valoir v. n. (va-loir)
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1Être d'un certain mérite, en parlant des personnes (sens le plus rapproché du sens latin de valere, être fort).
Croyez que.... tant que je vaudrai quelque chose, je ne puis manquer d'être votre serviteur
Voiture, Lett. 46- Je te connais, Léonce, et mieux que tu ne crois ;Je sais ce que tu vaux, et ce que je te dois Corneille, Héracl. I, 4
Comme tu m'as souvent dit que je ne valais pas grand'chose
BOURSAULT, Lett. nouv. t. III, p. 247, dans POUGENS- C'est par là que je vaux, si je vaux quelque chose Boileau, Sat. VII
- ....Si je vaux quelque choseC'est par là que je vaux, et par ma belle humeur Regnard, Distr. v, 10
- Ma foi, quand je parcours tout ce qui le compose,Je ne trouve que nous qui valions quelque chose Gresset, Méch. II, 3
Chacun des deux est présentement ce qu'il faut à l'autre ; il m'éclaire, et je l'anime ; nous en valons mieux réunis
J.-J. Rousseau, Hél. III, 20- Obligé de valoir, mon fils en vaudra mieux SAURIN, Beverlei, I, 1
- Sans vanité l'on peut sentir ce que l'on vaut PICARD, Entrée dans le monde, I, 2
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Valoir beaucoup, avoir beaucoup de mérite ; valoir trop, avoir trop de mérite.
- Tu vaux trop ; c'est ainsi qu'il faut, quand on se moque,Que le moqué surtout sorte fort satisfait Corneille, Veuve, III, 4
- Je sais qu'il vaut beaucoup, étant sorti de vous Corneille, Ment. II, 1
Cette femme ambitieuse et vaine croit valoir beaucoup quand elle s'est chargée d'or et de pierreries
Bossuet, la Vallière.
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Absolument, valoir, avoir de la fortune, du crédit, etc.
On ne vaut et l'on n'est heureux qu'autant qu'on se voit à son aise et bien pourvu
Bourdaloue, Exhort. sur le reniem. de St Pierre, t. I, p. 463
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Ne valoir pas, être au-dessous de.
- Le reste ne vaut pas l'honneur d'être nommé Corneille, Cinna, v, 1
Les hommes ne valent pas la peine qu'on prend pour les éclairer ; et ceux même qui pensent comme nous, nous persécutent
D'Alembert, Lett. à Voltaire, 22 déc. 1765
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Il ne vaut pas la peine qu'on lui réponde, se dit, par mépris, d'un homme avec qui on ne veut point entrer en contestation.
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Ne valoir pas que, avec le subjonctif, même sens.
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Cet homme en vaut bien un autre, cet homme mérite autant d'estime qu'aucun autre.
- Mais je crois qu'après tout ses sœurs la valent bien Corneille, Œdipe, I, 3
Vous et moi nous en valons deux autres
Regnard, Joueur, III, 12- Les femmes valent bien messieurs les beaux esprits DESTOUCH., Phil. marié, II, 5
Un lion mort ne vaut pas Un moucheron qui respire
Voltaire, Ecclés. Précis.- Je crois valoir au moins les rois que j'ai vaincus Voltaire, Mérope, I, 3
Si Virgile était janséniste, Horace, qui le valait bien, était moliniste
D'ALEMBERT, Œuv. t. v, p. 183
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Monsieur vaut bien madame, voy. MONSIEUR.
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2Il se dit du mérite qu'ont les choses.
- Aussi n'appartient-il qu'aux Romains seulementDe m'accorder un don qui vaille infiniment MAIRET, Sophon. IV
- Mais commander ici vaut bien servir ailleurs Corneille, Toison d'or, I, 2
- Et d'autres lieux de cette mer,Qui ne valent pas le nommer Scarron, Virg. III
Nous n'estimons pas que toute la philosophie vaille une heure de peine
Pascal, Pens. XXIV, 100 bis, éd. HAVET.Il me semble qu'elle [cette peinture que je viens de vous faire] ne vaut guère
Mme de Sévigné, 6 août 1680Dans les premiers temps, la poésie et la philosophie étaient la même chose, toute sagesse était renfermée dans les poëmes ; ce n'est pas que par cette alliance la poésie en valût mieux, mais la philosophie en valait moins
Fontenelle, Oracl. I, 6N'estimez votre état que ce qu'il vaut, et vous en vaudrez davantage
J.-J. Rousseau, Lett. à M. Romigli, t. I, Corresp. t. I, p. 102, dans POUGENS.Personne ne donnait un avis qui valût le sien, soit pour l'ameublement, soit pour la toilette
REYBAUD, Jér. Paturot, II, 17
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Cette chose, cette affaire ne vaut pas la peine d'y penser, d'en parler, cette chose, cette affaire est de peu de conséquence.
