Premières poésies, 1862
XI. La Lyre d’Orphée
Quand Orphée autrefois,‖ frappé par les Bacchantes,Près de l’Hèbre tomba,‖ sur les vagues sanglantesOn vit longtemps encor‖ sa lyre surnager.Le fleuve au loin chantait‖ sous le fardeau léger.Le gai zéphyr s’émut ;‖ ses ailes amoureusesBaisaient les cordes d’or,‖ et les vagues heureuses !
Comme pour l’arrêter,‖ d’un effort doux et vainS’empressaient à l’entour‖ de l’instrument divin.Les récifs, les îlots,‖ le sable à son passageS’est revêtu de fleurs,‖ et cet âpre rivageVoit soudain, pour toujours‖ délivré des autans,Au toucher de la lyre‖ accourir le Printemps.
Ah ! que nous sommes loin‖ de ces temps de merveilles !Les ondes, les rochers,‖ les vents n’ont plus d’oreilles,Les cœurs même, les cœurs‖ refusent de s’ouvrir,Et la lyre en passant‖ ne fait plus rien fleurir.
Versification
- Forme
- Sizains
- Rimes
- 2(aabbcc) 1(aabb)
- Mètre
- Alexandrins· profil 6+6
- Strophes
- 2 sizains, 1 quatrain
- Mots à la rime
- a Bacchantes / sanglantes féminine, classiqueb surnager / léger masculine, classiquec amoureuses / heureuses féminine, classiquea vain / divin masculine, classiqueb passage / rivage féminine, classiquec autans / Printemps masculine, classiquea merveilles / d’oreilles féminine, classiqueb s’ouvrir / fleurir masculine, classique
- Richesse
- extension moyenne des rimes 1.2· écart moyen à la rime classique 0.0
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
16 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Œuvres de L. Ackermann, Alphonse Lemerre, éditeur, 1885· numérisation poesies.net· Sources