qui (ki)
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1Il unit un substantif à une proposition subordonnée ; en cet emploi, il n'est jamais le régime direct d'un verbe, bien qu'il puisse être le régime d'une préposition. Les femmes qui vous parleront. Vos sœurs avec qui j'ai fait connaissance. Les roses qui fleurissent.
Les médecins, sans qui on avait mis l'emplâtre, ne dirent point ce qu'ils en pensaient
Mme de Sévigné, 24 nov. 1664- L'amour avidement croit tout ce qui le flatte Racine, Mithr. III, 4
Il y a du plaisir à rencontrer les yeux de celui à qui l'on vient de donner
La Bruyère, IVIl faut que nous soyons des enfants ingrats et dénaturés qui aient attiré la colère de Dieu
Fénelon, t. XVIII, p. 488Cet air de guerre hautain et hardi qui se prend si aisément et qu'on trouve qui sied bien
Fontenelle, Ressons.Qu'on aime peu un maître et un ami, à qui on ne trouve jamais rien à dire !
Massillon, Carême, Prière 1L'âme du souverain est un moule qui donne la forme à tous les autres
Montesquieu, Lett. pers. 99
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2Qui, précédé d'une préposition ne s'emploie pas en parlant des choses. Ne dites pas : la chose de qui vous parlez, mais dont vous parlez ; l'exemple sur qui vous vous réglez, mais sur lequel.
On ne dirait : le bâton sur qui je m'appuie, la plante à qui je crois le plus de vertu ; on dira ; le bâton sur lequel je m'appuie, la plante à laquelle je crois...
D'OLIVET, Ess. gramm. III, 3
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Cela ne s'applique pas aux cas où l'on personnifie un objet inanimé.
La gloire à qui je me suis dévoué
Vaugelas, dans GIRAULTDUVIVIERRochers à qui je me plains, bois à qui je compte mes peines
Marmontel, dans GIRAULT-DUVIVIER
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On fait aussi une exception pour les animaux. On a conclu que l'usage permettait souvent à qui hors des personnes, surtout en parlant des animaux domestiques, comme : c'est un chien à qui elle fait mille caresses, Acad. Observ. sur Vaugel. p. 67, dans POUGENS.
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Cependant en poésie, on s'affranchit souvent de cette règle ; et même en prose, les auteurs du XVIIe siècle sont loin de l'observer.
Tel qu'à vagues épandues Marche un fleuve impétueux, De qui les neiges fondues Rendent le cours furieux
Malherbe, II, 2Cette contrainte ruinerait la naïveté, à qui j'oserais donner la première place parmi toutes les perfections du style
Vaugelas, Rem. not. Th. Corn. t. I, p. 190, dans POUGENS- Trop rigoureux effets d'une aimable présence,Contre qui mon devoir a trop peu de défense Corneille, Poly. II, 2
- Soutiendrez-vous un faix sous qui Rome succombe ? Corneille, Pomp. I, 1
Il y a des choses sur qui le poëte n'a jamais aucun droit
Corneille, 2e disc.- Deux pivots sur qui roule aujourd'hui notre vie La Fontaine, Fabl. V, 1
- ...Un bien Sans qui les autres ne sont rien La Fontaine, ib. IV, 13
- J'ai conçu, digéré, produit un stratagèmeDevant qui tous les tiens, dont tu fais tant de cas,Doivent sans contredit mettre pavillon bas Molière, l'Ét. II, 14
- Votre mérite a qui chacun se rend Molière, Éc. des mar. II, 9
Une de ces injures pour qui un honnête homme doit périr
Molière, D. Juan, III, 3- Il court parmi le monde un livre abominable,Et de qui la lecture est même condamnable Molière, Mis. V, 1
Ces galanteries ingénieuses, à qui le vulgaire ignorant donne le nom de fourberies
Molière, Scap. I, 2- Votre vie est pour moi d'un prix à qui tout cède Racine, Phèdre, III, 3
- Ai-je connu jamais ces noms brillants de gloireSur qui tu viens sans cesse arrêter ma mémoire ? André Chénier, Élég. VIII
- Mépris des préjugés sous qui rampe la terre Lamartine, Harold, 11
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3Qui, correspondant à nul, aucun, premier, second, dernier, etc. ou à personne, guère, rien, etc. veut au subjonctif le verbe de la proposition subordonnée.