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Dans le sens contraire : Cette chose, cette affaire vaut bien la peine d'y penser, la peine qu'on y pense.
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Ironiquement. Cela ne vaut pas la peine d'en parler.
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Absolument, cela ne vaut pas la peine, n'en vaut pas la peine.
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Fig. Le jeu ne vaut pas la chandelle, voy. CHANDELLE, n° 1.
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Rien qui vaille, chose sans mérite ni valeur.
Ils [les comédiens] ont un privilége, c'est de ne faire rien qui vaille parce qu'ils sont seuls, de mal jouer les anciennes pièces, et de n'en point donner de nouvelles qui ne soient mauvaises
Dancourt, Com. des coméd. I, 5
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Substantivement. Un rien qui vaille, une personne sans mérite, sans valeur.
Je vous assure qu'à force de ne trouver que des riens qui vaille en son chemin, on devient rien qui vaille soi-même
BUSSY-RABUTIN, Lett. t. II, p. 97, dans POUGENSCet infant qu'on me baille, N'en déplaise aux baillants, n'est qu'un vrai rien qui vaille
Thomas Corneille, Geôl. de soi-même, v, 7
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N'avoir rien qui vaille, n'avoir rien de bon. Ce marchand n'a rien qui vaille.
- J'étais lundi passé chez mon libraire CailleQui dans son magasin n'a souvent rien qui vaille Voltaire, la Tactique.
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Ne faire rien qui vaille, ne faire rien de bon, d'utile.
Vous ne feriez jamais rien qui vaille
Pascal, Prov. VII- En se dépêchant trop, on ne fait rien qui vaille Voltaire, Lett. d'Argental, 18 oct. 1776
Selon lui, les Anglais n'avaient plus rien fait qui vaille, depuis qu'ils avaient renoncé au grec et à l'arabe pour la géométrie et la physique
D'Alembert, Éloges, Alary.
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Ne valoir pas que, ne pas mériter que.
- L'occasion ici fort peu vous favorise,Et ce faible bonheur ne vaut pas qu'on le prise Corneille, Ment. I, 2
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3Valoir suivi d'un infinitif (tournure excellente, peu usitée aujourd'hui, mais qui mérite de l'être beaucoup).
Vous n'y trouveriez rien [dans des vers], à mon avis, qui vaille les désirer
Malherbe, Lettres, II, 33Que les combats qu'avait faits Minutius en Ligurie n'étaient que simples rencontres, et encore si légères qu'elles ne valaient pas en parler
Malherbe, le XXXe livre de Tite Live, ch. 22- Le peu que j'y perdrai ne vaut pas m'en fâcher Corneille, Veuve, III, 3
- L'offre n'est pas mauvaise, et vaut bien y penser Corneille, Galer. IV, 14
- La vie est peu de chose, et le peu qui t'en resteNe vaut pas l'acheter par un prix si funeste Corneille, Cinna, IV, 3
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4Être d'un certain prix. Cette étoffe vaut cinq francs l'aune.
L'honneur qui se vend, si peu qu'on en donne, est toujours payé plus qu'il ne vaut
Duclos, Œuv. t. v, p. 78
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Familièrement. Cette chose vaut de l'argent, elle est d'un prix considérable.
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Fig.
Ce petit Coulanges vaut trop d'argent, je garde toutes ses lettres
Mme de Sévigné, 29 janvier 1685
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Cette chose vaut son pesant d'or, est très bonne dans son genre.
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Cet homme vaut son pesant d'or, il est rempli de bonnes qualités.
Je vous dis qu'il [M. de Sévigné] vaut son pesant d'or
Mme de Sévigné, 43
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Chaque chose vaut son prix, chacun vaut son prix, chaque chose, chaque personne a ses qualités.
