Nous tous, 1884
XIV. Géométrie
Nous voyons triompher la ligne.Sort, que de crimes tu perpètres !Il est fini, le chant du cygne :La parole est aux géomètres.
Avec leurs airs patibulairesEt leurs tristes mines fatales,Force gens perpendiculairesContemplent des horizontales.
Rose à la bouche purpurine,Montrant son petit museau, cèleA grand’peine que sa poitrineEst comme un triangle isocèle.
Paméla que le zéphyr baise,Et qui pâlit comme un succubeTout en devenant presque obèse,Offre le triste aspect d’un cube ;
Et cet homme à face pointue,Son Edgar, qui revient d’Ancône,L’œil funeste et l’âme abattue,A la tête en forme de cône.
Amour ! dieu des apothéosesQui fends les cieux de ton vol d’aigle,Ton troupeau ressemble à ces chosesQue font les compas et la règle.
Et les amoureux que tu cingles,Heureux de voir des différencesEntre les femmes et les tringles,Admirent des circonférences.
7 décembre 1883.
Versification
- Forme
- 7 quatrains (quatrains)
- Rimes
- 7(abab)
- Mètre
- Octosyllabes
- Strophes
- 7 quatrains
- Mots à la rime
- a ligne / cygne féminine, classiqueb perpètres / géomètres féminine, classiquea patibulaires / perpendiculaires féminine, classiqueb fatales / horizontales féminine, classiquea purpurine / poitrine féminine, classiqueb cèle / isocèle féminine, classiquea baise / obèse féminine, classiqueb succube / cube féminine, classiquea pointue / abattue féminine, classiqueb d’Ancône / cône féminine, classiquea apothéoses / choses féminine, classiqueb d’aigle / règle féminine, classiquea cingles / tringles féminine, classiqueb différences / circonférences féminine, classique
- Richesse
- extension moyenne des rimes 2.4· écart moyen à la rime classique 0.0
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
28 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Nous Tous., Paris, G. Charpentier et Cie, éditeurs, 1884· numérisation poesies.net· Sources