Il n'y a rien qui rafraîchisse le sang comme d'avoir su éviter de faire une sottise
La Bruyère, XIIl n'y a aucun de ses sujets qui ne hasardât sa propre vie pour conserver celle d'un si bon roi
Fénelon, Tél. VIIIIl y a peu de rois qui sachent chercher la véritable gloire
Fénelon, ib. XIRacine est le premier qui ait su rassembler avec art les ressorts d'une intrigue tragique
LA HARPE, Él. de Rac.
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Cependant on peut aussi mettre l'indicatif ; c'est l'intention qui en décide : si l'idée est, comme plus haut, indécise, on se sert du subjonctif ; si elle est positive, affirmative, on se sert de l'indicatif. Ce livre est le dernier qu'il a fait contre ses adversaires.
Émile est le seul qui n'y a rien compris
J.-J. Rousseau, Ém. v.
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4Qui veut le verbe de la proposition subordonnée à la même personne que le nom ou le pronom auquel il se rapporte.
- N'accuse point mon sort, c'est toi seul qui l'as fait Corneille, Cinna, III, 4
- Si le maître des dieux assez souvent s'ennuie,Lui qui gouverne l'univers,J'en puis bien faire autant, moi qu'on sait qui le sers La Fontaine, Fabl. XII, 11
- Ouais ! serait-ce bien moi qui me tromperais ? Molière, Méd. malg. lui, I, 6
- Fille d'Agamemnon, c'est mol qui, la première,Seigneur, vous appelai de ce doux nom de père Racine, Iphig. IV, 4
C'est vous seuls [les riches et les puissants] qui donnez à la terre des poëtes lascifs, des auteurs pernicieux, des écrivains profanes
Massillon, Pet. carême, Vices et vertus des gr.- Je ne vois que nous deux qui soyons raisonnables COL. D'HARLEV, dans GIRAULT-DUVIVIER
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Mais qui pouvant être considéré comme étant de la troisième personne, ce que font plusieurs langues, par exemple l'allemand, on a accordé, pour la personne, le verbe non avec le substantif, mais avec qui ainsi considéré. Cette construction est aujourd'hui complétement abandonnée, et c'est une faute de la suivre.
- Je n'ai trouvé que vous qui fût digne de moi Molière, Psyché, IV, 3
- Hélas ! que ne veut-on aussi me marier !Ce ne serait pas moi qui se ferait prier ! Molière, Sgan. II
Je vous demande si ce n'est pas vous qui se nomme Sganarelle. - .... En ce cas, c'est moi qui se nomme Sganarelle
Molière, Méd. malg. lui, I, 6- Nous chercherons partout à trouver à redire,Et ne verrons que nous qui sachent bien écrire Molière, Femm. sav. III, 2
- Britannicus est seul : quelque ennui qui le presse,Il ne voit dans son sort que moi qui s'intéresse Racine, Brit. II, 3
- Je ne vois plus que vous qui la puisse défendre Racine, Iphig. III, 5
Avouez qu'il n'y a que vous qui pût rendre de ces services d'ami
Voltaire, Lett. d'Argental, 12 juill. 1740
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5Quand qui est précédé d'un substantif ou d'un adjectif tenant lieu d'un substantif, on peut mettre le verbe de la proposition subordonnée ou à la personne du sujet ou à la troisième personne. Je suis le premier qui ait fait cela ou qui aie fait cela. Vous êtes le seul qui connaisse ce sujet ou qui connaissiez ce sujet.
