Pléthore de mots bien,
un seul est le mot juste.

être dans le Littré

3 articles· 246 citations· rimes· synonymes· conjugaison

1être v. n. (ê-tr')

  1. 1Il sert en général à lier l'attribut au sujet, à indiquer l'existence de l'attribut dans le sujet, à attribuer à quelqu'un ou à quelque chose une qualité, un état, etc. ; c'est là le sens propre et primitif. La terre est ronde. Louis XIV fut roi de France. Il était négociant.

  2. 2Avec un sens antonomastique, par suppression de l'attribut, avoir l'existence réelle. Dieu, dans l'Écriture sainte, s'appelle celui qui est.

    • Il se dit aussi d'une existence purement idéale.

    • Cela n'est pas, je doute que cela soit, c'est-à-dire cela n'est pas vrai, réel, je doute que cela soit vrai.

    • Cela sera, cela ne sera pas, c'est-à-dire cela arrivera, cela n'arrivera pas.

    • Vous n'étiez pas encore au monde, ou, simplement, vous n'étiez pas encore, quand.... c'est-à-dire vous n'étiez pas encore né, quand....

    • En poésie et dans le style élevé, n'être plus, avoir cessé de vivre.

    • Le prétérit fut, ou, impersonnellement, il fut, se dit pour signifier que quelque chose a cessé d'exister.

  3. 3Être, se dit quelquefois pour exprimer la réalité, par opposition à l'apparence.

    • Rien n'est bon que d'avoir une belle et bonne âme : on la voit en toute chose comme au travers d'un cœur de cristal : on ne se cache point ; vous n'avez point vu de dupes là-dessus ; on n'a jamais pris longtemps l'ombre pour le corps ; il faut être, il faut être, si l'on veut paraître.... Mme de Sévigné, Lett. 9 sept. 1675
  4. 4Se trouver en un lieu. Soyez ici ou là, que m'importe ?

    • Fig. Être ailleurs, ne pas prêter son attention. Répétez, je vous prie, j'étais ailleurs.

  5. 5Être, se construit avec certains adverbes et avec des locutions adverbiales.

    • Être bien, être mal avec quelqu'un, être avec quelqu'un dans de bons, dans de mauvais rapports.

    • Être bien, être mal, se porter bien, se porter mal. Et sans ces adverbes : Comment est notre malade, comment va-t-il ?

  6. 6Être, construit avec la préposition à, exprime en particulier l'appartenance, la dépendance. Cette maison est à moi.

    • Être à...., être lié par les nœuds du mariage, de l'amour.

    • Être à, être au service de.

      • .... Je connais ce valet, il est à don Fadrique.... Thomas Corneille, Engagem. du has. I, 6
      • Cela vient d'un gentilhomme qui était à M. de Turenne Mme de Sévigné, 201
    • Je suis tout à vous, tout disposé à faire ce qui vous sera agréable.

    • Je suis à vous dans un moment, c'est-à-dire attendez-moi, je reviens à l'instant, ou je vais m'occuper de vous.

      • Je suis à toi dans un moment Hamilton, Gramm. 4
    • Il n'est plus à lui, se dit d'un homme dont l'esprit est dans une agitation extrême.

    • On dit dans un sens analogue, n'être plus soi-même.

    • Être à, se dit aussi de la situation, du temps, de l'occupation, etc. Le malade est à l'agonie. Il est à son travail. Il est au lit. Ma famille est à la campagne. Nous sommes au mois de janvier. Vous êtes à la fin du trimestre.

    • Être à jeun, se dit d'une personne qui n'a pris aucun aliment dans la journée.

    • Être à mépris, être méprisé.

    • Être à, se dit, dans le langage des mathématiques, des rapports et des proportions. 2 est à 4 comme 8 est à 16.

      • Comme le produit d'un terrain inculte est au produit d'un terrain cultivé, de même le nombre des sauvages dans un pays est au nombre des laboureurs dans un autre Montesquieu, Esp. XVIII, 16
    • Être à quelque chose, s'en occuper, y prêter attention. Il est tout à ce qu'il fait. Vous n'êtes pas à ce que je vous dis.

    • Être à, suivi d'un infinitif, être occupé à....

      • Je fus samedi tout le jour chez Mme de Villars à parler de vous Mme de Sévigné, 15
    • Être longtemps à, mettre beaucoup de temps. Il est longtemps à faire son ouvrage.

    • Familièrement. Il est toujours à se plaindre, ils sont toujours à se quereller, il ne cesse de se plaindre, ils ne cessent de se quereller.

    • Être à faire, à savoir, etc. c'est-à-dire ne pas faire encore, ne pas savoir encore, etc.

      • Ah ! sire, êtes-vous donc à vous apercevoir Qu'il sème.... MAIRET, Solim. II, 2
      • Ce glorieux vainqueur est encore à savoirLe mauvais traitement qu'il me fait recevoir MAIRET, Soph. I, 4
      • Je n'étais pas à savoir en combien de choses elle [Mlle Choin] entrait Saint-Simon, t. VIII, p. 264, édit. CHÉRUEL.
      • Je n'étais pas à dire mon avis avec colère à Mme la duchesse d'Orléans sur sa manière d'être avec Monseigneur Saint-Simon, t. VIII, p. 262
    • Être à plaindre, à blâmer, être digne de pitié, de blâme. Cela est à vendre, à louer, c'est-à-dire on veut vendre, on veut louer cela.