- Quelque rare que soit le mérite des belles,Je pense, Dieu merci, qu'on vaut son prix comme elles Molière, Mis. III, 1
- Je valais dans mon temps mon prix tout comme un autre Regnard, le Légat. II, 4
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Fig. Savoir ce qu'en vaut l'aune, voy. AUNE.
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Fig. et familièrement. Cela ne vaut pas le diable, ne vaut pas un sou, ne vaut pas un clou à soufflet, ne vaut pas le ramasser, cela n'est bon à rien, ne vaut rien.
Cela [une comédie de Legrand] ne vaut pas le diable ; mais cela réussira, parce qu'il y a des danses et de petits enfants
Voltaire, Lett. Thiriot, 1724
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5Valoir bien que avec le subjonctif, être digne que.
- La gloire de mon nom vaut bien qu'on la retienne Corneille, Don Sanche, v, 5
- Qui d'eux aimait le mieux ; que t'en semble, lecteur ?Cette difficulté vaut bien qu'on la propose La Fontaine, Fabl. II, 4
- Je vaux bien que de moi l'on fasse plus de cas ;Et je baise les mains à qui ne me veut pas Molière, Fem. sav. v, 4
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Impersonnellement, avec bien et inversion, il est avantageux.
Pour lors bien m'en valut
Régnier, Sat. X[Louis XI] Non, je sais que je n'y suis pas [au Plessis-lez-Tours], et bien vous en vaut [à vous, la Balue]
Fénelon, t. XIX, p. 364
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6Valoir mieux, avoir plus de qualités, en parlant de personnes.
La cavalerie carthaginoise valait mieux que la romaine
Montesquieu, Rom. 4Il y en a bien peu [Anglais] qui ressemblent à Bolingbroke ; celui-là valait mieux que ses livres ; mais, pour les autres Anglais, leurs livres valent mieux qu'eux
Voltaire, Lett. Mme du Deffant, 18 fév. 1760
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Cet homme ne vaut pas mieux que son frère, ce sont tous deux des gens mauvais.
Il [un thaumaturge] avait ajouté les chrétiens aux épicuriens, parce qu'à son égard ils ne valaient pas mieux les uns que les autres
Fontenelle, Oracles, I, 13
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Être meilleur, être préférable, en parlant de choses. Ma montre vaut mieux que la vôtre.
- À quelque prix qu'on mette une telle fumée,L'obscurité vaut mieux que tant de renommée Corneille, Hor. II, 3
C'est toujours quelqu'un à qui on peut faire un tour quand on sera de mauvaise humeur, et cela vaut mieux que rien
FONT., Lett. gal. II, 34La paix vaut encore mieux que la vérité ; je n'ai guère connu ni l'une ni l'autre en ce monde
Voltaire, Lett. Mairan, 5 mai 1741
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Cette chose-là vaut mieux pistole qu'elle ne valait écu, voy. PISTOLE.
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Un tiens vaut mieux que deux tu l'auras, voy. TENIR. Impersonnellement. Il vaut mieux, il est plus avantageux, il est préférable. Il vaut mieux qu'il en soit ainsi.
- Mais, tyran pour tyran, il vaut mieux vivre à Rome Corneille, Sertor. I, 1
Il leur vaudrait bien mieux, les pauvres animaux [des chevaux], de travailler beaucoup, de manger de même
Molière, l'Av. III, 5
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Avec suppression de il et inversion.
- Mieux vaut goujat debout qu'empereur enterré La Fontaine, Matrone.
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Autrefois cette inversion de mieux n'était pas obligatoire.
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7Ne rien valoir, en parlant des personnes, être méchant, vicieux, dangereux.
- Tout le monde me prend pour un homme de bien ;Mais la vérité pure est que je ne vaux rien Molière, Tart. III, 6
Mon Dieu ! que les hommes ont de talent pour ne rien valoir !
Marivaux, Marianne, 1re part.Chassé de la maison de son père, parce qu'il ne voulait rien valoir
J.-J. Rousseau, Ém. II
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Il se dit des choses en un sens analogue.
La Puisieux s'en est épanoui la rate [d'une petite méchanceté faite par Mme de Sévigné] ; Mademoiselle n'osait lever les yeux ; et moi, j'avais une mine qui ne valait rien
Mme de Sévigné, 27Son grand benêt d'amant ne l'aime guère, il trouve Marie bien jolie, bien douce ; ma fille, cela ne vaut rien....
