gros, osse adj. (grô, grô-s' ; il est probable qu'au XVIIe siècle on prononçait grosse comme bosse, rosse ; du moins la Fontaine, Fabl. I, 7, fait rimer grosse avec colosse)
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1Qui a beaucoup de circonférence, de volume ; il est opposé à menu et petit. Gros homme. Grosse femme. Gros bras. Gros arbre. Un gros paquet.
Que diable ! te voilà grand et gros comme père et mère
Molière, Scapin, I, 2
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Familièrement. Cet homme est gros comme un bœuf, il est très corpulent.
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Fig. Gros comme le bras, voy. BRAS.
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Fig. et familièrement. Il a plus d'esprit qu'il n'est gros, il a beaucoup d'esprit.
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Il a plus dépensé, il a plus coûté d'or et d'argent qu'il n'est gros, se dit d'un enfant qui a beaucoup coûté à élever, ou d'un prodigue qui a dépensé beaucoup d'argent.
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Gros et gras, qui a de l'embonpoint et une santé florissante.
Damilaville est mort, et Fréron est gros et gras ; mais, que voulez-vous ? Thersite a survécu à Achille
Voltaire, Lett. Grimm, 27 déc. 1768
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Familièrement. Faire le gros dos, se dit des chats lorsqu'ils relèvent leur dos en bosse.
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Fig. Faire le gros dos, faire gros dos, s'enfler de vanité, d'orgueil.
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Fig. Faire sonner la grosse cloche, voy. CLOCHE.
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Fig. Toucher la grosse corde, voy. CORDE.
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Fig. Parler à un homme des grosses dents, voy. DENT, n° 4.
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Terme d'architecture. Les gros murs d'un bâtiment, ceux qui, formant l'enceinte de ce bâtiment, portent les combles, les voûtes, etc. par opposition aux murs de refend et de cloison.
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Grosses réparations, celles des gros murs, des voûtes, des couvertures, etc. par opposition à menues réparations, celles qui ne sont que d'entretien.
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Gros bétail, les bœufs, les vaches, etc. par opposition aux brebis, moutons, etc.
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Grosse viande, voy. VIANDE.
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La grosse faim, la faim la plus pressante, celle qui ne peut s'apaiser qu'avec la grosse viande ou chose semblable. Il se mit à table, et, quand la grosse faim fut calmée....
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Gros gibier, les cerfs, daims, chevreuils, etc. par opposition aux lièvres, perdrix, bécasses.
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Gros fruits, les grains, les vins, les foins, etc.
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Gros grains, se dit du froment, du méteil et du seigle, par opposition aux grains que l'on sème en mars, dits menus grains, tels que l'orge, l'avoine, le mil, la vesce, etc.
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Grosse dîme, voy. DÎME.
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Gros décimateur, celui à qui appartenait la grosse dîme.
Un moine gros décimateur avait intenté un procès à des citoyens qu'il appelait ses paysans
Voltaire, l'H. aux 40 écus, audience du contrôleur général
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Gros bagage, le bagage d'une armée, d'une troupe en marche, qui ne peut être transporté que sur des voitures, par opposition au menu bagage qui peut être transporté sur des bêtes de somme.
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Grosse cavalerie, la cavalerie pesamment armée, les cuirassiers, les carabiniers, etc.
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Grosse artillerie, l'artillerie composée de pièces d'un fort calibre.
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Terme de serrurerie. Gros fers, ceux qui n'ont été travaillés qu'à la forge et qui servent à la solidité des bâtiments.
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Terme d'horticulture. Gros musc, voy. MUSC.
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2Il se dit, sans songer à la grosseur absolue, pour exprimer la grosseur relative. Les souris sont moins grosses que les rats. Le gros bout et le petit bout.
- Elle, qui n'était pas grosse en tout comme un œuf,Envieuse, s'étend et s'enfle et se travaillePour égaler l'animal en grosseur La Fontaine, Fabl. I, 3
Comprenez-vous bien cette étendue, et qu'un million de terres comme la nôtre ne seraient toutes ensemble pas plus grosses que le soleil ?
La Bruyère, XVI
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Familièrement. Pas plus gros que rien, très petit.
Je vais vous attendre au Carnavalet, où il me semble que je m'en vais vous rendre mille petits services, pas plus gros que rien
Mme de Sévigné, 368
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3De grosses lettres, de gros caractères, des lettres, des caractères plus forts que les caractères ordinaires.
