1esse s. f.
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Nom de l's (voy. S).
Nom de l's (voy. S).
1Cheville de fer tortue, placée au bout de l'essieu d'une voiture pour empêcher la roue de sortir de l'essieu.
2Crochet qui termine chaque extrémité du fléau d'une balance, et auquel on attache les cordons.
3Morceau de fer tortu dont on se sert pour accrocher les pierres qu'on veut élever dans un bâtiment.
4Terme de marine. Bandes de fer courbées, embrassant le bout des traversins ou des barres de perroquet, et percées pour laisser passer les haubans.
5Lame de fer formant des espaces circulaires de différents diamètres et servant à jauger le fil de fer.
6Terme de luthier. Ouverture faite en s qui est sur la table des instruments de la famille du violon (violon, alto, violoncelle, contre-basse et même pochette).
7Sorte d'ancien jeu.
La cour, sur le réquisitoire du procureur général, étant informée que, dans l'étendue de la justice de Chamarande, il se joue un jeu nommé jeu de clefs ou de esse, duquel il est résulté des inconvénients pour les spectateurs qui en ont été blessés, défend à toutes personnes de jouer ledit jeu, à peine de 20 livres d'amendeArrêt de la cour du Parlement, 16 juin 1779
8Esses pour boutons de chemises, pour chaînes.
La lettre s, à cause de la forme.
Qui s'est confessé. Mot aujourd'hui inusité et qui ne s'emploie plus que dans l'imitation du style ancien. Mourir confès.
Latin confessus, qui a avoué, participe passé de confiteri (voy. CONFESSER).
1Qui est exprimé de manière à ne laisser aucun doute possible.
Lisez ce qu'il cite d'Aristote, et vous verrez qu'après une autorité si expresse il faut brûler les livres de ce prince des philosophes, ou être de notre opinionPascal, Prov. 4
Ce Père [saint Ambroise] pouvait-il s'en expliquer d'une manière plus expresse ?BOURDALOUE, Annonciat. de la Vierge, Myst. t. II, p. 109
Aussitôt qu'il fut parvenu à l'empire, il défendit par un édit exprès que l'on composât jamais de vers pour luiFontenelle, Auguste, Aretin.
2Il se dit aussi de ce qui est fermement déterminé, arrêté.
Il peut, pour conserver son honneur, se trouver au lieu assigné, non pas véritablement avec l'intention expresse de se battre en duel, mais seulement avec celle de se défendre, si celui qui l'a appelé l'y vient attaquer injustementPascal, Prov. 7
Tout ce qui montre de l'ordre, des proportions et des moyens propres à faire de certains effets, montre aussi une fin expresse, un dessein forméBossuet, Connaiss. IV, 1
Un jugement d'habitude est redressé par un jugement de réflexion expresseBossuet, ib. I, 8
3Qui s'exprime en termes exprès, en parlant des personnes ou des livres.
L'Écriture y est expresse [que la prière vient de Dieu]Bossuet, Défense de la tradition, X, 21
4S. m. Messager chargé d'une mission déterminée.
J'envoie cet exprès pour en avertir madameBossuet, Lett. abb. 7
Provenç. expres ; espagn. expreso ; ital. espresso ; du lat. expressus, exprimé, participe de exprimere, de ex, hors, et premere, presser (voy. PRESSION).
1Celui, celle qui reçoit et traite quelqu'un sans rétribution, qui lui donne l'hospitalité, par humanité, par amitié, par bienveillance. Nous remerciâmes notre hôte de l'accueil qu'il nous avait fait.
Il s'est dit des paysans ou bourgeois qui étaient contraints de loger les soldats, les officiers du roi.
Fig.
2Celui, celle qu'on reçoit et qu'on traite bien. Régaler ses hôtes.
Le fameux Scipion de qui vous fûtes l'hôteCorneille, Sophon. IV, 2
Mon hôte, tu franchis le seuil de ma famille, à l'heure qui jadis a vu naître ma filleAndré Chénier, ib.
Dans l'ordre des chartreux, se disait d'un religieux qui demeurait dans une chartreuse dont il n'était pas profès.
Par extension.
Nos hameaux Seront bientôt remplis de nos hôtes nouveauxVoltaire, Scythes, I, 5
Fig.
3Familièrement. Les animaux qui fréquentent, habitent la demeure de l'homme. Les rats sont des hôtes incommodes.
4Habitant.
Les hôtes des bois, les animaux qui les habitent.
Le divers langage des hôtes du désert nous paraît calculé sur la grandeur ou le charme du lieu où ils viventChateaubriand, Génie, I, V, 5
5Celui, celle qui tient une auberge, une hôtellerie. L'hôte, l'hôtesse du Cheval blanc.
