Nous tous, 1884
I. Misère
Hommes, femmes, vieillards enfin,Tous ces vains chercheurs de problèmesSouffrent du froid et de la faim ;Aussi les petits enfants blêmes.
Le désespoir vient les saisir ;C’est lui tout seul qui les enseigne,Et toujours le cruel DésirMord leur chair qui pleure et qui saigne.
Ils vivent dans l’oubli hideux,Sans que jamais rien y fleurisse.Mais qui donc aura pitié d’eux ?Misère, la bonne nourrice.
Cet Ange au gosier enroué,Réchauffant leur lèvre livide,Met sur eux son châle trouéEt leur tend sa mamelle vide.
1er décembre 1883.
Versification
- Forme
- 4 quatrains (quatrains)
- Rimes
- 4(abab)
- Mètre
- Octosyllabes
- Strophes
- 4 quatrains
- Mots à la rime
- a enfin / faim masculine, classiqueb problèmes / blêmes féminine, classiquea saisir / Désir masculine, classiqueb enseigne / saigne féminine, classiquea hideux / d’eux masculine, classiqueb fleurisse / nourrice féminine, classiquea enroué / troué masculine, classiqueb livide / vide féminine, classique
- Richesse
- extension moyenne des rimes 2.5· écart moyen à la rime classique 0.0
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
16 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Nous Tous., Paris, G. Charpentier et Cie, éditeurs, 1884· numérisation poesies.net· Sources