Idylles prussiennes, 1871
La République
La République est jeune et fièreEt ne punit que les bourreaux ;Elle marche dans la lumière.La République est un héros
Dont le monde entier verra luireLe front magnifique et vermeil.Les monstres qu’elle veut détruireA la clarté du grand soleil,
C’est d’abord toi, pâle Misère,Qui mets ta main sur notre flanc,Comme un aigle sa rude serre,Et qui bois notre meilleur sang !
Et c’est toi, fantôme aux bras rouges,Que la pensée a su flétrirEt qui déjà croules et bouges,Vieil Échafaud, qui vas mourir !
La République magnanimeQui, pour sauver de leur enferLes peuples mourants qu’on opprime,Trouve des canons et du fer,
Accueille les mères bénies,Et, baissant ses yeux triomphants,A des tendresses infiniesPour les femmes et les enfants.
La République fraternelle,Qui veut accomplir son mandat,Pour garder la Ville éternelleSe fait terrassier et soldat ;
Sous la bombe et les incendiesElle est au poste du danger ;Et quand de ses villes hardiesElle aura chassé l’étranger,
Levant vers le ciel diaphaneUn clairon dans sa forte main,Elle sonnera la dianePour éveiller le genre humain !
Octobre 1870.
Versification
- Forme
- 9 quatrains (quatrains)
- Rimes
- 9(abab)
- Mètre
- Octosyllabes
- Strophes
- 9 quatrains
- Mots à la rime
- a fière / lumière féminine, classiqueb bourreaux / héros masculine, classiquea luire / détruire féminine, classiqueb vermeil / soleil masculine, classiquea Misère / serre féminine, classiqueb flanc / sang masculine, classiquea rouges / bouges féminine, classiqueb flétrir / mourir masculine, classiquea magnanime / opprime féminine, classiqueb enfer / fer masculine, classiquea bénies / infinies féminine, classiqueb triomphants / enfants masculine, classiquea fraternelle / éternelle féminine, classiqueb mandat / soldat masculine, classiquea incendies / hardies féminine, classiqueb danger / l’étranger masculine, classiquea diaphane / diane féminine, classiqueb main / humain masculine, classique
- Richesse
- extension moyenne des rimes 1.8· écart moyen à la rime classique 0.0
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
36 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Oeuvres poetiques completes, Paris, Honoré Champion, 1999· numérisation Peter Edwards· Sources