T'ai-je encore décrit la dame brelandière Qui des joueurs chez soi se fait cabaretière, Et souffre des affronts que ne souffrirait pas L'hôtesse d'une auberge à dix sous par repas ?Boileau, Sat. X
Table d'hôte, table où plusieurs personnes réunies mangent à heure et à prix fixes. Vivre à table d'hôte.
À table d'hôte ? je vous entends, tant par tête ; combien êtes-vous, s'il vous plaît ?Dancourt, Maison de camp. sc. 30
Fig. Il est l'hôte et l'hôtellerie, se dit d'un homme qui fait toutes sortes de fonctions dans une maison, qui se mêle de toutes sortes d'affaires.
6Celui qui vient manger ou loger dans une hôtellerie, une auberge. Cet aubergiste a en ce moment des hôtes qui payent bien.
7Celui qui donne à loyer une portion de sa maison. L'hôte est tenu des grosses réparations.
Celui qui tient à loyer une portion de maison. Ce propriétaire a chez lui des hôtes commodes.
Hôte a vieilli dans ces deux sens ; on dit aujourd'hui : propriétaire et locataire.
8Terme de pêche. Hôte ou bourgeois, celui à qui appartient le bateau pêcheur.
Il n'y en a point de plus foulé que l'hôte
, se dit en parlant de certaines parties de plaisir où chacun porte son plat pour aller dîner chez quelqu'un de la société. Qui compte sans son hôte compte deux fois
, se dit de celui qui fait son compte en l'absence de la personne qui y est intéressée. Compter sans son hôte
, se méprendre, compter sur une chose qui ne se fait pas. Bon visage d'hôte
, bon accueil de celui qui donne à manger chez lui, qui reçoit et héberge ses amis.
Provenç. hoste, oste, osde ; espagn. huesped ; portug. hospede ; ital. oste ; du lat. hospitem, dont on conjecture deux étymologies : sanscrit, gosha, station des vaches, et pati, maître : le maître de la station des vaches où s'arrête le voyageur ; ou bien ghaspati, le maître qui donne à manger. Des étymologistes l'ont aussi rattaché à un radical qui se trouve dans les langues slaves : lithuanien, gaspada, hôtellerie ; mais voy. à HOSPODAR ce qui fait objection.
1Terme bas et injurieux. Personne excessivement grosse.
2Goulu, gourmand.
3S. m. Gros marteau de batteur d'or.
Bourg. piffre, un gars ; prov. piffart, replet, terme d'injure. Piffre (un homme gros a les joues gonflées, comme s'il jouait de la flûte ou du fifre) vient de pifre, qui s'est dit, au XVIe siècle, pour fifre (voy. ce mot), et qui est l'ital. pifero, esp. pifaro, un fifre ; lesquels, à leur tour, dérivent de l'anc. haut-allem. pfîfa, all. mod. Pfeife, sifflet. Diez remarque que le mot germanique n'est pas indigène et qu'il est une altération du lat. pipare, pipiare, piauler (voy. PIPEAU et PIGEON). Au contraire, le Valésiana, p. 81, rattache piffre à pifli, nom qu'on donnait aux hérétiques appelés bougres, bulgari ; mais la première étymologie mérite la préférence.
1Qui a fait les vœux par lesquels on s'engage dans un ordre religieux, après le noviciat expiré. Religieux profès. Religieuse professe.
Maison professe, maison dans laquelle résident les profès.
Ce manuscrit [du P. Sicard, sur l'Égypte], déposé à la maison professe des jésuites, fut dérobéChateaubriand, Génie, IV, IV, 1
Il se dit, dans un sens analogue, des ordres de chevalerie.
L'on commença dès le vendredi, comme je vous l'ai dit ; ces premiers [la moitié des chevaliers] étaient profès avec de beaux habits et leurs colliersMme de Sévigné, 502
2S. m. et f. Un jeune profès. Une jeune professe.
Par plaisanterie.
Et qui s'est dit profès dans l'ordre des coteaux [association de gourmets]Boileau, Sat. III
Par extension.
Il n'y avait alors aucun culte qui n'eût ses mystères, ses associations, ses catéchumènes, ses initiés, ses profèsVoltaire, Dict. phil. Baptême.
Fig.
En voilà assez pour des faussetés si vaines ; ce ne sont là que des coups d'essai de vos novices, et non pas les coups d'importance de vos grands profèsPascal, Prov. XVI
[Les ducs de Chevreuse et de Beauvilliers] à marches si compassées, si difficiles, curieux profès d'indifférence et d'impuissance, mais qui se souvenaient parfois qu'ils n'en avaient pas fait les vœuxSaint-Simon, t. VIII, p. 226, éd. CHERUEL.
