Poésies, 1900· I Sonnets
Résurrection
Depuis, le ciel voilé d’un crêpe en marqua l’heure,Que le Galiléen pâle comme AdonisGît dans la grotte aride où ses frères l’ont mis,La montagne est sans fleurs et Madeleine pleure :
— « Jasmins, roses, autour de la triste demeure« Qui garde pour toujours nos cœurs ensevelis,« Vous n’embaumerez plus, jasmins, roses et lys,« Puisque le mal triomphe et s’il faut qu’un Dieu meure. »
Mais voici que, chassant la Mort et les hivers,Un souffle d’espérance a parcouru la plaine ;Pâques renaît dans le frisson des rameaux verts,
Et sur le roc soudain fleuri de marjolaine,Un ange s’est assis qui montre à MadeleineLe blanc sépulcre vide et les deux entr’ouverts.
14 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Poésies de Paul Arène, Paris, ALPHONSE LEMERRE, ÉDITEUR, 1900· numérisation gallica.bnf.fr· Sources