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4Grossi, enflé. Avoir la joue grosse.
- Et l'eau grosse et rapide, et la nuit assez noireM'ont dérobé la fin de sa tragique histoire Corneille, Cinna, IV, 2
L'Eurotas était alors fort gros et fort enflé par la fonte des neiges
Rollin, Hist. anc. Œuv. t. V, p. 398
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Avoir les yeux gros de larmes, les avoir remplis de larmes.
Fi donc ! une femme ne sort de ce spectacle que les yeux gros de larmes et le cœur de soupirs
POINSINET, Cercle, sc. 3
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On dit aussi : De grosses larmes roulaient sur ses joues.
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Fig. Cœur, sein gros de soupirs, se dit d'une personne qui a besoin de se soulager le cœur en soupirant.
- Le sein gros de soupirs et tout trempé de pleurs Tristan L'Hermite, M. de Chrispe, III, 1
- Le cœur gros de soupirs, les sanglots à la bouche Corneille, Cinna, IV, 2
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On dit de même : le cœur gros de chagrin.
- Et je m'en sens le cœur tout gros de fâcherie Molière, Éc. des mar. II, 5
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Absolument. Avoir le cœur gros, avoir un chagrin profond.
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5Adj. f. Enceinte. Elle est grosse à pleine ceinture.
Le corps [de Scarron lui-même déformé par la maladie] à la vérité en est fort irrégulier, comme vous l'avez pu voir, et même on me défend aux femmes grosses
Scarron, Œuv. t. I, p. 195, dans POUGENSLa crainte de blesser sa femme grosse de cinq mois
Mme de Sévigné, 20Cette pauvre madame de Béthune est encore grosse du troisième
Mme de Sévigné, 49L'historien du Mogol rapporte qu'Alanku, étant fille, fut grosse d'un rayon céleste
Voltaire, Mœurs, introd. premier homme
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On dit qu'une femme est grosse de tel homme, quand cet homme est le père de l'enfant qu'elle porte dans le sein.
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On l'a dit figurément, et alors il a pu prendre le masculin.
Le serpent qui est concentré dans le mal et qui est gros de la mort
Diderot, Opin. des anc. phil. Zend-Avesta
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Fig. Une nuée grosse d'orage, une nuée qui porte l'orage.
Cette nuée, grosse de foudre et d'éclairs, vint fondre sur la Picardie, qu'elle trouva à découvert
Voiture, Lett. 74
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Fig. Gros de, grosse de, qui entraîne, qui porte comme conséquence. L'avenir est gros de malheurs.
Le présent est gros de l'avenir
Diderot, Opin. des anc. philos. (Leibnitzianisme)Cette année 1762 me paraît grosse de grands événements politiques et civils
D'Alembert, Lett. à Voltaire, 31 mars 1762
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Envies de femme grosse, appétits déréglés, et, au figuré, goûts extravagants.
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Qui a envie de, désireux.
La princesse d'Orléans et moi, étions, comme on dit, gros de nous voir
Saint-Simon, 292, 228
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Être gros de, pour avoir envie de, a été tout à fait à la mode à Paris dans le XVIIe siècle et au commencement du XVIIIe siècle. Cette locution passablement ridicule, qui provenait du XVIe siècle, est tombée en désuétude.
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6Terme de marine. Soulevé en vagues fortes. La mer est grosse.
Une grosse mer qui régnait au large, malgré le calme des vents
Bernardin de Saint-Pierre, Paul et Virg. p. 174
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Gros temps, temps où le vent souffle avec force et soulève beaucoup la mer.
Plus un navire est petit, plus il est en danger dans les gros temps
Montesquieu, Esp. XXI, 6
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7Qui surpasse en étendue, en volume, en valeur, en importance, la plupart des choses de même genre. Une grosse rivière.
