Les stalactites, 1846
« Camille, quand la Nuit t’endort sous ses grands voiles »
Camille, quand la Nuit‖ t’endort sous ses grands voiles ;Quand un rêve céleste‖ emplit tes yeux d’étoiles ;Quand tes regards, lassés‖ des fatigues du jour,Se reposent partout‖ sur des routes fleuriesDans le pays charmant‖ des molles rêveries,Camille, que vois-tu‖ dans tes songes d’amour ?
Nous vois-tu, revenant‖ par les noires allées,Tous deux, donner des pleurs‖ aux choses envoléesQue l’oubli dédaigneux‖ couvre de flots dormants,Ou dans le vieux manoir,‖ au fond des parcs superbes,Pousser de l’éperon‖ parmi les hautes herbesLes pas précipités‖ de nos chevaux fumants ?
Dans les moires de l’eau‖ dont l’azur étincelle,Nous vois-tu laissant fuir‖ une frêle nacelleSur le grand lac paisible‖ et frémissant d’accords,Où devant les grands bois‖ et les coteaux de vignes,Glisse amoureusement‖ la blancheur des beaux cygnes,Aux accents mariés‖ des harpes et des cors ?
Moi, je vois rayonner‖ tes yeux dans la nuit sombre,Et je songe à ce jour‖ où je sentis dans l’ombre,Pour la première fois,‖ de ton col renverséTombant à larges flots‖ avec leur splendeur fière,Tes cheveux d’or emplir‖ mes deux mains de lumière,Et ta lèvre de feu‖ baiser mon front glacé.
Août 1844.
Versification
- Forme
- 4 sizains (sizains)
- Rimes
- 4(aabccb)
- Mètre
- Alexandrins· profil 6+6
- Strophes
- 4 sizains
- Mots à la rime
- a voiles / d’étoiles féminine, classiqueb jour / d’amour masculine, classiquec fleuries / rêveries féminine, classiquea allées / envolées féminine, classiqueb dormants / fumants masculine, classiquec superbes / herbes féminine, classiquea étincelle / nacelle féminine, classiqueb d’accords / cors masculine, classiquec vignes / cygnes féminine, classiquea sombre / l’ombre féminine, classiqueb renversé / glacé masculine, classiquec fière / lumière féminine, classique
- Richesse
- extension moyenne des rimes 1.1· écart moyen à la rime classique 0.0
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
24 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Œuvres de Théodore de Banville. Les stalactites, Odelettes, Améthystes, Le Forgeron., Paris, Alphonse Lemerre, éditeur, 1889· numérisation poesies.net· Sources