Premières poésies, 1862
XIII. Deux vers D’Alcée
Ίόπλοχ´ άγνά µειλιχόµειδε Σαπφοί,
θέλω τι Fείπñν, άλλά µε xωλύει αίδώς.Alcée.
Quel était ton désir‖ et ta crainte secrète ?Quoi ! le vœu de ton cœur,‖ ta Muse trop discrèteRougit-elle de l’exprimer ?Alcée, on reconnaît‖ l’amour à ce langage.Sapho feint vainement‖ que ton discours l’outrage,Sapho sait que tu vas l’aimer.
Tu l’entendais chanter,‖ tu la voyais sourire,La fille de Lesbos,‖ Sapho qui sur sa lyreRépandit sa grâce et ses feux.Sa voix te trouble, Alcée,‖ et son regard t’enflammeTandis que ses accents‖ pénétraient dans ton âme,Sa beauté ravissait tes yeux.
Que devint ton amour ?‖ L’heure qui le vit naîtreL’a-t-elle vu mourir ?‖ Vénus ailleurs peut-êtreEmporta tes vœux fugitifs.Mais le parfum du cœur‖ jamais ne s’évapore ;Même après deux mille ans‖ je le respire encoreDans deux vers émus et craintifs.
Versification
- Forme
- 3 sizains (sizains)
- Rimes
- 3(aabccb)
- Mètre
- Alexandrins et octosyllabes (12 de 12, 6 de 8)· profil 8, 6+6
- Strophes
- 3 sizains
- Mots à la rime
- a secrète / discrète féminine, classiqueb l’exprimer / l’aimer masculine, classiquec langage / l’outrage féminine, classiquea sourire / lyre féminine, classiqueb feux / yeux masculine, classiquec t’enflamme / âme féminine, classiquea naître / peut-être féminine, classiqueb fugitifs / craintifs masculine, classiquec s’évapore / encore féminine, classique
- Richesse
- extension moyenne des rimes 0.7· écart moyen à la rime classique 0.0
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
18 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Œuvres de L. Ackermann, Alphonse Lemerre, éditeur, 1885· numérisation poesies.net· Sources