    • On dit aussi cette marchandise est à prendre ou à laisser.

    • Cela est à faire, cela est à recommencer, c'est-à-dire on devra faire, recommencer cela.

    • Être homme à, être capable de....

    • Impersonnellement. Il est à croire, à désirer, etc. on doit croire, désirer, etc.

  7. 7Être, construit avec la préposition de, indique le rapport de l'effet à la cause, l'origine, l'extraction. Cette tragédie est de Corneille. Cet enfant est de lui. Cette marchandise est de fabrique anglaise. Ces figues sont du Levant.

    • Être de, exprime la profession, la condition. Il est d'Église, d'épée, de robe.

    • Il exprime la matière. Cette statue est de marbre.

    • Il exprime l'occupation. Je suis de service, de garde. Un interne est de garde dans un hôpital. Il est de semaine.

    • Marque la participation. Il est de moitié dans l'affaire. Il sera de la partie.

      • Sont de tous leurs cadeaux, de toutes leurs parties Molière, Éc. des f. IV, 8
      • Mais, monsieur, cela serait-il de la permission que vous m'avez donnée, si je vous disais.... Molière, Don Juan, I, 2
      • On ne voit pas que vous évitiez ces entretiens, ces lieux, ces plaisirs qui sont pourtant de toutes vos confessions Massillon, Car. Inconst.
      • Je vous supplierais de permettre que le nonce du pape en Pologne fût du souper Voltaire, Lett. à Cath. 20
      • Aussi disait-on de Fontenelle qu'il avait été le patriarche d'une secte dont il n'était pas D'Alembert, Élog. Despréaux.
      • M. de Melun fut du voyage Mme de Genlis, Mlle de Clermont, p. 116, dans POUGENS
    • Être du nombre de, ou, simplement, être de, être parmi. Je ne suis pas de ces gens qui....

    • Je suis d'avis que...., c'est-à-dire mon avis est que....

      • Le prince [Alexandre] ayant mis l'affaire en délibération, Parménion était d'avis d'accepter ces offres, et dit que pour lui il le ferait s'il était Alexandre Rollin, Hist. anc. Œuvres, t. III, p. 303, dans POUGENS
    • Cela est bien de son caractère, cela est bien de lui, c'est-à-dire cela est conforme à son caractère, à sa manière de penser et d'agir.

    • Cela n'est pas du jeu ou de jeu, c'est-à-dire cela n'est pas selon les règles du jeu, ne fait pas partie des conventions.

    • Exprime la manière d'être. Cet enfant est d'une grande intelligence. Cette étoffe est d'un teint trop clair.

      • Il est d'une jalousie qui devient tous les jours plus insupportable Mme de Genlis, Théât. d'éduc. la Bonne mère, II, 3
    • Être de, avec un substantif, exprime quelquefois la nécessité, l'obligation d'une chose. Dans ce lieu une mise décente est de rigueur.

      • Comme si le respect qu'on a pour les anciens philosophes était de devoir, et que celui qu'on porte aux plus anciens pères était seulement de bienséance Pascal, Autorité en phil.
    • Exprime la conformité. Ces habitudes ne sont plus de nos mœurs.

    • Être de l'avis, de l'opinion de quelqu'un, partager son avis, son opinion.

    • Être de quelque chose à quelqu'un, l'intéresser.

      • Le Rhône et Lyon me sont de quelque chose Mme de Sévigné, 39
    • Il ne m'est de rien, nous ne sommes pas parents.

    • Familièrement. Il ne m'est ni d'ève ni d'Adam, je n'ai pas avec lui de parenté si éloignée qu'elle soit.

    • Impersonnellement. Il est d'homme sage, etc. c'est l'action d'un homme sage.

      • Pourquoi cette ruine ? était-il d'homme sage De mutiler ainsi ces pauvres habitants [arbres fruitiers] ? La Fontaine, Fabl. XII, 20
      • Il est de la justice, etc. la justice commande.

      • La peste soit du butor ! Peste soit de vous ! Voy. PESTE.

  8. 8Terme de généalogie. Être du trois au quatre, du cinq au quatre avec quelqu'un, être dans un degré de parenté tel que les deux personnes dont il s'agit, appartenant à deux branches différentes, aient un bisaïeul, un trisaïeul commun ; ainsi la parenté du grand Condé avec M. de Vardes était du cinq au quatre, c'est-à-dire qu'ils avaient un trisaïeul commun, la Trémouille. Ce qui fait que l'on exprime ainsi cette parenté, c'est que le point de départ n'est compté qu'une fois : la Trémouille, une fille, une fille, une fille, Condé, cinq ; de l'autre côté, une fille, un garçon, une fille, Vardes, quatre.

