1coléré, ée part. passé. (ko-lé-ré, rée)
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Mis en colère.
... les combattants à l'égal colérés
Régnier, Ép. II
Mis en colère.
... les combattants à l'égal colérésRégnier, Ép. II
Sentiment d'irritation contre ce qui nous blesse. Je l'ai vu dans ses colères, dans des colères affreuses.
Vous vous mettez en colère contre votre filsPascal, Prov. 18
.... Si pour moi vous êtes en colèreCorneille, Nicom. IV, 4
Il n'y a morale qui tienne, je me veux mettre en colère tout mon soûl, quand il m'en prend envieMolière, Bourg. gentilh. II, 6
Le tyran est toujours dans une colère à faire pouffer de rireVoltaire, Lett. d'Argental, 27 févr. 1765
La douceur, selon l'Écriture, rompt la colèreFLÉCHIER, Serm. II, 15
La colère lui avait bouché les oreillesVaugelas, Q. C. VIII, 1
La colère de Dieu.
.... On m'accable et les astres sévères Ont contre mon amour redoublé leurs colèresMolière, Fâch. III, 1
Marie ignore les saintes colères du Seigneur, elle reste toute bontéChateaubriand, Génie, I, I, 5
Terme de l'Écriture.
Les enfants d'Adam sont enfants de colère, indignes de l'héritage célesteFénelon, XVIII, 167
Comme un esclave et un enfant de colèreMassillon, Myst. Purification, 2
Se dit aussi en parlant des animaux. La colère du lion. Chien en colère.
Fig. La colère des flots, la colère des vents, c'est-à-dire le soulèvement des flots, le souffle impétueux des vents.
COLÈRE, COURROUX, EMPORTEMENT. L'emportement se distingue tout d'abord des deux autres, en ce qu'il est la manifestation extérieure soit de la colère soit du courroux. Une violente colère, un violent courroux peut être dans le cœur sans qu'il s'en montre rien au dehors ; mais dès qu'il se montre par des gestes ou des paroles passionnées, alors il y a emportement. Entre colère et courroux, il est difficile de trouver aucune nuance dans le sens ; on n'en trouve que dans l'emploi, colère étant du langage ordinaire comme du langage élevé, tandis que courroux appartient seulement à ce dernier et se dit surtout de la colère des personnes de haut rang, de grande condition, ou des êtres célestes.
Bourguig. quelère ; provenç. colera, colra, bile ; espagn. colera ; ital. collera ; du latin cholera, bile, colère ; du grec χολέρα, qui signifie non pas bile, mais choléra. Colère n'est entré qu'assez tard dans la langue ; le mot habituel dans les âges anciens était ire ; puis est venu chole, bile (χολὴ, bile) ; chaude chole, pour dire emportement, a été longtemps usité.
Qui se met souvent en colère.
Un prince avare et colèreFléchier, Panég. II, p. 445
Il est fier et colèreCorneille, Attila, IV, 2
S'il est vrai que les riches soient colèresLa Bruyère, VI
Ton ombre [Xerxès] est encore bien colère et bien superbe ; tu n'étais pas plus emporté quand tu faisais fouetter la merFénelon, XIX, 170
.... Ma femme est terrible avecque son humeur ; Du nom de philosophe elle fait grand mystère, Mais elle n'en est pas pour cela moins colèreMOLIÈRE, F. sav. II, 9
Par extension.
La vanité ne me donnait que trop de penchant à cette humeur colèreJ.-J. Rousseau, Ém. IV
Dans le langage populaire, on dit souvent être colère, pour avoir un accès de colère : j'étais colère en ce moment-là. C'est une faute : colère signifie non pas l'homme saisi d'un accès de colère, mais l'homme qui se met souvent en colère.
COLÈRE, COLÉRIQUE. Le colère est celui qui se met souvent en colère ; le colérique est celui que son tempérament porte à la colère. Un homme, dit Roubaud, peut être colérique, sans être colère, s'il parvient à se vaincre lui-même.
Colère 1.
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, 1872-1877 · cliquer un vers pour le scander