Mme de Sévigné, 144
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Cette chose ne vaut rien, elle n'a presque aucun mérite, presque aucune valeur. Le cheval qu'il a vendu ne valait rien. Cette comédie ne vaut rien du tout. L'étoffe que j'ai achetée ne vaut rien.
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Cette chose ne vaut rien, se dit aussi d'une chose usée et devenue hors d'usage. Cet habit ne vaut plus rien.
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Cela ne vaut rien, cela est mauvais, nuisible. Le temps humide ne me vaut rien.
La raison ne me vaut rien ; car elle m'a ôté tout ce que j'avais d'agréments
Mme de Genlis, Ad. et Th. t. II, p. 170, dans POUGENS
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Cela ne vaut rien, signifie aussi, cela n'annonce rien de bon, est de mauvais augure. Il s'endort dès qu'il a mangé, cela ne vaut rien.
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8Rapporter, donner du profit. Cet emploi vaut tant.
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Tant vaut l'homme, tant vaut la terre, voy. TERRE.
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9Faire valoir quelqu'un, lui donner crédit, puissance, occasion de paraître à son avantage.
Les rois font des hommes comme des pièces de monnaie ; ils les font donc valoir ce qu'ils veulent ; et l'on est forcé de les recevoir selon leur cours, et non pas selon leur véritable prix
LA ROCHEFOUC., Prem. pens. 50Il est moins rare de trouver de l'esprit que des gens qui se servent du leur, ou qui fassent valoir celui des autres, en le mettant à quelque usage
La Bruyère, IILà se trouvait dans toute sa perfection l'art... de faire valoir les autres sans prétendre les protéger
Mme de Genlis, Mém. t. II, p. 204
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Se faire valoir, soutenir sa dignité, ses droits. Vous négligez les droits de votre place, vous ne vous faites point assez valoir.
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Se faire valoir, se montrer à son avantage.
Rien ne devrait plus humilier les hommes qui ont mérité de grandes louanges, que le soin qu'ils prennent encore de se faire valoir par de petites choses
LA ROCHEFOUC., Réflex. mor. n° 272Se faire valoir par des choses qui ne dépendent point des autres, mais de soi seul, ou renoncer à se faire valoir : maxime inestimable et d'une ressource infinie dans la pratique
La Bruyère, II
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S'attribuer plus qu'on n'a.
Je trouve qu'on se faisait peut-être un peu trop valoir dans le siècle passé, quoique avec justice, et qu'on ne se fait peut-être pas assez valoir dans celui-ci
Voltaire, Lett. Laurent, 6 déc. 1771L'art de se faire valoir et de conduire une intrigue
Mme de Genlis, Parvenus, t. I, p. 65, dans POUGENS
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Un homme ne vaut que ce qu'il se fait valoir, un homme n'obtient de crédit, etc. qu'autant qu'il saisit les occasions et les moyens de faire ressortir son mérite.
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Se faire valoir de, se donner de l'importance au moyen de.
Je me suis fait valoir ici des nouvelles du combat naval [que j'ai apprises par vous]
Mme de Sévigné, 26 mai 1676
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Terme de chasse. Se faire valoir, se dit d'un animal qui, dans un terrain gras, a imprimé son pied et sa jambe, de manière à le faire juger plus fort qu'il ne l'est en effet.
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10Faire valoir une chose, lui donner force, puissance. Faire valoir son droit, ses droits.
Jamais Ferdinand n'eut plus de puissance, et ne la fit plus valoir
Voltaire, Ann. emp. Ferdinand II, 1629
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Faire valoir une chose, lui donner du prix, la faire paraître meilleure, plus belle.
Je me suis engagé de faire valoir la pièce, et l'auteur m'en est venu prier encore ce matin
Molière, Préc. 10Nous lisons la vie de Théodose ; mon fils la fait encore valoir ; car vous savez comme mes enfants savent lire
Mme de Sévigné, 601Les choses ne valent que ce qu'on les fait valoir
Fénelon, Dial. des morts mod. Dial. 13Quand de bons acteurs les font valoir [les pièces de théâtre]
Voltaire, Comm. Corn. Rem. Essex, v, 3En général, l'art de faire valoir une idée consiste à la mettre dans la place où elle doit frapper davantage
Condillac, Art d'écr. II, 14
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Terme de peinture. Une figure en fait valoir une autre, lorsque, placée auprès, elle a moins de force, moins de fini, moins de beauté.
