Nous tous, 1884
XVIII. A l’Opéra
A l’Opéra, quand la Musique,Pour consoler tous nos exils,Jette en une extase physiqueNos sens affinés et subtils ;
Tandis que la magique phraseVeut nous emporter, effarés,Jusqu’au paradis de l’extaseA travers les cieux déchirés ;
Folle, et toujours contrariante,La Beauté, ce friand repas,Nous dit de sa bouche riante :Regardez-moi. N’écoutez pas.
La Chair de lys murmure en proseJe suis le vin et l’échanson ;Et la Lèvre couleur de roseDit : C’est moi qui suis la chanson.
Amour, ce maraudeur équestreEnvolé sur un cheval fou,Empêche d’entendre l’orchestreEt montre les blancheurs d’un cou ;
Et ce Paris qui toujours cède,Tandis que chante Escalaïs,Admire tout ce que possèdeAgnès, et tout ce qu’a Laïs.
14 décembre 1883.
Versification
- Forme
- 6 quatrains (quatrains)
- Rimes
- 6(abab)
- Mètre
- Octosyllabes
- Strophes
- 6 quatrains
- Mots à la rime
- a Musique / physique féminine, classiqueb exils / subtils masculine, classiquea phrase / l’extase féminine, classiqueb effarés / déchirés masculine, classiquea contrariante / riante féminine, classiqueb repas / pas masculine, classiquea prose / rose féminine, classiqueb l’échanson / chanson masculine, classiquea équestre / l’orchestre féminine, classiqueb fou / cou masculine, classiquea cède / possède féminine, classiqueb Escalaïs / Laïs masculine, classique
- Richesse
- extension moyenne des rimes 3.0· écart moyen à la rime classique 0.0
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
24 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Nous Tous., Paris, G. Charpentier et Cie, éditeurs, 1884· numérisation poesies.net· Sources