Polybe, en parlant de l'un de ces princes, marque en termes formels qu'il payait de grosses pensions à divers tyrans de la Grèce, qui étaient les ennemis déclarés de la liberté
Rollin, Hist. anc. Œuv. t. VII, p. 566Il [Aristomène] leva les meilleures troupes qu'il put trouver ; il envoya Scopas en Étolie avec de grosses sommes d'argent, pour y lever autant de troupes qu'il pourrait
Rollin, ib. t. VIII, p. 237Pindare ayant loué dans un de ses ouvrages la ville d'Athènes, les Thébains le condamnèrent à une grosse amende
Rollin, ib. t. II, p. 110J'ai commencé à établir entre Pétersbourg et ma colonie un assez gros commerce
Voltaire, Lett. Richelieu, 16 déc. 1771L'abbé de Condillac revenait en France avec une pension de dix mille livres et l'assurance d'une grosse abbaye
Voltaire, Lett. Damilaville, 11 déc. 1764On composerait un gros livre de tout le bien qu'on peut faire ; mais un prince philosophe n'a pas besoin d'un gros livre
Voltaire, Pol. et lég. La Voix du peuple.Cette opération, qui triplerait les productions, exige de gros capitaux et beaucoup d'esclaves
Raynal, Hist. phil. XIII, 39Il circulait un assez gros numéraire à la Barbade
Raynal, ib. IX, 9
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Jouer gros jeu, jouer beaucoup d'argent. Fig. Jouer gros jeu, s'engager dans une affaire hasardeuse.
- Et d'ailleurs il n'est pas si facile qu'on penseD'être fort honnête homme et de jouer gros jeu DESHOULIÈRES, t. I, p. 106
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Un gros joueur, un homme qui joue gros jeu.
Il était gros joueur, raisonnablement distrait
Hamilton, Gramm. 9
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Qui est supérieur en nombre.
Un gros escadron de Parthes pleins de joie
Corneille, Rodog. I, 6Les Parthes à la foule aux Syriens mêlés.... Font leur suite assez grosse....
Corneille, ib. V, 2Il y avait beaucoup de duchesses, la cour fort grosse
Mme de Sévigné, Lett. 17 janv. 1689La cour était toujours grosse chez la reine
Hamilton, Gramm. 6Il envoya sur-le-champ un gros détachement de son armée contre Jérusalem
Rollin, Traité des Ét. V, ch. II, 2e part. art. 2e.Il avait amassé dans ses arsenaux des armes pour équiper trois armées aussi grosses que celle qu'il avait actuellement
Rollin, Hist. anc. Œuv. t. IX, p. 13, dans POUGENSEt s'étant fait accompagner d'une grosse escorte
VERTOT, Révol. rom. VII, p. 208
-
Les gros bataillons, les armées les plus puissantes.
Un prince veut faire la guerre, et, croyant que Dieu est toujours pour les gros bataillons....
Voltaire, Singul. natur. 31
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8Se dit quelquefois pour renforcer la signification du substantif auquel il est joint. Il y a jusque-là une grosse lieue.
- Croyant se mettre à table, il vint (j'en ai bien ri)Une grosse heure après qu'on en était sorti BOISSY, Babillard, sc. 2
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9Fig. Qui a de la gravité ; qui a des suites, des conséquences. Ce n'est pas une grosse affaire.
Je suis bien trompée, ou c'est un péché qu'il fait contre les idées de l'amour, des plus gros qu'il se fasse
Mme de Sévigné, Lett. 29 nov. 1679
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Une grosse fièvre, fièvre violente. Un gros rhume.
La pauvre Mme de Coulanges a une grosse fièvre avec des redoublements
Mme de Sévigné, 313
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Familièrement. Grosse querelle, querelle violente ou sur une chose importante. Il s'est fait une grosse querelle avec un de ses voisins.
-
Une grosse colère, une colère violente.
J'ai été tenté de me mettre dans une grosse colère à l'occasion de ce qui s'est passé à l'Académie française
Voltaire, Lett. Condorcet, 11 mai 1772
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10En parlant des personnes, riche, opulent. Une grosse héritière.
Je me trouvai au palais avec bon nombre de noblesse et de gros bourgeois
Retz, III, 339- À placer sans raison, le mot de gros partout,Et cent autres encor qu'on soutient de bon goût HAUTEROCHE, Bourg. de qual. I, 5
- Ceux du loup, gros messieurs, l'ont fait apprendre à lire La Fontaine, Fabl. XII, 17
Qui parmi ses parents Pouvait compter les plus gros de la ville
La Fontaine, Cal.- ....Et l'on sait qu'une fille,Pour enrichir un frère, en faire un gros seigneur,Doit renoncer au monde.... Regnard, Distrait, IV, 2
Sais-tu bien qu'en temps de peste cette fille-là pourrait devenir un très gros parti ?
