1vol s. m. (vol)
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1Mode de locomotion propre à tous les animaux qui, étant pourvus d'ailes ou d'organes aliformes, se soutiennent dans l'air. Le vol d'un oiseau, d'une mouche. Le vol de la chauve-souris, du poisson volant.
- Là s'élançant d'un vol que le vent favorise Boileau, Lutr. III
- Pensez-vous qu'en effet, au gré de leur demande,Du vol de leurs oiseaux la vérité dépende ? Voltaire, Œdipe, IV, 1
Le vol est son état naturel [de l'hirondelle], je dirais presque son état nécessaire : elle mange en volant, elle boit en volant, et quelquefois donne à manger à ses petits en volant
Buffon, Ois. t. XII, p. 276
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Oiseau de haut vol, oiseau qui vole dans les hautes régions de l'air.
Un oiseau de haut vol peut parcourir, chaque jour, quatre ou cinq fois plus de chemin que le quadrupède le plus agile
Buffon, Ois. t. I, p. 45
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Tirer, tuer un oiseau au vol, le tirer pendant qu'il vole.
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À vol d'oiseau, loc. adv. En ligne droite. De Paris à Rouen, il n'y a que vingt lieues à vol d'oiseau.
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Vue à vol d'oiseau, vue d'une ville, d'un espace représentés comme les verrait un oiseau planant au-dessus. Paris vu à vol d'oiseau.
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Par extension et fig. D'en haut, superficiellement.
Il est toujours en l'air sur son Pégase, et ne voit les objets qu'à vol d'oiseau
Bonnet, Lett. div. Œuv. t. XII, p. 221, dans POUGENS
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2L'étendue et la longueur du vol qu'un oiseau fait en une fois. Un long vol. Au premier vol, au second vol de la perdrix.
On a dû remarquer, en comparant les dimensions relatives du jaseur, qu'il avait beaucoup plus de vol à proportion que notre merle et nos grives
Buffon, Ois. t. VI, p. 162
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Demi-vol, vol d'un oiseau qui va s'abattre non loin de l'endroit d'où on l'a fait partir.
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Terme de coutume. Vol du chapon, étendue de terre qui appartenait à l'aîné, outre le manoir principal, dans un partage noble avec ses frères, et qui était évaluée à l'espace qu'un chapon pourrait franchir en volant, c'est-à-dire la valeur d'un arpent.
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3Distance entre les deux bouts des ailes d'un oiseau lorsqu'elles sont étendues, dite envergure dans le langage de l'histoire naturelle. Cet oiseau a tant de pieds de vol.
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4Quantité d'oiseaux qui arrivent en même temps en un lieu.
On y voit, en certains temps, des vols d'oiseaux qui, après un séjour de quelques mois, retournent à l'est, d'où ils étaient arrivés
Buffon, Note justif. Ép. nat. t. XIII, p. 328
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Par extension. Un vol de sauterelles, une quantité de sauterelles qui arrivent.
Un vol considérable de sauterelles a traversé le cercle de Djelfa [Algérie]
Journ. offic. 15 mars 1872, p. 1826, 3° col.
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5Le gibier à plume.... Les ortolans.
Les perdrix rouges et les cailles Et mille autres vols succulents, Nous firent horreur des mangeailles Dont Carbon et tant de canailles Vous affrontent depuis vingt ans,
Voy. de Chapelle et Bachaumont
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6Terme de fauconnerie. Chasse au vol, ou absolument, vol, équipage des oiseaux de proie et des hommes qui servent à prendre du gibier. Ce prince entretenait des vols pour toute sorte d'oiseaux.
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Vol pour le gros, celui qui se fait sur les oiseaux de fort et de cuisine.
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Vol à la renverse, se dit quand on lâche l'oiseau de manière qu'il rencontre la perdrix.
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Vol à la source, se dit quand on lâche l'oiseau au moment où la perdrix part.
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Vol à la couverte, se dit lorsqu'on s'approche du gibier, à couvert d'une haie.
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Vol à la toise, se dit lorsque l'oiseau part du poing à tire-d'aile, pour suivre la perdrix au moment où on l'entend.
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Chasse qu'on fait avec les oiseaux de proie. J'ai assisté à un vol.
La chasse du héron était autrefois parmi nous le vol le plus brillant de la fauconnerie
Buffon, Ois. t. XIV, p. 57
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7Au théâtre, l'action d'une machine par laquelle un ou plusieurs acteurs montent ou descendent en fendant l'air, comme s'ils volaient.
