Idylles prussiennes, 1871
Le Rêve
La Reine, dans sa chambre vide,S’éveille éperdue et lassée,Et sur son visage livideRuisselle une sueur glacée.
Eh quoi ! Votre Majesté pleure !Quel est, dit la dame suivante,Le rêve affreux dont à cette heureVotre Majesté s’épouvante ?
Mais la Reine, comme en furie,Garde son angoisse terrible.En vain sa suivante la prie :Non, dit-elle, c’est trop horrible !
Toute à la douleur qui l’accable,Elle passe une heure mortelle,Puis la vision implacableRevient se poser devant elle !
Alors cette mère affolée,Comme une lionne en son antreTragiquement échevelée,Pose ses deux mains sur son ventre.
Octobre 1870.
Versification
- Forme
- 5 quatrains (quatrains)
- Rimes
- 5(abab)
- Mètre
- Octosyllabes
- Strophes
- 5 quatrains
- Mots à la rime
- a vide / livide féminine, classiqueb lassée / glacée féminine, classiquea pleure / heure féminine, classiqueb suivante / s’épouvante féminine, classiquea furie / prie féminine, classiqueb terrible / horrible féminine, classiquea l’accable / implacable féminine, classiqueb mortelle / elle féminine, classiquea affolée / échevelée féminine, classiqueb antre / ventre féminine, classique
- Richesse
- extension moyenne des rimes 2.8· écart moyen à la rime classique 0.0
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
20 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Oeuvres poetiques completes, Paris, Honoré Champion, 1999· numérisation Peter Edwards· Sources