Regnard, le Retour imprévu, sc. 2Pour qu'elles aient la rage au cœur de voir Colette devenir grosse madame
Dancourt, Mari retrouv. sc. 2Un gros négociant qui laissa de grandes richesses à ses enfants
Lesage, Diable boit. 12Ce gros marchand, à qui vous avez fait un billet de neuf cents francs pour trente pistoles d'étoffe qu'il vous a fournie, aurait-il obtenu sentence contre vous ?
Lesage, Crisp. riv. de son maître, sc. 1Qu'il me laisse mon pauvre Arlequin, qui n'est pas plus gros monsieur que je suis grosse dame
Marivaux, Doubl. inconst. I, 1Grand financier signifie un homme très intelligent dans les finances de l'État ; gros financier ne veut dire qu'un homme enrichi dans la finance
Voltaire, Dict. phil. Grand.Elle prenait le train de devenir bientôt une grosse fermière
J.-J. Rousseau, Confess. VI
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Fig. et familièrement. Un gros bonnet, un personnage important.
-
C'est un des gros colliers de l'ordre, il a une grande autorité dans sa compagnie.
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Dans quelques provinces, substantivement. Les gros, les notables, les riches.
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Une grosse maison, une famille considérable par sa fortune et son importance.
Vergy est une grosse et ancienne maison de Bourgogne, et de telle prééminence, qu'elle fut alliée à la maison de Bourgogne
PARADIN, Annales de Bourgogne, t. II, p. 228
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Une grosse maison, se dit d'une maison où il y a beaucoup de domestiques, où il se fait beaucoup de dépenses.
C'est bien à elle d'avoir seule une grosse maison, des habits magnifiques
Regnard, le Retour imprévu, sc. 1
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Une grosse maison, se dit encore, dans le commerce, d'une maison qui fait beaucoup d'affaires.
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Une grosse fortune, de grandes richesses.
- Il ne tenait qu'à vousDans votre état, avec une grosse fortune,De trouver une femme, et dix mille pour une, COLLIN D'HARLEVILLE, Vieux célib. II, 2
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Gros air, air d'importance.
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Familièrement. Faire une grosse figure, être dans un rang élevé.
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Une grosse table, une table bien servie où l'on a beaucoup de monde.
En perdant au jeu et en tenant une grosse table
Hamilton, Gramm. 6
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Faire du gros d'or, s'est dit pour : faire l'important.
Il est vrai qu'il [Furetière] fait du gros d'or, et qu'il s'est donné un air de dignité avec une canne que les méchants plaisants disent être l'instrument de son supplice ; et auprès de lui les du Cange, les Ménage et tant d'autres ne sont que des écoliers
CHARPENTIER, dans FURETIÈRE, factums, t. II, p. 233
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11Epais, grossier, opposé à fin, délicat. Gros fil. Grosse toile. Gros drap.
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Gros vin, vin couvert et épais.
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Moudre en grosse, voy. MOUDRE.
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Les gros ouvrages, dans une maison, ce qu'il y a de plus pénible dans le service, laver les appartements, écurer les casseroles, nettoyer les souliers, etc.
Elle aura sous elle une servante qui fera par son ordre les gros ouvrages de la maison
Bossuet, Règlem. pour les fill. Propag. de la foi, VI, 11
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Fig. Des choses grosses, des choses qui sont palpables, grossières, que l'esprit n'a aucune peine à saisir.
En l'un [l'esprit de géométrie], les principes sont palpables, mais éloignés de l'usage commun, de sorte qu'on a peine de tourner la tête de ce côté-là, manque d'habitude ; mais, pour peu qu'on s'y tourne, on voit les principes à plein ; et il faudrait avoir l'esprit faux pour mal raisonner sur des principes si gros qu'il est presque impossible qu'ils échappent
Pascal, Pensées, art VII, 1, edit. LAHURE, 1860
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Fig. et familièrement. N'avoir qu'un gros bon sens, avoir le sens bon et droit, mais peu délicat.
Le pays de Lalleu n'a que de gros laboureurs, mais gens de bon sens et de bon gros raisonnement
Saint-Simon, 473, 92Rien ne paraît plus éloigné de l'aimable caractère du chien que le gros instinct brut du cochon
Buffon, Quadrup. t. VIII, p. 56
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C'est un gros fin, se dit, par contre-vérité, de celui qui n'est guère fin.