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Faire valoir une chose, en relever l'importance, le mérite.
- Je ne sais point, seigneur, faire valoir les choses Corneille, Othon, III, 5
Et de tant de mortels à toute heure empressés à nous faire valoir leurs soins intéressés....
Racine, Esth. II, 3Un premier esclave qui, espérant d'obtenir sa liberté, accusait sans cesse les autres, pour faire valoir à son maître son zèle et son attachement à ses intérêts
Fénelon, Tél. II
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Faire valoir sa marchandise, se dit du marchand qui fait ressortir les qualités de ce qu'il veut vendre.
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Fig. Faire valoir sa marchandise, louer beaucoup ce qu'on a, ce qu'on dit, ce qu'on fait.
Si nous trouvions quelque chose de bon pour votre enfant, nous ne manquerions pas de faire valoir notre marchandise
Mme de Sévigné, 527
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Faire valoir des motifs, en faire ressortir la force.
Je sais bien que vous êtes en couche ; je fais valoir cette raison qui est bonne
Mme de Sévigné, 259Il [d'Hacqueville] fera valoir vos raisons à M. de Pompone
Mme de Sévigné, 29 déc. 1675
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Faire valoir que, avec l'indicatif, ou faire valoir de, avec l'infinitif.
Je lui fais valoir [à Mme de Chaulnes] d'être demeurée pour elle [en Bretagne]
Mme de Sévigné, 22 juill. 1671Et vous venez nous faire valoir que vous aimez votre frère, et qu'il ne vous reste aucune aigreur contre lui, tandis que sa seule présence vous déplaît et vous irrite !
Massillon, Carême, Pardon des off.
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Faire valoir, signifie aussi opposer, objecter. Faire valoir une objection contre quelqu'un.
Je n'avais point voulu que la princesse [de Tarente] vînt ici ; je lui avais fait valoir nos dévotions de jeudi....
Mme de Sévigné, 450Je crois vous avoir fait entendre que depuis longtemps on faisait valoir les minuties [contre Pompone] ; et cela avait formé une disposition qui était toujours fomentée dans la pensée d'en profiter
Mme de Sévigné, 13 déc. 1679
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11Faire valoir une chose, en tirer le profit, l'avantage qu'elle peut rapporter.
Pour faire valoir la somme par votre industrie
Pascal, Prov. VIIICeux qui sont les plus vigilants et les plus industrieux pour faire valoir leurs biens
Fénelon, Tél. XIChacun est obligé, en conscience, de faire valoir ses talents
BRUEYS, Muet, II, 3Il [Charlemagne] fit valoir ses domaines avec sagesse, avec attention, avec économie
Montesquieu, Esp. XVIII, 31
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Par extension.
Respirer, me promener en long, faire un peu d'exercice, c'est ce qui me fera valoir et profiter tous mes remèdes
Mme de Sévigné, 7 oct. 1687
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Absolument. Faire valoir, exploiter soi-même sa terre.
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Terme de chasse. On dit que les chiens font valoir le change, quand ils abandonnent la voie de la bête de meute, pour suivre celle du change.
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12Tenir lieu de, avoir la signification de. L'as au piquet vaut onze. Une blanche, en musique, vaut deux noires. L'M en chiffres romains vaut mille.
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Faire un acte, remplir une formalité pour valoir ce que de raison, faire un acte, remplir une formalité par pure précaution, et pour servir dans l'occasion comme il sera juste et raisonnable.
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Cela vaut fait, assurez-vous que cela ne manquera pas de se faire.
Cela vaut fait, monsieur
Corneille, Mélite, II, 5
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Autant vaut, même sens.
Autant vaut que Valère s'en aille
GOLDONI, Bourru bienfais. II, 15
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Autant vaut, locution elliptique, peu s'en faut.
Ismène : Est-il mort ? - Cléanthes : Autant vaut : depuis vingt ans et plus Qu'il a pris son parti, nous ne nous sommes vus
Regnard, Démocr. II, 1Merlin : On donne ici le bal ! l'affaire est donc finie ? - Lisette : Autant vaut, mon enfant
Regnard, le Bal, 4Notre boussole est trouvée, ou autant vaut, nous voilà dans la physique
J.-J. Rousseau, Ém. III
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Vaut est quelquefois sous-entendu. Autant faire cela sur-le-champ que de différer.
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Autant vaut traîné que porté, voy. PORTÉ.