    • Elle [la princesse de Tarente] n'est que du trois au quatre avec madame la Dauphine ; il faut être son neveu ou sa nièce pour qu'elle compte cela pour quelque chose Mme de Sévigné, Lett. 25 mai 1680
  9. 9Être, construit avec la particule en, exprime le point où l'on est parvenu dans un travail, dans une affaire, et quelquefois l'état où l'on est réduit. Où en êtes-vous de votre ouvrage ? Où en est l'affaire ? Où en êtes-vous de votre procès ? j'en suis à faire nommer un rapporteur. Voilà où j'en suis.

    • Il ne sait où il en est, il est troublé au point qu'il ne sait plus ce qu'il fait.

      • Je ne sais où j'en suis Corneille, Ment. v, 6
    • En êtes-vous là ? croyez-vous cela ? ou bien êtes-vous dans cette résolution, dans cette erreur ?

    • Où en sommes-nous ? se dit par indignation ou par plainte, quand on voit quelque grand désordre.

    • Il n'en est pas où il croit, il est bien loin de ce qu'il espère ou imagine.

    • On supprime quelquefois la particule en.

    • En être, être de la partie, de l'affaire, etc. Je vous baise les mains, je m'en vais ici près Chez mon oncle dîner. - ô Dieu ! le galant homme ! J'en suis.

      • ... Régnier, Sat. VIII
      • On proposait une chasse, elle déclara qu'elle en voulait être Fénelon, Tél. VII
      • Ma foi, je n'en suis plus ; ceci devient tragique CAMPISTRON, Jaloux désabusé, IV, 6
      • S'il faut prendre longtemps de la peine, je n'en suis plus J.-J. Rousseau, Confess. IV
    • J'en suis pour ce que j'ai dit, je garde l'opinion que j'avais exprimée.

    • Elliptiquement et familièrement. Il en est, il est d'une société, d'une bande suspecte, de la police.

    • Elliptiquement et populairement. C'en est, je crois que c'en est, se dit, par euphémisme, des excréments humains.

    • Cela n'en est pas, celui-là n'en est pas, c'est-à-dire on ne doit pas faire cela. Il s'agit de jeux, et les coups n'en sont pas.

    • J'en suis pour ma peine, pour mon argent, j'ai perdu ma peine, mon argent. J'en suis pour une dent, j'y ai perdu une dent.

    • En être sur, pointiller sur....

      • Quand je vois des gens en être avec moi sur le plus ou sur le moins.... La Bruyère, VI
    • En être, se dit du résultat, des conséquences d'une chose. On l'a traité outrageusement, et il n'en a rien été. Il en sera de cette affaire ce qu'il vous plaira.

    • On peut aussi supprimer la particule en : Il sera de cette affaire ce qu'il vous plaira.

    • Il en sera ce qu'il plaira à Dieu, se dit pour exprimer qu'on se résigne à la volonté de Dieu, à l'événement quel qu'il soit.

    • Ce qui en est, la réalité, la vérité.

      • On prétend qu'elle plut au roi, je ne sais ce qui en est Mme DE CAYLUS, Souven. p. 142, dans POUGENS
    • Il en est, il n'en est pas de, exprime la similitude, la conformité. Il en est des peintres comme des poëtes, ils ont la liberté de feindre. Il en est de même de tout le reste.

    • Il n'en est rien, c'est-à-dire cela n'a aucune vérité, cela est faux. Ne croyez pas cette nouvelle, il n'en est rien.

    • Il n'y a pas lieu à mettre en, lorsque la phrase a un complément qui en tient lieu.

      • Je prie Dieu, monseigneur, qu'il ne soit rien de tout ce que je viens dire Guez de Balzac, liv. II, lett. 6
  10. 10Être construit avec la particule y. Y être, être chez soi. Y être pour quelqu'un, avoir donné l'ordre précis de recevoir une personne.

    • Et pourquoi lui dire que je n'y suis pas ? est-ce pour les personnes comme elle qu'on n'y veut pas être ? Dancourt, Chev. à la mode, II, 8
    • Par plaisanterie. Allez voir là dedans, et, plus souvent, allez voir dehors si j'y suis, se dit pour renvoyer quelqu'un avec qui l'on ne se gêne pas ou contre qui l'on se fâche.

      • Voyez là dedans si j'y suis LEGRAND, Roi de Cocagne, II, 10
    • Je n'y suis pour rien, je n'ai pris aucune part à la chose dont il s'agit, ou je n'y suis pas compromis. Avez-vous perdu à cette faillite ? Non, je n'y suis pour rien.

    • Vous n'y êtes pas, vous ne comprenez pas. Il y est, il a compris.

      • M. de Lauzun épouse dimanche, au Louvre, devinez qui.... c'est assurément Mlle de Créqui. - Vous n'y êtes pas Mme de Sévigné, 9
      • Comment ? je n'y suis pas ; vous plairait-il de recommencer ? La Bruyère, V
    • Il n'y est plus, il ne fait plus attention, ou il est dérouté.

    • La tête n'y est plus, il est fou, il est tombé en enfance.