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Un gros lourdaud, un gros animal, une grosse bête, un gros butor, c'est-à-dire un homme stupide, maladroit, grossier.
Les plus habiles courtisans peuvent être de fort grosses dupes
Retz, IV, 90
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À la grosse, grossièrement. C'est un ouvrage fait à la grosse.
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12Grosse voix, voix grave et forte.
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Faire la grosse voix, contrefaire sa voix en lui donnant un ton grave.
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Terme de chasse. Gros ton, le ton bas de la trompe.
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Terme de vétérinaire. Gros d'haleine, se dit d'un cheval qui devient facilement essoufflé par l'exercice ; locution qui vient de ce que le cheval a l'haleine grosse, c'est-à-dire bruyante.
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Bruyant, éclatant. Gros rire. Grosse gaieté.
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Fig. et familièrement. Gros mot, parole offensante ou de querelle.
- Ce que je sais, c'est qu'aux grosses parolesOn en vient sur un rien, plus des trois quarts du temps La Fontaine, Fabl. XII, 8
De part et d'autre [MM. de Rohan et de Chaulnes] les grosses paroles commencèrent à échapper entre les dents
Saint-Simon, 26, 47
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De gros mots, des jurements.
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Familièrement. Gros juron, jurement grossier. Lâcher de gros jurons.
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De gros mots, des paroles un peu libres, qui sentent la gaudriole.
- Passez les mots aux rieurs ;Les plus gros sont les meilleurs Pour la gaudriole Béranger, la Gaudriole.
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Fig. et familièrement. Grosses vérités, vérités dures, reproches graves.
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Dire les gros mots, signifie aussi parler sans révérence, et, par une antiphrase délicate, faire un compliment sous l'apparence contraire.
Eh bien ! madame, puisqu'il faut dire les gros mots, que ferez-vous avec votre esprit et vos grâces, si Votre Altesse n'a pas une demi-douzaine de gens de mérite pour sentir le vôtre ?
Voltaire, Lett. margr. de Baireuth, dans Revue française, février 1866, p. 202
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13Mettre à la grosse aventure, ou, simplement, à la grosse, voy. AVENTURE.
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On dit de même : contrat à la grosse, prêter à la grosse, prêt à la grosse.
Les contrats à grosse aventure, autrement dits contrats à la grosse ou à retour de voyage, pourront être par-devant notaires, ou sous signature privée.... l'argent à la grosse pourra être donné sur le corps et quille du vaisseau, etc.
Ordonn. août 1681
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14Gros vert, gros bleu, vert foncé, bleu foncé.
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15Terme de papeterie. Gros bon, pâte commune faite de vieux chiffons, qui s'emploie à faire le papier dit aussi gros bon.
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16Du gros Guillaume, mot parisien qui se disait pour du gros pain de ménage.
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17S. m. La partie la plus grosse. Le gros de l'arbre, le tronc,
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Fig.
- Qu'heureux est ce moment où sa bonté déploieSur un gros d'amertume un peu de ses douceurs ! Corneille, Imit. II, 8
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Fig. Se tenir au gros de l'arbre, s'attacher à l'autorité, suivre le parti le plus fort, ne pas s'écarter de ce qui est établi.
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Terme de charpente. Se dit d'une pièce de bois dont deux dimensions sont égales. Poutre de quinze pouces de gros, poutre dont chaque face est de quinze pouces.
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Terme de jardinier. Couper au gros, pousser le retranchement d'un rameau jusqu'à la grosse branche.
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18Terme de marine. Le gros de l'eau, la pleine mer au temps des syzygies de la lune. La partie la plus forte en nombre.
- On voit naître de là mille sourdes pratiquesDans le gros de son peuple et dans ses domestiques Corneille, Nicom. II, 1
Un des cavaliers se détacha du gros au galop, et prit les devants
Scarron, Rom. com. I, 14Judas en fut averti, et il marcha aussitôt avec les plus vaillants de ses troupes, pour aller attaquer le gros de l'armée du roi qui était à Emmaüs
Saci, Bible, Machab. I, IV, 3Le cardinal de Lorraine pressait l'ouverture du colloque, bien que le gros des prélats, et surtout le cardinal de Tournon, archevêque de Lyon, qui les présidait comme le plus ancien cardinal, y eussent une extrême répugnance
Bossuet, Var. IX, § 92Les éléphants et les chevaux marchaient à la tête ; il suivait avec le gros de son infanterie
Rollin, Hist. anc. Œuv. t. I, p. 395Il y a des gens d'un très grand mérite chez les Velches, mais le gros de la nation est ridicule et détestable
Voltaire, Lett. Mme du Duffant, 5 déc. 1770Il y a deux heures que j'en suis séparé ; il n'était point avec le gros de la chasse quand je l'ai perdu
COLLÉ, Part. de chasse de Henri IV, II, 7
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Le gros du monde, la plus grande partie du monde. Le gros du monde se comporte ainsi.
