Dans la fournaise, 1892
Églé
Sous le lourd fleuve d’or‖ qui va le caressant,Avec ses sombres yeux‖ et sa bouche de rose,Le visage d’Églé,‖ fait pour l’apothéose,Apparaît, comme au ciel‖ un astre éblouissant.
Dans sa prunelle en feu‖ rit le désir naissant,Et du col au talon‖ qui sur le sol se pose,Sur le torse, où le lys‖ a mis sa neige éclose,La ligne glorieuse‖ et tranquille descend.
Toute troublée encor‖ par le songe nocturne,Églé lève ses bras‖ comme des anses d’urne,Et prend ses grands cheveux,‖ mêlés par le sommeil.
Un frissonnant rayon‖ de lumière glisse entreSes jeunes seins, baisant‖ leur bout rose et vermeil,Et met dans la clarté‖ la blancheur de son ventre.
Villa de Banville, 29 octobre 1884
Versification
- Forme
- Sonnet classique, prototype 2 (sonnet)
- Rimes
- abba abba ccd ede
- Mètre
- Alexandrins· profil 6+6
- Mots à la rime
- a caressant / éblouissant masculine, classiqueb rose / l’apothéose féminine, classiquea naissant / descend masculine, classiqueb pose / éclose féminine, classiquec nocturne / d’urne féminine, classiqued sommeil / vermeil masculine, classiquee entre / ventre féminine, classique
- Richesse
- extension moyenne des rimes 0.6· écart moyen à la rime classique 0.0
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
14 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Oeuvres poetiques completes, Paris, Honoré Champion, 2001· numérisation Peter Edwards· Sources