  11. 11Être se construit avec différentes prépositions.

    • Être après, être occupé à.

    • Être après quelqu'un, l'obséder, le poursuivre, ou le harceler en paroles. Je ne puis bouger sans qu'il soit après moi. Vous êtes bien moqueur, pourquoi êtes-vous toujours après moi ?

    • Être avec quelqu'un, vivre habituellement avec lui. Y a-t-il longtemps que vous n'êtes plus avec votre frère ?

    • Être avec quelqu'un, se trouver quelque part avec lui. Vous étiez avec moi lorsqu'il me parla.

    • Être avec quelqu'un, rester avec lui. Dans le langage biblique, le Seigneur est avec lui, le protége.

      • Soyez avec madame Molière, Mis. III, 6
      • Le Seigneur était avec lui, et tout lui réussissait heureusement Saci, Bible, Genèse, XXXIX, 2
    • Être en, désigne la manière d'être. Être en toilette, en robe de chambre, en pantoufles. Être en fête, en promenade. Une exposition en plein midi. En printemps, en hiver. Déguisé en Turc.

    • Être dans une affaire pour un quart, pour un dixième, y avoir un intérêt d'un quart, d'un dixième.

    • Être pour, suivi d'un infinitif, être propre à, capable de.

    • Être pour, suivi d'un substantif, être du parti de.

    • Dieu est pour nous, Dieu nous protége.

    • Être pour, être destiné à. Ceci, cette part est pour vous. Mes vœux sont pour vous. Sa dernière pensée a été pour vous. Ce que je dis n'est que pour le contenter.

    • Être pour, être d'avis de. Vous hésitez ? Moi je suis pour la promenade.

    • Être sans fortune, sans amis, n'avoir point de fortune, point d'amis.

    • On dit de même être sans connaissance, sans vie, sans pitié, etc.

    • Être.... sans...., rester.... sans....

      • On fut quelque temps à la cour sans entendre parler des affaires d'Angleterre LAFAYETTE, Mém. cour de Fr. Œuvres, t. II, p. 390, dans POUGENS
      • On fut deux ans sans entendre parler d'elle Mme de Genlis, Veillées du château t. I, p. 169, dans POUGENS
    • Vous n'êtes pas sans savoir... vous n'ignorez pas sans doute.

    • Cela n'est pas selon la raison, selon la loi, selon les convenances, etc. cela n'est pas conforme à la raison, à la loi, aux convenances, etc.

    • C'est selon, la chose dépend des circonstances.

    • Être sous, dépendre de. J'étais sous un dur maître.

    • Être sous, suivre les leçons de. J'étais sous tel professeur.

    • Être sur, siéger sur, être placé sur. Être sur les tréteaux.

      • Un grand causeur, s'il est sur les tribunaux, ne laisse pas la liberté de juger La Bruyère, Théophr. 7
    • Être sur, s'occuper de quelqu'un, de quelque chose, en converser.

      • .... Nous étions tout à l'heure sur toi Molière, le Dép. I, 2
      • Sur quoi en étiez-vous, mesdames, lorsque je vous ai interrompues ? Molière, Critique, 5
      • Vous êtes là sur une matière qui depuis quatre jours fait presque l'entretien de toutes les maisons de Paris Molière, ib. 6
      • L'autre ouvrage considérable et qui n'est pas encore imprimé, est la traduction de Quinte-Curce, sur laquelle il [Vaugelas] avait été trente ans, la changeant et la corrigeant sans cesse PELLISSON, Hist. Acad. t. I, p. 300, dans POUGENS
    • Dans le langage de l'Écriture, la main de Dieu est sur.... signifie le châtiment infligé par la colère divine.

      • La main de Dieu fut sur lui, son règne fut court, et sa fin fut affreuse Bossuet, Hist. I, 6
  12. 12Être que de, être de, être à la place de ; ne se dit qu'avec les conjonctions si ou quand. Quand je serais de vous, je ne le ferais pas davantage.

  13. 13Impersonnellement. Il est, c'est-à-dire il y a, on trouve. Il est des hommes que la résistance anime. Est-il puissance capable de contraindre la volonté ?

    • Un coquin s'il en est, un coquin s'il en fut, se dit pour exprimer qu'un homme est aussi coquin qu'il est possible.

      • Grand et hardi menteur s'il en fut jamais Guez de Balzac, Lett. à Conrard, 28 avril 1653
    • Des grammairiens ont demandé s'il fallait écrire s'il en fut ou s'il en fût. Le verbe n'est pas au subjonctif, comme on le voit quand le verbe est un présent.

    • Il est en.... de, il est au pouvoir de....

      • Il est en vous de l'éviter [la colère du ciel] par un prompt repentir Molière, Festin, IV, 9
    • Il n'est pas en moi de faire telle chose, je n'ai pas le pouvoir de faire telle chose, ou bien mon caractère ne me le permet pas.

    • Est-il, signifiant il est certain, ne s'emploie que dans des phrases construites ainsi : toujours est-il, or est-il. Vous soutenez cet homme, toujours est-il qu'il a commis une mauvaise action.

