Le petit-neveu de Grécourt, 1883
Le sommeil de vénus
Sur l’air : Ô Filii et Filiæ
Mars trouva Vénus à Paphos ;La belle dormoit sur le dos :« Voyons, » dit-il, « tout ce qu’elle a,» Alleluia ! »
Il alla déranger soudainL’écharpe qui couvroit son sein ;Plus blanc que neige il le trouva.Alleluia !
Sa main eut la téméritéD’en tâter la rotondité ;Le sentant ferme, il s’écria :« Alleluia ! »
Enivré de si doux plaisirs,Il forma de nouveau désirs,Et de baisers se régala.Alleluia !
De cent façons pour l’admirer,Il se mit à la revirer :Ce qui s’augmente s’augmenta.Alleluia !
Vénus, fermant toujours les yeux,Se plaça pourtant de son mieux,Et le Guerrier en profita.Alleluia !
« Bon, bon, » disoit Mars qui sentoitQu’en dormant on le secondoit,« Dormez toujours comme cela.Alleluia ! »
A peine un jeu se finissoitQu’un autre se recommençoit :Trois jours entiers cela dura.Alleluia !
Mais enfin Vénus s’éveillant,Dit au Dieu, presque en rougissant :‒ « Eh ! quoi, Monsieur, vous étiez là !» Alleluia ! »
Versification
- Forme
- 9 quatrains (quatrains)
- Rimes
- 9(aabb)
- Mètre
- Octosyllabes et tétrasyllabes (27 de 8, 9 de 4)· profil 8, 4
- Strophes
- 9 quatrains
- Mots à la rime
- a Paphos / dos masculine, classiqueb a / Alleluia masculine, classiquea soudain / sein masculine, classiqueb trouva / Alleluia masculine, classiquea témérité / rotondité masculine, classiqueb s’écria / Alleluia masculine, classiquea plaisirs / désirs masculine, classiqueb régala / Alleluia masculine, classiquea l’admirer / revirer masculine, classiqueb s’augmenta / Alleluia masculine, classiquea yeux / mieux masculine, classiqueb profita / Alleluia masculine, classiquea sentoit / secondoit masculine, classiqueb cela / Alleluia masculine, classiquea finissoit / recommençoit masculine, classiqueb dura / Alleluia masculine, classiquea s’éveillant / rougissant masculine, classiqueb là / Alleluia masculine, classique
- Richesse
- extension moyenne des rimes 0.9· écart moyen à la rime classique 0.0
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
36 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Le petit-neveu de Grécourt ou Étrennes gaillardes, PARIS, Isidore LISEUX, Éditeur, 1883· numérisation Project Gutenberg· Sources