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Autant vaut être mordu du chien que de la chienne, voy. CHIEN.
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13Peser d'un certain poids. Ces considérations, qui valent pour votre cause, valent aussi pour la sienne.
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14V. a. Procurer, produire, faire obtenir. Ses succès lui ont valu le surnom de Grand. Cette terre lui vaut dix mille francs de rente. La gloire immortelle que lui ont value ses exploits. Les honneurs que mon habit m'a valus.
Vous lui faites [à Pauline] un bien extrême de vous amuser à sa petite raison naissante ; cette application à la cultiver lui vaudra beaucoup
Mme de Sévigné, 5 août 1676J'ai travaillé jusqu'à mes derniers jours ; cela m'a valu des ennemis ; mais aussi cela m'a valu votre amitié ; ainsi je n'ai point à me plaindre
Voltaire, Lett. Chabanon, 31 déc. 1774- Oui, je dormais sur un petit volumeQui me vaudra d'être encore étrillé Béranger, Gohier.
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15À valoir, terme de commerce et de finance signifiant ce qu'on donne à compte d'une plus forte somme qu'on doit fournir, soit argent, soit marchandise. Je vous envoie vingt balles de café dont vous retirerez le prix à valoir sur ce que je vous dois.
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J'ai reçu telle chose ou telle somme à valoir sur..., je l'ai reçue en déduction de....
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16Vaille que vaille, loc. adv. Passablement, tant bien que mal.
- Il faut me laisser vivre ; après, vaille que vaille,Si j'ai quelque pistole, on me la trouvera HAUTEROCHE, le Deuil, 29
- On me donnait le soinDe fournir la maison de chandelle et de foin ;Mais je n'y perdais rien ; enfin, vaille que vaille,J'aurais sur le marché fort bien fourni la paille Racine, Plaid. I, 1
- Enfin, vaille que vaille,L'ennemi se soumet, j'ai gagné la bataille DESTOUCH., Glor. v, 3
Je suis raccommodé, vaille que vaille, avec Mme du Deffant
D'Alembert, Lett. à Voltaire, 18 oct. 1760
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17Tout coup vaille, loc. adv. qui signifie, à de certains jeux, qu'en attendant la décision de ce qui est en contestation, on ne laissera pas de jouer.
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Fig. À tout hasard.
Ma foi, tout coup vaille, voyons où la chose ira
HAUTEROCHE, Cocher supp. sc. 18- Je me divertis toujours, tout coup vaille Dancourt, Cur. Compiègne, sc. 2
- Allons donc, tout coup vaille, épousons sans amour DESTOUCH., Irrésolu, IV, 1
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18Valant, part. présent. Deux maisons valant cent mille francs.
Le tout ci-dessus mentionné valant loyalement plus de quatre mille cinq cents livres, et rabaissé à la valeur de mille écus par la discrétion du prêteur
Molière, l'Avare, II, 2
Remarque
1. Valoir ne prend point de avec un infinitif. On dirait aussi sans de : Mieux vaut encore penser que lire. 2. Dans ces phrases : Cette étoffe vaut dix francs ; cet homme sait ce qu'il vaut, on comprend que le régime n'est régime direct qu'en apparence, et qu'il y a une ellipse : Cette étoffe vaut [pour] dix francs ; cet homme sait ce qu'il [pour ce qu'il] vaut. 3. Le participe passé fait difficulté comme coûté pour l'accord. On le traitera de même (voy. COÛTER, aux Remarques), et l'on dira : La somme qu'a valu il y a dix ans ce domaine. Mais quand valoir est actif, signifiant procurer, alors il suit la règle des verbes actifs : Les honneurs que lui a valus cette action. L'Académie ne s'explique ni pour l'un ni pour l'autre cas. 4. Quand il s'agit d'exprimer une valeur, on dit valant : Il a une bonne terre valant dix mille écus ; et, dans ce sens, valant est le véritable participe du verbe valoir. Mais, pour exprimer qu'il les a en sa possession, on dit alors : Cet homme a dix mille écus vaillant ; et dans ce cas vaillant est un substantif masculin employé adverbialement.
Étymologie
Berry, vailloir ; génev. vaille qui vaille (ce qui est fautif) ; provenç. et espagn. valer ; ital. valere ; du lat. valere, être fort, valoir ; comparez le sanscrit bala, force.