      • Or est-il que j'en fais un tel fondement, que je ne vous rends pas même les devoirs ordinaires Guez de Balzac, liv. VI, lett. 3
      • Or est-il que le Fils de Dieu a voulu choisir la parole pour être l'instrument de sa grâce Bossuet, Prédic. 3
    • Il n'est rien de si beau que...., nulle chose n'est aussi belle que....

    • Il est midi, une heure, trois heures, c'est-à-dire l'heure actuelle est midi, une heure, trois heures. Quelle heure est-il ? à l'heure qu'il est.

    • Il est jour, il est nuit, il fait jour, il fait nuit.

    • Il n'est que lundi, mardi, etc. nous ne sommes encore qu'à lundi, mardi.

      • J'y reçus une de vos lettres ; et, quoiqu'il ne soit que lundi et que celle-ci ne parte que mercredi, je commence à causer avec vous Mme de Sévigné, Lett. 19 juill. 1677
    • Ce qu'il peut être, autant qu'il peut être.

    • Il n'est que telle chose, c'est-à-dire il n'est rien de tel que, cela seul convient.

      • Pour perdre des amants celles qui s'en affligent Donnent trop d'avantage à ceux qui les négligent ; Il n'est lors que la joie, elle nous venge mieux Corneille, Mél. III, 5
    • Il n'est que de.... c'est-à-dire le mieux est de.... Il n'est que de prendre les choses comme elles viennent.

    • Il n'est que de.... signifie aussi : en fait de choses dont il s'agit, la meilleure vient de. Il n'est pommes que de Normandie. Il n'est pruneaux que de Tours.

    • Il n'est pas que.... avec ne, et le verbe suivant au subjonctif, il n'est pas supposable que....

      • Il n'est pas que vous ne sachiez quelques nouvelles de cette affaire Molière, l'Av. v, 2
      • Il n'est pas que vous n'ayez ouï parler du goût bizarre de cet empereur qui préféra les écrits de je ne sais quel poëte aux ouvrages d'Homère Boileau, Dissert. sur Joconde.
  14. 14Être, construit avec ce antécédent, voy. pour les règles de cette construction CE, à l'article et aux remarques.

  15. 15Soit ! expression elliptique d'assentiment. Vous le voulez ; soit ! j'irai avec vous.

    • Ainsi soit-il ! formule qui termine certaines prières.

    • Expression de souhait.

    • Elliptiquement. Soit fait selon votre volonté, c'est-à-dire qu'il soit fait.... Entre nous soit dit.

      • Soit dit confidemment, je crois qu'il est jaloux De tous les sentiments qui m'attachent à vous Gresset, Méchant, v, 5
      • Soit, conjonction, voy. SOIT.

  16. 16Elliptiquement. N'était, n'eût été, si ce n'était, si ce n'eût été. N'était, n'eût été que je suis votre ami. N'était l'amitié que j'ai pour vous.

    • Et encore n'était le hasard et la perte, Je voudrais.... Régnier, Ép. II
    • Mais par ma foi, madame, n'était que je lui ai déjà vu jouer mille fois le même rôle, je ne saurais qu'en dire BARON, Homme à bonnes fort. III, 2
    • Fût-il.... quand même il serait....

    • Ne fût-ce.... que, quand ce ne serait que....

      • Despréaux est pour eux une grande autorité, ne fût-ce que parce qu'il est mort D'Alembert, Latin des modernes
  17. 17Cela étant, vu que la chose est ainsi.

    • Et cela étant, qui doute qu'il ne fallût faire des prières générales ? Guez de Balzac, liv. I, lett. 5
    • Cela étant, Valère mon maître n'a plus qu'à chercher fortune ailleurs Lesage, Crisp. riv. de son maître, sc. 2
    • Étant ou en étant, dans une construction absolue, c'est-à-dire ne se rapportant ni au sujet ni au régime de la phrase.

      • Roquebrune n'était pas d'avis qu'on le reçût, en étant des poëtes comme des femmes Scarron, Roman comique, III, 5
      • Je n'ai parlé que des noms communs, étant indubitable que c'est fort bien parler que de dire.... LANCELOT, Gramm. génér. II, 10
      • Je dis qu'étant impossible que Dieu emprunte rien du dehors, il ne peut avoir besoin que de lui-même pour connaître tout ce qu'il connaît Bossuet, Libre arb. 3
      • Vous ne pouvez différer, étant important de ne vous pas arrêter davantage Bossuet, Lett. quiét. 477
      • Nous étant défendu de fixer notre cœur à la terre, la situation doit nous paraître la plus souhaitable Massillon, Car. Prosp.
    • Étant se rapportant au régime.

      • On connaîtra que, n'étant autre chose qu'un poëme ingénieux, on ne saurait le censurer sans injustice Molière, Tart. Préf.
  18. 18Être s'emploie comme auxiliaire des verbes passifs (en ses temps simples et composés : je suis aimé, j'ai été aimé), et d'un grand nombre de verbes neutres (seulement en ses temps simples : je suis venu, j'étais venu. Cependant on pourrait dire : Il devait venir quand j'aurais été parti). Cicéron fut exilé de Rome. Le pont a été emporté par la débâcle. Il est sorti d'Abraham. Ils sont tous morts. Je vous aurais trouvé si je fusse venu à temps.