La nouvelle comtesse de Mailly, noble, magnifique, mais glorieuse à l'excès, désagréable avec le gros du monde
Saint-Simon, 3, 55L'envie de voir de près quelques-uns des mystères newtoniens cachés jusqu'ici au gros du monde
Voltaire, Lett. Pitot, 17 mai 1737
-
Un gros, un grand nombre de, une grande troupe de.
- Un gros de courtisans en foule l'accompagne Corneille, Poly. I, 4
- Suivi d'un gros armé d'amis et de valets Corneille, Théod. V, 8
Un chétif centenier des troupes de Mysie Qu'un gros de mutinés élut par fantaisie
Corneille, Héracl. I, 2Qu'il est aisé de rompre ce gros de désespérés
FLÉCHIER, Théodose, IV, 56- Et l'on dit que, suivi d'un gros d'amis fidèles,On l'a vu se mêler au milieu des rebelles Racine, Mithr. IV, 6
Gobert aurait eu bon marché de cette poignée de gens trop éloignés de leurs gros
Saint-Simon, 29, 86
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20Ce qu'il y a de principal et de plus considérable.
M. de Vaugelas donna les siens [papiers], qui étaient fort courts, et ne touchaient que le gros de ce dessein [le plan du dictionnaire], auquel il offrait de nouveau de contribuer
PELLISSON, Hist. Acad. IIIIl tombe ensuite en des parenthèses qui peuvent passer pour épisodes, mais qui font oublier le gros de l'histoire, et à lui qui vous parle, et à vous qui le supportez
La Bruyère, VCeux-ci faisaient bientôt passer le gros de leurs discours au reste de l'armée
Rollin, Hist. anc. Œuv. t. XI, 2e part. p. 448
-
21Le gros de l'hiver, le gros de l'été, temps de ces deux saisons où le froid, la chaleur a le plus d'intensité.
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22Le gros se dit du commerce dans lequel on ne vend que par notables parties, par opposition au commerce de détail. Marchand en gros. Tenir le gros.
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Demi-gros, commerce où l'on vend à la fois en gros et en détail. Cet épicier fait le demi-gros.
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23Terme de boucherie. Gros de langue, nom d'une région du bœuf, maniement impair, simple, commun aux deux sexes, qui, latéralement, répond au bord inférieur de la terminaison du muscle sterno-maxillaire.
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Terme de vénerie. Gros des nombles, morceau de la cuisse du cerf. On dit par corruption gros dénome ou gros d'énome.
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24Le gros, se dit, dans le département du Nord, de la houille en gros morceaux.
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25Terme de relieur. Cahier de seize pages, dans la feuille in-douze.
-
26Le gros, le revenu fixe d'une cure, par opposition au casuel.
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Le revenu principal qu'un chanoine tire de sa prébende, par opposition à distribution manuelle.
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27Droit que l'on payait aux fermiers des aides pour chaque muid de vin que l'on vendait en gros.
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28Gros de Naples, gros de Tours, étoffes de soie qu'on fabrique à Naples, à Tours, ainsi appelées parce qu'elles sont à gros grains.
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Gros de Verdun. nom d'une sorte de dragée.
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Gros d'autruche, ou ploc d'autruche, le plus gros du duvet de cet animal, qu'on sépare du fin, pour l'employer aux lisières des draps fins de laine destinés à la teinture en noir.
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29Terme d'ancienne métrologie. La cent vingt-huitième partie de la livre, ou la huitième partie d'une once. Un gros d'argent, de soie.
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Anciennement, en Flandres, livre de gros, monnaie de compte entre les marchands, qui valait six livres, comme le sol de gros valait six sols.
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30Gros, adv. D'une manière grosse.
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Écrire gros, écrire en caractères plus gros que d'habitude.
Mon cher ange, je suis presque aveugle, j'écris de ma main et le plus gros que je peux
Voltaire, Lett. d'Argental, 24 novemb. 1770
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31Beaucoup.
