Idylles prussiennes, 1871
Les Pères
Riant à la dent qui le mord,Plein d’une joie ardente et sûre,Un jeune franc-tireur est mort,Ces jours derniers, de sa blessure.
Nulle terreur sur son chevetNe secoua l’ombre moroseDe son aile noire. Il avaitSeize ans, et sa joue était rose.
Seize ans ! doux âge filé d’or !Éclat de l’aurore premièreOù sur nos fronts on voit encorFlotter des cheveux de lumière !
Quand la Mort, hélas ! triomphant,Eut rendu jaunes comme un ciergeLe front mâle de cet enfantEt ses lèvres de jeune vierge,
Le père, d’abord interditPar l’épouvantable souffrance,Lorsqu’il s’en réveilla, ne ditQue ces mots : Dieu garde la France !
Décembre 1870.
Versification
- Forme
- 5 quatrains (quatrains)
- Rimes
- 5(abab)
- Mètre
- Octosyllabes
- Strophes
- 5 quatrains
- Mots à la rime
- a mord / mort masculine, classiqueb sûre / blessure féminine, classiquea chevet / avait masculine, classiqueb morose / rose féminine, classiquea d’or / encor masculine, classiqueb première / lumière féminine, classiquea triomphant / enfant masculine, classiqueb cierge / vierge féminine, classiquea interdit / dit masculine, classiqueb souffrance / France féminine, classique
- Richesse
- extension moyenne des rimes 1.8· écart moyen à la rime classique 0.0
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
20 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Oeuvres poetiques completes, Paris, Honoré Champion, 1999· numérisation Peter Edwards· Sources