    • Il est aussi auxiliaire dans tous les verbes réfléchis, directs ou indirects, mais seulement avec ses temps simples. Il s'est emparé de la ville. Elle s'est cassé le bras. Ils se sont blessés en jouant.

  19. 19Être se dit pour aller, quand on est allé dans un lieu et qu'on en est revenu ; ce qui fait voir qu'en ce sens être a d'abord gardé sa signification naturelle ; il est allé à Rome exprime simplement qu'il a fait le voyage de Rome, sans dire s'il est de retour ; il a été à Rome exprime qu'il est revenu ; être pour aller ne s'emploie qu'aux temps passés : je fus, j'ai été, j'aurai été, j'aurais été, je fusse, ayant été.

    • J'ai été premièrement tout contre l'arsenal au bout du faubourg St-Germain, du faubourg St-Germain au fond du Marais Molière, Am. méd. II, 3
    • Mon cheval a fait tout cela aujourd'hui, et de plus j'ai été à Ruel voir un malade Molière, ib.
    • La comédie de Racine m'a paru belle, nous y avons été Mme de Sévigné, à Mme de Grignan, 15 janv. 1672
    • C'est abusivement qu'on emploie être pour aller en d'autres circonstances ; cependant, dans l'usage vulgaire, on se sert souvent de je fus et j'ai été au sens d'aller avec un infinitif suivant ; et on en trouve des exemples dans d'excellents auteurs et dans de très anciens textes.

      • Il fut recevoir le corps de son frère jusqu'à Pavie ; son frère n'avait été qu'une journée au-devant de lui D'ABLANCOURT, Tacite, 134
      • Et nous fûmes coucher sur le pays exprès,C'est-à-dire, mon cher, au fin fond des forêts Molière, Fâcheux, II, 7
      • À peine ai-je été les voir trois ou quatre fois, depuis que nous sommes à Paris Molière, Impromptu, 1
      • Je fus retrouver mon janséniste Pascal, Prov. 1
      • Elle fut au-devant d'elle les bras ouverts Mme de Sévigné, 17
      • Quand un Porphyre, quand un Julien l'apostat, ennemis d'ailleurs des Écritures, ont voulu donner des exemples de prédictions prophétiques, ils les ont été chercher parmi les Juifs Bossuet, Hist. II, 5
      • Il prit deux perdrix et fut chez sa maîtresse Hamilton, Gramm. 4
      • Si on eût eu à chercher un homme heureux, on l'eût été chercher bien loin de lui et bien plus haut, mais on ne l'y eût pas trouvé Fontenelle, Varignon.
      • Tu ceignis en mourant ton glaive sur ta cuisse,Et tu fus demander récompense ou justiceAu Dieu qui t'avait envoyé Lamartine, Méd. II, 7
  20. 20Être, avoir été, à l'infinitif, pris substantivement.

Remarque

1. Être se conjugue avec l'auxiliaire avoir : J'ai été, et non je suis été ; ce que dit l'italien : io sono stato ; italianisme qui au XVIe siècle essaya de se glisser. 2. Ce furent mes sœurs qui y allèrent. L'euphonie fait admettre le singulier dans les locutions interrogatives : Fut-ce mes sœurs qui le firent ? 3. Les constructions du verbe être suivant que le sujet est au singulier ou le complément au pluriel, et vice versa, présentent de l'embarras. Il y a trois cas : 1er cas. Un sujet au singulier avec un complément au pluriel, et le verbe au singulier. Cette construction ne fait pas difficulté. 2e cas. Un sujet au singulier, avec un complément au pluriel, et le verbe au pluriel. Cette construction est archaïque, et aujourd'hui, dans des cas pareils, on met de préférence le verbe au singulier. 3e cas. Un sujet au pluriel, avec un complément au singulier et le verbe au singulier. Ici deux ans, quatre ou cinq mille écus sont considérés chacun comme un chiffre unique, et le sens entraîne avec soi d'une façon naturelle la construction du verbe au singulier. 4. L'Académie remarque à propos du verbe être que les grammairiens (et il vaudrait mieux mettre : quelques grammairiens) l'appellent verbe substantif. Cela est vrai ; mais il aurait fallu ajouter : 1° qu'ils lui donnent ce nom par opposition à tous les autres verbes, qu'ils nomment verbes adjectifs ; 2° que, dans tous les cas, ces deux dénominations sont fort mauvaises, puisque substantif et adjectif désignent deux espèces de mots, et verbe une troisième ; et que le rapprochement de ces mots contradictoires n'a absolument aucun sens ; 3° que Dumarsais, considérant que tout verbe se résout dans le verbe être suivi de son participe présent, appelait être le verbe simple ou absolu, et tous les autres des verbes composés ; 4° que ces mots entraînaient une confusion, puisque, à un autre point de vue, mettre est un verbe simple, et admettre, commettre, etc. des verbes composés ; 5° que Beauzée a trouvé le véritable nom en appelant être le verbe abstrait ; et alors tous les autres verbes sont concrets, comme réunissant au sens du verbe être celui de leur participe ; ou attributifs, parce que ce participe commence l'attribut dans la proposition où ils entrent.