Provenç. profes ; espagn. profeso ; ital. professo, du lat. professus, qui a fait profession, de profiteri, déclarer, de pro, en avant, et fateri, avouer ; de même radical que φατὸς, dit, de φάναι, dire (comparez FABLE).
1Qui trahit.
Tout flatteur, quel qu'il soit, est toujours un animal traître et odieuxBossuet, 5e avert. 31
Traître comme Judas, se dit d'un homme qui, sous le masque de l'amitié, trahit de la manière la plus cruelle.
Populairement. Il n'est pas traître à son corps, il ne se refuse aucune commodité.
2Il se dit des animaux domestiques qui mordent, égratignent ou ruent quand on y pense le moins. Le chat est traître. Prenez garde à ce cheval, il est traître. Un chien traître.
3Il se dit des choses qui ont le caractère de la trahison, de la perfidie.
Embûche traîtresseTristan L'Hermite, Mariane, IV, I
Ce blé couvrait d'un lacs Les menteurs et traîtres appâtsLa Fontaine, Fabl. IX, 2
Et que j'ai cru trouver quelque sincérité Dans les traîtres appas dont je fus enchantéMolière, Mis. IV, 3
4Il se dit de certaines choses qui sont dangereuses sans le paraître.
Il [l'évêque de Saintes] était sans fièvre et se croyait entièrement hors d'affaire ; il causa une heure avec l'abbé Têtu ; ces sortes de mieux sont quasi toujours traîtres, et tout d'un coup il est retombé dans l'agonieMme de Sévigné, 1er juillet 1676
Pendant que nous en étions là, voilà une pluie traîtresse.... qui, sans se faire craindre, se met d'abord à nous noyerMme de Sévigné, 23 août 1671
Des traîtresses de douleurs qui reviennent quelquefois, et dont il faut se moquer, parce que c'est la manière de peindre du rhumatismeMme de Sévigné, 1er mars 1676
5Familièrement. Il ne m'en a pas dit le traître mot, un traître mot, il ne m'en a pas dit un seul mot. (Cela signifie-t-il proprement : il ne m'en a pas dit un mot qui trahît ce dont il s'agissait ? ou bien traître est-il un simple terme d'injure, comme qui dirait : un chien de mot ?)
6S. m. et f. Celui, celle qui fait une trahison.
Philippe aimait la trahison, et n'aimait pas les traîtresRollin, Hist. anc. Œuv. t. VI, p. 59, dans POUGENS
Le comte : Quant à moi, j'aime la politesse. - Lisimon : Moi je ne l'aime point, car c'est une traîtresse Qui fait dire souvent ce qu'on ne pense pasDESTOUCH., Glor. II, 15
Tous les historiens flétrissent le connétable [de Bourbon] du nom de traître ; on pouvait, il est vrai, l'appeler rebelle et transfuge ; il faut donner à chaque chose son véritable nom : le traître est celui qui livre le trésor, ou le secret, ou les places de son maître, ou son maître lui-même à l'ennemiVoltaire, Mœurs, 123
Traître, traîtresse se disent quelquefois comme termes d'injure, sans impliquer trahison ou perfidie.
7Traître de mélodrame, l'acteur qui, dans les anciens mélodrames, jouait le rôle du traître, et qui exagérait presque toujours ses gestes ; et, par moquerie, l'homme qui affecte un air sombre, une marche cachée, des manières dissimulées.
Tout à coup j'avise, rasant les maisons, le nez dans la cravate, sombre et voûté comme un traître de mélodrame, devinez qui ?CH. DE BERNARD, Un homme sérieux, XX
8En traître, loc. adv. Avec trahison, traîtreusement.
Avec un sujet au plur. J. J. Rousseau a dit en traîtres. Aucun d'eux osa-t-il l'attaquer en face ? ils le prirent en traîtres, Lett. à M. de St-Germain, 26 fév. 1770. Il faut écrire en traître ; c'est une locution adverbiale.
Wallon, traitt ; bourg. treite ; provenc. trahire, traire, trahidor, traidor, traitor ; espagn. traydor ; portug. traditor ; ital. traditore ; du lat. traditorem, de tradere (voy. TRAHIR). L'anc. français dit traïtre au nominatif répondant à traditor, et traïtor au régime, répondant à traditorem ; mais, pour que traditor donne traïtre, il faut supposer que les Romans de la Gaule ont prononcé traditor. La contraction de traïstre en traître était effectuée au XVIe siècle, bien qu'on orthographiât encore quelquefois trahistre.
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, 1872-1877 · cliquer un vers pour le scander