Pour moi, je ne suis qu'un particulier qui ne me mêle de rien
Retz, III, 373- De tels secrets je ne me pique,Comme homme simple et qui vit à l'antique La Fontaine, Or.
Comme un homme qui n'ai d'autre vue que....
Bossuet, Lett. 245êtes-vous encore ce même grand seigneur qui venait souper chez un misérable poëte ?
Boileau, Lett. à M. de Vivonne, 2Je suis Diomède, roi d'Étolie, qui blessai Vénus au siége de Troie
Fénelon, Tél. XXJe suis tenté de croire que vous êtes Minerve, qui êtes venue, sous une figure d'homme, instruire sa ville
Fénelon, Dial. Timon et Socr.Souviens-toi que je suis le seul qui t'a déplu
Fénelon, Dial. Pith. et Denis.Nous sommes ici plusieurs qui nous souvenons des grands succès que nous eûmes dans la dernière guerre
DACIER, Vie d'Annibal.N'êtes-vous plus cet Ulysse qui a combattu tant d'années pour Hélène contre les Troyens ?
Mme DACIER, Odyss. XXIITu étais le seul qui pût me dédommager de l'absence de Rica
Montesquieu, Let. pers. dans GIRAULT-DUVIVIERJe fus le premier qui fis connaître aux Français quelques morceaux....
Voltaire, Ess. sur la poésie ép. IXJe pense que vous et moi nous avons été les seuls qui aient prévu que la destruction des jésuites les rendrait [les jansénistes] trop puissants
Voltaire, dans GIRAULT-DUVIVIER
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C'est d'après cette construction que Bossuet, traduisant le mot de la Bible, a dit de Jéhovah : Je suis celui qui suis.
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Après : un homme comme vous, comme moi, on suit ou ne suit pas l'accord des personnes, suivant l'idée. J'en crois un homme comme vous qui a vu par ses yeux ou qui avez vu par vos yeux, suivant qu'on fait rapporter qui à vous ou à homme.
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6Qui ne se peut rapporter à un nom qui n'a point d'article, quand le nom n'est pas susceptible de recevoir en ce cas le nombre pluriel. On ne peut dire : Il a fait cela par avarice, qui est capable de tout ; il faut dire : par avarice, passion qui est capable de tout.
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Il y a des phrases où le substantif, sans un article, peut recevoir après lui le qui conjonctif ; c'est quand le substantif y est susceptible de pluralité. Il agit en politique qui sait gouverner. Il est coupable de crimes qui méritent châtiment. Il n'y a homme qui ne sache cela. Une sorte de bois qui est fort dur. Ce sont gens habiles qui m'ont dit cela.
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7La construction ordinaire veut que qui ne soit pas séparé de son antécédent ; quelquefois pourtant on les sépare ; en ces cas, ce sont le goût et l'oreille qui décident ; surtout il faut prendre garde à ne pas rendre obscure la phrase. Cette construction est moins bonne dans les exemples suivants.
- Et le fils dégénère,Qui survit un moment à l'honneur de son père Corneille, Cid, II, 2
Un loup survint à jeun, qui cherchait aventure
La Fontaine, Fabl. I, 10Sans ce trait falot Un homme l'emmenait, qui s'est trouvé fort sot
Molière, l'Ét. II, 14- La tête d'une femme est comme la girouetteAu haut d'une maison, qui tourne au moindre vent Molière, Dép. am. IV, 2
- Tandis qu'en ses liens Célimène l'amuse,De qui l'humeur coquette et l'esprit médisantSemblent si fort donner dans les mœurs d'à présent Molière, Mis. I, 1
- La déesse en entrant qui voit la nappe mise Boileau, Lutr. I
- Phénix même en répond, qui l'a conduit exprèsDans un fort éloigné du temple et du palais Racine, Andr. V, 2
Il lui faut aussi un cheval pour monter son valet, qui coûtera bien trente pistoles
Molière, Scap. II, 8Il a eu raison d'interdire un prêtre pour toute sa vie, qui, pour se défendre, avait tué un voleur d'un coup de pierre
Pascal, Prov. XIOn ne parlait qu'avec transport de la bonté de cette princesse, qui, malgré les divisions trop ordinaires dans les cours, lui gagna d'abord tous les cœurs
Bossuet, Duch. d'Orl.
