1mûre s. f. (mu-r' ; Ménage dit que, de son temps, on prononçait meure en Anjou ; cette prononciation est encore conservée dans plusieurs provinces ; elle est d'ailleurs archaïque ; mais il faut s'en garder, car elle n'est plus du bon usage)
-
1Le fruit du mûrier.
-
Autant en dit le renard des mûres, se dit à celui qui méprise une chose parce qu'il ne peut l'avoir ; par allusion à un récit où le renard dédaigne des mûres qu'il ne peut atteindre ; dans la fable de la Fontaine, il s'agit de raisins.
Cette délicatesse [du maréchal d'Huxelles] ne fut que pour Monseigneur, et pour tâcher de se faire valoir : le renard des mûres, si on ne songeait point à lui ; se faire prier, si on y pensait
Saint-Simon, 259, 228
-
-
2Mûre sauvage, mûre de haie, le fruit de diverses espèces de ronces.
-
Fig. Aller aux mûres sans crochet, entreprendre quelque chose sans s'être pourvu de ce qu'il faut pour réussir.
-
Les ronces mêmes qui portent cette mûre.
Sentiers Creusés sur les coteaux par les bœufs du village, Tout voilés d'aubépine et de mûre sauvage
Lamartine, Joc. IV, 137
-
Remarque
On ne voit pas pourquoi l'Académie met un accent circonflexe à mûre. Le mot n'est point contracté, puisqu'il vient du latin morum ; dans l'ancienne langue, il s'écrit, il est vrai, meure ; mais il est de deux syllabes, et non de trois.
Étymologie
Génev. meure ; Berry, meûse, meûre, molle, môse ; wallon, meule ; namur. meûre ; Hainaut, meure, meurte, moure ; prov. et esp. mora ; port. amora ; ital. mora ; du lat. mora.