Proverbes

On ne peut pas être et avoir été, on ne peut être vieux et jeune tout ensemble. Il faut être tout un ou tout autre, il faut avoir une conduite, une manière de penser décidée.

Étymologie

Bourguign. Être ; Berry, je seus, je suis ; provenç. esser ; catal. esser, ser ; espagn. et portug. ser ; ital. essere ; d'une forme latine barbare essere, pour esse, être, du radical es ou as, qui fait aussi, dans l'allemand ist, et dans le sanscrit asmi, le verbe abstrait. Le verbe être est formé de trois verbes latins différents : 1° esse, qui a donné l'infinitif estre, le présent je suis, tu es, il est, nous sommes, vous êtes, ils sont, le subjonctif je sois, le futur je serai, le conditionnel je serais ; 2° fuo, qui a donné le prétérit je fus et le subjonctif je fusse (voy. FUS, pour l'étymologie) ; 3° stare, qui a donné l'imparfait j'estois, le participe présent estant, et le participe passé esté (voy. le verbe ESTER). D'après Vaugelas, qu'il soit, qu'ils soient se prononçait sait, saient ; c'est une prononciation usitée encore en Normandie. L'ancienne langue, à côté de l'imparfait estoie, avait un autre imparfait ere ou iere qui représente le latin eram, et, à côté du futur serai, elle avait un autre futur ere ou iere qui représente le latin ero. Dans le latin barbare esse-re, re provient d'une assimilation faite mal à propos avec les verbes en ere (le 1er e étant un e bref) ; car déjà, dans es-se, se représente ce re.

2être s. m. (ê-tr')

  1. 1État, existence, qualité de ce qui est.

    • La nature dure et se maintient perpétuellement dans son être Pascal, dans COUSIN
    • Le peu que nous avons d'être Pascal, ib.
    • Si notre être, si notre substance n'est rien, tout ce que nous bâtissons dessus, que peut-il être ? Bossuet, Duch. d'Orl.
    • Avant qu'il [Dieu] eût donné l'être, rien ne l'avait que lui seul Bossuet, Hist. II, 1
    • Qui a un cœur et qui peut aimer l'auteur de son être Massillon, Prière I
    • Le corps politique ou le souverain ne tirant son être que de la sainteté du contrat J.-J. Rousseau, Contrat, I, 7
    • L'être suprême de Dieu, son existence suprême.

      • Ô Dieu ! si c'était là le caractère de votre être suprême.... Massillon, Carême, Avenir.
    • Le non-être, le néant, l'anéantissement.

      • .... Peut-être Que mon cœur combattu par la peur du non-être BOURSAULT, Ésope à la cour, III, 3
  2. 2Ce qui est.

    • Le péché qui est le véritable néant, parce qu'il est contraire à Dieu, qui est le véritable être Pascal, Lett. à Mme Périer, 1er avril 1648
    • Je sens que je peux n'avoir point été ; car le moi consiste dans ma pensée ; donc moi qui pense n'aurais point été, si ma mère eût été tuée avant que j'eusse été animé ; donc je ne suis pas un être nécessaire ; je ne suis pas aussi éternel, ni infini ; mais je vois bien qu'il y a dans la nature un être nécessaire, éternel et infini Pascal, Pens. art. I, 11
    • Moi néant, moi ombre de l'être, je vois celui qui est Fénelon, Exist. 345
    • Ô Dieu ! ô le plus être de tous les êtres ! Fénelon, ib. 264
    • J'aurais prié ce Dieu, seul être que j'adore Voltaire, Alz. v, 1
    • Une existence évanouieNe fait pas baisser d'une vieLe flot de l'être toujours plein Lamartine, Harm. IV, 9
    • Être suprême, l'être au-dessus de tout.

      • Dieu étant par sa nature au-dessus de tout, rien ne peut entrer en comparaison, ni ne doit être mis dans un degré d'égalité avec ce premier être, cet être suprême Bourdaloue, Pensées, t. I, p. 39
      • S'il y a au-dessus de nous un être suprême, auteur de cet univers Massillon, Car. Prière II
    • Absolument, l'être suprême, Dieu.

      • Le grand être, Dieu.

        • Ne pouvant élever mes faibles conceptions jusqu'au grand être, je rapprochais les rapports infiniment éloignés qu'il a mis entre sa nature et la mienne J.-J. Rousseau, Ém. IV
      • Être des êtres, Dieu.

        • Être des êtres, je suis parce que tu es, c'est m'élever à ma source que de te méditer sans cesse J.-J. Rousseau, ib.
      • Dans l'être suprême, l'être des êtres, le grand être, l'être souverain, qui, pris absolument, signifient Dieu, on met un E majuscule. Quand être suprême n'est pas pris absolument, l'e est minuscule.