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8Qui se rapportant à un pronom qui ne le précède pas immédiatement. Le voici qui vient. Il est là qui fait le démon.
Voilà monsieur, je l'entends qui monte
A. DUVAL, Jeun. de Richel. III, 6
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9Absolument, qui, en parlant des personnes, se dit pour celui qui, celle qui, ceux qui, celles qui.
- Qui se laisse outrager mérite qu'on l'outrage Corneille, Héracl. I, 2
Qui creuse la fosse y tombera, et qui rompt la haie sera mordu du serpent
Saci, Bible, Ecclésiaste, X, 8- Jamais la vérité, cette fille timide,Pour entrer chez les rois ne trouve qui la guide Rotrou, Antig. IV, 6
Qui ne voit pas la vanité du monde est bien vain lui-même
Pascal, Pens. VI, 59 bis, éd. HAVETQui ne mourrait pour conserver son honneur, celui-là serait infâme
Pascal, ib. II, 1Qui a vu la cour a vu du monde ce qui est le plus beau, le plus spécieux, le plus orné ; qui méprise la cour après l'avoir vue, méprise le monde
La Bruyère, VIII- Qui n'est que juste est dur ; qui n'est que sage est triste Voltaire, Épît. XLIX.
- Malheureux qui se voue aux nymphes du Permesse,S'il ne possède pour richesseQu'un grand cœur et son Apollon ! GILB., Ode au roi.
- Il me faut qui m'estime ; il me faut des amis.... André Chénier, Élég. XI
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N'avoir qui..., n'avoir personne à.
- C'est là que, loin du monde et de sa vaine pompe,Je n'aurai qui tromper, non plus que qui me trompe Corneille, Place Roy. V, 8
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Dans cette construction, le membre qui a qui en tête peut se mettre par inversion après le verbe du membre de phrase principal.
- Il passe pour tyran quiconque s'y fait maître,Qui le sert, pour esclave, et qui l'aime, pour traître Corneille, Cinna, II, V
Comme eux [Ésope, Homère] ne ment pas qui veut
La Fontaine, Fabl. IX, 1- Écrive qui voudra ; chacun à ce métierPeut perdre impunément de l'encre et du papier Boileau, Sat. IX
Le [Cicéron] blâme qui voudra d'avoir répandu dans le sein de l'amitié les douleurs qu'il cachait à ses persécuteurs ; je l'en aime davantage
Voltaire, Rome sauv. Préf.
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Qui, employé absolument, c'est-à-dire sans antécédent énoncé, est le sujet du verbe suivant ; le second verbe ne peut point avoir de sujet énoncé ; c'est cet antécédent sous-entendu qui en est le sujet. Ainsi ne dites pas : qui est fidèle à sa parole, il est estimé. Cependant dans le XVIIe siècle on ne craignait pas cette tournure.
- Et qui veut m'affliger, il faut qu'il me conseilleDe ne m'affliger pas Malherbe, V, 21
- Qui se contraint au monde, il ne vit qu'en torture Régnier, Sat. X
Qui dit prude, il dit laide
La Fontaine, Or.Qui prendrait garde au vent de si près, jamais il ne sèmerait
Bossuet, Serm. Quinq. 2- En un mot qui voudrait épuiser ces matières,Peignant de tant d'esprit les diverses manières,Il compterait plutôt combien dans un printempsGuénaud et l'antimoine ont fait mourir de gens Boileau, Sat. IV
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Qui se dit absolument aussi en parlant des choses. Voici qui me convient. Voilà qui vous plaira. Qui plus est. Qui pis est.
