalier de la Vierge
Voltaire, Mœurs, 139
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4Partie de la nuit selon la division qu'en faisaient les anciens Romains. La nuit était divisée en quatre veilles.
Vers la quatrième veille de la nuit, il [Jésus] vint à eux, marchant sur la mer
Saci, Bible, Évang. St Marc, VI, 48
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5Il se dit quelquefois pour veillée.
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6Au plur. Fig. Longue et forte application à l'étude, aux productions de l'esprit, aux affaires.
....Tant de rares esprits Qui t'ont choisi pour but de leurs savantes veilles
CHAPELAIN, Ode au card. de Richelieu.- Aristote a consacré des veilles au théâtre Molière, Tart. Préface
- Oui, je sais qu'entre ceux qui t'adressent leurs veilles,Parmi les Pelletiers on compte des Corneilles Boileau, Disc. au roi
- ....Le siècle fortunéQui, rendu plus fameux par tes illustres veilles.... Boileau, Épît. VII
- Des veilles, des travaux un faible cœur s'étonne J.-B. Rousseau, Ode au comte de Luc.
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7Le jour qui précède celui dont il est question (ainsi dit probablement, parce que la veille des fêtes, dans l'ancienne Église, était employée on veilles et prières).
- Où j'étais résolu, faisant autant que trois,De boire et de manger comme aux veilles des Rois Régnier, Sat. X
Elle [une petite fille] nous vient d'assurer que le lendemain de la veille de Pâques était un mardi, puis elle s'est reprise et a dit : c'est un lundi
CH. DE SÉV., dans SÉV. 15 déc. 1675Je viens de retrouver dans mes paperasses une lettre de la main de Locke, écrite la veille de sa mort à milady Peterboroug ; elle est d'un philosophe aimable
Voltaire, Lett. d'Alembert, 4 sept. 1769Je suis sûre, moi, que le jour du départ serait la veille des larmes
Beaumarchais, Mar. de Figaro, II, 19Rosette : Adieu. - Arlequin [qui doit se marier avec elle le lendemain] : Ma bonne amie, n'oubliez pas que c'est aujourd'hui la veille de demain !
FLORIAN, les Jumeaux de Bergame, 3
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Fig. Se faire poissonnier la veille de Pâques, voy. PÂQUES, n° 2.
À la veille de, au jour qui précède celui dont il s'agit : à la veille d'un si grand jour [la bataille de Rocroi], il est tranquille
Bossuet, Louis de Bourbon
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Fig. À la veille de, sur le point de.
Ce fut un grand bonheur pour moi de recevoir votre lettre devant que de partir de Bruxelles, et de recevoir tant de consolation à la veille d'avoir tant de peine
Voiture, Lett. 20On est à la veille de nous apprendre de grandes nouvelles ; le cœur bat en attendant
Mme de Sévigné, 144Non, je ne m'accoutume point à voir le nom de Noailles à la veille d'une disgrâce
Mme de Maintenon, Lett. au duc de Noailles, 15 nov. 1712Henri Howard, qui est à la veille d'être le premier duc d'Angleterre
Hamilton, Gram. 7
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8Terme de marine. Ancre de veille ou en veille, ancre préparée afin de la pouvoir lancer à la mer en cas de besoin.
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Câble de veille, celui qui est étalingué à l'ancre de veille.
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En veille ou à la veille, se dit en parlant d'un objet qui paraît hors de l'eau ou qui surnage.
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Étymologie
Provenç. velha ; catal. veilla ; espagn. vela ; portug. vigia ; ital. veglia ; d'une forme viglia, contractée de vigilia (voy. VEILLER).