      • Terme de métaphysique. La science de l'être, ou ontologie, étude de l'être en soi, de l'être absolu, indépendamment de toutes les propriétés qui le déterminent.

  3. 3Tout ce qui existe, considéré comme ayant l'existence d'une façon quelconque. Les êtres de la nature. L'ensemble des êtres vivants.

    • Dans le langage philosophique. Il ne faut pas multiplier les êtres, il ne faut pas supposer des êtres qui n'existent point.

    • Être pensant, l'être qui est doué de la pensée.

      • Citoyen, l'homme adopte une forme de gouvernement ; être pensant, il n'a de patrie que l'univers Mirabeau, Collection, t. v, p. 363
    • Les êtres intelligents, tout ce qui est doué d'intelligence, et, en particulier, l'homme.

      • Les êtres particuliers intelligents peuvent avoir des lois qu'ils ont faites ; mais ils en ont aussi qu'ils n'ont pas faites Montesquieu, Espr. I, 1
    • Être de raison, ce qui n'existe que dans l'imagination.

      • Il ne me semble pas aussi que vous prouviez rien contre moi en disant que l'idée de Dieu qui est en nous n'est qu'un être de raison ; car cela n'est pas vrai, si par un être de raison l'on entend une chose qui n'est point, mais seulement si toutes les opérations de l'entendement sont prises pour des êtres de raison, c'est-à-dire pour des êtres qui partent de la raison, auquel sens tout ce monde peut aussi être appelé un être de raison divine, c'est-à-dire un être créé par un simple acte de l'entendement divin Descartes, Rép. II, 10
      • Un homme doué, à mesure égale, de jugement et d'imagination, de véhémence et de finesse, de bel esprit et de sentiment, est un être de raison Diderot, Règne de Claude et Néron, II, § 9
  4. 4Une personne. Un pauvre petit être, un enfant malade, souffrant.

    • Personne, avec une signification de dénigrement. Quel être insupportable ! Quel être vil et méprisable !

  5. 5Vie, naissance.

  6. 6Ce qui constitue la nature, le fond d'une chose.

    • Je soutiens que le temps n'est rien, parce qu'il n'a ni forme ni substance ; que tout son être n'est que couler, c'est-à-dire que tout son être n'est que de périr, et, partant, que tout son être n'est rien Bossuet, Yol. de Monterby.
    • Ce qui constitue le caractère d'un être vivant, et, en particulier, la personnalité d'un homme.

      • C'est donc la pensée qui fait l'être de l'homme, et sans quoi on ne peut le concevoir Pascal, Pens. part. I, art. 4
      • Nous ne nous contentons pas de la vie que nous avons en nous et en notre propre être : nous voulons vivre dans l'idée des autres d'une vie imaginaire, et nous nous efforçons pour cela de paraître ; nous travaillons incessamment à embellir et à conserver cet être imaginaire, et nous négligeons le véritable Pascal, Pens. t. I, p. 251, édit. LAHURE.
      • Les anciens amis sont les seuls qui tiennent au fond de notre être Voltaire, Lett. Mme du Deffant, 27 déc. 1758
      • Ce monde est un grand bal où des fous.... Pensent enfler leur être et hausser leur bassesse Voltaire, Disc. 1
      • Je chéris un époux et je révère un maître ;Voilà mes sentiments, et voilà tout mon être Voltaire, Olympe, I, 3
      • Disposez de moi comme d'un homme qui n'est plus rien pour lui-même, et dont tout l'être n'a de rapport qu'à vous J.-J. Rousseau, Hél. I, 12
      • Le cheval est une créature qui renonce à son être pour n'exister que par la volonté d'un autre BUFFON, Cheval.
    • Un nouvel être, nouveaux sentiments, nouvelles forces, nouvelles ardeurs. J'ai pris un nouvel être.

  7. 7La réalité.

    • En tout Zadig préférait l'être au paraître Voltaire, Zadig, 4
    • Existence, importance, en parlant des choses.

      • C'était [porter le bougeoir du roi] une distinction qui se comptait, tant le roi avait l'art de donner l'être à des riens ! Saint-Simon, 102, 92
  8. 8Manière d'être, condition, position dans le monde.

    • Être représentatif, qualité de représentant, d'ambassadeur.

      • Si les ambassadeurs abusent de leur être représentatif, on le fait cesser, en les renvoyant chez eux Montaigne, Espr. XXVI, 21
  9. 9S. m. plur. Les êtres, voy. ÊTRES.

Étymologie

Être 1.

Supplément

2. ÊTRE. Ajoutez : - REM. J. J. Rousseau a dit : encore en être, pour : encore existant.

3être s. m. (ê-tr')

  1. Terme d'administration forestière, qui s'emploie dans la locution : à blanc être, synonyme de à blanc estoc. Voy. ESTOC.

Étymologie

Estre a quelquefois signifié être debout par une confusion avec le verbe ester qui a proprement ce sens. C'est ce qui est arrivé ici.

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, 1872-1877 · cliquer un vers pour le scander