Il ne faut point de vols, ni de chars, ni de changements aux [tragédies de] Bérénices et à Pénélope
La Bruyère, IIl n'y a peut-être que quelque machiniste caché dans le parterre qui s'inquiète d'un vol qui lui aura paru extraordinaire, et qui veut absolument démêler comment ce vol a été exécuté
FONT., Mondes, 1er soir.- J'ai vu Mars descendre en cadence ;J'ai vu des vols prompts et subtils ;J'ai vu la Justice en balanceEt qui ne tenait qu'à deux fils PANNARD, Œuv. Descrip. de l'Opéra.
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8Par extension, il se dit de certaines choses qui sont poussées en l'air avec une grande vitesse. Le vol des flèches, des dards.
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9Fig. et poétiquement. Le vol du temps, la fuite rapide du temps.
Il a plu à notre grand Dieu, pour consoler les misérables mortels de la perte continuelle qu'ils font de leur être par le vol irréparable du temps, que ce même temps, qui se perd, fût un passage à l'éternité qui demeure
Bossuet, Yolande de Monterby.- Ô temps, suspends ton vol, respecte ma jeunesse THOMAS, Ode au temps.
- Ô temps, suspends ton vol ; et vous, heures propices,Suspendez votre cours Lamartine, Médit. I, 13
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10Fig. Essor.
- Le vol de mon dessein ne s'étend point si haut Régnier, Sat. III
Toutes les comparaisons tirées des choses humaines sont les effets comme nécessaires de l'effort que fait notre esprit, lorsque, prenant son vol vers le ciel, et retombant par son propre poids dans la matière d'où il veut sortir....
Bossuet, 6e avert. 44- Je mesure mon vol à mon faible génie Boileau, Disc. au roi.
- L'ode.... Élevant jusqu'au ciel son vol ambitieux Boileau, Art p. II
Il [Villars] a toujours pris la route et le vol de tous ceux qui arrivent
Mme DE GRIGNAN, 5 février 1703, dans SÉV. t. X, p. 475, édit. RÉGNIERCette vie cachée n'empêchait pas le vol de son nom et de sa réputation
BAYLE, Dict. Spinoza.Le vol que les bâtards avaient pris tenait fort au cœur à M. d'Elbeuf
Saint-Simon, 30, 98Si Descartes ne s'était pas écarté, dans ses inventions, de son guide, la géométrie, si Malebranche avait su s'arrêter dans son vol....
Voltaire, Lett. Faugères, 3 mai 1776Ce fut là qu'ayant eu part au mariage de la princesse de Parme avec Philippe V, il [Alberoni] prit le vol qui l'éleva si haut
Duclos, Œuv. t. v, p. 236
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Prendre un vol trop haut, s'élever plus qu'on ne doit, prendre des manières trop hautes pour la condition dont on est, faire plus de dépense qu'on ne peut.
Je crains bien qu'il n'ait pris un vol qu'il ne pourra soutenir
MAINTEN., Lett. à Mme de St-Géran, 15 avril 1691
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Il y est parvenu de plein vol, se dit d'un homme qui a été élevé à une dignité supérieure sans passer par les degrés ordinaires.
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Prendre un vol hardi, se dit d'un écrivain, d'un poëte qui s'élève à de grandes compositions.
Être d'un vol...., avoir une portée d'esprit.... L'intérêt que je prends à lui [M. d'Orbe] ne m'empêche pas de voir qu'il n'est pas du vol des deux autres [Saint-Preux et milord Édouard]
J.-J. Rousseau, Hél. I, 65
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Avoir le vol pour telle ou telle chose, être propre à telle ou telle chose (locution qui vieillit). Il a été employé dans plusieurs affaires importantes, il a le vol pour les négociations.
Quant à lui [Vervins], c'était un grand homme fort bien fait, de l'esprit, quelque lecture, et fort le vol des femmes
Saint-Simon, 139, 32
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11Terme de blason. Nom qu'on donne à deux ailes d'oiseau réunies comme lorsque l'oiseau vole.
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Demi-vol, la représentation d'une seule aile d'oiseau.
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Vol banneret, vol qui se met au cimier et qui est fait en bannière.
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12En vol, s'est dit des volées des cloches.
Elle [la Georges-d'Amboise] fut sonnée en vol par seize hommes le 16 février 1502 ; et, à ce sujet, le Journal de Normandie du 25 juin 1762 fait cette réflexion : on y met à présent trente et même quarante hommes, qui n'ont pas la force de la sonner en vol
Extr. du Journ. de Rouen, dans Journ. offic. 16 juill. 1864, p. 4959, 3e col.
Étymologie
Voy. VOLER 2.