- Bacchus le déclare hérétique,Et janséniste, qui pis est Boileau, Chanson à boire.
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10Quelquefois deux membres de phrase sont liés l'un et l'autre à une phrase principale par un pronom relatif, et l'un sert de déterminatif à l'autre. C'est l'homme qui porte un chapeau, qui a fait la commission.
Il n'y a qu'une affliction qui dure, qui est celle de la perte des biens
La Bruyère, VI
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11Qui, précédé d'une préposition, pris elliptiquement pour celui qui, ceux qui, celles qui.
- J'ai dû cette vengeance à qui m'a mise au jour Corneille, Cid, V, 7
- Mais j'ai tort d'en parler à qui ne peut m'entendre Corneille, Poly. V, 3
- Faire réponse en reine et comme le mériteEt de qui l'on me parle et qui m'en sollicite Corneille, Nic. III, 1
- À quel droit voulez-vous que cette haine cessePour qui lui disputa ce trône et sa maîtresse ? Corneille, Othon, III, 5
- Le bonheur appartient à qui fait des heureux Delille, Pitié, II
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À qui exprime aussi la compétition, la rivalité.
Et tous trois à l'envi s'empresser ardemment à qui dévorerait ce règne d'un moment
Corneille, Othon, I, 1C'était à qui avait vu le diable, ou à qui le verrait ; tout cela était un sujet de conversations inépuisables
Voltaire, Dict. phil. Possédés.
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12On rencontre la locution plus.... plus..., jointe à un membre de phrase par un qui, lequel se trouve n'avoir point de verbe à lui en propre.
Si la répugnance qu'on a pour les devoirs était un titre d'exemption, où est le fidèle qui, plus il sentirait de corruption dans son cœur, plus il n'y trouvât sa justification et son innocence ?
Massillon, Carême, Pardon.Ces exécrables mystères, dit-il [saint Léon], qui plus ils sont impurs plus on a soin de les cacher, sont communs aux manichéens et aux priscillianistes
Voltaire, Dict. philos. Zèle.- .... Qui, plus il a compté de soleils et de jours,Plus il se sent d'élan pour s'élancer toujours Lamartine, Rép. aux adieux de W. Scott.
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C'est d'une façon analogue que Racine dit : Avez-vous pu penser qu'au sang d'Agamemnon Achille préférât une fille sans nom, Qui de tout son destin ce qu'elle a pu comprendre, C'est qu'elle sort d'un sang.... Iph. II, 5.
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13Au XVIIe siècle, on pouvait faire rapporter qui à un participe pris absolument, de sorte que le membre de phrase subordonné continuait par un autre sujet que qui.
On vit en eux [les apôtres] une véritable foi, et, dans cette foi, une véritable justice, qui étant l'ouvrage du Saint-Esprit, il s'ensuit qu'il donna au monde une parfaite conviction de la justice
Bossuet, Méd. sur l'Évang. 2e part. 20e jour.
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14Un des hommes qui ont.... ou qui a..., voy. UN.
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15Qui pris substantivement. Les qui, les quand, les quoi.
- Prendre garde qu'un qui ne heurte une diphthongue Régnier, Sat. IX
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16Emploi archaïque de qui pour si l'on, si quelqu'un.
- Qui lui pourrait un peu tirer les vers du nez,Que nous verrions demain des gens bien étonnés ! Corneille, Veuve, IV, 6
- Qui pourrait toutefois en détourner Lysandre,Ce serait le plus sûr Corneille, Gal. du Pal. IV, 1
Un loup.... Aperçut un cheval qu'on avait mis au vert ; Je laisse à penser quelle joie : Bonne chasse, dit-il, qui l'aurait à son croc
La Fontaine, Fabl. V, 8L'on ne saurait les faire obéir, qui ne les bat rudement
CHIFFLET, Gramm. p. 134Voilà ce qu'il faut aux gens doctes ; qui leur égayerait tout cela par des réflexions, par des traits ou de morale, ou même de plaisanterie, ce serait un soin dont ils n'auraient pas grande reconnaissance
Fontenelle, Oracles, Préface
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Il est dommage que cette tournure vive et légère tombe en désuétude.
