Poésies, 1900· VI Amitiés et sympathies
Dédicace d’un livre de contes
A Raoul d’Hubert.
J’offre — et ma joie est sans égale —Ce volume habillé de vertSur lequel chante une cigale.Mais ma cigalette n’est pasCelle dont La Fontaine parle,Elle naquit, là-bas, là-bas,En Provence, au beau pays d’Arle.Ma cigalette, au grand jamais,O fabuliste, le dirai-je,N’eut, même quand champs et sommetsGrelottent cachés sous la neige,Besoin de quêter un morceau.De mouche ou bien de vermisseauChez la fourmi trop avisée ;Nos cigales, filles des cieux,N’ont chair ni sang comme des dieux,Et se nourrissent de rosée.
17 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Poésies de Paul Arène, Paris, ALPHONSE LEMERRE, ÉDITEUR, 1900· numérisation gallica.bnf.fr· Sources