J'ai vu dans le palais une robe mal mise Ganer gros....
La Fontaine, Fabl. VII, 15M. de Duras n'a prêté serment [de maréchal] que parce que les gens du roi, qui en touchent gros, s'avisèrent qu'il n'avait prêté ni celui de maréchal de France, ni celui de gouverneur de la Franche-Comté
Saint-Simon, 5, 68À la fin, et à force de donner gros, le marché [entre Monsieur et le cardinal de Bouillon pour le Dauphiné d'Auvergne] fut conclu
Saint-Simon, 24, 28- Mais il est clair qu'on me donne en échangeDe l'amitié pour de l'amour, C'est perdre gros.... IMBERT, Jaloux sans amour, I, 5
-
Cela coûte gros, cela coûte beaucoup (locution née pendant la révolution, dit Mme de Genlis, Mém. t. V, p. 91).
-
Au jeu, coucher gros, jouer gros jeu.
-
Fig. Risquer beaucoup. Il veut tout ou rien, c'est coucher gros.
-
Il signifie aussi avancer quelque chose d'extraordinaire. Il dit bien des gasconnades, il couche gros.
-
Fig. Il y a gros à parier que, il y a de fortes raisons de croire que.
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32En gros, loc. adv. Par grande quantité. Vendre en gros. Marchand en gros, en demi-gros.
-
Considéré ensemble.
Quand je regarde en gros la longue absence où il me paraît que nous sommes condamnés, j'avoue que j'en frémis
Mme de Sévigné, 564En gros j'ai fait de vous un portrait fort avantageux
Fénelon, Dial. des morts mod. dial. 6Les hommes fripons en détail sont en gros de très honnêtes gens
Montesquieu, Esp. XXV, 2
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D'une manière sommaire.
Voilà l'histoire en gros
Molière, l'Ét. IV, 1Les autres péchés dont on s'accuse en gros
Pascal, Prov. 10N'entrez point dans ce détail ; mais dites en gros que qui fait plaisir au frère, en fait à la sœur
Mme de Sévigné, 503Elle savait en gros les malheurs de mon fils
Mme de Sévigné, 464Je vous ai rapporté en gros quelque chose de ces prophéties
Bossuet, Hist. II, 5
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-
33Tout en gros, loc. adv. Seulement, pas davantage. Il y avait vingt personnes tout en gros.
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34De gros en gros, d'une façon générale.
Nous ne jugeons ordinairement des êtres que par des comparaisons assez grossières ; nous les comparons de gros en gros dans leur forme et dans leur structure, et, si cet examen superficiel ne nous offre aucun trait de similitude, nous ne nous avisons guère d'en soupçonner
Bonnet, Paling. philos. IV, 2
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13Ajoutez :
-
Billet de grosse, billet qui est souscrit par suite d'emprunt à la grosse (DALLOZ).
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35Une somme grosse, une somme payée en bloc, par opposition à somme payée par fractions.
Que si la compagnie a consenti à verser à l'appelant, dès le mois d'août 1866, une somme grosse de 33,750 fr. à titre de courtage dû sur les dix premières primes à verser annuellement par la compagnie des chemins portugais
Gaz. des Trib. 4 août 1876, p. 759, 1re col.
-
36Ancien terme de finance.
Le gros, sou prélevé par livre sur le commerce en gros des boissons
NEYMARCK, Colbert et son temps, t. I, p. 143
Remarque
L'habitude de dire un gros seigneur, de gros messieurs, avait fait substituer généralement gros à grand, et l'on disait un gros général pour un grand général ; cela ne se dit plus. On dit cependant encore : gros major.
Proverbes
Grosse tête, peu de sens
, c'est-à-dire la grosseur de la tête n'indique pas la capacité de l'esprit. Les gros poissons mangent les petits
, c'est-à-dire les faibles souffrent de l'injustice des puissants.
Étymologie
Berry, grôt, groût, grous, grousse ; bourg. grô ; mâconnais, grou ; picard, cros ; esp. groso, grueso ; port. et ital. grosso ; du lat, grossus, qui se trouve dans la latinité de l'âge inférieur ; comp. l'allem. gross ; anc. haut-allem. grôz ; angl. great, qui signifient grand ; c'est sans doute, comme Diez le remarque, de la forme germanique que vient grôt, groût du Berry.