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17Emploi archaïque de qui pour ce qui.
Elle y coupe la courbe à angles droits, qui est ce qu'il fallait faire
Descartes, Géom. 2Elle fut admonestée, qui est une très légère peine
Mme de Sévigné, 422Vous pensâtes ne me pas trouver, qui eût été une belle chose
Mme de Sévigné, 4 nov. 1676On préfère ce que l'on sent, qui promet plus de succès
Fontenelle, Malezieu.
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Qui pour ce que dans une phrase dubitative.
- Je ne sais qui je dois admirer davantage,Ou de ce grand amour ou de ce grand courage Corneille, Illus. com. V, 3
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18Emploi archaïque de qui, avec un que antécédent, voy QUE 1, n° 8.
Cette madame Quintin que nous disions qui vous ressemblait
Mme de Sévigné, 69
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19Qui ni quoi, voy. QUOI.
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20Qui que ce soit, qui que ce puisse être, etc. signifie quiconque, quelque personne que ce soit. Qui que ce soit qui ait fait cela, c'est un habile homme. À qui que ce soit que nous parlions, nous devons être polis.
- Mais comme il est permisContre qui que ce soit de servir ses amis Corneille, Nicom. II, 3
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Qui que ce soit, avec la négation, signifie nul, nulle personne. Je n'y ai trouvé qui que ce soit. Je n'envie la fortune de qui que ce soit. On ne doit jamais mal parler de qui que ce soit en son absence.
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21Qui qu'il soit, quel qu'il soit.
- Et le combat fini, m'amenez le vainqueur ;Qui qu'il soit, même prix est acquis à sa peine Corneille, Cid, IV, 5, édit. de 1682
- Il voudra, ce rival, qui que l'on puisse élire,S'assurer par l'hymen de vos droits à l'empire Corneille, Pulch. I, 1
- Eh bien ! je l'ennoblis,Quelle que soit sa race, et de qui qu'il soit fils Corneille, Don Sanche, I, 3
Toi donc, qui que tu sois, ô père de famille ....T'attendre aux yeux d'autrui quand tu dors, c'est erreur
La Fontaine, Fabl. XI, 3- Oh ! qui que vous soyez, excusez mon audace Voltaire, Mérope, III, 2
- Qui que tu sois, voici ton maître ;Il l'est, le fut ou le doit être Voltaire, Poés. mêlées, X
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22Interrogativement. Quelle personne.
- Qui a fait cela ? Qui demandez-vous ?Contre qui plaidez-vous ? Chimène : Qui l'eût cru !... -Rodrigue : Chimène, qui l'eût dit !... - Chimène :Que notre heur fût si proche, et si tôt se perdît !... Corneille, Cid, III, 4
Le marquis de Grana demanda à M. de Luxembourg, qui était un escadron qui avait soutenu, deux heures durant, le feu de neuf de ses canons.... c'était les Gendarmes-Dauphin
Mme de Sévigné, 23 août 1678Qui est celui qui vient le premier de tous, nonchalamment appuyé sur son écuyer ?
Boileau, les Héros de romans.- Nous séparer ? qui ? moi ? Titus de Bérénice ? Racine, Bérén. III, 3
- Et qui sait ce qu'un jour ce fils peut entreprendre ? Racine, Andr. I, 2
- Vous, m'offenser ? qui, vous ? ah ! ne le craignez pas Voltaire, Sémir. III, 5
Elle [une maladie] lui ôtait souvent [à Charles VI] l'usage de la raison ; des antipapes divisaient l'Église et l'Europe ; par qui le monde a-t-il été gouverné !
