Les Jeunes Croyances, 1867· III
V. Lumière
La lumière, ce fleuve‖ insondable qu’envoieLe soleil, vaste source,‖ aux mondes, vastes mers,Prodigue largement‖ la Vie à l’univers,Et dans le cœur de tous‖ fait ruisseler la joie !
Quel bonheur d’admirer‖ l’air libre qui reluit,Quand le soleil sublime‖ et charmant nous regarde !Et s’il pâlit soudain‖ dans la brume hagarde,Comme dans l’âme aussi‖ naît une étrange nuit !
J’ai toujours éprouvé,‖ moi, pauvre solitaire,Cette horreur ténébreuse‖ et ce brillant plaisir ;Et quand le ciel est morne‖ et gris, je cherche à fuirDe mon cœur désolé‖ le funèbre mystère.
Eh bien, je n’ai trouvé,‖ pour remplacer le jourEt l’éclatant soleil,‖ principe de la vie,Regard de Dieu tombant‖ sur notre âme asservie,Que tes yeux : en tes yeux‖ resplendit ton amour !
1865.
Versification
- Forme
- 4 quatrains (quatrains)
- Rimes
- 4(abba)
- Mètre
- Alexandrins· profil 6+6
- Strophes
- 4 quatrains
- Mots à la rime
- a qu’envoie / joie féminine, classiqueb mers / l’univers masculine, classiquea reluit / nuit masculine, classiqueb regarde / hagarde féminine, classiquea solitaire / mystère féminine, classiqueb plaisir / fuir masculine, classiquea jour / amour masculine, classiqueb vie / asservie féminine, classique
- Richesse
- extension moyenne des rimes 0.9· écart moyen à la rime classique 0.0
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
16 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Les Jeunes Croyances, Paris, Alphonse Lemerre Éditeur, 1867· numérisation wikisource.org· Sources