Les stalactites, 1846
L’Étang Mâlo
Quand le froid de la mort enveloppe cette
argile souffrante, où va l’âme immortelle ?Byron.
Il est un triste lac‖ à l’eau tranquille et noireDont jamais le soleil‖ ne vient broder la moire,Et dont tous les oiseaux‖ évitent les abords.Un chêne vigoureux‖ a grandi sur ses bords,Et, courbé par le Temps‖ jusqu’aux ondes, étaleSur la cime des flots‖ sa masse horizontale.Son feuillage muet‖ se tait malgré le vent ;Le nymphaea, l’iris,‖ le nénufar mouvant,Le bleu myosotis‖ et la pervenche sombrePenchent étiolés,‖ ou meurent sous cette ombre.Ainsi, quand sur le cœur,‖ dans sa jeune saison,Amour ! tu fais tomber‖ ta large frondaisonEt tes rameaux géants‖ dont le fardeau l’accable,Tout s’étiole et meurt‖ sous ton ombre implacable.
Août 1844.
Versification
- Forme
- Distiques
- Rimes
- 7((aa))
- Mètre
- Alexandrins· profil 6+6
- Strophes
- 1 distique
- Mots à la rime
- a noire / moire féminine, classiqueb abords / bords masculine, classiquea étale / horizontale féminine, classiqueb vent / mouvant masculine, classiquea sombre / ombre féminine, classiqueb saison / frondaison masculine, classiquea l’accable / implacable féminine, classique
- Richesse
- extension moyenne des rimes 2.9· écart moyen à la rime classique 0.0
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
14 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Œuvres de Théodore de Banville. Les stalactites, Odelettes, Améthystes, Le Forgeron., Paris, Alphonse Lemerre, éditeur, 1889· numérisation poesies.net· Sources