Voltaire, Ann. Emp. Venceslas, 1391Dites-moi, je vous prie, lui demanda Clorinde, qui sont ces jeunes gens ?
J.-J. Rousseau, Olinde et Sophr.On dit aussi : qui est-ce qui... Il faudrait demander à l'auteur qui est-ce qui lui a révélé ce qui a été résolu dans les conseils libres de Dieu
Fénelon, t. III, p. 11
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Qui interrogatif est toujours du masculin. Toutefois la Fontaine l'a fait avec raison du féminin : En effet il ne peut être ici question que d'une femme ; il était donc impossible de faire rapporter à qui un adjectif masculin.
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Qui interrogatif est toujours du singulier ; cependant il s'emploie quelquefois au pluriel dans des phrases analogues à celles-ci :
- Entre tant d'animaux qui sont ceux qu'on estime ? Boileau, Sat. v.
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À la différence de qui relatif, qui interrogatif ou employé interrogativement peut être régime direct. Qui demandez-vous ? Je ne sais qui vous demandez.
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23Qui se dit pour quel, quelle, sans interrogation.
Si vous observez avec soin qui sont les gens qui ne peuvent louer, qui blâment toujours....
La Bruyère, VIl faut que je sois le plus maladroit des hommes, si je ne le rends d'avance passionné sans savoir de qui
J.-J. Rousseau, Ém. IV
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Familièrement. Un je ne sais qui, un homme de néant. Il est toujours avec je ne sais qui.
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24Qui... que dans le sens de qui... si ce n'est ?
Qui put les [les Sarrasins] y avoir appelés que les Juifs ou les Romains ?
Montesquieu, Espr. XXVIII, 7
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Qui.... qui.... tournure archaïque signifiant quel est celui qui... de telle façon que.
Qui sera si ridicule Qui ne confesse qu'Hercule Fût moins Hercule que toi ?
Malherbe, II, 2
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25Qui répété et employé distributivement signifie les uns, les autres, ceux-ci, ceux-là.
- Qui lance un pain, un plat, une assiette, un couteau ;Qui pour une rondache empoigne un escabeau Régnier, le Festin.
Ils cherchèrent la source du mal, qui d'un côté, qui d'un autre, et pas un ne la trouva
Guez de Balzac, 3e disc. s. la cour.Elle a bien pu réduire en poudre Le pauvre Ajax d'un coup de foudre, Jeter les Grecs qui çà qui là
Scarron, Virg. ILes médecins ont raisonné là-dessus, et ils n'ont pas manqué de dire que cela procédait, qui du cerveau, qui des entrailles, qui de la rate, qui du foie
Molière, Méd. m. lui, II, 9Chacun y est en action, qui à bâtir, qui à l'agriculture, qui....
Bossuet, Serm. Quinq. 2
Étymologie
Saintong. chi ; provenç. qui ; ital. chi ; du lat. qui ; goth. hvas. Dans l'ancienne langue, la règle est de mettre qui pour le sujet, et cui pour le régime ; mais, comme ces mots se prononçaient probablement de même, l'orthographe les confond souvent. Dans les plus anciens textes, on trouve une forme que, qued, employée avec les noms de chose, et qui répond au quod latin.
Supplément
QUI. Ajoutez : - REM. 1. On lit dans Saint-Simon : La Bretesche se sut bon gré de ne m'avoir pas cru, qui lui avais conseillé de défaire sa jambe de bois, 29, 88. Cette tournure se range à côté de celles où qui est séparé de son antécédent (voy. n° 7) ; elle n'a donc rien qui doive la faire rejeter. 2. Le même Saint-Simon a dit : Dans une affaire si odieuse, où par qui d'où le bruit vînt, son neveu était l'attaqué, le roi.... 327, 28. Cela est tout à fait incorrect ; il fallait par qui que le bruit vînt.